8 mars : Au-delà des hommages, le temps de l’action

Doctorant en management stratégique, expert en développement régional et certifié diversité du genre, Rabii Berady nous livre dans cette tribune une approche tournée vers le développement durable où toutes les composantes de la société sont parties prenantes dans le développement du pays. Voici ses propositions pour que les femmes ne restent pas sur le banc de touche.
Rabii Berady

Chaque année, à l’occasion du 8 Mars, on s’efforce de faire l’étalage des réalisations des femmes, d’énumérer les gains dont ont bénéficié les Marocaines et rendre hommage à quelques icônes dans le secteur associatif et entrepreneurial.  Mais s’est-on arrêté un instant pour observer et faire l’étayage des gains psychologiques et les auto-victoires des femmes qui sont loin des projecteurs des médias et des sites sociaux ? Des femmes qui combattent en silence pour résoudre des problèmes difficiles tout en atténuant l’impact d’un fardeau imposé par les circonstances de la vie quotidienne ! Une tâche qu’elles accomplissent pour offrir un certain confort et une certaine joie de vivre pour leur entourage avant de penser à elles, sans se plaindre ni faire entendre le moindre gémissement !

Sans aucun doute, le Maroc a fait d’importants progrès sur la voie de l’égalité et de la parité, et a mis en place des lois et des dispositifs auxquelles ont participé les meilleurs juristes et chercheurs en sociologie, mais malgré ces progrès au niveau législatif et institutionnel, cet élan n’est pas aussi structuré au niveau du terrain,  et la distance entre ces deux volets et les questions liées au genre et à la participation économique des femmes se creuse de plus en plus.

C’est pourquoi, la mise en œuvre de la parité et de l’égalité entre les hommes et les femmes, et le respect de l’approche genre au Maroc, contribueront à la croissance économique, en surmontant les obstacles qui empêchent ces dernières d’accéder de manière adéquate, fluide et structurelle au marché du travail.

Un maillon essentiel dans le processus du développement économique et social

Un grand nombre de jeunes femmes, en dehors de l’axe des grandes villes, et spécialement dans le monde rural, ne travaillent pas et ne bénéficient d’aucune formation spécifique ; encore plus, elles souffrent et subissent au même titre que leurs homologues hommes.
Face à ce nombre croissant, on constate que les femmes dans de nombreuses villes et villages font face à de multiples contraintes et difficultés qui les empêchent de participer au processus de développement, encore plus, leur situation économique, sociale et culturelle se détériore à la suite de nombreux problèmes et obstacles structurels.
A ce propos, il convient de noter qu’un ensemble de dispositifs politiques ont été mis en place pour redéfinir et booster l’image de la femme et la considérer comme un maillon essentiel dans le processus du développement économique et social ; les projets de développement de l’Initiative Nationale pour le Développement Humain en sont d’ailleurs le parfait exemple.
La femme marocaine devrait bénéficier de plus d’attention que de lui rendre hommage, prononcer quelques discours élogieux, lui offrir des roses et des promesses le jour « J », puis l’abandonner à un quotidien amer plein de freins et de handicaps à plusieurs niveaux.
Les femmes sont devenues conscientes de leur potentiel, ont pris confiance en leurs capacités, ont dépassé les rôles stéréotypés qui prévalaient, et ont multiplié les efforts pour apprendre, se développer et prouver leur capacité à percer dans de nombreux domaines.
Cependant, comme mentionné au début, elles se heurtent encore à plusieurs obstacles, ce qui rend difficile leur intégration dans plusieurs domaines, en l’occurrence, celui de l’entrepreneuriat ; qui d’ailleurs comme exemple de levier de croissance économique de notre pays, il serait important de mentionner quelque propositions en faveur d’une croissance égale à égale, à savoir :

  • Mettre en place un ensemble de solutions et de dispositifs qui aideront les femmes entrepreneures et les sensibiliseront à l’aspect financier, et ce, pour développer leurs capacités de gestion personnelle et sociale, dans le but d’assurer une stabilité et une durabilité des projets et contribuera à la réalisation du développement économique et social régional.
  • Activer le processus de la régionalisation avancée, car les femmes ont toujours souffert d’exclusion quant au développement régional, sachant qu’elles en sont les principales actrices étant donné qu’elles exécutent la plupart des tâches liées à la mise en place du système de développement dans plusieurs villes de notre royaume, notamment dans le monde rural.
  •    Inviter les banques à fournir des services et des propositions de financement pour les entreprises des femmes à des taux raisonnables et davantage de facilités qui encouragent les porteurs de projets dans certaines petites villes à créer leur entreprise et aller de l’avant.
  •  Orienter le secteur privé à adopter et parrainer les projets des femmes dans les petites villes et dans le monde rural.
  • Garantir aux femmes tous leurs droits, activer les exigences d’égalité, leur donner la pleine possibilité de s’épanouir et leur apporter notre soutien et notre confiance inconditionnels, car leur réussite est aussi la notre, et leur essor est synonyme de notre prospérité.

Grand merci à toutes ces femmes qui persévèrent pour cultiver leurs petits jardins pour en faire des champs radieux et avantageux pour le bien de tous ; pour notre pays.

Par Rabii Berady

 

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