Merci pour le conseil!

Autour des jeunes parents, les conseils pleuvent ! Tout le monde croit détenir le remède miracle pour soigner tel bobo, connaître la recette pédagogique pour corriger tel comportement... Directives à suivre ou à n'écouter que d'une oreille ? Entre les deux, le coeur des jeunes parents balance !

“Pauvre petite, pourquoi la fais-tu travailler ? Ce sont les vacances !”, prône le grand père tandis que son fils essaye de faire exécuter péniblement ses devoirs de vacances à la petite dont les résultats scolaires sont plus que tangents… “Tu n’es pas assez sévère”, fait remarquer le frère aîné à sa petite soeur, jeune maman depuis seulement quelques printemps… Mère, belle-mère, frère, belle-soeur, amie, collègue, il y a toujours quelqu’un de bien intentionné pour nous donner un conseil sur l’éducation de nos enfants. Surtout quand on boxe encore dans la catégorie “jeunes parents”.

L’un ne jure que par les vertus de la responsabilisation précoce, alors que vous savez pertinemment que chez vous, ça ne fonctionnerait pas ; l’autre soutient que pendant que vous sevrez votre bébé, une compresse chaude appliquée sur les seins réduira la pression et apaisera la douleur. Une troisième affirmera sans l’ombre d’un doute que la compresse en question doit être froide, foi d’une allaiteuse chevronnée, quatre fois maman, et experte devant l’éternel en bobos made in petite enfance. Si ces recommandations sont parfois fondées, l’ennui, c’est que trop souvent, elles n’ont pas été demandées ! Certaines phrases inappropriées ou mal amenées, voire franchement blessantes, sont difficiles à avaler. Fréquemment, elles peuvent être reçues comme une critique. Mais le souab, bon conseiller sous nos cieux méditerranéens, nous recommande de prendre notre mal en patience et d’apprendre à répondre avec tact à tous ceux et celles qui, après tout, ne nous veulent (peut-être) que du bien !

Y a-t-il un bon conseiller à bord ?

Quand on a de la difficulté à recevoir un conseil, c’est souvent à cause de notre relation avec l’individu qui le donne. Selon Batoul El Harti, psychiatre, “quand vous recevez l’opinion de quelqu’un de  contrôlant, c’est-à-dire avec qui un rapport de force, franc ou sous-jacent est engagé, il y a de fortes chances que celuici soit chargé d’un message à votre intention. Si le conseil est prodigué par une personne avec qui vous n’êtes pas en rapport de force, mais en rapport de confiance, prenez ce conseil pour ce qu’il est : une piste de réflexion qui pourrait déboucher sur une vraie bonne idée qui peut peut-être vous aider”. C’est le cas de Nadia, qui raconte que le meilleur conseil lui est venu de sa meilleure amie. Pour aider son fils de 5 ans à se “libérer” de l’emprise de son doudou qu’il trimballait partout, de la petite à la grande section, elle a suivi l’idée de son amie et a proposé à son garçon de confier le doudou en question à sa grand-mère, qui en prendrait soin jusqu’à son retour de l’école ! L’idée a très bien fonctionné.

Des goûts et des couleurs, faut pas se disputer !

Les méthodes d’éducation ne sont pas extrapolables, ni transposables, heureusement d’ailleurs, car on serait encore plus formatés ! Les recettes pédagogiques qui ont fait leurs preuves dans une famille ne donnent parfois aucun résultat dans une autre. De plus, ce qui était vrai du temps de nos parents ne l’est plus nécessairement aujourd’hui ! Les parents d’aujourd’hui doivent gérer le temps loisir, le temps Internet, se coltiner Facebook. Nos parents n’avaient jamais vu un PC de leur vie quand ils nous ont engendrés ! Du temps de nos mères et de nos grandes soeurs, la libération des femmes s’est faite autour de certains changements, comme l’arrivée du lait maternisé qui permettait d’arrêter l’allaitement et de retourner rapidement au travail. A l’époque, celles qui continuaient d’allaiter passaient pour des personnes rétrogrades, à contrecourant du progrès. Aujourd’hui, allaiter est valorisé par tous, y compris par la voix autorisée du corps médical qui vantait hier les vertus du lait maternisé ! La propreté était également un enjeu important : les mères obligeaient quasiment leurs enfants à être propres dès l’âge de 12 mois. Aujourd’hui, tous les spécialistes s’accordent à dire que c’est un processus naturel, qui se produit lorsque l’enfant est prêt physiologiquement et physiquement. Mais même si on est parfaitement lucide, que l’on mesure à sa juste valeur le fossé entre générations, et si on est passé maître ès petits soins à prodiguer aux nouveau-nés et aux bébés, ce n’est guère facile de faire comprendre à sa belle-mère qu’il ne faut pas emmitoufler un enfant qui accuse 40 degrés pour “faire sortir la fièvre”. Pas évident non plus de dire à sa maman que l’on ne croit pas, nous, qu’il faille laisser bébé hurler tout son soûl pour “l’endurcir” ! Pourtant, il est important pour la pérennité de la paix des ménages d’expliquer à ces mères et à ces belles-mères que l’on a une façon différente de faire certaines choses. “Une manière diplomatique de présenter les choses et de rassurer ces grands-mères sur leurs compétences : leurs techniques ont bien fonctionné il y a 25 ans. Aujourd’hui, vous avez trouvé votre propre façon de fonctionner, tout comme elles à leur époque !”,

suggère Batoul El Harti. Les nouvelles mères sont fragiles et ont souvent une sensibilité exacerbée. Les conseils émis sous forme de critiques ont pour effet de les déstabiliser.

nouveau-nés et aux bébés, ce n’est guère facile de faire comprendre à sa belle-mère qu’il ne faut pas emmitoufler un enfant qui accuse 40 degrés pour “faire sortir la fièvre”. Pas évident non plus de dire à sa maman que l’on ne croit pas, nous, qu’il faille laisser bébé hurler tout son soûl pour “l’endurcir” !

Pourtant, il est important pour la pérennité de la paix des ménages d’expliquer à ces mères et à ces belles-mères que l’on a une façon différente de faire certaines choses. “Une manière diplomatique de présenter les choses et de rassurer ces grands-mères sur leurs compétences : leurs techniques ont bien fonctionné il y a 25 ans. Aujourd’hui, vous avez trouvé votre propre façon de fonctionner, tout comme elles à leur époque !”, suggère Batoul El Harti.

Attention, jeune maman fragile !

Que les donneurs de conseils se le tiennent pour dit : les nouvelles mères sont particulièrement fragiles et vulnérables. Elles sont fatiguées à cause des dérèglements hormonaux et ont souvent une sensibilité exacerbée. Une remarque, même prodiguée avec la meilleure intention du monde, risque de les offenser. “Il y a toutes sortes de jeunes mamans : celles qui vivent une relation fusionnelle avec leur bébé, et qui acceptent mal les recommandations de leur entourage car elles ont l’impression que les autres cherchent à entrer dans leur bulle. Et puis il y a celles qui ont toujours subi le contrôle d’autrui et qui, dans la maternité, découvrent pour la première fois qu’elles ont un pouvoir sur quelqu’un”, explique notre spécialiste. Bien souvent, ce type de nouvelle maman est constamment sur la défensive, rejette catégoriquement les conseils des autres et choisit de faire les choses à sa façon. Pourtant, une jeune maman a besoin d’être soutenue et encouragée dans le développement de son sentiment de compétence. C’est durant les premiers mois que se crée le lien d’attachement entre la mère et l’enfant. Si la maman se sent bien dans son nouveau rôle, elle a plus de chances de réussir à le construire. Durant cette période, les conseils émis sous forme de critiques ou de jugements ont pour effet de la déstabiliser.

 

La meilleure attitude à avoir face aux conseils est d’être ouverte sans être dépendante.

L’expérience des autres est intéressante, mais il faut avoir confiance en soi.

Quand une oreille écoute, l’autre…

Chaque fois que Lamia, entourée d’une belle-famille pléthorique, recevait des conseils, elle répondait avec le sourire : “Bonne idée, merci beaucoup !”. Mais en réalité, elle n’en suivait aucun. Elle avait l’impression que les recommandations qu’on lui faisait ne s’appliquaient jamais à son cas. “Quand vous n’en voulez pas, les conseils pleuvent, et quand vous en avez vraiment besoin, plus personne n’a de bonnes idées ! En fait, quand on vit une situation difficile, ce n’est pas vraiment un conseil que l’on recherche, c’est une oreille”. Faut-il alors se fier uniquement à son instinct et rejeter en bloc les idées des autres ? La meilleure attitude à avoir face aux conseils est d’être ouverte sans être dépendante. Autrement dit, les autres ont une expérience intéressante, dans laquelle on peut puiser son inspiration, mais il faut également se faire confiance et prendre une distance par rapport à ce que les gens disent. Et lorsque les conseils d’une mère ou d’une belle-mère sont constants et deviennent oppressifs, il est important d’exprimer son malaise et d’avertir ces personnes que, désormais, on ne souhaite plus recevoir ce genre d’avis. Et c’est en apprenant à se connaître et à s’écouter qu’il devient plus aisé de faire le tri dans le tout-venant des conseils que l’on reçoit. De toute façon, la plupart des mères inventent leurs propres méthodes d’éducation en fonction de leur jugement et de la personnalité de leur enfant ; car même si l’autre a une très grande compréhension de la situation qu’elles vivent, personne ne connaît mieux qu’elles les données du problème. â– 

 

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