Edition : My Seddik Rabbaj raconte sa “petite vie à Sidi Youssef Ben Ali”

« Une petite vie à Sidi Youssef Ben Ali » est le titre qu’a choisi l’écrivain marocain Moulay Seddik Rabbaj pour son nouveau recueil de nouvelles fraîchement paru aux Editions Le Fennec. À travers cet ouvrage, My Seddik Rabbaj ambitionne de proposer une vision plus authentique et nuancée du quartier de Sidi Youssef Ben Ali, en particulier son côté animé et profondément humain.

Moulay Seddik Rabbaj, à l’écriture tranchante qui sait brillamment instiller les pensées, les laissant venir pénétrer, perturber, tout envahir jusqu’à la pétrification, a remporté le pari de se retrouver sur la scène littéraire marocaine d’expression française avec ce recueil tout aussi généreusement bien élaboré : “Une petite vie Sidi Youssef Ben Ali”.  Originaire du quartier de Sidi Youssef Ben Ali, souvent surnommé avec une pointe d’ironie « SYBA»,  ce romancier et nouvelliste a toujours été frappé par la façon dont ce sigle, que certains associent en arabe à une notion d’anarchie, a contribué à forger une image simpliste et injuste de cet endroit. «À travers ce recueil, j’ai voulu lui rendre hommage et, surtout, déconstruire cette perception négative. Sidi Youssef Ben Ali a été, à un moment de l’histoire, mis en lumière — notamment dans le discours du roi Hassan II à la suite des événements de 1984 — ce qui a durablement marqué les imaginaires. Mais réduire ce quartier à cela serait passer à côté de son essence », indique à ce propos Moulay Seddik Rabbaj.  C’est avant tout un quartier populaire, comme tant d’autres, un lieu de vie riche de solidarité et de souvenirs. C’est un cadre où des enfants grandissent, découvrent le monde à leur manière et savourent des instants de liberté faits d’aventures modestes, de jeux partagés et de rêves esquissés. C’est ce qu’explique aussi l’auteur pour qui ce recueil est «une tentative de restituer cette réalité plus nuancée, plus humaine : celle d’un quartier vibrant, loin des clichés, et profondément ancré dans l’expérience intime de celles et ceux qui y ont grandi», poursuit-il.

Avec un vocabulaire simple, l’auteur réussit à aller très loin dans ses réflexions perçantes.  Il y aborde plusieurs thèmes dont les mutations sociales et l’évolution de l’espace urbain. Il s’intéresse également à des thèmes existentiels comme la quête identitaire, les craintes, le poids des remords et le rapport à soi.  C’est le cœur sensible de ce recueil qui s’inscrit dans une démarche de mémoire.  «À travers un personnage principal qui, par moments, se confond avec moi, j’explore le souvenir d’un temps révolu : une époque où certaines valeurs structuraient profondément la société marocaine, et dont plusieurs semblent aujourd’hui s’effacer, tandis que de nouvelles pratiques émergent et transforment nos comportements. Je pense notamment à la solidarité qui régnait autrefois dans le quartier, et qui tend aujourd’hui à céder la place à une forme d’individualisme, où chacun paraît davantage préoccupé par ses propres intérêts. De même, l’apparition du téléphone portable et des écrans a profondément modifié les relations humaines, y compris au sein des familles, en introduisant une distance paradoxale dans la proximité», précise-t-il.

Ainsi, au fil de la lecture, une question émerge presque naturellement : le Marocain des années 70 et 80 est-il toujours le même que celui d’aujourd’hui ? Cette interrogation autour de l’évolution de l’identité devient, en un sens, le fil rouge de tout le recueil. En parallèle, le rapport à soi constitue également un thème qui traverse l’ensemble des textes. À travers chaque nouvelle, le personnage principal revisite une situation ou un souvenir d’enfance, qu’il met en perspective avec son regard et ses choix actuels. C’est dans cet aller-retour entre passé et présent que se construit une réflexion intime sur le temps, la mémoire et l’identité.

 

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