Zineb Sqalli du BCG : “toute politique publique doit tenir compte des besoins spécifiques des femmes. « 

Telle qu’elle est actuellement pensée, l’action climatique pourrait accroître les inégalités entre hommes et femmes. Tel est le constat contre-intuitif sur lequel s’ouvre l’intervention de Zineb Sqalli, Managing Director & Partner de BCG Maroc dans le prestigieux forum américain TED (www.ted.com), organisé à quelques jours de la tenue de la COP27 prévue au Caire du 6 au 18 novembre.

Comment l’action climatique qui vise à préserver notre planète pourrait-elle défavoriser les femmes ?  Une explication : les femmes sont à risque de rater les opportunités massives que présentera la nouvelle économie verte. Par exemple, il est estimé que 65 millions « d’emplois verts » seront créés d’ici à 2030. Problème ? La majorité de ces nouveaux emplois, notamment les mieux rémunérés et les plus stables d’entre eux, nécessiteront des compétences dites « STEM » (Science, Technology, Engineering and Mathemathics). Or les femmes ne représentent que 35% des étudiants STEM. Autre exemple: les entreprises responsables de la majorité des émissions à CO2 (énergie, matériaux de construction, etc.) investiront plus de 500 milliards de dollars US d’ici à 2030 pour former leurs employés à de nouvelles compétences liées à l’économie verte. Sauf que ces industries sont traditionnellement dominées par les hommes, et il y a donc ici aussi un risque pour les femmes ne puissent pas bénéficier de ces formations, réduisant ainsi leurs chances d’accéder aux ‘emplois verts’.

Que faire ? La solution se trouve dans ‘l’intentionnalité’ c’est-à-dire dans le fait d’ intentionnellement intégrer la perspective et les besoins des femmes dans les projets ‘verts’, et ce dès leur conception.  Car le fait qu’un projet bénéficie aux femmes autant qu’aux hommes ne va pas de soi. Et cela ne vaut pas uniquement pour les projets ‘verts’.

L’exemple de la ville de Vienne, en Autriche, est en cela très instructif. Dans les années 90, des études ont montré  que les femmes étaient plus mécontentes que les hommes des infrastructures urbaines, parce que leur conception ne tient pas suffisamment compte des besoins des femmes.
Pour remédier à cela, la ville de Vienne a donc décidé de collecter les besoins spécifiques des hommes ET des femmes de façon différenciée, d’associer systématiquement des femmes dans ses projets d’urbanisme, d’intégrer dans les cahiers de charge de ses projets des dimensions ‘sensibles au genre’ telle que les crèches, l’éclairage public, etc. Ainsi, dans les parc publics, les larges allées ont laissé la place à des espaces plus petits, mieux délimités, et une partie des terrains de football ont été remplacés par des terrains de volleyball. Suite à cela, la ville a pu constater un retour des jeunes filles dans les parcs.

A travers ces exemples et bien d’autres, il s’avère  donc que l’approche ‘neutre du point de vue du genre’ de la majorité des politiques publiques peut en réalité omettre les besoins spécifiques des femmes et devenir de fait discriminatoire à l’égard des femmes, même si cela n’était pas l’intention de départ. L’économie verte offre une occasion unique de corriger ces biais à grande échelle car l’action climatique nécessitera de repenser de manière fondamentale des pans entiers de l’économie et de la vie sociale. L’intégration de la dimension du genre de manière native dans ces projets verts permettra donc de bâtir un monde plus durable et plus inclusif.
Cerise sur le gâteau, il a été prouvé que les femmes sont des agents positifs du développement durable, pour peu qu’on les implique au sein des projets verts. Les villes pionnières en matière d’environnement sont aussi celles où les femmes sont les mieux représentées dans la gestion urbaine.

Regardez l’intervention de Zineb Sqalli en cliquant ici.

 

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