Durant le mois de Ramadan, les dons de sang enregistrent traditionnellement un recul significatif, alors même que les besoins médicaux restent constants. Le changement des rythmes de vie, la fatigue, les contraintes liées au jeûne et la réorganisation des priorités du quotidien contribuent à fragiliser les réserves à un moment où de nombreux patients continuent d’avoir besoin de transfusions pour poursuivre leur traitement.
Pour les malades atteints de leucémies, chaque don revêt une importance particulière. Derrière la question des stocks se joue, très concrètement, la continuité de soins essentiels. C’est cette réalité qu’AMAL a souhaité remettre au centre du débat public à travers une campagne pensée pour toucher les Marocains de manière directe, accessible et porteuse de sens.
Pour renforcer l’impact de son message, l’association a choisi de s’appuyer sur deux séquences emblématiques du mois sacré, les moments de sortie après le ftour et les prières des Tarawih. Ce parti pris a permis de déployer une campagne au plus près des pratiques sociales et spirituelles qui structurent cette période, avec l’objectif de replacer le don de sang parmi les gestes concrets de solidarité.
Cette approche a donné lieu à deux dispositifs complémentaires, l’un fondé sur l’interpellation et la surprise, l’autre sur le rappel des valeurs de générosité et de préservation de la vie.
« Red After Ftour », une campagne de détour créatif pour interpeller
Avec « Red After Ftour », AMAL a choisi de détourner les codes de communication associés aux sorties nocturnes devenues très présentes pendant Ramadan. Diffusés en affichage, sur les réseaux sociaux et en radio, les premiers messages reprenaient volontairement les ressorts d’une communication événementielle intrigante, avec une signature volontairement ambiguë et la mention « interdit aux moins de 18 ans ».
Ce dispositif a été conçu pour susciter l’attention avant d’en révéler le véritable objet. Loin d’annoncer une soirée, la campagne invitait en réalité à donner son sang après le ftour. Quant à la mention liée à l’âge, elle trouvait sa justification dans le fait que les mineurs ne peuvent pas effectuer de don de sang. Par ce renversement de lecture, AMAL a transformé un code marketing familier en message de santé publique.
