Que pensez-vous de ces « gardiens » des bonnes moeurs ?

"Couvrez-moi ce corps que je ne saurais voir", c'est le message que certains estiment avoir le devoir de transmettre aux femmes habillées trop "légèrement". La rue est ainsi devenue le théâtre de harcèlements et même d'agressions commis au nom de la religion et des bonnes moeurs. FDM a recueilli l'avis des citoyens sur ce phénomène.

Rajae, comptable.
â–  Ces agresseurs qui s’en prennent aux femmes sont des malades. Ils souffrent sûrement d’un problème psychique qui leur fait haïr l’autre sexe. Je ne pense pas que ce soit un phénomène généralisé. J’ai plus l’impression qu’on a affaire à des cas isolés de personnes déséquilibrées. Je n’imagine pas qu’on puisse agresser des femmes au nom de la religion ou des bonnes moeurs. Quand on souhaite changer un comportement qu’on juge déviant, on le fait avec tact et bonté, et non pas en étant agressif et violent. Il faut que ces personnes comprennent qu’en agissant ainsi, elles portent atteinte à la liberté de la femme.

Rachid, responsable informatique.
â–  Il faut être malade pour aller agresser une femme dans la rue sous prétexte que sa tenue  ne nous plaît pas ! Ce genre  d’agissements n’a rien à voir avec la mentalité des  Marocains, et encore moins avec leur religion.Les femmes peuvent bien s’habiller comme elles veulent et sortir à leur guise, ça ne regarde qu’elles. Personne n’a le droit de s’en mêler. Si elles décident de respecter les autres, c’est tant mieux. Si elles ne se respectent pas elles-mêmes, c’est que personne ne pourra rien y changer.

Adil, consultant.
â–  Les jeunes souffrent du chômage. Leur niveau d’éducation est trop bas et on ne leur inculque plus de valeurs saines. Qu’attendez-vous d’une jeunesse pareille ? Ceux qui commettent ce genre de forfaits au nom de la religion ne peuvent pas être de vrais musulmans. Ils n’ont pas le droit d’imposer une certaine conduite aux femmes au nom de l’islam alors qu’eux-mêmes ne le pratiquent pas de manière correcte. A mon avis, ils feraient mieux de changer leur propre existence avant de s’attaquer à celle des autres.

Zineb, téléconseillère.
â–  C’est quoi cette logique qui veut que les hommes s’habillent comme ils veulent et pas  les femmes ? Où est-ce qu’il est écrit que mettre une robe ou un débardeur signifierait que je ne suis pas une fille bien ? Personne n’a le droit de m’importuner sous prétexte que je ne suis pas assez couverte. Je suis libre de m’habiller comme je le souhaite parce que çame concerne, et j’estime que je ne fais de mal à personne. Le pire, c’est que le phénomène prend de l’ampleur. On nous agresse de plus en plus dans la rue, pas seulement à cause de notre apparence, mais aussi parce qu’on nous considère comme des rivales. On sent comme de la haine et du ressentiment dans le discours de certains hommes. Sans parler de ces pseudo religieux qui nous assènent leurs leçons à longueur de journée. Qu’ils appliquent eux-mêmes les préceptes de  l’islam avant de nous harceler. D’ailleurs, le prophète Mohammed avait ordonné à ses fidèles de convaincre tout en douceur,  et non pas d’imposer leur point de vue par la force.

Khalil, ingénieur.
â–  Normalement, nous vivons dans un pays musulman. Les femmes sont certes libres de s’habiller comme elles veulent,  mais elles ne doivent pas dépasser certaines limites. Je suis contre le fait qu’on leur impose de mettre le foulard, ça fait partie de leur liberté religieuse. Mais rien ne les empêche aussi de mettre des vêtements convenables. On remarque que les filles s’habillent en ville comme si elles allaient à la plage. En tout cas, quelle que soit leur manière de se vêtir, je trouve ça  honteux de les agresser parce qu’on n’est pas d’accord avec leurs choix vestimentaires. Personne n’a le droit d’agir de la  sorte. Je pense aussi que c’est à la police de faire son travail afin de mieux garantir la sécurité des citoyennes.

Houda, vendeuse.
â–  On assiste effectivement à une violence sans précédent dans les rues. Les femmes sont l’objet de toutes les critiques. Les
hommes leur reprochent de s’habiller de plus en plus légèrement et certains vont même jusqu’à les agresser pour soi-disant
les inciter à se couvrir ! Je trouve ça aberrant car chacun est libre de se vêtir comme bon lui semble. Qu’on veuille mettre le hijab ou qu’on préfère porter une petite robe, ça ne regarde personne d’autre que soi. Moi-même, j’ai récemment subi ce genre de harcèlement. Il y a quelque temps, un homme m’a quasiment ordonné d’aller me couvrir alors que j’étais habillée d’une manière tout à fait normale. Je portais un tee-shirt et un pantalon, ce qu’il y a de plus classique. Cet incident m’a inquiétée, mais je ne changerai pas ma manière d’être pour autant. C’est de ma liberté qu’il s’agit, et personne n’a le droit de me dicter ma conduite.

Zineb, professeur d’école.
â–  Je pense que ce sont des pervers qui se servent de la religion pour répandre des  idées qui sont totalement fausses. Et quand bien même ils agiraient au nom de l’islam, la meilleure manière ne serait-elle pas de convaincre les femmes de  s’habiller de telle ou telle manière au lieu de les agresser en pleine rue ? J’estime que nous vivons dans un pays de droit et  qu’à ce titre, personne ne doit m’interpeller à cause des vêtements que je porte. La question de l’absence de sécurité dans la rue est à mon avis cruciale également. On  n’est jamais à l’abri du harcèlement sexuel. Il y a toujours un ou deux pervers qui vont se permettre de lancer des mots déplacés. Dans ces cas-là, le ton peut vite monter et ça risque de mal finir…

Mehdi, banquier.
â–  Ces agressions n’ont pas lieu d’être, normalement. Chacun est libre de disposer de son corps comme il le souhaite et de s’habiller comme bon lui semble. Sans dépasser les limites, bien entendu, et dans le respect des autres. A mon avis, ces hommes qui agressent celles qui ne sont soi-disant pas assez couvertes doivent avoir un problème psychique. C’est le rôle  e la police de veiller sur notre sécurité à tous en les mettant hors d’état de nuire.

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