La face cachée du « Guide »

Grand reporter au "Monde", Annick Cojean raconte dans un livre choc la perversité sexuelle de Kadhafi. Un récit hallucinant.

Un an après la disparition de Kadhafi, Annick Cojean lève le voile sur l’un des aspects les plus sombres de sa personnalité : le sadisme pervers de sa sexualité. Dans son livre “Les proies – Dans le harem de Kadhafi”, elle donne la parole à ses innombrables victimes, des esclaves sexuelles contraintes d’assouvir ses fantasmes les plus débridés sous peine de subir les pires sévices et humiliations.
Pendant 42 ans, Kadhafi a régné sans partage sur la Libye. Son intense libido n’était un mystère pour personne. Mais ce que l’on sait moins, c’est que des fillettes étaient enlevées par centaines, qu’elles étaient victimesd’actes de barbarie, que le viol était utilisé comme arme de guerre… Annick Cojean a  nquêté directementen Libye, recueillant le témoignage de ces femmes qui décrivent un prédateur sexuel  d’une violence inouïe, cherchant quotidiennement à satisfaire ses fantasmes les plus vils En effet, la journaliste détaille avec un réalisme cru cet univers de perversion dans lequel baignait le dictateur et son entourage. Des fillettes enlevées à leur famille étaient systématiquement droguées avant d’être sauvagement violées par Kadhafi ou ses sbires, contraintes de participer à des orgies collectives… Et pour accentuer l’aspect sordide du récit, on apprend qu’il utilisait le sang des jeunes filles déflorées pour des rituels de magie noire. Des  actes de sadisme qui dépassent l’entendement.

Soraya, une vie brisée

Le témoignage de Soraya ouvre le récit… Arrachée à sa famille alors qu’elle n’a que 14 ans, elle est repérée par le “Guide” lorsqu’il visite son école, à l’occasion d’un déplacement officiel à Syrte. Soraya avait eu le privilège de lui offrir un  bouquet de fleurs. En échange, Kadhafi lui caresse affectueusement les cheveux. En clair, ce geste signifie : “Je te veux !” Elle est immédiatement intégrée à son harem, dans le sous-sol de sa demeure de Bab al-Azizia, à Tripoli. En  quelques heures, elle se retrouve catapultée dans la chambre du “Guide”… Le début d’un long cauchemar qui durera plusieurs années. A l’instar des autres filles déjà présentes, Soraya devait boire de l’alcool, visionner des films pornographiques ou encore consommer de la cocaïne avant d’être livrée à son bourreau…

Le sexe, la meilleure arme de guerre de Kadhafi

En véritable prédateur, il consacrait la plus grande partie de son temps à repérer ses futures proies, que ce soit dans les magazines ou à la télévision. Actrices, journalistes ou simples anonymes, l’appétit de Kadhafi était insatiable, allant jusqu’à désigner les femmes de ses ministres ou de chefs d’Etat africains.
Pour humilier ses ennemis, le sexe était sa meilleure arme d’intimidation, lui donnant l’illusion d’être le seul maître de la destinée de son peuple. Par exemple, pour bafouer la dignité d’un chef de tribu, il n’hésitait pas à enlever son épouse ou sa fille. Aujourd’hui, on sait que pendant la rébellion libyenne, le viol était le moyen de répression le plus utilisé par des soldats dopés au Viagra.
Cojean révèle aussi les tendances homosexuelles du dictateur, un énorme tabou que personne n’évoque en Libye, probablement le secret le mieux gardé au cours de ces longues années de règne. Dans “Les proies”, on apprend que des garçons étaient aussi enlevés avant d’être abusés. Kadhafi allait jusqu’à contraindre certains de ses ministres ou militaires à avoir des relations sexuelles avec lui…
Ce livre, qui sera bientôt publié en Libye, n’a pas fini de faire couler beaucoup d’encre…

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