Immortalisés de Dakhla au Detroit de Gibraltar, ces vingt phares constituent le point de départ d’une réflexion artistique sur la mémoire, le patrimoine et notre rapport à l’histoire. Ce travail est le fruit d’une démarche intime et indépendante, portée par la volonté d’interpréter et de mettre en lumière un patrimoine souvent ignoré malgré sa présence familière dans le panorama marocain.
À travers une série de photographies en noir et blanc intitulée Paradox, Renata Thieck-Alami explore le paradoxe du phare : une présence conçue pour être vue, éclairer et guider, mais qui demeure souvent absente de la narration collective et de l’imaginaire marocain. Témoins silencieux de l’histoire du littoral, les phares portent également les traces des différentes influences qui ont façonné le Maroc au fil des siècles.
Plus qu’une invitation à redécouvrir un patrimoine méconnu, Cap des Lumières propose de regarder autrement ce qui nous entoure. L’exposition interroge notre rapport à l’histoire, au passé et à ces édifices familiers auxquels nous ne prêtons plus attention. Le regard porté par l’artiste demeure toutefois résolument optimiste : les transformations du temps, l’évolution des usages et même l’abandon de certains lieux participent à la richesse du récit patrimonial.
En dialogue avec la série Paradox, l’exposition présente également Prisme, un ensemble d’œuvres consacré au Port de Casablanca. Cette série vient contraster l’immobilité vigilante du phare avec l’énergie, le mouvement et les multiples trajectoires qui animent l’univers portuaire.

