S’inscrivant dans le prolongement des Assises nationales de l’intelligence artificielle tenues en juillet 2025 sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cette rencontre a réuni des responsables gouvernementaux, des acteurs institutionnels, des opérateurs privés ainsi que des représentants du monde académique et de la recherche.
Une ambition assumée
À travers cette initiative, le Royaume entend faire de l’intelligence artificielle un levier stratégique de souveraineté technologique et de développement inclusif. « L’intelligence artificielle n’est plus une option technologique, mais un instrument déterminant de puissance économique, institutionnelle et géopolitique », a affirmé Amal El Fallah Seghrouchni, ministre de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration.
Elle a souligné que la dépendance technologique constitue aujourd’hui « une vulnérabilité stratégique avérée », insistant sur le choix du Maroc de ne pas subir la révolution de l’IA, mais d’en assurer la maîtrise. « Il s’agit d’un non-alignement technologique assumé, qui vise à préserver notre capacité de décision, de régulation et d’innovation », a-t-elle précisé.
Les Jazari Institutes, pilier structurant
La journée a été marquée par la structuration du réseau national des centres d’excellence en intelligence artificielle, les « Jazari Institutes », pilier de la stratégie Maroc Digital 2030. Pensé comme une architecture nationale distribuée et ancrée dans les territoires, ce réseau vise à renforcer les capacités nationales en matière de formation, de recherche appliquée et d’innovation.
Le lancement officiel de « Jazari Root », noyau fédérateur de ce dispositif, a constitué une étape majeure. « Ces centres ont vocation à devenir de véritables plateformes régionales de compétences et d’innovation, au service de l’État, du citoyen et de l’économie nationale », a souligné la ministre.
L’événement a également été marqué par le lancement du laboratoire de recherche et développement en intelligence artificielle Mistral AI & MTNRA, dans le cadre d’un mémorandum d’entente entre le ministère et Mistral AI. Ce laboratoire vise le co-développement de solutions technologiques, la réalisation de prototypes et la montée en compétences des talents nationaux, en lien avec la modernisation des services publics.
Une portée internationale
Prenant part à cette rencontre, Omar Hilale, Représentant permanent du Maroc auprès des Nations Unies, a mis en avant la nécessité d’une gouvernance internationale plus équitable de l’intelligence artificielle. Il a souligné que le Maroc plaide, dans les enceintes multilatérales, pour « une intelligence artificielle au service du développement, fondée sur le renforcement des capacités et le partage des savoirs ».
Il a enfin rappelé l’engagement du Royaume en faveur d’une coopération Sud–Sud axée sur la co-construction de solutions d’IA adaptées aux réalités des pays du Sud, conformément à la Vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.