Édition : Loubaba Laalej révèle sa “Voix intérieure”

L’ouvrage “Voix intérieure : Écrits et œuvres” de l’écrivaine, poétesse et artiste-peintre marocaine Loubaba Laalej est un parcours introspectif de la “voix intérieure”. Ce dialogue silencieux fait d’images et de mots qui résonne dans les profondeurs de l’âme, l’auteure la perçoit comme une véritable forteresse intime, un sanctuaire où réside l’essence même de la condition humaine avec toute sa singularité.

Pour l’écrivain Jean-Baptiste Baldini, qui signe la préface du livre, la voix intérieure joue un rôle fondamental dans la construction de l’humanité. Il s’agit de cette capacité à entretenir un dialogue permanent avec soi-même, un processus introspectif profond qui confère à la vie psychique une dimension délibérative. Selon lui, cette intériorité ne représente pas un espace fermé, mais plutôt un lieu d’échange et d’analyse face au tumulte du monde. « À travers le personnage de Houda, Loubaba explique que sans une voix intérieure qui s’incruste dans la vie de chacun et serve de support permanent aux répétition, réitération, révision, variation, expérimentation, il ne peut y avoir de médium permanent, ni de support mnémotechnique et champ d’intégration de formes. Loubaba nous révèle l’importance de cette « voix intérieure » qui a été de tout temps étudiée par les philosophes comme étant cette petite voix qui traduit toutes nos pensées intimes, ces petites cogitations personnelles qu’on rumine en silence, du matin au soir », souligne-t-il dans la préface de l’ouvrage «Voix intérieure : Écrits et œuvres ».

Au fil de la lecture de cet ouvrage, on constate que son expression poétique devient un puissant vecteur pour extérioriser les profondeurs de l’âme humaine : sentiments, appels, contemplations, méditations ou aveux. Elle y parvient principalement à travers le registre lyrique et réussit ainsi à transmettre avec finesse et justesse l’authenticité de ses émotions, sa sensibilité et sa sphère intime.  Selon l’écrivain et poète Mounir Serhani, cette sensibilité est double, à la fois poétique et plastique, picturale, où la fusion passionnée entre poésie et peinture donne naissance à des fragments d’une richesse et d’une intensité remarquable. « Les illustrations viennent autrement à la langue et même sans écrire. Il suffit de lire, d’accueillir la parole de la poétesse qui tombe en ces dedans comme la différence bienfaisante, la confirmation de soi par le tout extérieur. C’est de correspondance qu’il faut plutôt parler ou d’«amitiés stellaires » selon le raccourci de Nietzsche. C’est la voix imagée qui vient d’un ailleurs, celle de Houda ou Frida ou autre inconnu. La voix humaine dans ces textes est multiple dans sa rêverie, si bien que le délire heureux de celle-ci ne se sépare jamais ici d’un malaise », note-t-il dans la préface de cet ouvrage.

De son côté, le critique d’art Ibrahim El Keraoui engage une réflexion supplémentaire dans sa préface. Il y interroge la nuance entre l’intime et la profondeur.  A ses yeux,  dans « Voix intérieure», qui a bénéficié également de la traduction subtile du critique Abdallah Cheikh, la quête de Laalej dépasse les apparences superficielles pour nous introduire dans l’intime — cet espace où se mêlent fragilité et vérité universelle. « L’œuvre poétique tissée par la plume de la poétesse dépasse tout ce qui est superficiel et tente de pénétrer l’intime. Mais quelle est ici la différence entre l’intime et la profondeur ? Dans la poétique du son, l’intime est voilé par une référence inspirée du monde de la psychologie ; bien que ce soit une âme qui refuse de s’installer dans cette existence poétique humaine limitée que Sigmund Freud a définie », explique-t-il.

À la croisée du son et de l’inconscient, se déploie alors un entrelacement où s’entremêlent le symbolique et la sémantique dans un échange fluide. Le langage, quant à lui, trace sa toile en convoquant des métaphores captivantes et une imagination sans bornes, capable de révéler des visions, de voiler les mystères qui s’insinuent, d’éveiller l’essence même du sens, et de confronter les blessures de la modernité tout en esquissant les contours encore flous de l’avenir. C’est ce qu’analyse aussi le poète et journaliste Driss Allouch dans la préface de cet ouvrage dans sa version arabe. « Le texte – le livre/le corps du texte – a répondu à cette série de questions dans son ensemble, dans sa richesse et à travers les contenus qu’il a accueillis au fil de ses plus de deux cents pages, mais les questions sont restées brûlantes, renouvelées, divisées et se multipliant, en d’autres termes parce qu’elles aspirent à la survie, à l’éternité et à l’existence, d’où leur importance ; et les questions sont toujours plus importantes que les réponses, selon l’expression du philosophe existentialiste « Karl Jaspers », précise-t-il.

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