Djette Reyo Femme, marocaine et disc-jockey

Elle a 20 ans, l'âge où tout est encore possible, où les rêves ne demandent qu'à se réaliser... Le sien ? Etre DJ. Aujourd'hui, Rajae El Jaouhari, alias Djette Reyo, est l'une de ces rares Marocaines à savoir faire chanter les platines et à se produire un peu partout à travers le pays. La preuve que tout est possible...

FDM : Comment l’envie de devenir DJ vous est-elle venue ?
Rajae El Jaouhari : C’est à l’âge de 10 ans que j’ai été mordue par la passion du mix. J’étais fan des émissions
du type “Star Academy” et un jour, ils ont invité DJ Tiësto, une star internationale. Alors que je le regardais
à l’oeuvre devant son public, j’ai eu envie d’être à sa place et j’ai dit à ma mère : “Un jour, c’est moi qui serai derrière les platines !”.

Comment avez-vous pratiqué la première fois ?
Je m’entraînais chez moi et j’ai été formée par un DJ marocain réputé. Il m’a appris les ficelles du métier et
m’a mis le pied à l’étrier en m’aidant à décrocher mon premier contrat. C’était dans le cadre d’une fête, avec
un petit public d’une dizaine de personnes… Et puis, il a continué à parler de moi autour de lui, et j’ai alors
petit à petit reçu des invitations de festivals, de concerts, de soirées privées…

Comment votre famille a-t-elle perçu votre désir de devenir DJ ?
J’ai rencontré des difficultés avec mes parents, d’autant plus que je suis une fille. Pour eux, il était essentiel que je fasse des études avant toute chose. Ma mère, surtout, était contre ce domaine mais malgré les interdits, il était pour moi impossible de ne pas suivre cette voie. J’ai donc fait les choses dans son dos et dès qu’il y avait une  fête ou un anniversaire où j’avais l’occasion de mixer, je disais que j’allais chez une copine.

 Quand avez-vous su que vous en feriez votre métier ?
Lorsque j’ai été invitée à Medi1 TV pour une interview. Quand l’émission a été diffusée quelques mois plus
tard, mes tantes qui m’avaient vue en ont parlé à ma mère, qui s’est rendu compte en cherchant sur Internet
que je commençais à être connue. Elle a été obligée de se rendre à l’évidence. Malgré sa réticence, elle
a fini par accepter de me laisser évoluer dans un milieu d’hommes mais m’a fait promettre de ne prendre
aucune décision sans son accord préalable. Aujourd’hui, elle m’encourage, me conseille, me suggère la
manière de me faire connaître, etc.

Que ressentez-vous sur scène ?
Quand j’arrive à l’endroit où je vais mixer, que je vois que le public est là, que l’ambiance est bonne, j’ai l’impression d’être une star (rires). Quand je mixe en plus sur des tubes commerciaux et que les gens reprennent les paroles en choeur, je me sens pousser des ailes.

Une femme DJ, ce n’est pas commun au Maroc. Comment est-ce perçu ?
Et bien, contrairement à ce que l’on pourrait croire, c’est très demandé. On nous sollicite beaucoup et surtout pendant la journée de la femme ou à des occasions festives comme le nouvel an, pour animer des soirées. En plus, on est mieux payées que les hommes ! Normal, on est plus rares (rires). Sinon, il est certain que les gens en général n’acceptent pas aisément l’idée qu’une femme exerce ce métier. C’est assez mal vu et il faut se faire respecter.

Comment faites-vous pour gagner ce respect ?
En négociant un contrat, je demande à avoir une chambre d’hôtel et j’emmène systématiquement avec moi quelqu’un de ma famille. Dès qu’on voit que je ne suis pas seule et que j’ai cette caution familiale, on me respecte.

Avez-vous eu envie de baisser les bras ?
Oui, j’avoue que j’y pense depuis quelque temps. Au Maroc, c’est très difficile de s’imposer et de vivre de son art. A l’étranger, quand un artiste est invité dans une émission radio ou télévisée, il négocie un cachet pour se produire. Au Maroc, ce n’est pas le cas : quand on est invité dans un show télévisé, par exemple, on paie tout de sa poche ; y compris le déplacement. Je dépense beaucoup d’argent ainsi sans rien gagner en retour.
En plus, le matériel coûte très cher, surtout quand on produit ses propres sons. Il faut aussi pouvoir louer un studio pour créer la musique… Les DJ marocains qui vivent de cela le doivent au fait qu’ils pratiquent à  l’étranger.

C’est donc un rêve qui prend fin ?
Disons que j’ai réalisé mon rêve. Je suis devenue DJ, comme je le voulais depuis toujours, et je suis même
passée à la création de ma propre musique. Ce qui est sûr, c’est que je ne cesserai pas la production, même si
j’arrête de mixer…

Et être une femme DJ, ça ne fait pas trop peur aux hommes au Maroc ?
(Rires)… C’est sûr que ce n’est pas commun ici d’avoir  une femme DJ. Dans ce milieu, quand on épouse une
femme DJ, c’est qu’on exerce soi-même ce métier. Maintenant, il faut être réaliste, c’est une profession
difficilement compatible avec une vie de famille. Disons que dans mon cas, c’est un rêve de jeunesse.

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