De l’homme au père, la métamorphose!

... Ou comment on devient papa en huit étapes ? Grâce aux témoignages émouvants de Moha, Rachid, Kamal, Hicham et quelques autres, nous pouvons ébaucher le conte de la grossesse de ces Messieurs, de l'annonce faite par la conjointe à la naissance du ménage à trois.

Désir, es-tu là ?

Le désir d’avoir un enfant se conçoit à deux, théoriquement. Mais il reste encore souvent “à la remorque” de celui de la future mère, plus pressée par l’horloge biologique, par l’envie physique d’être enceinte et par les conventions. Ce désir, parfois tiède chez certains futurs papas, n’éclot vraiment, que lorsque l’enfant paraît. Il peut même se révéler plus tard. Moins centrés sur le nourrisson, les pères ont besoin de s’imaginer un enfant plus grand, avec qui ils parlent, jouent, font des choses, brossent des projets… Nombre de pères nous ont avoué sans détour : “Je me passionne pour les enfants quand ils commencent à parler et marcher. Quand ils sont petits, ce n’est pas la grande communion.” Ambigu, complexe, parfois tardif, le désir d’enfant n’est pas donné une fois pour toutes. “Pour le premier, j’étais heureux. Cette paternité est venue tard, à 38 ans. C’est un enfant de l’amour. Le deuxième, c’est plus compliqué. Il n’était pas programmé. C’est plutôt un embêtement”, avoue ce papa.

Tu vas être papa !

Tu vas être papa !” Par cette petite phrase qui bouleverse la vie du couple, c’est la femme qui nomme le père : un beau matin, penchée sur le test de grossesse ou de retour d’une consultation chez le gynécologue, elle annonce à son compagnon le grand événement. Les futurs papas y réagissent diversement. Pour certains, c’est la joie totale, sans surprise, à l’instar de Kamal : “C’était une volonté. J’étais ravi. On le projetait depuis quelque temps”, ou encore de Lahcen : “Nous avons fait le test ensemble, c’était une super joie, une délivrance !” D’autres, plus circonspects, préfèrent attendre les résultats de la prise de sang pour se réjouir pleinement : “Quand elle m’a réveillé à six heures du matin pour me montrer le test, j’étais très réservé, se souvient Hicham. Je pensais  Pour un bon nombre de futurs pères, l’annonce de la grossesse génère des angoisses, rappellent les spécialistes. Crainte de nouvelles responsabilités, refus d’enterrer sa jeunesse ? Tout d’un coup, le futur papa réalise qu’il n’est plus un enfant, il prend la place de son propre père et s’interroge : “Vais-je être à la hauteur ? Comment vais-je être père ?” Certains couples se séparent à ce moment-là, précise Madame Benmaleck, gynécologue. Les deux premiers mois sont en effet une période risquée. Certains hommes préfèrent la fuite, retournent chez leurs parents, mènent une existence errante entre copains, famille et missions professionnelles dans des lieux lointains, pour réfléchir. D’autres débrident leur sexualité avec d’anciennes maîtresses ou de nouvelles conquêtes. Ce papa raconte : “L’annonce de la paternité a été suivie d’une période difficile. Je n’avais pas la moindre envie d’être père car mon activité professionnelle ne me laissait pas assez de temps pour une vie de couple et pour un enfant. J’ai dit à ma femme qu’elle ne pouvait pas nous garder tous les deux. Mais j’ai bien senti qu’elle était tout à fait décidée. Quand j’ai compris, au troisième mois, que le bébé allait arriver, je me suis rapproché d’elle.”

Et l’écho de la paternité résonne…

L’échographie du premier trimestre apporte la preuve de l’existence de bébé… et celle de la paternité ! Un peu comme une clef qui ouvrirait les portes de l’imaginaire au futur père. Rachid raconte : “Tant que ça ne se voyait pas, ça restait irréel. Je me sentais un peu en voyage. J’ai attendu la première échographie pour me dire : la vie est là, elle est présente, je l’ai vue même si elle ne se voyait pas. A partir de ce moment-là, je me suis posé des questions sur moi. Je me demandais si j’allais être un bon père, comment j’allais l’accueillir. Je le voyais petit mais aussi à 20 ans, à 30 ans. Je repensais à la relation que j’avais eue avec mon père.” L’échographie du 5ème mois – à laquelle de nombreux pères assistent aujourd’hui – renforce ce travail psychique et s’avère être un événement émotionnel sans pareil. Madame Benchikh, radiologue, définit joliment l’échographie : “C’est la première image de bébé, donnée au père, et qui est prise dans l’intimité de la mère.” Cette rencontre réelle va se graver dans la mémoire du futur père et transformer le vécu de l’attente. Des papas racontent : “C’était un grand moment : voir un petit bonhomme qui commence à se former…” ; “Là, j’ai pris conscience qu’il existait. J’ai vu ce que l’on était capable de faire à deux. Notre amour était représenté sur l’écran. Avant, on l’imagine, on parle de lui… et puis, tout d’un coup, il est là !” Pour Hicham, l’échographie a permis d’être en prise directe avec son bébé et de lui donner corps : ➝

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