Gérer l’éveil sexuel de l’enfant…

Entre non-dits et gêne, la sexualité infantile embarrasse les parents qui ne savent pas sur quel pied danser.

Des adultes parfois dans leurs petits souliers…

“J’ai été très gênée lorsqu’un jour, à l’occasion d’un déjeuner chez ses grands-parents, mon fils de six ans a demandé, le plus naturellement du monde, si papy avait lui aussi, comme papa, mis sa graine dans mamie pour faire maman…”, nous confie Anissa, 35 ans. Mounia, quant à elle, sermonne sans arrêt sa fille Rania, 4 ans, qui frotte son doudou entre ses jambes en public.

À travers ces deux témoignages, aucun comportement déviant n’est à signaler. L’exploration du corps, le questionnement sur les origines, les parties anatomiques ou la reproduction font partie intégrante du développement psycho-sexuel de l’enfant et construisent aussi son identité de garçon ou de fille. Aux parents, alors, d’endosser la casquette de bons pédagogues et de passer outre les tabous et les non-dits résultant de leur propre éducation…

Un rejeton en mode découverte

La relation du bébé avec son corps et la sensualité s’inscrit dès les premiers mois de la vie. Il tète le sein, son pouce ou la tétine et apprécie le moment du bain et les soins prodigués. Très tôt, il explore son corps avec ses mains et sa bouche et à partir de dix huit mois, l’enfant curieux scrute et touche ses organes génitaux. Il affectionne aussi de s’exhiber fesses à l’air ou encore de se tripoter dans le bain ; la notion de pudeur n’intervenant que bien plus tard, vers 5/6 ans. Les premiers gestes masturbatoires sont présents vers l’âge de trois ans et occasionnent des sensations agréables.

C’est aussi la période où l’enfant prend conscience de son identité de genre et distingue la différence entre les deux sexes chez les adultes qui l’entourent (ex : vêtements, posture pour uriner, seins de mama, zizi de papa…). Mais sa plus grande découverte découle de la présence… ou pas, du pénis, au niveau de son entrejambe ! Le garçon est fier de son appendice ; tandis que la fille se montre un peu jalouse de ne pas en avoir un.

Cette mini révolution induit leurs premières questions olé olé et conduit à quelques expérimentations dans la cour de récréation  (le classique touche pipi !). Puis, vers 5/6 ans, vient le temps des jeux de rôles (“jouer au papa et à la maman” ou “au docteur”) qui permet de comparer, notamment, ses organes génitaux à ceux des autres enfants. 

Parents : managez tout en finesse…

Masturbation, impudeur, jeux au parfum d’interdit…, des réactions négatives de la part des parents risqueraient d’impacter l’imaginaire de l’enfant, lui implantant des idées tronquées ou entachées de hchouma sur la sexualité. Il est donc essentiel de ne pas porter de jugement, en rectifiant le tir de manière habile.

Entre trois et cinq ans, l’enfant est en mesure de comprendre que, nudité, auto-caresses ou sexualité ne doivent pas être pratiquées en public (notion de vie privée et d’espace intime à établir). Pour ce qui concerne les jeux connotés, il ne faut pas lui donner l’impression qu’il fait quelque chose de mal, mais veiller au grain ; la principale source d’inquiétude pourrait venir d’enfants plus âgés, susceptibles d’exercer une emprise néfaste.

Il importe également de discerner, si des interactions, reflétant des comportements sexuels adultes, sont en jeu  (ex : à travers des images véhiculées par les médias ou après que l’enfant a espionné des adultes en train de faire l’amour). Par ailleurs, si on doit lui inculquer très tôt que son corps lui appartient, on n’aborde pas une discussion sur la sexualité en se plaçant sous l’angle unique de la perversion ou du danger. Mieux vaut donc se focaliser sur son côté positif : plaisir, amour, partage, union, bébés…, avant de pointer ses menaces (ex : abus sexuels).

Le grand oral de la sexualité : ses premières questions !

Les questions surviennent en rafale à des moments incongrus : “Comment rentre la petite graine dans le ventre de maman?”; “Comment la graine de papa et l’œuf de maman se rencontrent ?” ; “C’est par où que sort le bébé ?”… En vous abstenant de lui donner un cours complet de biologie, vous avez juste à lui apporter la partie de réponse réclamée. Le plus important est de dire la vérité, de manière imagée. Par exemple : câlins amoureux de papa- maman, pour invoquer le rapprochement physique; petite graine déposée à l’intérieur du minou, qui monte pour rencontrer l’œuf et former le bébé ; bébé qui sort de là où maman fait pipi… Exit, alors, les cigognes et autres fadaises ! De fait, quand l’enfant s’interroge, on peut l’inviter, dans un premier temps, à dire ce qu’il en pense.

Une étude réalisée en classe de maternelle a montré que les gamins n’ont souvent aucune idée de l’acte sexuel et pensent que les bébés se font en s’embrassant. Et même lorsque l’adulte leur explique la conception par les voies génitales, ils continuent, longtemps, à imaginer une fécondation par un autre orifice : la bouche ou les oreilles.

Ils savent aussi que le bébé grandit dans le ventre d’une femme mais pour l’accouchement, deux théories s’affrontent : le nouveau-né est évacué par l’anus, ou alors il sort après qu’on ait ouvert le ventre de maman! C’est donc à travers ce que l’enfant connaît qu’on affine ses réponses en les adaptant à son degré de maturité. Si une problématique embarrasse, on indique qu’on va se renseigner et qu’on y reviendra plus tard. Par ailleurs, l’explication donnée peut être vite oubliée et le sujet sera remis sur le tapis, à un autre moment.

Il est alors conseillé d’énoncer des choses simples et de faire évoluer le discours, au fur et à mesure que l’enfant grandit. Pour conclure, toute occasion peut servir de prétexte à ouvrir de nouveau le débat :  grossesse, changement de couche du petit dernier… 

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