Les Marocains, éternels insatisfaits?

46 % des Marocains ne vivent pas dans le bien-être. Telle est la révélation d'une enquête réalisée par le Haut Commissariat au Plan. "Une petite moitié, finalement", disent les optimistes. "Des chiffres bien loin de la réalité", rétorquent les plus désabusés. FDM a donné la parole aux uns et aux autres...

Ilham, enseignante.
â–  Ça dépend des moyens dont on dispose. Si on est à l’aise financièrement, dans une ville comme Casablanca, par exemple, on peut dire que le bien-être est accessible. La classe moyenne peut, à mon avis, être satisfaite de sa vie,  btenir un crédit, acheter une voiture, une maison… Maintenant, si on descend un degré plus bas, c’est la galère ! Que ce soit pour les besoins quotidiens, l’alimentation ou les soins, la classe moyenne a finalement assez bien évoluédurant  ces dix dernières années. On peut espérer mieux, c’est sûr. Mais il fait bon vivre au Maroc ! Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à jeter un coup d’oeil sur nos voisins qui, eux, ont beaucoup de difficultés.

Siham, hôtesse d’accueil.
â–  Il n’y a que 46 % des Marocains qui sont insatisfaits de leur vie ? Je pense que ce chiffre est très loin de la réalité. Il n’y a qu’à voir tout le monde pester à longueur de journée pour s’en convaincre ! On se plaint des embouteillages qui nous empoisonnent l’existence et nous empêchent d’arriver à l’heure au travail, de la cherté de la vie et des salaires misérables… De toute façon, le bien-être est par définition quelque chose d’inaccessible. Ce n’est même pas une histoire de moyens. On peut être milliardaire et ne pas être à 100 % satisfait de son existence. C’est la vie !

Samir, étudiant.
â–  Cette insatisfaction générale ne m’étonne pas puisque la mentalité marocaine est à mon avis anesthésiée. Et puis, la vie est chère ici, c’est une réalité. Mais au-delà des conditions de vie, c’est surtout une question de classes sociales. Tout dépend du quartier où l’on habite et de son train de vie. On aspire tous à accéder à une classe sociale supérieure en habitant dans une zone huppée. Mais le problème qui se pose, c’est que quels que soient les moyens qu’on met à sa disposition, l’être humain est un éternel insatisfait. Et puis, on a beau être riche ici, on trouvera toujours plus fortuné que soi.

Azzeddine, négociateur de fret maritime.
â–  Personnellement, je ne fais pas confiance aux chiffres fournis par l’Etat. Selon moi, ces statistiques ne reflètent pas la réalité et l’insatisfaction touche bien plus que 46 % des Marocains. Le Maroc est un pays où il ne fait pas bon vivre. Je  le pense réellement. J’allais d’ailleurs de ce pas déposer mon dossier dans un bureau de migration pour le Canada. Et je peux vous dire que c’est cette même insatisfaction qui nous oblige à prendre de telles décisions ! Tu te bas pour étudier et chercher un job, mais on te met toujours des bâtons dans les roues. Il y a continuellement des obstacles qui t’empêchent d’avancer. Tu as beau avoir de l’ambition dans ce pays, celle de créer ton entreprise, par exemple, tu seras toujours bloqué dans ton élan par le plus minable des fonctionnaires. Le bien-être dépend à mon avis du revenu réel ainsi que du pouvoir d’achat de chaque citoyen. Sans compter qu’on ne peut jamais être satisfait de ce qu’on  possède. On veut toujours plus, c’est humain.

Nadia, manager.
â–  Il y aura toujours d’éternels insatisfaits ! Beaucoup se plaignent du chômage accru… Personnellement, je ne suis pas de leur avis. Je suis manager dans un palace, je recrute du personnel, mais les gens ne sont souvent pas à la hauteur. Ils répondent au profil que je cherche, certes ; mais après deux ou trois mois, leur productivité n’est plus la même. A mon avis, l’insatisfaction est due à la mentalité de chacun. Il y a des gens qui veulent toujours plus. C’est vrai qu’il faut être ambitieux, mais mieux vaut éviter d’avoir les dents trop longues ! Pour ma part, j’ai la conviction que je peux créer ma propre satisfaction. Je peux lire un bouquin, par exemple, et être très heureuse de ma journée. Je peux passer quelques heures à l’Ourika, et avoir assez de punch pour le reste de la semaine. Je peux m’offrir un massage, une manucure ou une pédicure et ça me procure une énergie positive immédiate. Le bienêtre peut passer par des petits  gestes… C’est dans la tête que ça se passe !

Ridouane, commercial.
â–  C’est énorme que les Marocains se sentent à ce point insatisfaits de leur vie ! Et pourtant, en comparaison avec les autres pays de la région, le Maroc a pu maintenir un climat de stabilité, et ce, malgré la crise. Je pense qu’on vit correctement ici. Qu’on ait un petit ou un gros salaire, les besoins primaires sont en tout cas satisfaits. D’après moi, ce malaise résulte surtout de ce désir que certains ont de vivre dans un standing qui n’est pas le leur. On s’enlise dans les crédits et on consomme bien plus que ce que nos moyens nous permettent. Mais malgré tout, je crois en la baraka. La preuve, même dans les quartiers les plus défavorisés, on arrive à trouver des gens satisfaits de leur existence, pour peu qu’ils aient un toit et de quoi manger.

Rachida, électronicienne.
â–  Le chiffre de 46 % est à mon avis très loin de la réalité ! Je pense qu’on est au moins 60 % d’insatisfaits ! La vie est dure, vous savez. Ce n’est pas juste une question de moyens. Les rapports humains ne sont plus les mêmes. Plus rien ne nous comble. Et pourtant, le Maroc est un pays où l’on peut bien vivre si on le souhaite. Il suffit de levouloir réellement. Bon, il nous manque des choses dans des domaines comme l’éducation, la santé, le travail. Mais les  Marocains sont connus pour leur sens de la débrouille. Et puis, heureusement que l’entraide familiale existe toujours pour nous sauver des mauvaises passes.

Rachid, commercial.
â–  Ce chiffre de 46 % ne colle pas à la réalité. Il n’y a qu’à voir tous ces gens qui ne sont pas à l’aise, le taux de chômage, le coût de la vie… Il y a 60 % au moins des Marocains qui ne vivent pas dans le bien-être. Et le problème majeur de tous ces insatisfaits n’est autre que le pouvoir d’achat. Pas mal de personnes veulent vivre à un niveau qui n’est pas le leur, et dans ce cas, normal qu’ils se sentent frustrés !

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