La finalité de la Semaine EMI au Maroc est de sensibiliser aux missions de l’Education aux médias (Interview)

Le Bureau de l'UNESCO pour le Maghreb a organisé, du 20 au 26 novembre 2017, une semaine régionale à l’occasion de la Sixième édition de la Semaine internationale de l'éducation et de l'information (EMI) sous le thème «L'éducation aux médias et à l'Information en temps critiques: Réinventer les méthodes d’apprentissage et les environnements de l'information». Rim Baji, chargée de projets Information et communication, au Bureau de l’UNESCO à Rabat, revient sur les moments forts de cet événement.

Dans quel cadre s’inscrit la Semaine internationale de l’éducation aux médias et à l’information (EMI) et quelle en est la finalité ?

Lancée en 2012, la Semaine mondiale EMI est organisée tous les ans par l’UNESCO et ses partenaires internationaux. Elle réunit divers acteurs engagés dans la promotion de l’éducation aux médias et à l’information (EMI) pour favoriser l’intégration sociale et le dialogue interculturel. Les activités et la conférence de la Semaine mondiale EMI sont des opportunités importantes pour les acteurs concernés, de partager les dernières recherches, projets, les nouvelles idées et informations. C’est l’occasion de se rencontrer pour les acteurs engagés dans l’éducation aux médias et à l’information et les professionnels des médias imprimés, électroniques et numériques. L’objectif derrière cette initiative est de vulgariser et de mettre en avant la manière dont l’EMI peut combler le fossé entre l’apprentissage dans un environnement dit traditionnel et celui acquis grâce à d’autres environnements de l’information, notamment les nouvelles technologies de l’information et de la communication; et d’aborder ces questions selon le contexte et les enjeux propres à chaque pays ou région.

Pour l’édition 2017, l’UNESCO a retenu le thème « l’éducation aux médias et à l’information en temps critiques: réinventer les méthodes d’apprentissages et les environnements de l’information ». Au Maroc, elle a été organisée en partenariat entre l’UNESCO, à travers son Bureau pour le Maghreb basé à Rabat, la HACA et le CNDH, ainsi qu’un ensemble de partenaires institutionnels et de la société civile, autour d’une série d’événements ciblant des publics variés afin de renforcer les compétences, les connaissances et les pratiques dans ce domaine, et contribuer au dialogue et à la réflexion sur les opportunités de développement de contenus EMI, comme levier de participation citoyenne des jeunes au Maroc. La Cérémonie officielle de lancement de la Semaine a d’ailleurs été marquée par l’ouverture du Forum « Jeunes, Médias et Citoyenneté active » le mercredi 22 novembre 2017 à l’Institut Supérieur de l’Information et de la Communication (ISIC), lieu hautement symbolique car lieu de formation des futurs journalistes et professionnels du monde de l’information.

L’EMI est un système d’apprentissage permettant de développer des compétences pour rechercher des informations, d’en évaluer le contenu avec un esprit critique et de prendre des décisions raisonnées en tant qu’utilisateurs ou créateurs d’information et de contenu médiatique. C’est aussi le moyen pour les jeunes et les citoyens de manière générale,  d’exercer leur citoyenneté, dans une société connectée, en tant que citoyens actifs, informés, éclairés, conscients de leurs  droits. Ce qui, dans le contexte actuel, relève non seulement d’une question de formation et de pédagogie, mais aussi et surtout de citoyenneté et de modèle politique. La finalité de la Semaine EMI au Maroc est donc de sensibiliser aux missions de l’Education aux médias et à l’information et à son rôle essentiel et stratégique dans les pratiques éducatives et les programmes de formation pour redynamiser les espaces d’éducation et d’exercice de la citoyenneté.

Enfin, l’EMI, en tant qu’approche éducative s’inscrit entièrement dans le mandat et les objectifs de l‘UNESCO et constitue une base pour renforcer l’accès à l’information et au savoir, la liberté d’expression et l’éducation de qualité.

Depuis le lancement de cette manifestation au Maroc, quel bilan en tirez-vous ?

En 2011 à Fès, l’UNESCO a organisé une première consultation régionale des Etats arabes sur l’adaptation de ce programme. L’objectif de cette consultation pour le Maroc était d’établir un premier cadre de coopération avec le ministère de l’Education nationale pour promouvoir l’éducation aux médias et à l’information (EMI) dans l’enseignement formel au Maroc et encourager les jeunes à utiliser les médias et l’Internet de façon plus critique. Par la suite, un manuel pour les enseignants a été produit. Cependant, depuis, il n’y a pas eu d’actions d’envergure sur la question au niveau du Maroc. En effet, ce champ de l’éducation et de développement de compétences est encore peu développé dans le cadre de l’école ou dans le cadre de médias professionnels, bien qu’à présent le Maroc a engagé une dynamique institutionnelle sous l’impulsion de la HACA qui, en tant que régulateur de l’audiovisuel, a initié une action de mobilisation de l’ensemble des acteurs des systèmes éducatif et médiatique sur 
 cette question stratégique. Aussi, la participation au forum et à l’ensemble de la Semaine de trois ministères de la communication, de la jeunesse et des relations chargées de la relation avec le parlement et la société civile, est déjà une première étape, et témoigne d’une véritable prise de conscience et de la volonté des pouvoirs publics de vouloir initier des programmes dans ce sens. Egalement, à noter que la HACA a maintenant inscrit l’EMI dans ses prérogatives, ce qui signifie que cette institution devra encourager les médias audiovisuels de service public à produire et mettre en place plus de contenus éducatifs destinés aux jeunes. Il y a donc une évolution. Les acteurs ont conscience que l’EMI, qui touche également au droit d’accès à l’information et à la liberté d’expression, est un impératif aujourd’hui dans le contexte de réformes, mais aussi face à la place et au rôle d’Internet et des médias dans le quotidien des marocaines et des marocains.

En conclusion, beaucoup reste à faire, notamment termes d’actions concrètes auprès des jeunes, au niveau des espaces d’éducation et d’éducation à la citoyenneté, mais une dynamique est engagée.

 

Est-ce que les jeunes ciblés réussissent  à s’approprier dans leur quotidien les messages véhiculés au cours de Semaine internationale de l’éducation et de l’information ? 

La société marocaine est de plus en plus une société connectée. Près de la moitié de la population dispose aujourd’hui d’une connexion à internet, et une majorité de jeunes de 15-29 ans sont connectés via leur mobile et ont recours à internet pour communiquer, s’informer et se divertir. Il est indéniable qu’Internet a modifié le rapport des jeunes à l’espace public, et a favorisé des formes d’expression nettement plus libres que dans les autres médias et la possibilité pour les jeunes d’élargir leurs sources d’information et d’apprentissage, en dehors de l’école et du cadre imposé par leur milieu familial et social. Internet, avec Facebook, Twitter et YouTube sont des espaces d’accès à l’information, de liberté d’expression, de participation, de contestation et de confrontation d’idées, et font partie de l’environnement d’apprentissage des jeunes. Ils vont vers des contenus qui vulgarisent l’information, utilisent la darija et/ou qui adoptent un ton ludique pour transmettre une information souvent sérieuse à caractère politique ou social ; aussi parce que souvent les moyens traditionnels d’information et d’apprentissage restent trop éloignés de leurs réalités. Mais pas tous ne sont outillés ou disposent d’un environnement qui leur permet de développer un usage responsable, distancié et critique vis à vis des contenus médiatiques et numériques. A défaut, et face au flux massif et d’informations, et à la prolifération de fausses informations, ou de contenus haineux ou extrémistes, les jeunes peuvent aller vers des contenus malveillants, violents…les jeunes, plus vulnérables, peuvent développer des comportements à risques, ne pas se poser de questions et conforter des positions radicales, relayer des informations malveillantes, s’isoler ou encore être affectés dans leur épanouissement personnel. Ce qui pose un défi pour la société marocaine, et un enjeu pour les pouvoirs publics. D’ou l’importance d’un accompagnement en matière d’éducation aux médias et à l’information, et d’avoir des actions concrètes par exemple dans les programmes scolaires mais aussi dans des programmes parallèles au sein de clubs de la citoyenneté, des maisons des jeunes… La société civile investie ce champ. Et pour l’UNESCO, il s’agit d’un partenaire également important pour véhiculer ces messages et toucher directement les populations. Le Forum « Jeunes, médias et citoyenneté active » qui a été organisé dans le cadre de cette Semaine, a justement porté sur ce lien entre accès aux médias et à l’information, le développement de l’esprit critique et l’exercice de la citoyenneté ; et mis l’accent sur les productions existantes, principalement sur internet, développées par des jeunes et/ou par la société civile, qui même si elles ne s’inscrivent pas forcément dans une démarche EMI, répondent à ses finalités, comme les initiatives de radios associatives, les plateformes d’apprentissage et d’éducation en ligne, les outils numériques qui permettent d’informer les citoyens, notamment les jeunes, sur leurs droits, les institutions, 
la vie politique et les dispositifs de participation ; ou encore les chaines You tube qui vulgarisent des contenus scientifiques, culturels, politiques, 
et mobilisent les jeunes sur des questions de développement, de droits humais, justice sociale ou environnement par exemple.

Toutes les actions présentées lors de ce Forum sont soit le fruit d’un travail collaboratif de l’UNESCO avec des organisations de jeunesse dans le cadre de ses programmes, comme le projet NETMED Youth financé par l’Union européenne, portant sur la participation citoyenne des jeunes ; soit le fruit de jeunes engagés, qui eux, ont bien compris les opportunités offertes par Internet et qui s’engagent dans les médias, pour dynamiser l’accès à l’information et au savoir des jeunes marocains.

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