Le torchon brûle entre islamistes et féministes

Le 25 novembre, il y aura un an tout juste que les islamistes gouvernent le Maroc.Alors que bon nombre de femmes s'inquiétaient de la préservation de leurs droits et d'un éventuel retour en arrière, on nous rassurait en nous disant qu'islamisme ne rime pas forcément avec anti-féminisme. Certaines y ont cru, d'autres pas... Un an plus tard, on est en mesure de savoir s'il y a péril en la demeure.

Serons-nous un jour libres de faire l’amour sans être mariées ?
Ne rêvons pas mesdames !
â–  La position du gouvernement : s’agissant de la dépénalisation des relations sexuelles consentantes en dehors du mariage, Mustapha Ramid, ministre de la Justice et des Libertés considère que c’est un “dévoiement contraire aux règles de l’ordre public. (…) Nous n’acceptons pas la dépénalisation des relations sexuelles consentantes hors mariage du fait qu’il s’agit de débauche qui attente aux principes de l’ordre public marocain, dont la religion constitue l’un des fondements.”
â–  Qu’en pensent les féministes ? Les avis sont partagés. D’un côté, les militants des droits humains qui réclament l’abrogation de la loi 490, qui interdit les relations sexuelles hors mariage, revendiquant dans le même temps les libertés individuelles ; et de l’autre, les féministes qui ne se prononcent pas vraiment sur la question. La loi nous protégera-t-elle un jour de la violence et du harcèlement ?Il paraît que c’est bien parti pour !
â–  La position du gouvernement : Mustapha Ramid serait favorable à l’idée d’élargir le concept de harcèlement  sexuel pour incriminer ceux qui y auraient recours, qu’ils soient investis d’une autorité ou non. Quand on le questionne sur une loi relative à la lutte contre la violence à l’égard des femmes afin de garantir leur protection, mais également la prévention et la reddition des comptes à la justice, M. Ramid affirme que “le Code pénal actuel, ainsi que les amendements proposés pour le nouveau projet de Code pénal, garantissent la protection suffisante à l’ensemble des citoyens, hommes et femmes”. Un projet de loi concernant le soutien des victimes de violence basée sur le genre serait en cours d’étude par le ministère de la Justice et celui de la Femme.

â–  Qu’en pensent les féministes ? Elles ne décolèrent pas ! Le hic, c’est que Bassima Haqqaoui n’entend associer personne d’autre à cette réflexion, au grand dam des féministes. D’après elles, il est indispensable que le ministère de  l’Intérieur, dont dépendent les forces de l’ordre, mais également celui de la Santé, dont les agents soignent les victimes de violence, interviennent dans ce débat pour leur rôle joué auprès de ces dernières. Par ailleurs, les féministes n’acceptent pas de ne pas être associées à l’élaboration de ce projet de loi sachant que celles-ci oeuvrent chaque jour pour la défense des victimes. Bassima Haqqaoui, de son côté, ne compte consulter la société civile qu’une fois le projet ficelé, violant par là même l’article 12 de la Constitution.

Pourrons-nous un jour avorter sans risquer d’être condamnées à la prison ?
Il y a peu de chances…
â–  La position du gouvernement : loin de suivre le sillon de Nouzha Skalli, Bassima Haqqaoui, la nouvelle ministre PJDiste  de la Femme, a proposé de s’en remettre à l’opinion publique en organisant un référendum ; autrement dit, laisser le Marocain lambda décider d’une question de santé publique… Quant à Mustapha Ramid, il reste fidèle à lui-même : son département n’approuve pas la dépénalisation de l’avortement médical de manière absolue, ajoutant que  cette question exige des clarifications et des spécifications précises.

â–  Qu’en pensent les féministes ? Tout le monde s’accorde à dire que l’avortement clandestin est un fléau contre lequel il faut lutter, d’autant plus qu’il est le lot de 600 à 800 femmes par jour. Mais quand il s’agit de la manière de  procéder pour contrer ce phénomène, les avis divergent. Certains parlent de légalisation partielle, c’est-à-dire dans le cas de malformations foetales, de danger de mort pour la mère, de viol ou d’inceste ; et d’autres sont pour une légalisation totale de l’avortement. Mais ce qui met les féministes d’accord, c’est que la loi actuelle qui n’autorise l’IVG qu’en cas de danger de mort de la mère ne suffit plus et ne correspond pas à la réalité marocaine.

Serons-nous un jour l’égale de l’homme ?
Permettez-nous d’en douter !
â–  La position du gouvernement : Bassima Haqqaoui a annoncé la mise en place d’un nouveau plan gouvernemental baptisé “Ikram”. Celui-ci vise à “institutionnaliser et diffuser les principes d’équité et d’égalité, à consacrer les règles de  parité et d’égalité dans le système de l’éducation et de la formation, ainsi qu’à lutter contre toutes les formes de discrimination à l’égard de la femme”. D’après la ministre “toutes les mesures programmées dans ce cadre seront réalisées dans les délais”. D’ici 2013, celleci prévoit la création de l’Observatoire pour l’amélioration de l’image de la femme dans les médias ; sans compter l’adoption du projet de loi portant sur la création de l’institution sur la parité et la lutte contre toutes les formes de discrimination contre les femmes.

â–  Qu’en pensent les féministes ? Elles sont plus que perplexes et critiquent d’abord le fait que le plan gouvernemental pour l’égalité des sexes et la parité ait été baptisé “Ikram”. Une humiliation et une offense pour les femmes selon elles, car cela donne à penser qu’elles font l’aumône. Par ailleurs, on comprend mal comment une femme défendant le mariage des filles mineures pourrait être favorable au principe d’égalité des sexes. Comment ce même principepourrait-il être défendu par le ministre de la Justice quand celui-ci est également bigame ? Sur cette question, deux idéologies s’affrontent et ce qui est reproché à la ministre de la Femme, c’est bien de trop tenir compte des dispositions et des constantes religieuses.

Pourrons-nous un jour hériter au même titre qu’un homme ?
Certainement pas avant 2016…
â–  La position du gouvernement : Bassima Haqqaoui entend bien régler cette question mais à sa manière, et pas avant  2015 ou 2016, celle-ci étant “très prise par d’autres projets de lois”, selon ses dires. Elle prévoit ainsi la promulgation d’un projet de loi régissant la solidarité familiale sans se heurter aux préceptes coraniques car il n’est pas question de toucher au texte sacré. La ministre a également précisé que ce projet de loi serait lié à l’émergence d’un climat culturel et sociétal propice à encourager sa production. “On doit d’abord tester l’idée, et on verra par la suite ”, a-t-elle déclaré.

â–  Qu’en pensent les féministes ? Elles ont du mal à y croire. D’un côté, les oulémas sont d’accord pour dire que le Maroc est  très avancé en matière de discussions autour de l’héritage ; cela laisserait donc à penser que le climat est  propice à un changement de loi, contrairement à ce qu’avance Mme Haqqaoui. On se demande aussi ce que pense vraiment la ministre  de la Femme sachant que celle-ci avait déclaré, en tant que députée du PJD, que l’homme et la   femme ne peuvent pas être traités sur un pied d’égalité sur la question de l’héritage. Et quand les associations  féministes s’en mêlent en souhaitant soumettre de nouvelles propositions au Parlement, Mme Haqqaoui sort les griffes et  déclare que ces dernières n’ont pas à intervenir sur cette question  qui serait du seul ressort du conseil supérieur des oulémas.

Pourrons-nous un jour avoir recours à l’adoption plutôt qu’à la kafala ?
Rien n’est moins sûr !
â–  La position du gouvernement : pour s’assurer que les enfants restent bien musulmans, Mustapha Ramid a décidé de bloquer l’adoption d’enfants par des étrangers.  Une circulaire va ainsi voir le jour afin d’unifier les procédures  administratives de la kafala dans le but de “faciliter le travail des  juges marocains ”, dit-on au ministère de la Justice. La circulaire prévoit plus de fermeté au niveau des papiers que devront fournir les parents marocains. Ainsi, une  emme marocaine célibataire ou divorcée devra désormais avoir un compte en banque. Dans la presse arabophone, on nous apprend que “le ministre a déclaré son opposition catégorique à donner des enfants à des familles qui s’installent hors du Maroc, en précisant que “personne n’a le droit d’autoriser la kafala de nourrissons, faite par des familles installées hors du Maroc”. Le ministre y “annonce que son ministère a décidé d’une nouvelle mesure applicable  e mois-ci, qui réserve la kafala à des familles marocaines ou étrangères musulmanes résidant au Maroc.”

â–  Qu’en pensent les féministes ? L’arrivée de cette nouvelle circulaire inquiète sérieusement les associations spécialisées en kafala ainsi que les parents MRE et étrangers qui sont dans la plus grande incertitude.  Dernièrement, une quarantaine d’adoptants espagnols ont bien failli ne plus se voir attribuer la kafala d’enfants avec qui ils avaient déjà tissé des liens dans les orphelinats.

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