S’accorder une pause pour dormir en journée peut être bénéfique. Mais lorsqu’elle dure trop longtemps, la sieste pourrait devenir moins favorable pour la santé. Plusieurs analyses scientifiques ont en effet mis en évidence un lien entre les siestes prolongées et certaines maladies cardiovasculaires. Une méta-analyse regroupant plusieurs études a montré que les personnes qui dorment plus de 60 minutes en journée présentent un risque plus élevé de maladies cardiovasculaires et de mortalité comparé à celles qui ne font pas de sieste.
Selon ces travaux, une sieste dépassant une heure pourrait être associée à une augmentation d’environ 30 % du risque de maladies cardiaques dans certaines populations étudiées. D’autres recherches indiquent également que les siestes prolongées peuvent être liées à une hausse du risque d’hypertension, d’AVC ou de syndrome métabolique, un ensemble de facteurs qui favorisent les maladies cardiovasculaires.
Toutefois, les scientifiques rappellent qu’il s’agit d’associations statistiques, et non d’une preuve directe que la sieste provoque ces problèmes.
Pourquoi les longues siestes peuvent poser problème ?
Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer ce phénomène.
D’abord, les siestes trop longues peuvent perturber l’horloge biologique et altérer la qualité du sommeil nocturne. Lorsque le sommeil de nuit devient moins réparateur, le corps peut subir des effets métaboliques ou cardiovasculaires.
Autre explication possible : les longues siestes pourraient être un signe de fatigue chronique ou de troubles du sommeil, comme l’apnée du sommeil, eux-mêmes associés à un risque cardiovasculaire plus élevé.
Enfin, certaines études suggèrent que les personnes qui font de longues siestes présentent plus souvent des facteurs de risque comme l’obésité, l’hypertension ou le diabète, ce qui pourrait expliquer une partie du lien observé avec les maladies cardiaques.
La sieste idéale
Bonne nouvelle : la sieste n’est pas mauvaise en soi. Au contraire, lorsqu’elle est courte, elle peut améliorer l’énergie, la concentration et les performances cognitives.
Les spécialistes du sommeil recommandent généralement :
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une sieste de 20 à 30 minutes
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plutôt en début d’après-midi
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et avant 15 heures pour éviter de perturber le sommeil du soir.
Les études montrent d’ailleurs que les siestes courtes ne sont pas associées à un risque cardiovasculaire accru et peuvent même améliorer les performances physiques et la récupération.
Ainsi, la sieste reste une habitude bénéfique… à condition de ne pas s’y abandonner trop longtemps. Les recherches suggèrent que les siestes prolongées – au-delà d’une heure – pourraient être associées à certains risques cardiovasculaires, surtout chez les personnes déjà fragilisées.
La meilleure stratégie reste donc simple : une courte sieste réparatrice, plutôt qu’un long sommeil en pleine journée.