Depuis trois décennies, Larbi Cherkaoui explore le champ de la lettre arabe, poursuivant son travail à la manière des soufis qui s’intéressent moins à l’objectif qu’au chemin à parcourir en vue de l’atteindre. Dans cette exposition, Larbi Cherkaoui porte la lettre à des expérimentations inédites, passant du grand à l’infiniment petit. Les petites lettres assemblées dans des masses compactes imposent une présence et un rythme dynamique qui les font apparenter à des essaims d’abeilles, capables de modifier leur trajectoire ou de bondir de l’œuvre.
Comme l’écrit le critique d’art Abderrahman Benhamza : «Élément éminemment plastique, la lettre de Larbi Cherkaoui, isolée et centralisée, se veut, a priori du moins, un « artefact » performé et efficace. Un coloris binaire (rouge et noir) l’habille, complété par un camaïeu adéquat, fait de gris safranés ou orangés. Larbi Cherkaoui a approfondi un peu son modelage lettral habituel, le conformant toujours à sa technique fondamentale basée sur le rythme, l’équilibre et le contraste.»Né en 1972 à Marrakech, Larbi Cherkaoui a obtenu un diplôme d’arts appliqués. Le travail lent, patient et méticuleux est hissé au rang de sacerdoce pour cet artiste, pour qui réaliser une œuvre plastique est une forme de prière.
Ses œuvres ont intégré de nombreuses collections publiques et privées, notamment celles de la Dalloul Art Foundation (Beyrouth), du Musée d’art contemporain de Tunis (Tunisie), du Musée d’Archéologie de Silves (Portugal), de la Fondation ONA (Maroc), de Bank Al-Maghrib (Maroc), de Saham Bank (Maroc), du Royal Mansour (Maroc) et de La Mamounia (Maroc).