Sit-in contre les violences sexuelles : peu de monde mais beaucoup de colère

Près de 250 personnes se sont rassemblées hier soir sur la place Maréchal à Casablanca pour dénoncer les violences sexuelles que subissent les femmes. Un chiffre faible au vu du nombre d’habitants que compte Casablanca, mais aussi de l’indignation sur les réseaux sociaux après la diffusion d’une vidéo montrant le viol collectif dont a été victime une jeune femme dans un bus.

« Je suis déçue par le peu de personnes présentes au rassemblement », lâche d’emblée Ghassam, 40 ans, venu avec un groupe d’amis dont certains étrangers, après l’appel lancé sur Facebook par une poignée de femmes pour dénoncer le viol collectif dont a été victime une jeune femme atteinte de handicap mental dans un bus. La scène s’est déroulée il y a environ trois mois, mais la séquence a été diffusée sur la toile le week-end dernier. « Ce qui me révolte, c’est qu’il y a plus de monde pour le sit-in organisé en soutien au chanteur Saad Lamjarred accusé de viol qu’aujourd’hui pour la victime » , se désole-t-il avant d’ajouter : « Vous savez, c’est la première fois qu’une telle agression au Maroc est filmée et postée sur les réseaux sociaux, et de la voir, cela a été un véritable choc même si on sait qu’il y a malheureusement des viols tous les jours ».

  

Pour Chaimaa, une jeune femme de 25 ans, le peu de manifestants présents n’est pas étonnant. « Dans la société marocaine, on ne bouge pas », se désole-t-elle avant de faire remarquer : « Ceux qui sont là ne représentent pas la majorité de la population, à savoir la classe populaire. Et si vous regardez bien, il n’y a pas assez d’hommes ce soir. » Pire encore, quelques-uns se sont glissés dans le rassemblement pour oser dire que « c’était de la faute de cette jeune femme, et des femmes en général, si elles sont agressées ou violentées ». Des propos qui ne peuvent qu’indigner. Les manifestantes tentent de discuter avec eux, mais ils n’entendent rien. Peu importe, elles continuent à crier le plus fort possible leur indignation. « Ce n’est pas possible de vivre dans une société si misogyne où les femmes achètent des vêtements longs par « mesure de sécurité », où les femmes ne sortent pas seules dans la rue à partir de certaines heures voire ne se risquent pas à mettre le pied dehors, où les femmes trouvent encore des cafés où elles ne sont pas bienvenues », énumère en colère Rim, 24 ans, qui souligne qu’aujourd’hui, la priorité pour stopper ce fléau, c’est avant tout l’éducation. « Vous vous rendez compte que les jeunes qui ont agressé cette jeune femme sont des adolescents ! » Et son ami, Ghassam d’intervenir tout de suite : « Nous avons deux générations qui n’ont pas bénéficié d’éducation et ce sont elles qui vont devenir parents. Je suis pessimiste pour l’avenir. Ce sera long, très long pour que les mentalités changent. » Pour lui, l’urgence est malheureusement d’abord la répression « afin de faire peur ». Mais pas seulement, « les femmes doivent aussi sortir du silence », comme le rappellent Zara, 17 ans, Kenza, 17 ans et Selma, 18 ans qui ont absolument voulu participer au sit-in, malgré la réticence de leurs mères. « Je lui ai dit que j’irai de tout façon, confie l’une d’entre elles, car cela aurait pu être moi ce jour-là dans ce bus ! Il y en a assez, il ne faut pas empêcher les femmes de sortir, mais plutôt que les hommes les respectent enfin ! »

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