Rire de tout, à condition que ce soit drôle

Rire est le propre de l'Homme. Et les Marocains aiment rire, sans oublier de se fiche de leur propre tronche. Avec ça, il faut que le blagueur soit d'un certain niveau et ratisse large dans les spécificités régionales et les différentes cultures d'esclaffements !

La soupe à la grimace…

■ Nos amis français se demandent perplexes s’il faut continuer de tout laisser dire aux humoristes, sans brimer leur liberté d’expression (ndlr : la dernière polémique en date , celle d’Eric Besson, le Ministre de l’Immigration proprement épinglé par Stéphane Guillon, le comique à l’acide citrique). Quant à nous, on se demande s’il faut nécessairement persister à passer l’intégralité des sketches proposés par les apprentis comédiens de Comedia sur la première chaîne… Car si l’initiative de consacrer toute une émission au rire est louable, elle ne doit pas non plus conduire à feindre de se bidonner devant le petit écran, juste histoire de se persuader qu’on a passé un bon moment ! Alors, certes, c’est aussi question de culture populiste censée rallier un large public mais permettez-nous de penser que le niveau de perception humoristique du Marocain moyen se situe au-delà de certains gags grossiers ou d’attitudes qui forcent le trait jusqu’à la nausée… Ce qui nous amène à dire que faire rire n’est pas chose facile et que, si certaines situations déclenchent des contractions de rate incoercible (ex : votre énorme voisine qui glisse sur le parterre savonneux et se ramasse fesses à l’air), il faut, à l’évidence, un ratio établi de grammes de finesse avant de prétendre se prévaloir du sens de l’humour. Ce dernier étant une forme très élaborée d’intelligence, il ne peut donc être pratiqué par n’importe qui et encore moins n’importe comment. Si notre Gad national arrive à fédérer toutes les masses et à pourfendre tous les continents de son humour universel, c’est que, lui, s’avère vraiment doué à la fois dans le dosage des vannes et les jeux de rôles ; ainsi, il exprime exactement ce qu’on observe tous les jours dans la vie courante, en en relevant la loufoquerie intrinsèque ! Et, même s’il se garde bien d’aborder tout sujet sensible ou d’attaquer qui que ce soit, il réussit toujours son pari de nous faire exhiber nos dents de sagesse, de gaieté. Le rire, qu’on se le dise, est une forme d’exutoire, un évacuateur de tensions sociales, un opium du peuple frustré dans son quotidien morose : il doit donc aller droit à la cible et remuer coeur et tête des spectateurs. Il invite aussi l’humoriste qui le génère à aller toujours plus loin dans l’absurde et à égratigner dans des saillies mémorables les puissants inaccessibles qui se trouvent d’ordinaire au sommet de leur Olympe. Pour notre plus grande joie, à nous spectateurs qui nous amusons comme des petits fous à voir piétiner avec joie leurs guignols ridicules ! A noter en outre que le rire jouissif nous pénètre aussi de ses messages plus rapidement qu’un long discours. Imaginez qu’on nous martèle matin et soir des dialogues exquisément subversifs sur les tares d’application pratique de la nouvelle Moudawana, la violence conjugale, les petites bonnes, la promotion des femmes dans le milieu professionnel ou encore les boîtes crâniennes remplies de spaghetti de nos hommes marocains toujours rétifs à faire tomber le tabou de la virginité ou à augmenter l’âge de leur fiancée … Résultat probable : les mentalités secouées par un rire salvateur rattraperaient peut-être les lois (encore paralysées par les premières). A bon entendeurs, salut ! ■

 

Le succès de certains oneman- show qui en dit long…

“Les hommes viennent de Mars et les femmes de Venus” et “Hommes, femmes, mode d’emploi” ont drainé des centaines de spectateurs dans les salles marocaines. Le bouche à oreille fonctionnant à merveille, pas mal de couples sont allés, l’espace d’une soirée, s’adonner à une séance de thérapie moins chère que le psy… Des rapports hommesfemmes sous le signe de la différence entre deux cerveaux, deux éducations et deux types d’hormones, on nage tout de suite dans la félicité en apprenant qu’on n’est donc pas les seuls à s’empoigner derrière les volets clos de sa maison ou à louper sa communication avec l’autre ! Crises, malentendus, cocasseries découlant des natures divergentes des Martiens et des Vénusiennes, dans ces deux one-man-shows, les conjoints se reconnaissent à 100 % et hurlent de rire devant, ce qui d’ordinaire, les fait pleurer de frustration. Question : pourquoi un tel succès national alors que le référent est finalement français ou canadien, donc pas totalement aux normes de notre société schizophrène et hétéroclite au possible ? Sans doute parce que le message universel doit être valable de Tokyo à Ouagadougou, en passant par Casablanca et Ryad… En tout cas, chez nous, il a le mérite de secouer enfin le cocotier et briser la langue de bois sociale qui aura desservi les intérêts du couple pendant bien trop longtemps. Voyons-y aussi le symbole de l’émancipation en marche de nos femmes dont les compagnons sont, du reste, devenus moins coincés. Bravo, on ne croyait pas ces derniers capables de pratiquer l’autodérision via une tierce personne sur scène ! ■

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