Ahmed Soultan A star is born…

Figure emblématique de la scène urbaine marocaine, Ahmed Soultan est un artiste doté d'un talent singulier. Après avoir remporté le MTV Best Middle East Act, il est désormais nominé pour le Worldwide Act Africa-India-Middle East, qui aura lieu le 11 novembre.

FDM : On vous appelle “OSNI” (Objet Sonore Non Identifié). Qui vous a appelé ainsi, et pourquoi ?
Ahmed Soultan : J’avais fait écouter à des amis quelques pistes musicales, un mélange de langues et de rythmes. Ils ont pensé que j’étais un OVNI de la musique. Au fur et à mesure, ils ont remplacé  le “V” par un “S”, car ce que je  fais ne ressemble généralement pas à ce qu’on connaît déjà.

Vous avez participé à plusieurs manifestations musicales en Afrique noire au début de votre carrière. Est-ce cela qui explique que votre musique soit marquée par tant de sonorités africaines ?
Vous voyez la Dakka Marrakchia, la Dakka Roudania et bon nombre de folklores ? Ils ont tous la “Dakka” en commun. Le Maroc a la chance d’avoir ce côté oriental qui nous vient de notre culture et de notre religion. C’est une richesse  incontestable. En plus, je viens d’un mouvement qui s’appelle le hiphop, dans lequel on fait tout nous-mêmes… J’ai mélangé ceci avec mes rythmes locaux et mes influences orientales, ce qui apporte une certaine fraîcheur à la musique contemporaine, urbaine et africaine.Vous êtes nominé pour le Worldwide Act Africa-India-Middle East pour votre tube “My jailer”. Cela représente quoi pour vous ? Pour moi, c’est un saut qualitatif. Maintenant, avec tout le travail qui a été fait, je suis ravi de voir que j’arrive à obtenir la reconnaissance attendue. En tant qu’artiste, la marque “MTV” a un grand impact sur notre subconscient. Etre“MTVisé”, c’est le summum de la béatitude. Je suis aussi content car cela veut
dire que l’ensemble des personnes qui travaillent dans le milieu ont entendu le bruit que fait la jeunesse au Maroc. On est donc défendus ailleurs, à défaut de l’être par ceux qui sont censés le faire dans le pays. Pour ma carrière, cette nomination crédibilise ma démarche. C’est un véritable tremplin.

Pourquoi chantez-vous dans quatre langues ? Cela vous permet-il de toucher différentes cultures à travers votre musique ?
Je parle tachelhit, darija, français et anglais. J’ai d’abord commencé par chanter en darija, même si cela était difficile car les gens ne l’acceptaient pas forcément. Le public n’était pas prêt à l’entendre, car inondé par le classicisme de  l’Orient. Mais une fois qu’il l’a assimilé, j’en ai remis une couche avec la langue tachelhit, tout en laissant aux gens le temps. C’est indéniable ! Plus tu as de cordes à ton arc, mieux c’est. Mais au-delà de tout ça, j’ai toujours veillé à être fidèle à moi-même.

Vos morceaux vous ressemblent. Est-ce important pour vous ?
En voulant être moi-même, à travers mes clips dans lesquels je surfe ou fais du vélo, par exemple, je suis fidèle à ma vie de tous les jours. Il n’y a aucune vidéo où je suis avec une superbe fille, dans une somptueuse maison ou une voiture de luxe. On sait que ce n’est pas vrai, que je ne vis pas comme ça. Je pense que les gens sont touchés par cette authenticité car ils s’identifient plus facilement à une personne lambda, qu’à une personne BCBG.

Vous avez participé au concert pour la Tolérance à Agadir. Pourquoi avez-vous accepté de vous y produire ?
C’est une thématique qui me tient particulièrement à coeur. D’ailleurs, en 2006, j’ai sorti un premier album dont le titre est “Tolérance”. Je pense que c’est un concept assez complexe et donc très difficile à cerner. A mon sens, la  tolérance signifie le respect d’autrui. Ta vérité à toi peut être différente de celle d’autrui, même si chacun pense qu’il a raison. Ma vérité n’est vraie que dans mon contexte. Elle est relative à ma personne. Ailleurs, ça n’a rien avoir.

Vous produisez aussi de l’huile d’argan. Ça vous plaît ?
Dans mon village, j’ai essayé de donner naissance à un petit business qui s’est transformé en structure familiale. Quand j’ai débuté la production d’huile d’argan, j’ai d’abord voulu que ce soit rentable pour moi et pour les gens qui  ravaillent avec moi. J’ai commencé avec mes tantes et leurs filles, puis mes voisines, jusqu’à ce que je puisse rassembler un groupe d’une vingtaine de femmes qui travaillent de manière assez régulière. J’ai essayé de faire en sorte que  ces gens travaillent avec moi car je les connais depuis toujours.  J’ai cherché à influencer leur qualité de vie de façon positive.

En 2010, vous cosignez “Amazing you” avec la star américaine Ne-yo. Qu’est-ce que cela vous a fait de travailler avec une star ayant collaboré avec de grands artistes tels que Céline Dion et Whitney Houston ?
Tout a commencé en 2005, à l’époque de MySpace. J’avais été contacté par l’entourage de George Clinton qui souhaitait me proposer de faire de la production et de la distribution. J’ai refusé en expliquant que je voulais faire ma propre musique, une musique qui me ressemble. On est donc restés en contact de manière sporadique, pendant que je grandissais et évoluais comme je l’entendais. Puis, en 2009, j’ai de nouveau été contacté pour intervenir sur l’album de  Ne-Yo.

Etes-vous resté en contact avec George Clinton ?
Je ne pouvais pas faire autrement. C’est un monument de la musique funk ! C’est lui qui a créé ce mouvement avec James Brown, qui a produit les deux premiers albums des Red Hot Chili Peppers. C’est le père spirituel de Prince et de Lenny Kravitz. L’année dernière, après ma collaboration avec Ne-Yo, George Clinton et moi avons travaillé ensemble et il m’a fait une vidéo de soutien pour les MTV Awards. Il sera également dans mon prochain album.

Parlez-nous de votre prochain featuring avec les Gemelli DiVersi ?
Il est important de préciser qu’à la base, nos styles musicaux sont totalement différents. Ils ont fait des tournées avec Eros Ramazzotti, avec Laura Pausini. Je les avais rencontrés en Italie il y a trois ans et on est restés en contact. Un jour, j’ai envoyé un extrait de ma musique à un des chanteurs qui est tombé sous le charme. Ils m’ont donc proposé de travailler ensemble sur une musique avec des sonorités soul. J’ai immédiatement préparé une piste chez moi, à Ben Guemmoud, à 30 km d’Agadir. Je l’ai envoyée en janvier 2011. Ils m’ont rappelé un an après pour me demander l’autorisation de l’insérer dans leur album. J’ai alors signé la composition et les textes en anglais. Dès sa sortie le 11 septembre, il a été classé numéro 1 en Italie.

Quels sont vos projets ? Un troisième album ?
Tout à fait. Je sors un premier single en mars ou avril prochain. Par contre, l’album, qui s’appellera “MHNB”, ne sera dans les bacs qu’en septembre.

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