Une année comme les autres?

2012 est, pour la politique marocaine, placée sous le signe du PJD. En effet, pour la première fois, nous avons un parti politique religieux au gouvernail, ce qui pour certains est source d'inquiétude ; et pour d'autres, d'espoir. Nous avons dans ce numéro interrogé des personnes de la vie publique culturelle, économique, artistique et politique, ainsi que des personnes dans la rue... les avis ivergent. Et si l'heure ne semble pas être à l'inquiétude, elle est tout de même à la vigilance. Pour la première fois encore, de nombreux pays arabes entament cette année la tête haute avec pour objectif de bâtir un état nouveau, démocratique, digne et juste ; tandis que d'autres nations se relèvent péniblement de révolutions sanglantes et pleurent leurs morts.

Dans les pays arabo-musulmans, il est une constante : les femmes restent des victimes. A l’heure où nous mettons sous presse, on apprend que Sakineh Mohammadi-Ashtiani, accusée d’adultère, risquerait de voir sa peine de mort par lapidation transformée en peine de mort par pendaison. En Arabie Saoudite, Amina bent Abdelhalim Nassar, âgée de 60 ans, a été condamnée à mort et décapitée le 13 décembre dernier. Elle était accusée de sorcellerie. Et le printemps arabe qui a entraîné dans son sillage tant de revendications, de désirs de révolte et d’espoir, a été l’occasion de nombreuses manifestations féminines. Celles-ci ont été réprimées par les forces politiques. Des voix de femmes se sont élevées via des blogs, des sites internet ou encore lors de manifestations en Tunisie, Egypte, Syrie et en Lybie. Alia Magda Almahdy, jeune Egyptienne de 20 ans, a osé poser nue sur son blog, pour lutter à sa manière contre l’obscurantisme, et surtout pour revendiquer la liberté des femmes arabes de disposer de leur corps. Condamnée par les islamistes, elle est plébiscitée par les internautes, relayée et soutenue par une centaine d’Israéliennes qui ont posé nues pour la soutenir. Contestatrices, les femmes le sont plus que jamais. Sans doute en ont-elles assez de rester dans l’ombre. Si certaines dérangent ou choquent, la plupart entendent juste jouer un rôle au sein de leur pays, afin de le faire accéder à la modernité et à la démocratie. Combien de femmes ont été, lors de ce printemps arabe, et sont, aujourd’hui encore, blessées, emprisonnées, assassinées ? En Syrie, la psychanalyste Rafah Nached a été libérée en novembre dernier après plus de deux mois de détention. Son tort avait été d’organiser des réunions hebdomadaires de parole afin d’inciter les Syriens à se libérer de leur anxiété. En Egypte, les candidates aux élections, membres des partis les plus extrémistes, habituées à se voiler intégralement, ont dû remplacer leur visage sur les listes par une fleur ou même par le visage de leur mari… une façon comme une autre de s’engager envers et malgré tout dans un pays où, au même titre que la Syrie, l’homme (toujours lui), à qui a bénéficié cette révolution, n’est pas prêt manifestement à laisser à la femme, qui s’est battue à ses côtés et a vu ses enfants se battre aussi, de la place au pouvoir. L’histoire démontre que la femme a dû arracher tous ses droits et ses acquis. Et elle continue à se battre dans le monde entier pour les préserver. Combien de révolutions faudra-t-il encore pour que la femme ait sa place au même titre que l’homme dans la vie sociale et politique, qu’elle soit son égale, présente à ses côtés aux commandes des nations ? â– 

L’homme, à qui a bénéficié la révolution, n’est pas prêt manifestement à laisser à la femme, qui s’est battue à ses côtés et a vu ses enfants se battre aussi, de la place au pouvoir.

           

Ghizlaine Badri Lahlou est curatrice et commissaire d’exposition de “Révélation de l’âme”, la nouvelle exposition de Rajae Lahlou à la
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