Trahie par mon ordi

Les victimes de piratage informatique sont devenues légion, mais l'histoire de Souad sort totalement de l'ordinaire. Elle donne froid dans le dos !

A l’âge de 41 ans, j’ai perdu mon mari, l’homme de ma vie. J’étais complètement anéantie. Chaque nuit, je me réveillais et sanglotais en silence, même si je continuais à me lever le matin, pour mes enfants, et à travailler pour ne pas sombrer.
Au bout d’un an, j’ai décidé de me secouer : soit je me remettais à vivre, soit j’en finissais tout de suite.  J’ai choisi de vivre. De quel droit aurais-je pu infliger à mes enfants le spectacle d’une mère marquée par tant d’épreuves ? De quel droit croire que la perte d’un mari est plus déchirante que celle d’un père ? Ma  souffrance ne devait pas occulter la leur.
Les années ont passé. J’ai découvert les rencontres sur Internet. J’ai vite appris à écarter les plaisantins, à  nouer des amitiés. Je me suis découvert des atomes crochus avec certaines personnes, en particulier avec Omar, un sportif aimant la nature et la lecture. Dans l’appartement que j’occupais seule, après le départ  des enfants, j’ai passé des moments de complicité inoubliables via mails avec lui… J’ai donc fini par le rencontrer dans un café.
A 52 ans, Omar ne s’était jamais marié. Il était pourtant ce qu’on appelle un bon parti : séduisant, bonne éducation, bon niveau socioculturel. Ce n’était absolument pas un coureur de jupons, mais il n’avait jamais accepté de se marier. Il  xpliquait cela en disant qu’il n’avait pas encore rencontré l’âme soeur. “Mais depuis que je te connais, ajoutait-il en souriant, je ne te cache pas que je pense à me caser.”
De mon côté, les choses étaient claires. Je lui avais expliqué au début de notre relation que j’étais décidée à ne pas me remarier. Pourquoi faire ? Des enfants ? J’en avais eu deux, magnifiques. Par ailleurs, j’étais en sécurité financière et  mes moments de solitude me plaisaient.
Mon histoire avec Omar a pris une tournure intime. Les divers week-ends passés ici ou là nous ont permis de mieux nous connaître, de mieux nous apprécier. Il m’arrivait de lui parler de mes autres amis, des merveilleux moments que je  pouvais passer avec l’un ou l’autre, en tout bien tout honneur. Il était assez jaloux et cela ne lui plaisait pas ; ce qui nous a même menés à la rupture. Momentanée. Nous avons renoué, mais l’intimité en moins. Un jour, alors que je n’avais plus trop de nouvelles, je l’ai appelé pour connaître la raison de son silence. C’est là qu’il m’a appris qu’il avait reçu un mail de ma part, dans lequel je lui annonçais que tout était fini entre nous. Abasourdie, je lui ai affirmé que je n’avais rien envoyé, que je ne comprenais pas ce qu’il racontait.

J’ai raccroché, ouvert ma boîte mail et cliqué sur “messages envoyés”. Là, j’ai découvert avec stupeur un mail envoyé une semaine plus tôt à Omar. D’autres courriers similaires avaient été envoyés à d’autres amis, tous des hommes. Des messages faisant référence à des pans intimes de ma vie. J’en ai eu la chair de poule… Je commençais sérieusement à me poser des questions. Je m’imaginais me lever au milieu de la nuit, seule dans mon appartement, allumer
l’ordinateur, taper des mails, tout éteindre et revenir me coucher.

J’ai vécu ainsi des semaines interminables. Des idées de phénomènes paranormaux et d’espaces parallèles s’entrechoquaient dans ma tête. Finalement, mes soupçons se sont dirigés vers Omar. Prendre la position de la victime pour m’amadouer ? Ridicule, mais pas impossible…

L’intrus, comme je l’appelais, a continué de s’attaquer à mes contacts masculins… Il me faisait passer pour une écervelée, une femme sans foi ni loi. Mais qui diable pouvait passer ainsi mes messages au peigne fin, décortiquer de la
sorte ma vie ? Un jour, il m’a directement écrit ! Un échange épisodique s’en est suivi. J’alternais les reproches acerbes avec des propos neutres. D’une part, je voulais hurler mon indignation, lui crier qu’il n’avait pas le droit de violer ainsi la
vie des gens ; et d’autre part, je souhaitais absolument garder le contact avec lui, le faire réagir, espérant le démasquer.

Il écrivait tantôt dans un excellent français, tantôt en darija retranscrite phonétiquement, ce qui m’a fait penser que j’avais affaire à deux personnes différentes. Quelqu’un aurait-il contacté un petit génie en informatique et payé pour “entrer” dans ma boîte, lire mes courriels et écrire à tour de rôle à certains de mes contacts ? Le premier type, celui qui me connaissait, agissait de la sorte pour se venger ; et le deuxième, probablement pour s’amuser après avoir été payé. Ceci semblait se confirmer lorsque, dans un mail à l’intrus, j’ai demandé pourquoi il s’immisçait ainsi dans ma vie : “Parce que je gagne beaucoup de flouss comme ça”, m’a-t-il répondu.

Évidemment, j’ai changé le mot de passe de ma boîte. Le lendemain, impossible d’ouvrir celle-ci. “Mot de passe incorrect”, affichait mon écran. Mais quand je tapais l’ancien mot de passe, la boîte s’ouvrait ! L’intrus arrivait doncà entrer dans ma messagerie malgré le nouveau code de sécurité, et changeait ce dernier pour remettre l’ancien…

Un vendredi soir, j’ai reçu un mail de l’intrus dans lequel il me reprochait d’avoir reçu un ami à midi et, toujours en darija, me rappelait qu’il était blasphématoire de faire ces choses pendant l’appel à la prière du muezzin. Or, j’avais effectivement reçu à déjeuner un collègue, ami de longue date, qui connaissait mon défunt mari. Ma femme de ménage était là et avait préparé un couscous. Mais cette invitation n’était consignée dans aucun mail, ce qui signifiait que l’intrus m’épiait physiquement…

Pendant un moment, j’ai pris peur. Durant cette période, je  recevais des appels anonymes, avec personne à l’autre bout du fil. Je pensais à ces films américains dans lesquels un psychopathe observe sa victime depuis la fenêtre de l’immeuble d’en face et la harcèle sans cesse au téléphone…

Le lendemain, je me suis assise devant mon ordinateur, déterminée,  près avoir tiré les rideaux et fermé la porte à double tour. J’ai changé le mot de passe de ma boîte et noté soigneusement sur une feuille le nouveau, que j’ai  sciemment choisi comme étant difficile à retrouver. J’ai également changé mes questions secrètes, celles qui permettent de retrouver son code secret quand on l’oublie. J’ai créé  une nouvelle adresse mail avec un autre mot de passe sophistiqué. J’en ai fait de  même avec mon compte Facebook, lui aussi visité de temps à autre par l’intrus. Il avait réussi à bloquer l’échange avec un de mes ex, qui n’accédait plus à mon compte, et vice versa. Pour finir, j’ai pris la feuille sur laquelle j’avais noté les différentes informations et l’ai cachée, furtivement, dans la commode où je rangeais ma lingerie ; personne n’y avait accès, pas même ma femme de ménage. Ce jour-là, je tutoyais la folie.

Trois jours plus tard, l’accès à ma boîte m’a été refusé : “Mot de passe incorrect”. Mais cette fois-ci, quand je tapais l’ancien, il en était de même. Apparemment, l’intrus me signifiait la fin de la partie. Je lui avais probablement donné  du fil à retordre avec tous ces mots de passe et ces adresses de messagerie entrecroisées. Cela ne devait plus l’amuser. J’étais paniquée, piégée, et seule dans ma détresse. A qui demander de l’aide sans dévoiler ma vie privée ?

J’avais perdu toute ma correspondance ainsi que la liste de mes contacts. Après la création de ma nouvelle adresse, j’ ai reconstitué, petit à petit, un nouveau répertoire. A partir de ce momentlà, l’intrus a disparu de ma vie. Je n’ai  jamais su qui se cachait derrière, même si mes  soupçons se sont portés sur des ex.

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