Place de la femme au foyer ou au travail

Chaque mois autour d'un café, FDM discute avec des jeunes d'un sujet qui les intéresse. Où se trouve la place de la femme aujourd'hui : à la maison ou au travail ? Quel rôle devraient jouer les Marocaines en société, et quels droits devraient-elles encore arracher ? Voici ce qu'ils en pensent...

FDM Aujourd’hui, où se trouve la place de la femme ?

Oussama : La place de la femme est celle de l’homme. Ceci dit, cela dépend d’elle. Si elle veut travailler, personne ne peut l’en empêcher ; et si elle veut rester chez elle, c’est bien aussi !

Manal : La femme est avant tout un être humain, une citoyenne, et devrait donc avoir les mêmes droits que l’homme. Sa place est partout : au travail, dans la société, chez elle. Elle doit être présente dans le champ politique, dans la vie collective, et occuper des postes à responsabilité.

Rajae : Elle est là où elle décide d’être. C’est son choix et sa volonté. Si elle veut rester chez elle pour s’occuper des enfants et de son foyer, c’est bien ; si elle veut travailler, ce n’est pas plus mal non plus.

Mohammed Amine : Il n’y a aucune différence entre la femme et l’homme. Malheureusement, l’histoire et la culture locales  ont collé certains rôles à la gent féminine. Or, l’homme aussi est censé prendre soin de ses enfants et gérer son foyer.

La condition de la femme a-t-elle véritablement changé ?

Mohammed Amine : Les Marocaines sont conditionnées par un certain nombre de valeurs véhiculées dès l’enfance, qui font d’elles des personnes soumises. Chez nous, l’homme passe en premier. La femme, elle, ne peut que suivre. Il y a une sorte de volonté cachée de l’écraser pour qu’elle reste inférieure à la gent masculine.

Oussama : Il y a quelques années, la femme ne pouvait pas transmettre sa nationalité à ses enfants. Aujourd’hui, elle a acquis ce droit. Je pense que sa condition a connu certaines avancées. On ne peut pas tout avoir à la fois. Et puis, il y a le revers de la médaille : les femmes prétextent la religion pour expliquer leur soumission à leur mari, entre autres.

Manal : Il y a différents indicateurs qui montrent la réalité sociale marocaine. Le Haut Commissariat au Plan a récemment mené une enquête qui démontre que certaines portent le voile par obligation, et non par choix. Le Royaume est classé 129ème sur 135 pays en matière d’égalité des chances entre les hommes et les femmes. Ceci n’est pas du tout en harmonie avec les discours officiels et avec ce qu’on nous montre dans les médias.

Rajae : A mon avis, il suffit de marcher dans la rue pour constater le traitement qu’on réserve à la gent féminine. Les Marocaines sont constamment harcelées et draguées seulement parce que ce sont des femmes, et qu’elles sont donc des êtres faibles. Au Maroc, la rue appartient aux mâles.

De nos jours, la femme assume plusieurs responsabilités. L’homme s’est-il adapté à cette nouvelle situation ?

Mohammed Amine : Les garçons ont toujours vu leur père travailler et leur mère rester à la maison pour s’occuper de la cuisine et du ménage. Aujourd’hui, les choses ont changé, et certains hommes aussi. Ils se disent pour le partage des tâches, mais ne l’appliquent pas forcément une fois mariés.

Rajae : La femme a investi le monde du travail et elle assume, en même temps, la gestion de son foyer. Logiquement, elle partage son domicile avec un conjoint qui devrait, normalement, participer à son tour à toutes les corvées. Mais l’homme marocain a du mal à s’adapter à cette situation…

Oussama : On va encore revenir à la question de l’éducation. Personnellement, je peux faire la vaisselle, le ménage… j’ai l’habitude de ranger ma chambre parce que personne ne le fera à ma place. Je trouve ça logique et tout à fait normal. Mais si la femme s’affirme, elle doit être capable de poser comme condition à son futur mari de conserver son travail et de partager les tâches ménagères.

Manal : L’émancipation de la femme et l’interchangeabilité des rôles sont l’affaire de tous, et c’est tout le monde qui devrait en bénéficier. C’est toute une culture traditionnelle qu’il faut changer. Il faut s’engager pour bannir tous les stéréotypes qui stipulent que c’est à la femme de s’occuper des corvées domestiques.

Concrètement, que doit-on encore faire pour améliorer la situation de la femme ?

Oussama : Il faut laisser de côté les cours d’éducation islamique et les remplacer par des séances d’initiation aux droits de l’homme. Je crois que c’est le meilleur moyen pour améliorer la situation de la femme. Il y a aussi le côté économique. Quand la femme est financièrement indépendante, ça change tout.

Mohammed Amine : Dans notre société, on dit rarement “je t’aime” à sa copine devant les autres. L’homme ne doit pas montrer de faiblesse ou de sensibilité. C’est un problème d’éducation parce que l’enfant qu’il a été, en grandissant, n’a jamais vu son père dire “ma chérie” à sa mère. C’est aussi une question de religion. Un mot résume bien notre culture : la hchouma. C’est un substrat culturel dont il faut se débarrasser, même si cela risque de prendre des années.

Manal : On devrait tous penser à une démarche participative entre les autorités, la société civile et les citoyens qui croient en l’égalité. A mes yeux, c’est l’Etat qui reste le premier responsable. Il doit protéger la femme de toute forme de violence. Il faut aussi penser à reformuler la loi. Comment peut-on parler de droits des femmes quand on cautionne des lois qui permettent de marier les victimes à leur violeur ?

Rajae : Je pense que le premier pas serait l’éducation. Les enfants évoluent avec l’idée que les deux sexes ne sont pas égaux. C’est révoltant ! Le jour où nous commencerons à respecter les femmes et quand le débat sera autour de l’homme avec un grand “H”, on arrivera à avoir une génération instruite et respectueuse de la parité.

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