L’union qui divise

“ À l'ouverture de la saison des mariages, on ne peut que scander “vive les mariés, adultes et consentants ”.”

“Mariage d’amour, mariage d’argent, j’ai vu se marier toutes sortes de gens…”, chantait Georges Brassens, également auteur de “La non demande en mariage”, fameux poème sur le danger du mariage qui sonne le glas de l’amour.
Dans la réalité, le mariage, qui unit légalement un couple, divise. Entre les partisans de l’éternel célibat et ceux qui ont vécu en attendant “Le grand jour”, il y a un océan d’arguments et de houleux débats. Dans un précepte attribué à l’Islam, on parle de “compléter la moitié de sa pratique religieuse”. L’union par le mariage est ainsi perçue comme un acte qui perfectionne la piété. Pour d’autres, le mariage n’est autre que la preuve ultime de l’engagement du partenaire et de son envie assumée publiquement de passer sa vie (ou du moins une partie) aux côtés de l’élu(e) de son cœur.
Il y a encore les mariages de raison, les mariages de conventions, les mariages d’intérêts …L’on se marie pour différents motifs mais le fait est que le mariage, malgré un recul régulier, a toujours le vent en poupe au Maroc. L’une des raisons évidentes est qu’il reste la seule possibilité légale offerte au couple pour vivre ensemble.
Et quelle que soit la motivation de cette union, quels que soient les moyens du couple et de leurs familles, un mariage ça se fête, et en grande pompe. Tout un business et un écosystème d’acteurs s’est développé autour de cet évènement pour lequel des couples sont prêts à s’endetter lourdement (voir dossier spécial).
Qu’est ce qui peut donc diviser quand il s’agit de mariage (à part les frais faramineux de sa célébration) ?
Une question majeure mérite d’être évoquée sur ce volet. Elle est souvent remise au-devant de la scène à cause de faits divers récurrents dont la cruauté n’a pas encore suffit à provoquer une action ferme de la part du législateur ou de la justice. Le mariage des mineurs est un débat ouvert depuis des années et qui attend une issue juste et ferme.
Est-il acceptable qu’un juge (homme ou femme) ait l’habilité de définir, à la demande des parents, si une enfant est apte physiquement et psychiquement à se marier et à enfanter ? Le mariage des mineurs ne devrait-il pas être tout simplement interdit sans possibilité de dérogation ? Devrait-on ouvrir la possibilité de ces dérogations à partir d’un âge minimum ? Le Mariage des mineurs n’est pas une exclusivité marocaine, loin de là. Dans des endroits insoupçonnés, les États-Unis par exemple, le mariage des mineurs est possible. Ceci montre que les origines de cette pratique sont plutôt d’ordre culturel. Mais des fois il n’est juste pas admissible de “composer” avec des spécificités culturelles ou coutumières aux dépens de personnes sans protection.
Le cas récent du scandale des condamnations de violeurs sur une mineure à des peines qui ont choqué par leur clémence a ravivé le débat autour de la question. Il a surtout révélé que “l’atrocité” d’un tel acte n’est pas perceptible par tous… En l’occurrence, même pas par les juges ayant traité cette affaire.
J’aurais aimé pouvoir aussi parler de la difficulté pour une femme d’être célibataire au Maroc, du jugement de la société, des déséquilibres et des lacunes juridiques qui entachent l’acte légal du mariage, mais ce serait là aussi mélanger “l’inacceptable” au “pas commode”.
À l’ouverture de la saison des mariages, contentons-nous donc de scander “Vive les mariés, adultes et consentants.” 

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