Se disputer utile !

Les disputes traduisent à leur manière la vie du couple. Elles sont souvent éprouvantes mais délivrent quand même un message rassurant : l'autre ne nous est pas indifférent ! Vous avez envie d'exploser ? Faites donc, mais évaluez l'explosion et mesurez d'avance les retombées !

Les disputes traduisent à leur manière la vie du couple. Elles sont souvent éprouvantes mais délivrent quand même un message rassurant : l’autre ne nous est pas indifférent ! Vous avez envie d’exploser ? Faites donc, mais évaluez l’explosion et mesurez d’avance les retombées !

 

 

“Les disputes, nous en avons trois ou quatre par jour, grosso modo, à chaque fois que nous sommes ensemble : le matin, avant le boulot, le soir, le samedi, le dimanche… ça fait partie de notre mode de communication et cela ne gêne personne. Pas même les enfants qui savent très bien qu’elles ne remettent pas en cause notre entente. Tous les sujets sont bons :

le repas qui ne plaît jamais à mon tendre, le désordre, autant le mien que le sien (ce ne sont pas les mêmes), les visites familiales, le choix des vacances, etc. Un seul sujet échappe aux cris et aux hurlements : l’éducation de nos enfants.”

Voici comment s’exprime Amina qui, au bout de vingt ans de mariage, déclare ne jamais s’ennuyer auprès de son conjoint, Imad. “Amina et Imad commente la psychologue Chantal Emran, sont deux tourtereaux qui se donnent la réplique comme deux bons vieux acteurs.” Au programme de l’animation théâtrale de leur vie de couple : on a toujours des choses à se dire, on ne va pas se laisser bouffer par le quotidien… Résultat, celui-ci prend du relief, et chacun a le sentiment – justifié ! – qu’il exprime haut et fort ce qu’il pense et ressent, même et surtout si l’autre n’est pas d’accord. Ce qui constitue une source de réassurance quotidienne, donne un sentiment de liberté et évacue au passage énervement et tensions. Ici, la dispute est tonique, stimulante pour un couple où chacun a sans doute une forte personnalité, et vient à coup sûr d’une famille où l’on avait le droit de dire ses émotions. Elle ne blesse pas, malgré les décibels.

Amina et Imad ont adopté le “système dispute” comme mode de fonctionnement du couple, plutôt ludique. Il ne contamine pas le rôle parental, trop sérieux pour être traité sur ce mode : les enfants ne sont pas un sujet de discorde. Preuve par neuf s’il en faut que la dispute chez ce couple-là est plutôt un condiment qui rend leur quotidien plus savoureux. Ce qui est loin d’être le lot d’un grand nombre de couples.

La dispute ronge plusieurs partenaires. Et ce ne sont pas les motifs qui manquent !

 

Il (elle) fait tout pour me rendre jaloux (se) !

La jalousie est un thème récurrent de disputes ! Du côté du plaignant, une houle de sentiments, prompte à déferler, qui remue des couches profondes : angoisse d’abandon, inquiétude sur ses capacités à toujours séduire, fierté bafouée devant les autres… L’accusé le sent bien et l’utilise, inconsciemment ou non, pour donner du piment à la vie érotique du couple, pour mieux mesurer l’attachement réciproque. Nous sommes dans une variante pleine de ressources de la dispute théâtre : “Je plais, tu en as eu la preuve, et tu l’avais peut-être un peu oublié. Je te rappelle combien je suis désirable et aussi tout ce que je peux t’apporter.” Tout se termine alors sur l’oreiller, et c’est plus bon que d’habitude !

Ponctuel ou répétitif, ce scénario, pour être positif, a besoin d’être joué avec précaution, vu les enjeux en présence. “Il comporte une ambivalence, nous explique Chantal Emran, l’accusé gagne sur tous les tableaux pendant le scénario et dans l’après-scénario, ce qui n’est pas le cas du plaignant !”

Enfin, c’est une dispute qui fonctionne si la vie sexuelle du couple est le pivot des relations, et qui s’use avec les années. Elle n’a rien à voir avec les disputes harcelantes de la jalousie obsessionnelle, le besoin destructeur de contrôler, d’enfermer l’autre. Cette jalousie-là n’a jamais rien fait pour l’harmonie du couple… Il faut prendre ses jambes à son cou et se sauver si l’autre veut faire de nous son objet, sa chose.

 

Il (elle) est tout pour moi ; je dois être tout pour elle (lui)

Odieux, le conjoint ne supportant pas d’abandonner l’autre ne serait-ce qu’une seule minute parce qu’il juge que ce temps-là lui revient ?

Oui et non. Pour cet autre, se savoir attendu avec cette intensité, cette passion, est valorisant, et l’agacement de surface s’accompagne d’une réassurance de fond : il a besoin de moi comme j’ai besoin de lui ! Ce genre de disputes se retrouve souvent dans les couples fusionnels, très dépendants l’un de l’autre. L’un, par exemple, fonctionne sur un mode enfantin, tandis que l’autre est l’adulte protecteur, sur le modèle père-fille, ou mère-fils. En réagissant rituellement jusqu’à “la crise”.

Dispute utile, donc, tant que le couple reste dans le statu quo, mais qui ne permet aucune évolution individuelle. Car si l’un des deux mûrissait et sortait de son rôle, le couple risquerait d’éclater.

 

Qu’est-ce qu’il peut m’agacer !

Bien différente est la dispute d’exaspération face au comportement ou aux travers de l’autre, vite démarrée quand nous sommes fatigués ou de méchante humeur. Nous la reconnaîtrons tous à travers ces débuts prometteurs : “Quoi ? Je rentre tard, tu savais que j’avais une réunion très importante. Il est 9 heures, les enfants ne sont pas couchés. Et toi, tu regardes la télé ?” ; “Comment ? Maman a appelé hier soir et tu ne me l’as pas dit ?” ; “J’aimerais vraiment pouvoir me coucher sans avoir à déplacer le courrier du jour, ton ordinateur portable et un assortiment de journaux…” Là-dessus, le ton monte vite, quelques dures vérités sont échangées sur le manque d’initiative, l’intransigeance, le désordre de l’autre…

Mais stérile est la dispute à répétition, quand l’un achoppe sur le même travers “incorrigible” de l’autre qu’il voudrait faire disparaître, comme on lui ferait enlever un vêtement qui déplaît. La pente est alors facile vers les mots qui laissent des traces ; vers la solitude de chacun à l’intérieur d’un couple qui ne se tient plus chaud…

 

Il (elle) s’y prend toujours mal avec les enfants !

Les disputes à propos des enfants qui peuvent se décliner sur mille variantes : crèche ou grand-mère, et si grand-mère, laquelle ? Qui conduit les mômes au club ou chez le pédiatre?… Tout cela cache en réalité un véritable conflit de pouvoir. Chacun étant persuadé qu’il s’y prend mieux que l’autre pour éduquer les enfants. Le père qui veut faire appliquer la loi et se montre parfois très rigide. La mère qui fait le tampon et veut adoucir le climat. Chacun se sent nié par l’autre dans sa fonction.

A répéter trop souvent ce genre de dispute, on perd en crédibilité auprès des enfants. Le rôle parental s’en trouve affaibli et généralement les enfants vont s’en servir pour faire alliance avec celui ou celle qui désavoue l’autre.

Un couple qui fonctionne sur la rivalité trouve souvent d’autres sujets de dispute, que ce soit l’argent, le travail ou la sexualité. A chaque fois, ce fonctionnement est destructeur puisqu’il vise à rabaisser l’autre pour se sentir plus fort. Pour que les choses puissent s’arranger, il faut que le plus conscient des deux provoque une discussion en dehors des enfants, dise ce qu’il ressent afin que l’autre respecte ce qu’il dit ou fait sans empiéter sur son rôle. Quand le conflit est trop répétitif et qu’il se durcit, mieux vaut se faire aider par un tiers, pour découvrir les raisons sous-jacentes de ces deux attitudes.

 

Il (elle) adore m’humilier devant les autres !

Certains couples se font une spécialité de se quereller devant témoins. Il leur faut des spectateurs devant qui jouer leurs psychodrames. Quand les acteurs sont de force égale et qu’ils ont d’autres complicités positives que celles-là, ils sont étiquetés “bons comédiens” et chacun retrouve ses marques. Mais, très souvent, il y en a un qui est l’accusé et l’autre la victime. Comme leurs disputes se passent devant des tiers, la blessure d’amour-propre est encore plus vive et, là encore, le danger de détruire l’autre ou la relation est grand. Plus il existe de querelles de ce type, plus le ressentiment va grandir, et l’accumulation de rancœur peut faire exploser le couple. La tentation est grande pour l’accusé d’aller se faire apprécier ailleurs ou de prendre la fuite pour préserver son image et son intégrité. Mettre provisoirement de la distance dans le couple peut être une solution pour calmer le jeu et favoriser les prises de conscience.

 

Je suis face à un mur !

“La dispute où l’un reste silencieux est la plus meurtrière, avertit Chantal Emran. Il vaut toujours mieux que les deux soient acteurs. A travers les agressions, il y a un appel pour que l’autre bouge, une demande d’amour pour que le couple vive mieux. La dispute est loin d’être un signe de détachement.” Mais celui ou celle qui oppose le silence ne fait rien avancer. Il renvoie l’autre à une surenchère d’agressions, avec risque d’escalade de cris et de reproches, destinés à le faire bouger ou sortir de ses gonds. Si l’autre ne répond rien, cela se solde par un sentiment très profond d’impuissance. Ce silence peut avoir diverses significations. Il peut être une protection pour ne pas être trop atteint. Ou encore une barrière contre sa propre violence : “Je ne réponds rien, témoigne Adil, sinon je ne me maîtriserais pas et je serais capable de tout casser !”.

Derrière le silence, il y a autre chose, une horreur des conflits, une émotion retenue, une fragilité, un sentiment d’impuissance face à la colère de l’autre ou une peur d’exercer sa virilité.

La dispute est donc utile. Seules les couples morts connaissent des trêves de longue durée ! La dispute est positive dans la mesure où elle évite l’accumulation de rancœur qui à la longue détériore la relation. La rancune, mal dominée, non exprimée est particulièrement dangereuse et agit comme du vinaigre dans un verre de lait : il suffit d’une goutte pour contaminer tout le contenu ! A vous de veiller à ne pas en arriver là et à apprendre à vous disputer utile !

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