Son “indésirable ou nuisible”, la pollution sonore peut perturber le sommeil des enfants, altérer leur capacité d’apprentissage et affecter leur développement émotionnel, en particulier à un âge où leur système auditif est encore en développement, souligne le rapport.
Les enfants dépendent d’un environnement sonore “clair et stable” pour acquérir le langage et les compétences sociales, ce qui les rend particulièrement vulnérables à des niveaux de bruit excessifs, préviennent les autrices, Desiree Narvaez, spécialiste en santé environnementale, et Ella Whitman, experte en santé planétaire.
Intitulé “Bruit et santé des enfants”, le rapport met en évidence que les niveaux de bruit dans de nombreux environnements urbains et salles de classe dépassent largement les seuils recommandés. Alors que l’Organisation mondiale de la santé recommande un niveau sonore ne dépassant pas 35 décibels en classe, des études montrent que ces niveaux atteignent souvent entre 70 et 80 décibels, ce qui représente “un risque significatif pour la santé et l’apprentissage”.
Une exposition chronique à des niveaux élevés de bruit peut également avoir des effets plus larges, notamment du stress, des troubles du comportement et une détérioration du bien-être mental des enfants, note le rapport.
Certains groupes, comme les enfants présentant des troubles du développement ou nés prématurément, sont particulièrement exposés, prévient-il, ajoutant que plus d’un milliard de jeunes dans le monde risquent une perte auditive due à l’exposition à des bruits récréatifs.
Par ailleurs, le rapport souligne que la pollution sonore est évitable et appelle à des mesures coordonnées, notamment en matière d’aménagement urbain, de gestion du trafic et de conception des infrastructures, afin de réduire l’exposition.
Il recommande une panoplie de stratégies de réduction du bruit, telles que la limitation de la circulation à proximité des écoles ou la redéfinition des trajectoires de vol afin d’éviter les espaces publics et les zones résidentielles.