À Paris, la mode ne se contente plus de défiler : elle investit, transforme et réinvente les lieux les plus emblématiques de la capitale. Pour le printemps-été 2027, les grandes maisons ont rivalisé d’imagination pour créer des décors aussi spectaculaires que les silhouettes présentées sur les podiums. Du Louvre au Trocadéro, des jardins des Tuileries au Grand Palais, la scénographie est devenue un véritable langage créatif. Voici les décors qui ont particulièrement marqué cette saison parisienne.
Louis Vuitton : un Paris venu du futur
Dans la Cour Carrée du Louvre, Nicolas Ghesquière a imaginé pour Louis Vuitton un décor aux allures de ville futuriste. Au-dessus du podium, des voitures conceptuelles semblaient flotter dans les airs, comme suspendues entre les façades historiques du musée. Une vision presque cinématographique, signée par le chef décorateur américain James Chinlund, qui oppose le patrimoine parisien à une esthétique résolument futuriste. Un contraste qui fait écho à la collection, pensée autour de vêtements légers et fonctionnels capables d’accompagner un quotidien en mouvement.
Chanel : une parenthèse enchantée au Grand Palais
Sous la majestueuse nef du Grand Palais, Chanel a choisi de faire rêver. Une immense lune suspendue et une nuée d’oiseaux semblaient flotter au-dessus des invités, transformant l’espace en décor de conte. La scénographie évoquait l’univers merveilleux du Merveilleux Voyage de Nils Holgersson, donnant au défilé une dimension presque onirique. Une manière pour la maison de renouer avec le spectaculaire tout en conservant cette poésie qui fait partie de son imaginaire.
Saint Laurent : l’or face à la tour Eiffel
Difficile d’imaginer décor plus parisien ,ou plus théâtral. Pour Saint Laurent, Anthony Vaccarello a installé son podium au Trocadéro, face à la tour Eiffel, et l’a surmonté de gigantesques lustres dorés illuminés de bougies. Le résultat est saisissant : le monument parisien devient lui-même partie intégrante de la scénographie. Une référence assumée aux premiers défilés de haute couture et à l’opulence des grands salons parisiens.
Dior : un jardin enveloppé de brume
Pour son défilé Dior, Jonathan Anderson a investi le Bassin Octogonal du jardin des Tuileries. Le lieu s’est métamorphosé en paysage mystérieux et presque irréel, enveloppé de brume et ponctué de camphriers. Les silhouettes semblaient ainsi évoluer dans une atmosphère suspendue, quelque part entre jardin secret et décor de cinéma. Une scénographie particulièrement immersive, où la nature devient un écrin à part entière pour la mode.
Valentino : quand la mode rencontre les livres
Chez Valentino, le décor ne cherchait pas seulement à impressionner : il invitait à réfléchir. Alessandro Michele a choisi la bibliothèque Sainte-Geneviève, face au Panthéon, pour présenter sa collection. Le concept de l’« Antibiblioteca » imaginé pour le défilé célèbre tout ce que nous ne savons pas encore. Les invités étaient d’ailleurs invités à apporter des livres, ensuite destinés à des bibliothèques publiques françaises dans le cadre d’un partenariat avec Bibliothèques Sans Frontières et plusieurs associations. Une scénographie qui rappelle que la mode peut aussi être une affaire de culture, de transmission et de curiosité.
Acne Studios : bienvenue à bord
Changement total d’atmosphère au Collège des Bernardins. Acne Studios a transformé ce lieu historique en galion fantasmé, avec une esthétique inspirée de l’univers de la piraterie. Des lustres en cristal surgissaient de l’espace tandis que des tapis orientaux aux motifs distordus, imaginés par l’artiste Faig Ahmed, habillaient les murs. Le résultat donne l’impression d’embarquer pour une traversée aussi étrange que fascinante. Vogue France
Balenciaga : la puissance du minimalisme
À l’opposé des décors foisonnants, Balenciaga a choisi la sobriété au Tennis Club de Paris. Dans un espace presque immaculé trônait une seule œuvre : un immense corail sculptural, Les Coraux de la Liberté, créé par l’artiste française Aude Franjou. Ici, pas besoin d’accumuler les effets. La sculpture suffit à créer un point focal spectaculaire et à donner au décor une dimension presque monumentale.
Jean Paul Gaultier : le défilé dans un miroir
Au Palais de Tokyo, Jean Paul Gaultier a joué avec notre perception. De grands miroirs disposés dans l’espace transformaient le lieu en un véritable palais des glaces, brouillant les perspectives et multipliant les silhouettes. Une scénographie ludique et légèrement déstabilisante, parfaitement dans l’esprit d’une maison qui aime depuis toujours détourner les codes et provoquer le regard.
Mugler : un Louvre métamorphosé
Pour Mugler, le spectaculaire est évidemment au rendez-vous. Au cœur du Carrousel du Louvre, des pyramides, certaines inversées, côtoyaient des reproductions démultipliées de la Joconde.Un décor presque surréaliste qui joue sur les illusions, les références à l’histoire de l’art et la fascination pour l’image. Ici, le musée n’est plus seulement un écrin : il devient une matière à transformer. Vogue France
Rick Owens : fumée, eau et architecture
Au Palais de Tokyo, Rick Owens a une nouvelle fois créé une atmosphère immédiatement reconnaissable. Fumée, jets d’eau et podium surélevé composaient un paysage théâtral et monumental. Une scénographie qui ne cherche pas à rivaliser avec les vêtements mais à prolonger leur caractère sculptural. Chez Rick Owens, le décor fait presque partie de la silhouette.



