Cinéma : Tout le monde aime-t-il vraiment Touda ?

L'avant-première du dernier film de Nabil Ayouch Everybody loves Touda nous a laissés un goût d'inachevé. Des scènes qui s'étirent en longueur, un rythme parfois trop long et des questions qui restent en suspens...

Depuis ses débuts en tant que réalisateur, Nabil Ayouch a fait le choix assumé de choquer et de soulever des questions souvent tues. Le cinéaste a le mérite de mettre sa caméra au service de certaines causes, comme c’est le cas aujourd’hui avec son film “Everybody loves Touda” où il focalise sur l’univers des chikhates, des femmes qu’il admire, comme il le précise lors de la présentation de son film au cinéma Mégarama mardi soir.


Devant une salle comble, Nabil Ayouch et l’héroïne du film, NIsrin Erradi ont évoqué la genèse du scénario, l’immersion de l’actrice dans l’univers des chikhates et le tournage du film, qui a pris plus d’un an et demi. “J’ai toujours su que Nisrin sera Touda…. Pour préparer ce rôle, Nisrin a non seulement habité avec une chikha, mais elle a également appris leur langage, leurs gestes, leurs codes, leur quotidien et leur vie. Ce travail acharné a permis de donner toute son authenticité au personnage”, explique Nabil Ayouch. “Cette expérience m’a permis de mieux comprendre et d’incarner l’univers des chikhates. Le film est une célébration de la résilience et du talent des chikhates”, appuie Nisrine Erradi.

Le film qui nous entraîne d’emblée dans l’univers de Touda et des chikhates donne le ton dès les premières minutes : dans la mémoire collective, les chikhates sont supposées être des femmes faciles dont on peut abuser en toute impunité. La caméra de Nabil Ayouch filme longuement le viol de Touda, puis un silence lourd de sens. Assimilées à des prostituées, les chikhates peuvent subir tous les outrages… Le message dérange. Une autre scène qui n’a nullement sa place dans ce film est celle de l’appel à la première pendant que l’héroïne, seule dans sa chambre, chante. Les deux voix, celle de la chikha et celle du muezzin se superposent, puis l’actrice commence à répéter les paroles de l’’adan.

Dans l’univers festif capturé par la caméra de Nabil Ayouch, l’Aïta, celle qui porte la signature et l’âme des chikhates, est quasi absente. Et c’est bien dommage pour un film qui se veut un hommage à cet art.

Mais si le film a été longuement applaudi lors de sa première projection lors de la 21ᵉ édition du Festival International du Film de Marrakech, ce sont des applaudissements assez timides qui ont salué la fin du film à Casablanca. “Everybody loves Touda” traîne malheureusement en longueur, et ce qui le sauve est la performance de Nisrin Erradi, même si, de l’avis de nombreux spectateurs, elle ne fait pas assez “chikha”. Au final, le film nous laisse un goût d’inachevé.

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