Pour masquer une odeur ou créer une ambiance apaisante, beaucoup de foyers utilisent des bougies parfumées, diffuseurs ou sprays d’ambiance. Mais ces produits diffusent dans l’air des substances chimiques volatiles, appelées composés organiques volatils (COV), responsables de leurs odeurs caractéristiques.
Parmi eux figurent les terpènes, des molécules très utilisées dans les parfums d’intérieur pour reproduire des senteurs naturelles comme le citron, la lavande ou le pin. Or ces composés peuvent réagir avec l’ozone présent dans l’air, même à faible concentration, et produire des particules ultrafines invisibles.
Des particules invisibles
Une étude menée par des chercheurs de l’Université Purdue (États-Unis) a montré que l’utilisation de certains produits parfumés dans un espace fermé peut entraîner une formation rapide de nanoparticules dans l’air intérieur.
Ces particules, souvent inférieures à 100 nanomètres, sont suffisamment petites pour pénétrer profondément dans les voies respiratoires lorsqu’elles sont inhalées. Les scientifiques ont observé que la concentration de ces particules peut atteindre des niveaux comparables à ceux générés par certaines sources de pollution urbaine, comme les gaz de cuisson ou les émissions liées au trafic.
Une pollution sous-estimée
Ces résultats rappellent que la pollution de l’air intérieur reste un phénomène souvent sous-estimé. Pourtant, selon les chercheurs, l’air à l’intérieur des habitations peut parfois contenir davantage de polluants que l’air extérieur, notamment en raison de produits ménagers, de parfums d’intérieur ou de certaines activités domestiques.
Chez les personnes sensibles, ces particules peuvent contribuer à l’irritation des voies respiratoires, à l’aggravation de l’asthme ainsi qu’à des maux de tête ou irritations oculaires. Les scientifiques soulignent toutefois que les effets à long terme de ces nanoparticules sont encore étudiés, car leur taille extrêmement réduite rend leur impact biologique difficile à analyser.
Faut-il s’en méfier ?
Les chercheurs ne recommandent pas nécessairement de bannir complètement ces produits, mais invitent plutôt à une utilisation modérée et à une meilleure ventilation des espaces.
Quelques précautions simples peuvent réduire l’exposition :
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aérer régulièrement les pièces
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éviter d’utiliser plusieurs produits parfumés simultanément
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limiter l’usage quotidien des sprays d’ambiance
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privilégier des pièces bien ventilées.
L’air intérieur en question
Ces travaux mettent en lumière un enjeu souvent négligé : la qualité de l’air que nous respirons dans nos logements. Les études montrent que nous passons aujourd’hui près de 90 % de notre temps dans des espaces clos (maison, bureau, transports).
Dans ce contexte, même des sources de pollution apparemment anodines, comme les parfums d’ambiance, peuvent contribuer à l’exposition quotidienne à des particules fines. Les chercheurs appellent donc à mieux comprendre les effets de ces substances et à améliorer la formulation des produits parfumés afin de limiter leur impact sur la santé.