3 questions à Malak Lemseffer

Aider les couples peinant à concevoir naturellement, c'est ce que proposent de nouveaux centres spécialisés qui investissent dans les techniques les plus pointues... Malak Lemseffer, spécialiste en biologie de la reproduction au Ferti-Centre nous en dit plus...

FDM : La fertilité des couples a-t-elle diminué ces dernières années? Et si oui, pourquoi ? Malak Lemseffer : 10 à 12 % des couples sont concernés par cette infécondité relative. Le phénomène devient plus visible parcequ’on consulte plus et qu’on identifie mieux les causes que par le passé. D’autre part, il y aussi une altération de la qualité du sperme et une chute de la fertilité masculine de près de 50 %, s’expliquant par certains facteurs : l’environnement(pollution, industrialisation…) ; le mode de vie (stress) ;l’absorption de toxiques (tabac, alcool…) ; les jeans serrés, etc. Pource qui est des femmes, l’âge du projet d’enfant étant de plus en plus différé (études longues, mariage tardif…), la conception se fait plus difficile passé 35 ans (réserve ovocytaire diminuée…). Enoutre, dans 39 % des cas, la problématique peut aussi se combiner au sein du couple ; ce qui compromet encore plus les chances.

Quelles sont les techniques employées pour solutionner ce problème ? 

On a à notre disposition différentes techniques, avec chacune ses indications: insémination artificielle, fécondation in vitro classique et FIV avec ICSI (micro-injection d’un spermatozoïde à l’intérieur d’un ovocyte mature). L’apparition de cette dernière a permis de mieux traiter, par exemple, les infertilités masculines. Lorsque le couple , après un an de rapports non protégés, ne parvient pas à concevoir, la démarche de PMA peut être entamée. Côté femmes, il est conseillé de ne pas trop attendre, pour une meilleure qualité de réponse et d’obtention de grossesse. Après trente-huit ans, lorsque les trois premières inséminations n’ont rien donné, il faut envisager une FIV. Et là aussi, l’âge de la femme joue : statistiquement, on passe d’un taux de succès de 25-35 % avant 35 ans, à seulement 7 % après 42 ans.

Quid de l’accompagnement psychologique et du coût exhor-bitant et non remboursé de ce cette technique ?

Un suivi psychologique peut être nécessaire pour aider à mieux supporter les aléas des PMA. Si les hommes ont souvent plus de mal à médicaliser la conception et affichent des réticences, les femmes, elles, endurent davantage, mais acceptent plus sereinement les choses. Pour ce qui est de l’aspect pécuniaire, malheureusement, beaucoup de couples butent encore contre l’obstacle de la cherté du traitement. La PMA n’est pas un luxe, et les organismes d’assurances maladie doivent prendre leurs responsabilités… â– 


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