Interview : Matin Von Krogh

FDM : Dans quelles circonstances vous êtes-vous retrouvé en Afghanistan ?

Martin Von Krogh : J’y ai rejoint une collègue écrivain suédoise qui enquêtait depuis deux ans sur les “bacha bazi”, et nous nous sommes rendus ensemble dans le nord du pays, dans la région de Balkh. Nous avons rencontré beaucoup de difficultés dans un premier temps, car les contacts que nous avions et qui devaient nous présenter un “bacha bazi” et nous introduire dans une soirée privée se désistaient les uns après les autres. Puis, après avoir voyagé à travers le pays, nous sommes revenus à Mazar-e Charif, où
nous avons enfin pu rencontrer Samiullah, un “bacha bazi” de 15 ans ; et l’homme qui se présente comme son professeur de danse. C’est notre intermédiaire sur place qui s’est porté garant pour nous et qui a rassuré tout le monde quant à nos intentions.

Avez-vous dû leur mentir pour parvenir à prendre ces photos ?
Non, pas du tout. Nous avons été transparents avec eux dès le départ, et ils savaient parfaitement que nous étions des journalistes suédois souhaitant réaliser un documentaire sur les “bacha bazi”. Bien entendu, ils ne nous ont dévoilé qu’une partie de cette pratique et à aucun moment ils n’ont mentionné sa
dimension sexuelle. Quant à Samiullah, il répondait, quand on lui posait la question, que si jamais rapport sexuel il y avait, c’était toujours avec son consentement.

Racontez-nous vos impressions au cours de la soirée à laquelle vous avez assisté ?
Ça se passait à la campagne et c’était une situation très bizarre. Ma collègue et moi sommes restés environ une heure. Nous ne voulions pas être impliqués dans une soirée à caractère sexuel et illégal.  D’autant que nous avions eu l’occasion de parler à deux reprises avec cet enfant et pris suffisamment de photos. Il était inutile de s’attarder plus longtemps. Photographier des scènes osées aurait été trop étrange, contre toute éthique et n’aurait rien ajouté de plus à l’histoire.

Parlez-nous de Samiullah. Que savezvous de cet enfant ?
On ne sait pas s’il a été vendu par ses parents à ce professeur de danse, s’il a fugué de chez lui, s’il a été kidnappé… De son côté, il prétend avoir fui le foyer familial et avoir été recueilli par cet homme, mais rien n’est moins sûr. Il est évident qu’il ne parlait pas librement car il était toujours accompagné de son professeur. Il était très difficile d’obtenir des réponses sincères de sa part… Il nous a dit qu’il faisait ça  librement, que c’est lui qui décidait des rapports sexuels qu’il entretenait, qu’il pouvait faire ce qu’il voulait, que son professeur prenait soin de lui. Cet enfant est sous le total contrôle de cet homme. Il n’a aucun  moyen de se rebeller car s’il s’y risquait, il serait au mieux abandonné, et au pire tué.

Quels rapports entretient-il avec son professeur de danse ?
Même s’il prétend avoir été recueilli par cet homme, à mon humble avis, Samiullah est atteint du  syndrome de Stockholm, à l’instar des victimes qui se prennent d’affection, de sympathie pour leurs  kidnappeurs. Tous les deux entretenaient visiblement une relation amoureuse, et très certainement des rapports sexuels. Etait-il violé ou consentant ? C’est très dur à dire…

Comment les invités de cette soirée privée se comportaient-ils avec lui ?
D’après notre traducteur, ils ont passé la soirée à faire des blagues à caractère sexuel et à lui demander d’aller toujours plus loin.

Qu’avez-vous éprouvé en quittant cette soirée ?
C’était très dur de partir car on sait pertinemment que cet enfant, lui, n’a aucun moyen de fuir, même s’il le voulait. Il est dans une situation tellement compliquée… Il est contrôlé par cet homme dont il dépend
complètement pour tout : nourriture, logement, protection… Il n’a aucun avenir, aucune possibilité de retrouver une vie normale. Tout ce qu’il sait, c’est que le week-end à venir, il dansera dans une autre  soirée, avec d’autres hommes . L’UNICEF, l’ONU… aucun organisme ne prévoit un plan de protection à long terme pour ces enfants qui ont pourtant terriblement besoin d’aide.

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