La belle au grand coeur

Danoise d'origine, New-yorkaise d'adoption, Heidi Albertsen, célèbre mannequin élu à ses débuts Modèle de l'Année par Elite, a délaissé pendant quelques jours les podiums du monde de la mode occidentale pour défiler, le temps d'une soirée exceptionnelle, sur la scène de Caftan. Rencontre avec cette vénus venue du nord qui aura su, avec beaucoup de grâce et d'élégance, mettre en valeur le caftan haute couture.

FDM : Est-ce la première fois que vous venez au Maroc ?
Heidi Albertsen : Non, je suis heureuse d’être ici pour la troisième fois. Lorsque je vivais encore à Paris, je suis venue au Maroc pour un shooting organisé par un magazine français. J’étais accompagnée d’un groupe d’amis et nous logions dans un magnifique palace où, à en croire le “Guest book”, Mick Jagger avait séjourné avec Jerry Hall. Je ne devais séjourner que quelques jours au Maroc car j’avais un autre travail prévu en Australie. Résultat des courses, j’ai prolongé mon séjour ici et j’ai fini par y rester trois semaines tant je m’y plaisais. Nous nous sommes beaucoup amusés et nous avons aussi beaucoup voyagé entre Marrakech, Taroudant, Tanger et Fès. Je suis donc ravie de revenir à Marrakech où je passe un très agréable séjour.


Aviez-vous déjà entendu parler de Caftan auparavant ?
Non, je n’en avais malheureusement pas entendu parler. C’est mon ami et manager au Maroc Hicham Enhaili, installé à Manhattan, qui m’a invitée à venir ici et qui m’a présentée aux organisateurs de l’événement. Lorsqu’il m’a demandé si j’étais intéressée de participer à ce défilé, j’ai tout de suite dit oui ! C’est une formidable expérience pour moi car j’aime essayer de nouvelles choses, découvrir de nouvelles cultures ainsi que leurs traditions et connaître de nouveaux endroits. Certes, ce n’est pas la première fois que je viens au Maroc mais disons que c’est la première fois que je découvre le Maroc des Marocains. Je suis donc très honorée d’être ici et de participer à cet événement que je perçois comme étant très important aux yeux des Marocains, mais aussi des pays ayant un lien avec le Maroc.


Que pensez-vous du caftan en tant que tenue ?
Je connaissais déjà le caftan avant de participer à l’événement éponyme. J’ai beaucoup voyagé à travers le monde et je dois dire que le caftan représente à mes yeux un mélange d’inspirations diverses. J’y retrouve un peu de Jean Paul Gaultier, j’y

“AIDER LES AUTRES EST TRÈS IMPORTANT. QUAND ON DONNE, ON REÇOIT BEAUCOUP ET C’EST AINSI QUE JE ME SENS BIEN.”

vois un vêtement digne d’une princesse de sang royal, je lui trouve aussi des airs de robe de cocktail ainsi qu’une touche espagnole. Mais ce que j’apprécie particulièrement dans le caftan ce sont les détails travaillés à la main. Ayant une grande passion pour la culture et l'art sous toutes leurs formes, j’étudie toujours en amont le projet sur lequel je vais travailler. Mon ami Hicham m'a donc apporté plusieurs
documents relatifs au caftan, chez moi à Manhattan. J’aime procéder ainsi car cela me permet d’avoir toutes les cartes en main pour jouer ensuite mon rôle.


Vous jouez donc en ce moment le rôle d’une belle princesse arabe ?
Oui, tout à fait ! Mais où est mon Prince? On m’a promis tout à l’heure qu’on m’en amènerait un samedi et vous m’avez promis de vous occuper de trouver le cheval ! N’oubliez pas ! (Rires)


Chose promise, chose due! Sinon, vous voyez-vous porter un caftan à New York ?
Absolument, je me vois tout à fait vêtue d’un caftan à l’occasion d’un cocktail, d’un bal ou d’un passage sur le tapis rouge. J’aime d’ailleurs beaucoup le caftan noir de Romeo avec lequel je pose sur la photo. Il serait parfait pour ce genre d’occasions !

Vous soutenez ardemment la cause des enfants à travers le monde, pourquoi cet engagement ?
J’ai toujours entendu dire depuis mon plus jeune âge qu’il faut aider les autres. C’est très important dans la vie de faire des choses qui vous rendent heureux et, en parallèle de mon travail, j’avais besoin de
penser à d’autres personnes que moimême, à quelque chose qui n’ait rien à voir avec moi ni avec la mode. J’ai toujours eu une passion pour les enfants et les mamans et lorsque j’ai été présentée à une organisation en Afrique par le biais de mon agence aux Etats-Unis, c’était pour moi l’occasion rêvée de pouvoir aider les autres. Par ailleurs, à l’occasion d’un film dans lequel j’ai joué en Tanzanie Kilimanjaro, To the roof of Africa, j’ai passé plusieurs moisen Afrique. J’étais entourée d’enfants qui vivaient dans la misère la plus totale et leur situation m’a bouleversée. Dès lors, je me suis fait un devoir de les aider. J’ai ainsi participé à la construction d’un hôpital en Afrique, qui accueille aujourd’hui 3000 personnes par an et dans lequel nous avons conçu une unité spéciale dédiée aux mères, à leurs enfants et où les femmes enceintes viennent accoucher. Toujours en Afrique, nous avons construit une école dans laquelle nous pratiquons la méditation pour aider à réduire le taux de criminalité. Mais je m’investis aussi dans la vie associative à New York et je milite dans le cadre d’une association qui aide les femmes sans-abris à accoucher, à décrocher de la drogue, à avoir une vie plus saine, à construire leur maison et à trouver un travail. Nous prenons aussi en charge les enfants de personnes en difficultés et nous les envoyons dans des centres aérés. Enfin, nous permettons aux enfants issus de familles démunies de bénéficier de cours de soutien scolaire et prévenons ainsi la déscolarisation. Nous assurons ainsi leur futur. A mon sens, donner de son temps pour aider les autres est très important. Quand on donne, on reçoit aussi beaucoup en retour et c’est ainsi que je me sens bien.


Savez-vous que “Femmes du Maroc” à travers “Caftan” soutient également une association, le CSSF, qui lutte contre la déscolarisation des jeunes filles ?
Je ne le savais pas. C’est génial ! Je pourrais peut-être aider. Après tout, je soutiens une association au sud et à l’est de l’Afrique alors, pourquoi pas au nord ?


Votre pays d’origine, le Danemark, vous manque-t-il ?
Oui parfois, car ma famille que j’aime vit là-bas. J’aime les Danois, leur culture mais je me sens chez moi maintenant à New York . J’essaie toutefois d’y aller tous les deux ou trois mois.


Vous avez joué avec Nicole Kidman, Ben Stiller et Nicolas Cage. Que préférez-vous, votre carrière d’actrice ou de mannequin ?
En fait, je fais plus de mannequinat que de cinéma. J’ai tenté l’aventure du cinéma et c’était vraiment incroyable. J’espère en faire encore si une belle opportunité se présente à moi, mais pas aux dépens du mannequinat. Vous savez, quand j’étais jeune, (vous avez dû entendre cette histoire des centaines de fois), j’étais grosse et on se moquait de moi. Je cherchais à attirer l’attention des autres, mais personne ne s’intéressait à moi. J’ai travaillé dès l’âge de 10 ans en lavant la vaisselle dans un restaurant ou en distribuant le journal. Ces expériences de ma jeunesse m’ont rendue très humble et aujourd’hui je traite tout le monde sur un pied d’égalité, qu’on soit Donald Trump ou pas. J’aime mon job, mais ça reste un travail comme les autres avec des hauts et des bas. Il y a beaucoup de compétition dans ce métier et je
cherche donc sans cesse à me perfectionner, à apprendre toujours davantage et à rester professionnelle en toutes circonstances. Une chose est certaine, je joue tout le temps un rôle. Je joue celui de Heidi le
mannequin. Aujourd’hui, je suis une Marocaine qui porte un caftan, si je vais en Espagne je serai  Espagnole et à Paris je deviendrai Parisienne. C’est très excitant ! Mais malgré tout, à la fin de la journée, je ne suis plus un mannequin, je ne suis plus une actrice, je suis Heidi. Heureusement, il y a d’autres choses qui me permettent d’être moi-même, notamment l’art, ma plus grande passion.


Justement en parlant d’art… Vous êtes aussi peintre, sculpteur et photographe. Quelle place occupe l’art dans votre vie ?
L’art représente pour moi un moment durant lequel personne ne me dit ce que je dois faire. C’est quelque chose que je fais par moi-même, que je n’ai pas besoin de montrer à quelqu’un, que personne ne
jugera ni ne dira si c’est bien ou pas. C’est un moyen pour moi de disparaître, comme par la méditation. Je peux rester enfermée six heures d’affilée, toute à ma création et quand je refais surface je n’en reviens pas car j’ai l’impression qu’une heure à peine s’est écoulée. L’art, c’est pour moi une manifestation de l’infini, un moyen de flotter dans les nuages. Je pense maintenant à vendre mes oeuvres afin de lever des fonds pour les associations auprès desquelles je suis engagée.


Et en dehors de l’art, à quoi occupez-vous votre temps libre ?
Je passe du temps avec ma famille, avec mes amis. Je profite du fait de pouvoir être sans maquillage, de porter des vêtements confortables, d’être moi-même. Sinon, je vais à la gym, je marche, je joue au tennis, je reste active, j’entretiens ma forme. Je suis très sportive ! J’écoute aussi de la musique, je vais voir des films, je prends le temps de lire. Et par dessus tout, j’aime jouer avec les enfants, avec les animaux, être dans la nature. Et, ah oui j’oubliais ! J’adore l’océan !

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