Du chapeau à la joaillerie, le créateur marocain Youssef Lahlou poursuit son exploration de l’artisanat et du symbolisme avec Alikai. Une marque de bijoux née d’une passion de longue date, où chaque pièce raconte une histoire et invite à voir plus loin que l’objet lui-même.
On vous connaît comme le chapelier des stars. Pourquoi était-ce le bon moment pour lancer ta marque de bijoux Alikai ?
On me présente souvent ainsi, mais mes créations ont surtout été portées par des personnes sensibles à l’artisanat et aux pièces uniques. Pour Alikai, je ne crois pas au « bon moment ». Il y a simplement le moment où l’on se sent prêt à montrer son travail.J’intégrais déjà des éléments de joaillerie à mes chapeaux depuis des années. Alikai est le résultat de plus de trois ans de développement, mais surtout d’une passion que je cultive depuis longtemps.
Qu’est-ce que vous aimeriez que les gens ressentent lorsqu’ils portent une pièce Alikai pour la première fois ?
J’aimerais qu’ils ressentent l’intention qui se cache derrière chaque création. Chaque pièce porte une histoire, mais chacun est libre de lui donner sa propre signification. Si elle peut inspirer ou accompagner quelqu’un dans son parcours, alors elle a rempli son rôle.
Si vous devez résumer l’ADN d’Alikai en trois mots ?
Niche. Symbolique. Audacieuse.
Vous avez créé pour de nombreuses personnalités. Y a-t-il une célébrité qui a inspiré l’univers d’Alikai sans le savoir ?
Pas vraiment. Mes créations personnelles naissent surtout de mon vécu, de mes émotions et de mon héritage marocain.Lorsque je travaille sur une commande sur mesure, je m’inspire naturellement de la personne. Pour Beyoncé, j’avais imaginé un chapeau autour de l’univers de la reine des abeilles. Pour Lauren Sánchez (épouse de Jeff Bezos), je me suis inspiré de son voyage dans l’espace et de son esprit d’aventure. Mais Alikai reste avant tout le reflet de mon propre parcours.
Entre un chapeau iconique et un bijou iconique, lequel révèle le mieux la personnalité de quelqu’un ?
Les deux, mais différemment. Le chapeau est une déclaration visuelle immédiate. Le bijou est souvent plus intime, chargé de souvenirs ou de symboles personnels.Au fond, ce n’est pas la taille ou la visibilité qui donne sa force à un objet, mais le sens qu’on lui attribue.
Quel est le plus grand risque que vous avez pris en lançant Alikai ?
Le principal risque était d’entrer sur un marché que beaucoup considèrent comme saturé. Mais je suis convaincu qu’il reste toujours de la place pour une vision sincère. Lorsqu’une marque est authentique et porte une histoire à laquelle les gens peuvent s’identifier, elle finit par trouver son public.
Si Alikai était une personne que l’on rencontre à une soirée à Casablanca, comment serait-elle ?
Une personne profonde, curieuse et optimiste. Quelqu’un qui aime les pièces singulières, les couleurs et les détails qui racontent une histoire.Elle porterait des bijoux avec du caractère, jouerait avec les accumulations et attirerait naturellement les regards. Et elle accepterait volontiers les compliments.
Que signifie le nom Alikai ?
« Ali » signifie élevé en arabe et « Kai » signifie océan en hawaïen. Ensemble, ils évoquent l’idée de garder la tête haute et le regard tourné vers l’horizon.Au fond, Alikai parle d’optimisme, de curiosité et de mouvement. L’idée que la vie devient plus intéressante lorsqu’on reste ouvert aux possibilités et que l’on n’attend pas indéfiniment le moment parfait pour agir.