Archives des Mariage - Femmes du Maroc https://femmesdumaroc.com/dossiers-specials/mariage Le magazine leader de la presse féminine au Maroc Inspiration, Envies, Style, Beauté, Idée Thu, 11 Dec 2025 10:44:08 +0000 fr-FR hourly 1 https://femmesdumaroc.com/wp-content/uploads/2022/12/cropped-fav-fdm3-32x32.png Archives des Mariage - Femmes du Maroc https://femmesdumaroc.com/dossiers-specials/mariage 32 32 Neggafas: Ces gardiennes des traditions nuptiales https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/neggafas-ces-gardiennes-des-traditions-nuptiales Fri, 30 May 2025 10:27:36 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=117365 Au cœur des mariages marocains, une figure essentielle et emblématique veille à la magie du grand jour : la neggafa. Derrière ce mot se cache un métier d’art et de tradition, transmis de génération en génération, qui façonne l’apparence et l’aura de la mariée. Rencontre avec deux professionnelles passionnées, Majda Benjelloun et Najoua Moustatir Tadlaoui, qui nous ouvrent les portes d’un univers où chaque détail compte.

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Au Maroc, le mariage est bien plus qu’un simple événement : c’est une véritable cérémonie où chaque détail compte, où chaque geste, chaque vêtement et chaque bijou portent une symbolique particulière. Au cœur de ce moment magique se trouvent les neggafas, des professionnelles dont le rôle est de guider la mariée tout au long de sa transformation en reine du jour. Entre transmission de savoir-faire ancestral et modernité, les neggafas jouent un rôle fondamental dans la célébration du mariage.

Deux femmes, deux parcours, mais une même passion pour l’héritage marocain : Majda Benjelloun, pionnière au regard aiguisé et au geste sûr, et Najoua Moustatir Tadlaoui, entrepreneure passionnée, incarnent la profession de neggafa. Véritables architectes de la beauté nuptiale, ces artisanes de l’ombre orchestrent la mise en lumière de la mariée, transformant son apparence en une œuvre d’art vivante, tissée de traditions, de soie et de symboles ancestraux.

Tout pour la mariée

Les neggafas occupent une place primordiale dans le parcours de la mariée.  “Mon métier consiste à organiser et coordonner l’apparence de la mariée, en sélectionnant les tenues traditionnelles, les bijoux et tous les éléments qui la mettent en valeur, tout en respectant l’héritage culturel marocain”, raconte Majda Benjelloun, une neggafa qui exerce depuis plus de 30 ans. Ce rôle dépasse largement celui d’une simple habilleuse : la neggafa est une guide, une conseillère, mais aussi une experte en beauté et en symbolisme. “Je ne suis pas seulement habilleuse, je suis conseillère, artiste et soutien moral”, résume Majda Benjelloun. Ancienne employée d’un laboratoire de développement photos, c’est à travers les clichés de mariées qu’elle a trouvé sa vocation. Fascinée par la richesse des rituels marocains, elle se lance dans cette aventure humaine et artistique, animée par le désir de perpétuer un savoir-faire ancestral.

Dès les premiers échanges, la relation entre la mariée et la neggafa se tisse dans la confiance. “J’écoute la mariée,  je prends le temps de comprendre ses attentes, ses goûts, et parfois même ses origines régionales pour lui proposer des tenues et des accessoires qui la sublimeront”, confie Najoua Moustatir Tadlaoui, co-fondatrice de Negafa Tadlaouia. Pour elle, chaque mariage est une aventure unique : “Chaque cérémonie m’apporte une immense joie, car elle est un moment de pure magie où tout doit être parfait.” Najoua, qui a troqué l’univers de l’événementiel pour celui de la tradition, voit dans chaque mariage une scène à sublimer : “Chaque détail compte. Les postures, les mouvements, l’éclat des bijoux, tout doit être orchestré pour que la mariée rayonne.”  Sa mission : faire de ce jour un conte intemporel, où la tradition rencontre la modernité.

Cérémonie du henné. La tradition toujours magnifiée.

Un défilé de traditions vivantes

Symbole de la diversité culturelle marocaine, le trousseau de la mariée se compose de plusieurs tenues régionales, soigneusement sélectionnées avec la neggafa. “Fassie, amazighe, sahraouie, rbatie, tétouanaise… Chaque tenue raconte une histoire, celle d’un peuple, d’une mémoire, d’un héritage”, détaille Majda. “La mariée marocaine porte généralement entre 1 à 4 tenues traditionnelles”, poursuit-elle. Chaque tenue se porte à un moment précis de la cérémonie. “L’incontournable caftan marocain pour la ammaria pour l’entrée, ensuite la dora des deux mariés est généralement régionale la fassia ou lebssa en joher (Fès), la chamaliya (nord), la sahraouia, l’amazighe, la rbatiya… ou encore la keswa lkbira”, précise pour sa part Najoua.

Les bijoux, eux aussi, sont loin d’être anodins. Ils sont le reflet du statut social, de la richesse et des valeurs de la famille. Certains bijoux sont des héritages transmis de génération en génération, des pièces chargées de mémoire et d’émotion. Pour Majda, “chaque bijou porte une signification particulière: la fertilité, la richesse, la prospérité, ou encore l’appartenance à une culture”. Najoua ajoute  : “Il ne s’agit pas que d’apparence. Chaque accessoire a une signification. Une neggafa se doit de connaître cette grammaire de l’ornement” .

Une journée marathon 

Ça commence bien avant le jour J: la neggafa rencontre la mariée en général plusieurs mois à l’avance pour choisir les tenues, faire les essayages, comprendre ses attentes. Le jour du mariage, la neggafa entame son marathon. Levée aux aurores, elle coordonne son équipe – composée d’une bonne dizaine de personnes– pour veiller à la mise en beauté de la mariée. Tenues, maquillage, timing des sorties, coordination avec les autres prestataires… Rien n’est laissé au hasard. “C’est une journée longue, bien remplie et intense en émotions. Je commence tôt avec la préparation de la mariée, la coordination des tenues, des bijoux, et je l’accompagne tout au long de la soirée pour les changements et pour m’assurer qu’elle apparaisse toujours sous son meilleur jour”, raconte Majda. Rien n’est laissé au hasard : chaque détail compte, de l’harmonie des couleurs à l’éclairage, en passant par la décoration. “Il faut gérer le stress, les imprévus, sans jamais le montrer. La mariée doit se sentir comme une reine, en sécurité”, explique Majda. Najoua confirme : “Le principal défi est de gérer le stress du jour J. Tout est minutieusement préparé bien avant pour garantir une expérience fluide pour la mariée, mais il faut aussi être prêt à gérer aussi les imprévus, les retards, ou les changements de dernière minute, sans jamais se départir de son sourire et de sa confiance. On doit toujours donner le sentiment que tout est parfaitement maîtrisé.”

L’accompagnement ne s’arrête pas à la logistique. La neggafa est aussi un soutien émotionnel. Majda se rappelle d’une mariée effondrée à cause d’un conflit familial juste avant son entrée : “Je l’ai aidée à respirer, à sourire à nouveau. C’est dans ces moments que notre rôle dépasse le côté technique.”

L’art de la mise en scène  

L’apparence globale de la mariée est au centre des préoccupations de la neggafa. “Les photos restent à jamais, c’est pourquoi je veille à ce que chaque détail soit soigneusement pensé, depuis l’harmonie des couleurs jusqu’à l’éclairage et la décoration”, souligne Majda. La mise en scène du mariage est un art éphémère, où chaque instant doit être parfait. La neggafa accompagne la mariée dans tous les moments clés de la cérémonie : l’entrée dans la salle, les changements de tenues, les séances photo, les rituels traditionnels comme le “dfoue”. Elle veille à ce que la mariée soit toujours mise en valeur, tout en gérant les imprévus avec sang-froid et bienveillance.

“En tant que neggafa, la mise en scène, les photos et l’apparence globale sont au cœur de mon travail. Chaque détail compte et j’y veille scrupuleusement: les tenues, les accessoires, les sorties, la posture de la mariée, ses mouvements…”, précise pour sa part Najoua. Pour elle, tout doit être parfaitement harmonisé pour refléter l’élégance et la beauté de l’instant. “Je tiens à ce que chaque moment soit visuellement mémorable, car les photos resteront à jamais le témoignage de ce jour unique. Mon objectif est de créer un univers raffiné, digne des rêves des mariés”, poursuit-elle.

Un métier en pleine évolution 

Le métier de neggafa n’a pas échappé aux transformations de la société marocaine. Si autrefois les mariées portaient parfois jusqu’à sept tenues différentes, elles sont aujourd’hui nombreuses à privilégier la sobriété. “Certaines veulent moins de caftans, d’autres reviennent aux racines avec fierté. Il faut savoir s’adapter”, affirme Majda. Najoua observe une même tendance. “Le service est devenu plus raffiné, presque sur-mesure. Les mariées veulent une expérience personnalisée, où chaque choix reflète leur personnalité”, dit-elle. Face à ces évolutions, les neggafas se réinventent sans renier leur mission première : faire vivre la tradition. “Il ne s’agit pas de figer le passé, mais de le transmettre avec élégance”, résume Najoua.

Loin d’être une pratique figée, le métier de neggafa continue d’évoluer. Les nouvelles générations, souvent formées à la fois à l’art, à la communication et à la gestion événementielle, apportent une vision innovante. Les deux professionnelles s’accordent à dire que l’avenir du métier est prometteur. “À condition de marier tradition et modernité, le métier a encore de beaux jours devant lui”, insiste Majda. Najoua imagine même un métier davantage professionnalisée, avec des labels de qualité et des formations spécifiques.

Le TROUSSEAU DE LA MARIÉE se compose de tenues régionales.

Artisanes de l’ombre

Majda et Najoua incarnent cette génération de femmes qui perpétuent, adaptent et magnifient les traditions. Par leur savoir-faire, leur sensibilité et leur rigueur, elles façonnent des souvenirs, des émotions, des identités. Pour Majda, ce métier lui “permet de contribuer à créer une parenthèse magique dans la vie des gens, ce qui me remplit de satisfaction”. C’est aussi un métier qui lui permet de développer son sens artistique, sa patience et sa capacité à s’adapter. 

“Une fois, une mariée très émotive a fondu en larmes en se voyant dans le miroir avec sa première tenue. Elle m’a dit : “Je n’aurais jamais cru pouvoir me sentir aussi belle”. C’est ce genre de moments qui donne tout son sens à mon métier”, nous confie Najoua.

De ces moments d’intimité naissent souvent des amitiés durables. “On partage des instants très forts. Certaines mariées continuent à m’écrire des années après”, confie Najoua. Pour Majda aussi, la relation va bien au-delà d’un simple contrat. “Il y a une confiance mutuelle, une complicité qui s’installe.”

Elles sont les gardiennes d’un patrimoine vivant, les artistes de l’éphémère, les confidentes des mariées et les orchestratrices de la beauté. Leur métier, loin d’être figé, continue d’évoluer pour répondre aux attentes des nouvelles générations, tout en préservant l’âme et l’identité du mariage marocain. Derrière chaque mariée resplendissante, il y a une neggafa. Un nom peut-être oublié par les invités, mais gravé à jamais dans le cœur de celle qu’elle a accompagnée.

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La tendance des mariages à thème https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/la-tendance-des-mariages-a-theme Fri, 30 May 2025 10:27:17 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=117353 Les mariages à thème connaissent un essor grâce à leur capacité à transformer une simple célébration en une expérience immersive unique. Zoom sur cette tendance qui fait fureur depuis quelques temps.

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À  l’ère de Pinterest, il est devenu presque impossible de ne pas mettre des thématiques à tout et pour tout. Et les mariages ne font pas l’exception. En effet, certains couples n’hésitent pas à sortir des sentiers battus et à opter pour un mariage inspiré de décors de films américains ou de Bollywood. “Pour notre mariage, nous nous sommes inspirés de la série Bridgerton. J’ai demandé à mes convives de venir en robes et aux hommes de porter un smoking. Quant à la décoration, nous avons opté pour des tons rose poudré et blanc”, se souvient Ghita qui a tenu à porter pour l’occasion une robe blanche aussi majestueuse que celle de Queen Charlotte. À l’instar de Ghita, de nombreux couples aspirent à célébrer leur amour à travers une narration unique et personnalisée. Cette tendance, selon Heloïse Agelou, fondatrice d’Hello Moments & Co, s’explique par le fait que “chaque histoire est un thème. Chaque couple nous inspire un univers unique, une narration visuelle et émotionnelle que l’on traduit à travers les lieux, les matières, les sons et les silences.” Cette spécialiste des mariages à thème évoque une multitude de célébrations aussi uniques qu’exclusives où la thématique choisie a permis, grâce à l’ambiance et à la décoration, de fusionner la modernité et la tradition avec harmonie et cohérence pour répondre au plus près aux vœux des mariés.Le mariage est une œuvre unique  

À Marrakech, toujours, un autre spécialiste des mariages à thème propose une approche sur mesure, mêlant savoir-faire local et standards internationaux. En effet, de la coordination globale à la scénographie, MAEV imagine chaque mariage comme une œuvre unique, en s’adaptant à l’histoire, aux envies et à la culture de chaque couple. Pour 2025, cet expert des mariages propose quatre grandes thématiques : 

Wild flower garden

Dans un décor de rêve ou au cœur de la nature, les nouveaux mariages marocains célèbrent l’amour autrement : avec audace, poésie et beaucoup de style. Le Wild Flower Garden s’impose, confirme l’agence MAEV, comme une des tendances les plus demandée chez les couples. Il s’agit d’un mariage romantique et poétique au cœur d’un jardin luxuriant. Ce thème met à l’honneur la douceur florale avec des couleurs pastel, des bouquets généreux et des décors végétaux raffinés. Très présent au Maroc, le bougainvillier devient un élément central, décliné en arches fleuries, centres de table ou guirlandes naturelles. L’ambiance est intime et conviviale, idéale dans un jardin de villa ou de palais. 

• Contemporary Marocain 

Cette thématique réinterprète en version moderne et élégante l’univers marocain. Palette de tons neutres, lanternes blanches, détails artisanaux repensés : ce thème allie tradition et design contemporain. L’atmosphère se veut sobre, raffinée et chaleureuse, avec une cuisine marocaine authentique. L’idéal ? Organiser la cérémonie dans un Riad au charme intemporel. 

• Green glamour

L’union parfaite entre engagement écologique et esthétisme raffiné. Les mariages green glamour trouvent écho auprès des mariés qui ont envie de faire un mariage conscient. Au cœur de ce concept, des fleurs de saison, des matériaux naturels, du papier recyclé, des cadeaux pour les convives écoresponsables et un menu issu de la culture locale. 

• Mille et une nuits

Un classique indémodable qui est très demandé par la diaspora marocaine et les couples mixtes. Ce thème plonge les invités dans une ambiance orientale, avec lanternes dorées, tapis colorés, coussins en velours et décor inspiré des contes. L’expérience se prolonge avec des animations traditionnelles telles que des danseuses orientales ou cracheurs de feu, pour une célébration inoubliable. 

Entre héritage et modernité, authenticité et extravagance, les mariages marocains se réinventent. Et si finalement, derrière chaque mariage à thème, se cachait simplement l’envie de raconter sa propre histoire d’amour, d’une manière qui ne ressemble à aucune autre ?

Combien de temps à l’avance faut-il planifier un mariage à thème ?

Un an est l’idéal. Cela permet de prendre le temps de revoir les détails avec du recul, car les envies évoluent souvent au fil du planning. Cela dit, nous avons déjà organisé des mariages “flash” en seulement deux mois, avec la même exigence et attention.

Est-ce qu’un mariage à thème coûte plus cher qu’un mariage classique ? Pourquoi ?

Vous me demandez ici pourquoi une robe Chanel coûte plus cher qu’une robe Zara… La réponse est dans la vision, la précision, l’intention. Un mariage à thème, tel que nous le concevons chez Hello Moments & Co, ne se résume pas à quelques éléments décoratifs. C’est une œuvre globale, un scénario sensible et visuellement fort, pensé comme un hommage à l’histoire familiale, aux émotions, aux cultures, et surtout à l’âme du couple. Chaque idée demande un temps de réflexion, de création, de fabrication.

 Chaque détail de la mise en scène à la lumière, des textures aux parfums est orchestré pour raconter quelque chose de vrai. Ce niveau d’exigence, cette capacité à traduire l’intime en beauté tangible, a évidemment un coût. Mais au fond… Peut-on vraiment mettre un prix sur une émotion parfaitement incarnée ? Sur un moment suspendu que tous vos invités n’oublieront jamais ?

Est-il possible d’avoir un mariage à thème même avec un budget limité ?

Oui, absolument à condition de faire les bons choix. Un thème ne dépend pas d’un budget illimité, mais d’une vision cohérente et bien exécutée. Avec sensibilité et créativité, on peut créer une ambiance forte sans forcément multiplier les dépenses. Il vaut parfois mieux faire moins, mais mieux. Choisir un fil conducteur clair, soigner les détails essentiels, et s’entourer des bons partenaires permet de raconter une belle histoire, même avec des moyens limités. 

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Tendances mariage : Les prestataires redéfinissent les codes https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/tendances-mariage-les-prestataires-redefinissent-les-codes Fri, 30 May 2025 10:26:53 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=117358 Dans l’univers du mariage, chaque saison apporte son lot de nouveautés, et 2025 ne fait pas exception. Entre retour au raffinement artisanal et quête de naturel et de simplicité, les prestataires marocains réinventent leurs offres pour séduire des couples exigeants. Quelles sont les tendances à suivre cette année ? Décryptage avec les professionnels du secteur.

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Préparer un mariage au Maroc implique une série de choix parfois complexes. Plus qu’un simple événement, c’est une mise en scène savamment orchestrée, où chaque détail compte. Du choix de la salle aux dernières retouches maquillage, rien n’est laissé au hasard. Traiteur, orchestre, make-up artist, fleuriste, neggafa…, les futurs mariés sont confrontés à une multitude de prestataires, tous indispensables à la réussite de cette journée unique. Encore faut-il savoir vers qui se tourner et quelles tendances dominent la saison. 

La salle de réception : Place aux espaces ouverts  

La salle des fêtes est souvent la première case à cocher sur la longue check-list des futurs mariés. Aujourd’hui, les lieux les plus prisés ne sont pas nécessairement les plus grandioses, mais ceux qui offrent de la flexibilité et des espaces extérieurs. “Actuellement, la tendance penche vers les espaces ouverts, les coins de verdure et les lieux avec un plan d’eau. Ni trop grands ni trop exigus, les futurs mariés que je reçois recherchent avant tout un cadre naturel, des vues dégagées et un beau ciel bleu en toile de fond. Ils sont même prêts à faire des concessions sur d’autres prestations, à condition que le lieu de réception soit ce petit coin de paradis qui fera de leur cérémonie un moment à la fois magique et inoubliable”, observe Diâa Lahmamsi, wedding planner. Cette option pousse de nombreux couples à s’éloigner des salles classiques au profit de domaines champêtres ou de villas privées, parfois en dehors des grandes villes. “Peu importe la ville ou l’éloignement par rapport au centre, un lieu en plein air reste le choix de prédilection de la majorité des couples que j’accompagne. Puisque la nature est au cœur de leurs envies, l’entrée de la mariée en Amaria, au coucher du soleil, s’impose presque naturellement. L’ambiance devient alors féerique, sublimée par la lumière vacillante des bougies, offrant à la mariée une allure de reine”, poursuit-elle.

Une tendance que confirme Ali Zouhri, vice-président de l’Union marocaine des propriétaires et gérants des salles des fêtes, et directeur général du Palais Saada à Meknès. “La tendance actuelle va clairement vers les espaces verts bien aménagés, dotés d’un bon éclairage et de plafonds drapés pour créer une ambiance magique. Ces lieux sont souvent pensés par des ingénieurs et des décorateurs d’intérieur afin de répondre à un thème précis, choisi en fonction des envies des mariés”, explique-t-il. Pour autant, certaines salles plus traditionnelles conservent toute leur aura. “Les salles ornées de plâtre sculpté ou de bois travaillé gardent leur charme et restent toujours très prisées”, relève-t-il.

Un menu moderne, sans oublier les classiques

La composition du menu de mariage suscite une attention particulière. Les tendances actuelles oscillent entre respect de la tradition et ouverture vers des cuisines plus modernes. Là aussi, l’équilibre entre raffinement et convivialité est recherché. “Actuellement, les menus de mariage suivent des tendances bien définies. En entrée, on propose souvent un assortiment de quatre salades: burrata, fruits de mer, quinoa-avocat et endives aux noix, puis un duo ou trio de pastillas, généralement au poulet, aux fruits de mer et au saumon”, détaille Ali Zouhri, également traiteur. Cette ouverture à des saveurs plus contemporaines répond à une demande croissante de variété, sans pour autant sacrifier les classiques. “Pour le plat principal, si le gigot farci et le filet en sauce aux champignons séduisent par leur raffinement, les grands classiques comme le méchoui et le poulet rôti à la daghmira restent des incontournables toujours très demandés”, ajoute-t-il. En dessert, la tendance est à la légèreté, avec des fruits frais découpés et des tartes glacées aux saveurs fruitées. Côté présentation, rien n’est laissé au hasard non plus. “La vaisselle évolue sans cesse, mais celle en argent fassi reste la plus prisée pour son élégance intemporelle. Elle donne à la table un cachet authentique et raffiné”, précise Ali Zouhri.

La mise en beauté : Cap sur le teint glowy 

Et qui dit mariage dit mise en beauté de la mariée. “En ce moment, la tendance est au teint glowy, qui sublime la mariée sans la transformer”, fait savoir Kanza Hdadi, makeup artist. “Je privilégie un travail du teint très soigné, lumineux et léger, sans surcharge de matière pour éviter l’effet masque. Les préférences varient beaucoup : certaines mariées optent pour un maquillage naturel et doux, tandis que d’autres préfèrent un rendu plus sophistiqué, qui souligne davantage leurs traits. Tout dépend du style et des envies de chacune. Cela dit, le teint lumineux reste la star incontestée”, insiste Kanza Hdadi. 

MISE EN BEAUTÉ.
Vers plus de technicité et un rendu harmonieux.

Dans le même esprit, les attentes des mariées en matière de maquillage évoluent vers plus de technicité, mais toujours au service d’un rendu harmonieux. “Aujourd’hui, les mariées recherchent un maquillage longue tenue, naturel mais couvrant, capable de tenir face à la chaleur et à l’émotion. Elles aiment aussi avoir un regard lifté, souvent accompagné de faux cils discrets, des sourcils façon browlift, et un rendu photogénique qui reste harmonieux en vrai”, souligne la maquilleuse. Mais pour que le maquillage tienne toutes ses promesses, la préparation de la peau commence en amont. “Une peau lumineuse passe d’abord par une bonne hydratation, une alimentation équilibrée et une routine de soins stable. Pas de changements brusques ni de soins trop proches du jour J, pour éviter rougeurs et réactions. Je recommande aussi d’épiler le visage quelques jours avant, et d’éviter les extensions de cils permanents qui peuvent compliquer le maquillage et limiter les possibilités de lifting du regard”, conseille Kanza Hdadi.

Caftan Lakhrib, tissu Hajj Omar… 

Le retour aux sources 

On ne peut pas parler de mariage marocain sans évoquer la neggafa. Bien plus qu’une habilleuse, elle est garante d’un rituel ancestral. Cette saison, Neggafa Saphir observe un véritable retour aux sources. “En ce moment, les mariées marocaines préfèrent le pur traditionnel au contemporain. Elles privilégient le style beldi”, explique-t-elle. “Parmi les tenues en vogue, on retrouve le caftan Lakhrib, réalisé selon la méthode artisanale du Maâllem, ainsi que le tissu Hajj Omar, très prisé pour son raffinement. Côté accessoires, la tendance est aussi au beldi, avec des pièces traditionnelles ornées de rosaces, d’émeraudes ou de rubis”, précise-t-elle. Ce retour au traditionnel s’accompagne aussi d’une réorganisation pratique du déroulé de la soirée. “Autrefois, on comptait jusqu’à cinq tenues dans une même soirée, alors qu’aujourd’hui, les mariées préfèrent limiter leurs tenues à trois maximum. Une pour la cérémonie du henné, une autre pour l’entrée en Amaria, et une dernière pour le dîner”, détaille Neggafa Saphir. Une manière de profiter davantage de la fête, sans devoir s’absenter à répétition pour se changer. “Je recommande aux futures mariées de faire plusieurs essayages et de choisir leurs tenues en fonction de la morphologie et de la forme du visage. Par exemple, un grand diadème ne conviendra pas à toutes les formes de visages. Une mariée ronde sera mise en valeur par des tissus légers et des couleurs foncées, tandis qu’une silhouette fine pourra se permettre des matières plus riches, comme le velours ou le tissu Tlija, dans des tons clairs”, conseille-t-elle.

Le Beldi revient en force et séduit de plus en plus de mariées.

Une décoration florale sobre et chic 

Aujourd’hui, la décoration florale ne se limite pas aux tables et au “trône des mariés”, elle habille l’ensemble de la salle. Hamza El Ansari, cofondateur et Directeur Développement et Marketing chez Le Céladon Fleuriste, observe une véritable évolution des goûts et des attentes. “Les tendances actuelles vont vers une décoration plus naturelle, où l’élégance sobre et les compositions aériennes sont à l’honneur. Les fleurs séchées ou stabilisées sont de plus en plus populaires, souvent associées à des fleurs fraîches pour créer des arrangements à la fois intemporels et modernes”, explique-t-il. Ce retour à une esthétique épurée s’accompagne d’un désir croissant de personnalisation. “La tendance est au sur-mesure : chaque mariage devient une histoire à raconter à travers les fleurs. Une grande attention est portée à la cohérence entre chaque élément floral et l’ensemble de l’univers visuel du mariage, des bouquets aux décors de table, en passant par l’architecture florale”, poursuit Hamza El Ansari. À ceux qui planifient leur grand jour, Hamza El Ansari adresse un conseil essentiel : “Restez fidèles à votre propre vision et à l’atmosphère que vous souhaitez créer”, souligne-t-il.

Ambiance magique grâce au choix de la salle de réception, de la décoration florale et de la musique.

Le Chaâbi, la star musicale incontestée 

Sans musique, pas de fête. Et au Maroc, la musique est une affaire sérieuse. Le choix de l’orchestre conditionne l’ambiance et le rythme de la soirée. Si les mariés recherchent une animation festive, le chaâbi s’impose plus que jamais comme le genre musical incontournable. “Le chaâbi est aujourd’hui la véritable vedette des mariages marocains. Il est devenu incontournable et demandé dans toutes les régions du pays, sans distinction”, observe Samir El Filali, chef d’orchestre. Un changement de paradigme, quand on sait qu’il y a encore quelques années, chaque région conservait ses préférences : “À Fès, on optait surtout pour du tarab, du melhoun ou un chaâbi discret, tandis que dans le Nord, la Taqtouqa jabaliya dominait. Aujourd’hui, on constate un engouement général pour le chaâbi et même pour des styles comme El Aloua. Ce répertoire n’est plus perçu comme régional, il s’impose désormais comme une tendance nationale”, précise Samir El Filali. 

“On voit également émerger des nouveautés dans les musiques accompagnant les moments phares de la cérémonie comme l’entrée des mariés, le tour de l’Amaria et celui de la mida, avec l’introduction de paroles inédites autour de l’amour et de la mariée”, poursuit-il. La musique de mariage évolue aussi dans sa forme instrumentale. “On intègre de plus en plus de cuivres comme la trompette ou le trombone. Ce sont des influences occidentales qui viennent enrichir et dynamiser le chaâbi, tout en conservant son essence populaire”, souligne le chef d’orchestre. Enfin, certains passages du mariage appellent une ambiance musicale plus feutrée. C’est le cas du moment où la mariée fait son entrée en robe blanche, une scène inspirée des codes occidentaux. “Étant donné que ce moment s’inspire d’un univers plutôt occidental, nous privilégions des ambiances douces et romantiques, souvent portées par le violon, plutôt que des sonorités orientales. Cela permet de conserver une cohérence avec le style de la tenue et l’atmosphère souhaitée”, conclut Samir El Filali. Entre traditions revisitées et envies modernes, l’essentiel reste de s’entourer de prestataires de confiance, capables de transformer cette journée en un souvenir inoubliable.

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Se dire oui, autrement https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/se-dire-oui-autrement Fri, 30 May 2025 10:26:04 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=117346 Le trône, le cortège, le menu imposé ? Pas forcément. En 2025, les mariages s’émancipent des formats rigides pour explorer de nouvelles façons de célébrer l’union. Mariages intimistes dans une villa familiale, fêtes champêtres à taille réduite, cérémonies sur mesure entre tradition revisitée et détails personnels… Une chose est sûre : les jeunes couples ont aujourd'hui tendance à vouloir se réapproprier le grand jour. Tour d’horizon d’un paysage nuptial en pleine évolution.

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Pendant longtemps, la cérémonie de mariage  observait un schéma structurel. Une salle de fêtes, un orchestre, une neggafa, un trousseau, et une centaine de convives – minimum. Demande officielle, hammam de la mariée, soirée henné, cortège, chants, danses et départ sous les youyous. Le mariage, c’était une partition qu’on jouait conformèment aux coutumes ancestrales, génération après génération. Mais les temps ont changé. Et chez Salma, 31 ans, mariée récemment dans une villa familiale à Salé, ce changement a pris tout son sens. Pas de protocole. Pas de spectacle. Juste une cinquantaine d’invités, des lanternes suspendues aux citronniers, un oud discret en fond sonore, et des plateaux de cornes de gazelle et de briouates maison qui passaient de main en main. 

L’acte d’union ? Signé dans le salon, devant les Adouls, dans une ambiance douce, presque suspendue. On entendait à peine les voix : seulement les rires d’enfants au loin, et le tintement des verres à thé qu’on remplissait en silence. “On voulait juste que ce moment soit à notre image, sans chichi, sans stress”, confie Salma. Ce jour-là, elle portait une takchita ancienne, transmise par sa belle-mère et rebrodée pour l’occasion. Le henné avait été posé la veille, dans le patio, entre femmes. Chants de l’Aita, youyous joyeux, et cette même complicité qui remonte à l’enfance. “On était par terre, à rigoler comme quand on était gamines… pour oublier que ça pique.” La mrouzia du dîner ? Préparée maison. “Ma belle-mère y a passé la journée. Et quand je suis sortie, habillée avec le caftan de ses vingt ans, elle a fondu en larmes.”

Nouvelle ère

Ce type de témoignage, Jamila Aqdim, fondatrice du Salon Magical Wedding, en entend de plus en plus. Et selon elle, c’est bien plus qu’une tendance passagère : c’est un basculement. “Aujourd’hui, les couples veulent vivre leur mariage, pas le subir. Ils prennent le temps de choisir, de comparer, de négocier. Ils priorisent ce qui leur parle : la décoration, la photo, parfois même un coach matrimonial. On n’est plus dans la formule automatique salle-traiteur-neggafa.”

Parmi ces priorités, la décoration est devenue centrale. Fini les halls impersonnels et les tentures standard. Les mariés rêvent d’atmosphères feutrées, d’éclairages soignés, de scénographies taillées sur mesure. Lustres suspendus, chapiteaux aux lignes contemporaines, compositions florales surdimensionnées, vaisselle louée à la pièce : tout est pensé comme un décor de film. “Ce sont de vrais artistes aujourd’hui. Il y a même des prestataires spécialisés uniquement dans la déco. Avant, c’était le traiteur qui gérait ça vite fait. Aujourd’hui, c’est un métier à part entière.”

Les traditions, elles, n’ont pas été mises de côté – loin de là. Mais elles aussi se transforment, se stylisent, s’enrichissent. Le hammam de la mariée devient un moment fort, presque performatif. Le henné retrouve ses lettres de noblesse dans des mises en scène élégantes. Le mida est réinterprété dans des tons modernes. “Ce que j’observe, c’est que la nouvelle génération adore nos traditions. Mais elle veut les mettre en valeur autrement. Ce n’est plus un hammam avec trois voisines: c’est un vrai show, parfois même avec une actrice pour simuler la mariée, montrer l’ambiance. Même logique pour la cérémonie du henné qui devient un événement à part entière, pensé dans ses moindres détails. On célèbre, mais avec une esthétique.” 

Organiser son mariage… à distance

Et pour celles et ceux qui n’ont ni le temps ni l’envie de gérer l’ensemble de l’organisation, une autre solution s’impose : l’organisation du mariage digitalisé… mais humain. C’est l’idée derrière Nharek, une application pensée par Manal et Maha Hamdi, deux jeunes entrepreneures qui connaissent trop bien la charge mentale que représente un mariage, surtout quand on le prépare depuis l’étranger. “En organisant mon propre mariage à distance, on s’est rendu compte à quel point ça pouvait devenir épuisant, surtout avec un budget serré”, confie Manal Hamdi. De cette expérience est née Nharek, une plateforme simple, claire, mais pensée pour répondre à la réalité marocaine.

Aujourd’hui, l’application propose un accompagnement sur mesure : filtres par ville, par budget, par style, espace de publication d’annonces, consultations privées, recommandations ciblées… et surtout, la possibilité de déléguer entièrement la recherche et la réservation des prestataires, selon ses critères et son budget. “On accompagne certains couples jusqu’au jour J. Ça évite le stress, les mauvaises surprises, les devis flous… et ça soulage surtout ceux qui bossent à plein temps ou qui vivent à l’étranger”, expliquent les deux sœurs. 

La plateforme est ouverte à tous : professionnels reconnus comme petites structures familiales. L’idée, c’est de démocratiser l’accès à des services de qualité, en mettant en lumière des talents variés venus de tout le Maroc. Et ça fonctionne. “Parce qu’au fond, ce que veulent les jeunes mariés d’aujourd’hui, c’est un mariage à leur image. Bien fait. Bien pensé. Et surtout… bien vécu”, confirme Jamila Aqdim.

“Le mariage marocain n’est plus une formule, c’est une création”

Depuis que j’organise des salons du mariage, j’ai vu le secteur évoluer à une vitesse folle. Il y a dix ans encore, la déco, c’était le traiteur qui la faisait. Aujourd’hui, on a des prestataires spécialisés qui ne font que ça, et qui transforment les salles ou les villas en véritables décors de cinéma. Lustres suspendus, compositions florales, tentes sur mesure… C’est devenu un art à part entière. Les mariés veulent une ambiance qui raconte quelque chose, qui reflète leur couple. C’est pour ça que chaque année, on découvre de nouveaux talents, de nouveaux styles, de nouvelles idées. Et c’est tant mieux. Le mariage marocain n’est plus une formule : c’est une création.

Mais ce que j’aime le plus, c’est que la tradition, elle, ne disparaît pas. Au contraire. La jeune génération adore remettre au goût du jour nos rituels. Le hammam de la mariée ? Il devient un show. Le henné ? Une célébration scénographiée. Et les familles y tiennent, surtout les mamans, les belles-mères… C’est beau de voir qu’on garde ce lien intergénérationnel tout en le réinventant.

Ce que je constate aussi, c’est que les couples réfléchissent davantage. Avant, on se mariait avec une salle, un traiteur, une negafa. Aujourd’hui, on pense à tout. À la décoration, aux voyages, à l’ameublement, au photobooth, aux agences de coaching matrimonial et même aux images “instagrammables”. Ce sont des choses qui n’existaient pas avant, et qui montrent à quel point les mentalités ont changé. On veut que ce moment soit inoubliable, oui, mais aussi utile, réfléchi, à son image. 

Finalement, ce que je vois à chaque Salon, c’est un Maroc multiple. Des marques venues de tout le pays, des couples de tout horizont, des idées qui se croisent, des traditions qui s’adaptent, et toujours cette envie de faire de ce jour-là, un moment unique.

L’art du souvenir

Dans le doux chaos d’une fête, il y a ces moments furtifs qui échappent à l’œil distrait, mais que l’objectif d’un bon photographe sait cueillir : un éclat de rire, une larme contenue, un regard tendre échangé au milieu de la foule. Aujourd’hui, les jeunes couples ne veulent plus de clichés figés devant un trône doré. Ils veulent des images qui les racontent. Des photos qui vibrent, qui respirent, qui disent ce qu’ils ont vécu – pas seulement ce qu’ils ont montré. 

“Les mariés me demandent de capturer l’émotion, pas la pose”, confie Bouchra A, photographe formée aux Beaux-Arts de Bruxelles. À travers son regard sensible et délicatement engagé, elle construit des narrations visuelles, loin des formats figés. Le noir et blanc pour l’intensité, la lumière naturelle pour la poésie, une approche de type photoreportage pour faire de chaque mariage une histoire à part. “Parfois, on me demande même des mini-films tournés comme des courts-métrages, ou d’intégrer quelques images en argentique pour retrouver cette émotion brute qu’on a perdue avec les filtres numériques”, explique la fondatrice de la structure Ma photographe.  

Résultat : des albums à la croisée du journal intime et de la galerie d’art, que l’on feuillette seul ou à deux, en silence ou en riant, des années plus tard. Et dans un monde où chaque souvenir s’accompagne d’un post, Bouchra ne cache pas que le regard d’Instagram influence aussi sa pratique : “Je livre rapidement une sélection de photos prêtes à être partagées. Mais je garde toujours l’authenticité au cœur de mon travail. On veut du vrai… mais en beau.”

À table, l’élégance du détail

Parler de tendances culinaires, chez Dar Meryama Event, serait presque un contresens. “Chaque fête a sa propre identité. Les familles tiennent à leurs traditions, à leur région, à leurs goûts. Nous, on parle plutôt d’originalité dans les détails”, souligne Imane Berrada du groupe Dar Meyama Event. 

Pastilla, méchoui, mrouzia… Les grands classiques restent les stars des tables marocaines. Mais aujourd’hui, la présentation se fait plus soignée, presque scénographique. Vaisselle choisie en accord avec la décoration, dressages élégants, tenues de service pensées pour s’accorder à l’atmosphère de la fête. “Récemment, une mère m’a confié l’organisation de la soirée henné de sa fille”, raconte le traiteur. “Elle voulait que tout reflète notre culture : les plateaux, les tenues, les couleurs, jusqu’à la façon de servir. C’était un honneur de pouvoir raconter le Maroc dans les moindres détails.” Mais se marier, aujourd’hui, ne signifie plus seulement organiser une fête. Pour beaucoup, c’est un projet de vie qu’il faut apprendre à construire… et parfois même à commencer.

Dans cette vision du mariage “plus lucide, plus posée”, d’autres symboles se réinventent aussi. À commencer par la dot – ou sadaq. Autrefois marqueur de statut, parfois sujet de tensions ou de négociation familiale, la dot est de plus en plus pensée aujourd’hui comme un geste d’intention, un signe d’estime, plutôt qu’un critère de valeur. Sa nature et son montant varient selon les régions et les familles, mais une tendance se dessine: celle de la simplicité. “Pour nous, c’était clair dès le départ : ce n’était pas le montant qui comptait, mais le respect du geste”, confie Lina, 27 ans, fraîchement mariée. “On a fixé une somme modeste, mais on l’a accompagnée de bijoux, de tissus en soie, de produits de beauté. Il ne s’agit pas d’acheter une femme – il s’agit de la gâter.”

Ce qui se dessine derrière toutes ces évolutions, c’est une nouvelle vision du mariage marocain. Une vision plus intime, plus consciente, mais toujours ancrée dans l’attachement aux racines. “Ce n’est plus une obligation sociale à cocher. C’est une décision qu’on prend à deux, avec lucidité, et une certaine idée de l’essentiel”, résume Jamila Aqdim

Fêter son union, aujourd’hui, c’est peut-être moins impressionner… que transmettre. Transmettre une manière d’être ensemble, d’honorer la tradition sans s’y enfermer, de bâtir quelque chose de sincère, durable – à sa façon. Et si le plus beau mariage en 2025… était celui qu’on ose inventer ?

Quels services ont le plus de succès auprès des utilisateurs ?

Nous avons développé Nharek comme un outil à la fois pratique et humain. Ce qui plaît le plus, ce sont les fonctions qui permettent un vrai gain de temps : la recherche par filtres (ville, budget, style, prestataire), les annonces personnalisées et les consultations privées. Mais ce qu’on remarque surtout, c’est que de plus en plus de couples optent pour notre service d’accompagnement personnalisé. On sélectionne, contacte et réserve les prestataires pour eux, selon leurs critères. Résultat : moins de stress, moins de temps perdu, et souvent… des économies à la clé.

Comment aidez-vous les couples à mieux gérer leur budget ?

Le budget, c’est le nerf de la guerre. Et ça, on l’a bien compris. Dès le départ, les couples peuvent filtrer les prestataires par tranche de prix, ou publier une annonce en précisant leur budget. Mais surtout, via nos consultations personnalisées, on les 

aide à faire des choix : prioriser ce qui compte, identifier les postes sur lesquels on peut économiser, et optimiser chaque dépense.

Avec notre réseau de partenaires, on peut aussi négocier certains tarifs pour obtenir des offres exclusives via l’app. Et dans le cadre de l’accompagnement premium, on se charge même des négociations à leur place. C’est un vrai soulagement pour beaucoup de futurs mariés, surtout ceux qui vivent à l’étranger.

Comment imaginez-vous l’avenir de Nharek ?

Notre vision, c’est d’accompagner les couples à travers tous les moments forts de leur vie, pas uniquement le mariage. À court terme, on prévoit d’élargir notre couverture à plus de villes, notamment en dehors des grands centres urbains. Et à moyen terme, on souhaite ouvrir notre service à d’autres types d’événements : fiançailles, anniversaires, baptêmes… L’idée, c’est de garder notre ADN tout en répondant à de nouveaux besoins.

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Mariage marocain, à quel prix ? https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/mariage-marocain-a-quel-prix Tue, 21 May 2024 13:12:10 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=104659 Fini le célibat ! Vous avez trouvé l'élu(e) de votre cœur, peut-être même avez-vous déjà organisé vos fiançailles. Maintenant, place aux préparatifs du grand jour ! Mais par où commencer et comment estimer le coût de cette célébration tant attendue ?

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La saison des mariages approche à grands pas, et pour les futurs mariés, c’est le moment de planifier et budgétiser chaque détail pour que le grand jour soit mémorable. Organiser un mariage demande une planification méticuleuse, des mois à l’avance, pour que tout soit parfait le jour J. Du choix des tenues à la réservation de la salle de réception, en passant par la sélection du traiteur et de l’orchestre, chaque détail compte et pèse sur le budget du couple. Certains optent pour des célébrations modeste, tandis que d’autres se lancent dans des dépenses somptuaires dépassant parfois les 5 millions de dirhams.

L’organisation d’un mariage

Organiser un mariage au Maroc offre une gamme de possibilités à différents prix : le coût de votre célébration varie considérablement en fonction de ses caractéristiques. Si vous envisagez une cérémonie intimiste, il est tout à fait réalisable de respecter un budget restreint. En revanche, pour ceux qui rêvent d’un mariage grandiose avec de nombreux invités et une multitude de services supplémentaires pour animer la fête, le coût de l’événement sera plus élevé. “Avant toute chose, il est crucial que les futurs mariés établissent un budget précis en déterminant le nombre exact d’invités”, souligne Sahar El Maazouzi, wedding planner.  Elle insiste sur l’importance de passer à l’étape suivante : dresser une liste exhaustive des préférences des mariés pour le jour J. “Il est essentiel de penser à chaque détail, car ce sont souvent les petits éléments qui engendrent les plus grands coûts”, souligne-t-elle.

Bien souvent, les futurs mariés ne mesurent pas l’ampleur de l’équipe mobilisée pour la réalisation d’un mariage. Serveurs, décorateurs, fleuristes, orchestre, techniciens, et bien sûr le traiteur et son équipe, chaque professionnel joue un rôle essentiel dans la réussite de l’événement. “Leur nombre peut rapidement grimper, atteignant parfois jusqu’à 40 prestataires, selon l’envergure de la cérémonie”, relève la wedding planner. Selon elle, pour les couples aspirant à une célébration sans tracas et parfaitement orchestrée, engager un wedding planner est souvent la solution idéale. Les tarifs des wedding planners varient : certains proposent des forfaits allant de 5.000 à 12.000 dirhams, tandis que d’autres préfèrent un pourcentage du coût total du mariage, généralement entre 2 et 5 %.

Lieu de réception 

Penchons-nous d’abord sur le choix de la salle de réception. La superficie du lieu et donc sa capacité d’accueil, son emplacement en ville ou en périphérie, les installations et équipements disponibles, la saison de location, tout cela influence le coût de la location. En règle générale, les prix oscillent entre 5.000 et 700.000 dirhams pour une nuitée, voire davantage pour les villas offrant de nombreuses chambres et pouvant accueillir plus de 200 personnes. La plupart des couples optent pour des salles privées proposant à la fois la salle, les services du traiteur et éventuellement l’orchestre pour animer la soirée. “Bien sûr, il est possible de choisir un forfait tout inclus ou d’apporter des modifications pour le personnaliser, mais il faut négocier le prix en conséquence”, souligne Sahar El Maazouzi. Il est important de noter que ces tarifs n’incluent pas les frais d’organisation de la cérémonie du mariage. En moyenne, en plus des frais de location de la villa, il faut compter environ 200.000 DH, voire plus, pour la décoration et les services personnalisés.

Dans de nombreuses villes du Maroc, l’offre de lieux de réception est diversifiée. “Les jeunes mariés peuvent choisir de célébrer dans leur propre maison, de louer une salle de mariage fermée ou en plein air, d’opter pour une villa, de réserver un riad, de privatiser la salle d’un hôtel de luxe, voire d’organiser un mariage en plein désert”, explique la wedding planner. Les tarifs varient selon chaque choix et sa gamme respective. Tout comme pour les salles de mariage, les villas, les salles d’hôtel, etc., tout dépend également de leur niveau de gamme. “Les salles de fêtes des hôtels sont très prisées, avec des tarifs démarrant à partir de 120.000 DH pour une réservation dans un hôtel de luxe”, ajoute Sahar El Maazouzi.

Traiteur 

Pour ceux qui font appel à un traiteur pour le repas de mariage, les options sont variées. Ils peuvent choisir un menu classique comprenant du poulet et du méchoui, ou opter pour une formule plus élaborée avec une sélection de salades, de poissons, de pastillas et d’autres plats pour satisfaire tous les palais. De nos jours, les traiteurs proposent même des cocktails dînatoires qui rencontrent un vif succès auprès d’une certaine classe sociale. “ Certains accordent moins d’importance à la décoration de la table et privilégient la qualité des plats, tandis que d’autres préfèrent des mets raffinés servis sur des tables en cristal avec des couverts et des assiettes haut de gamme”, explique Mohamed Rahal, maître traiteur. En ce qui concerne les tarifs, le coût pour une table de 10 personnes avec un menu classique varie généralement de 3.000 à 15.000 dirhams, voire plus selon les plats proposés. “Le prix peut augmenter avec l’ajout de services supplémentaires tels qu’un pâtissier-glacier renommé ou l’inclusion de cuisines exotiques comme l’italienne, la thaïlandaise ou la chinoise”, fait savoir le maître traiteur.

“Les mariés ont généralement le choix entre trois types de buffet, le cocktail dînatoire, le buffet froid et le buffet chaud et froid”, relève Jamila Mahboubi, traiteur. Elle explique dans  ce sens que les prix débutent à 10.000 dirhams et peuvent aller jusqu’à l’infini en fonction des mets, et du nombre de personnes. Aussi, diverses tendances sont introduites dans les idées d’organisation, de décoration et de buffet pour la célébration du mariage marocain. Parmi elles, le Food truck se distingue comme une option originale et séduisante pour une animation gastronomique. “Tout comme pour les buffets traditionnels, les possibilités gastronomiques avec les food trucks sont infinies, avec des menus modulables selon les préférences et le budget de chacun”, ajoute Jamila Mahboubi.

La Neggafa

La Neggafa, figure emblématique des mariages marocains, occupe une place centrale dans les préparatifs de la cérémonie. Chargée de garantir le bon déroulement de la soirée, elle orchestre avec précision le défilé des tenues des mariés, fournissant les indispensables “amariya”, “tyafer”, tenues et bijoux. Selon Mounia Neggafa Dar Benjelloune, les tendances évoluent, les jeunes mariées recherchant désormais des caftans personnalisés, moins chargés et plus modernes, exprimant ainsi des exigences croissantes. Le coût des services d’une Neggafa varie selon plusieurs critères, notamment la qualité des tenues, la renommée des stylistes sollicités et surtout la nature des bijoux fournis.

“La gamme de la neggafa dépend également des bijoux qu’elle propose. Si les parures en or et diamant sont devenues rares, elles restent un signe de luxe et de distinction, influençant naturellement les tarifs”, explique Mounia de Dar Benjelloune. Dans l’éventail des prestations proposées, les tarifs débutent généralement autour de 20.000 dirhams pour des services standards. En ce qui  concerne des prestations plus élaborées, offrant une variété de tenues et de bijoux de qualité supérieure, les prix peuvent grimper jusqu’à 50.000 ou 70.000 dirhams. Quant aux services haut de gamme, destinés à une clientèle exigeante en quête d’exception, leur coût dépasse souvent les 100.000 dirhams pour des prestations haut de gamme ou de luxe. “Les tarifs sont ainsi déterminés par la somptuosité des parures, la beauté des tenues et la rareté des bijoux”, poursuit Mounia.

L’animation, le décor et tout le reste

Autres centres de dépenses : l’orchestre et le photographe. Le premier assure l’animation de la soirée et le divertissement des convives. Et les tarifs pratiqués, selon la notoriété et  l’expérience de l’orchestre, varient entre 30.000 et 70.000 dirhams, voire plus. Les groupes musicaux traditionnels tels que Aissaoua et dekkaykiya sont payés entre 3.000 et 7.000 dirhams, en fonction de leur renommée et du temps ainsi que des prestations qu’ils proposent. Le cachet des artistes connus au Maroc démarre à partir de 70.000 DH et peut grimper jusqu’à 150.000 DH. “Les prix peuvent même être plus chers lorsque les mariés souhaitent faire venir des orchestres de l’étranger”, précise Mohamed Rahal.

 La décoration florale représente également un poste important dans le budget global du mariage. Les fleuristes rivalisent d’ingéniosité pour offrir un éventail éblouissant de fleurs, de designs et de contenants, transformant chaque espace en un véritable jardin d’éden. Désormais, les simples centres de table laissent place à des compositions florales sophistiquées. Ceci dit, cette touche de magie a un prix : le coût de la décoration florale peut varier considérablement, allant de 20.000 à 100.000 dirhams, voire plus, en fonction des types de fleurs, des saisons et de l’origine des produits, nous révèle Mohamed Rahal.

 Quant au photographe/caméraman, ses honoraires peuvent varier de 5.000 à 30.000 dirhams, voire davantage. Jamal, photographe/caméraman à Rabat, explique que les tarifs dépendent de divers facteurs, notamment l’équipe de techniciens mobilisée, le matériel utilisé (drone, caméras, etc.), la qualité de l’image, le nombre de photos et de vidéos souhaitées, ainsi que la complexité de la couverture de l’événement. Le pack coiffure-maquillage démarre pour sa part à partir 2.000-3000 dirhams et peut atteindre, voire dépasser les 20.000 dirhams. Des frais relatifs au chocolatier, aux cartons d’invitations, à la pièce montée, aux chambres d’hôtel pour les invités et une série d’autres dépenses viennent s’ajouter au budget.

 Ainsi, les prix du mariage au Maroc varient considérablement, des célébrations intimes et économiques organisées à domicile aux extravagances luxueuses dans des lieux prestigieux. Avec des budgets pouvant osciller entre 100.000 dirhams et plusieurs millions de dirhams, chaque couple peut créer le mariage de ses rêves, adapté à ses moyens et à ses aspirations.

“Un moment de joie avant tout”

Ces derniers temps, la scène des mariages a subi une véritable métamorphose. Jadis, les choix se limitaient à des décisions plutôt simples : couleurs de caftan, styles de bijoux. Mais aujourd’hui, c’est tout un univers à explorer. Les futures mariées recherchent la personnalisation ultime, des caftans sur mesure, des créations qui leur ressemblent de A à Z. Les prix peuvent varier considérablement, allant de quelques milliers à plusieurs dizaines de milliers de dirhams, selon les désirs de chacune. Avec l’avènement des réseaux sociaux, la compétition est féroce. Chacune veut un mariage unique, qui se démarque, loin des clichés habituels. Trois tenues deviennent la norme, 

là où autrefois, une dizaine étaient de mise.

Pourtant, ce n’est qu’une partie du tableau. Les salles traditionnelles sont peu à peu délaissées au profit de lieux plus spacieux au bord de l’eau, en symbiose avec la nature. Les choix culinaires deviennent aussi plus audacieux, avec des sushis, des mets exotiques et même des escargots qui trouvent leur place sur les tables de réception. Les petits détails, moquette, fleurs, couverts, table de famille, sont désormais les stars du show. Certains éléments sont dénichés localement, d’autres importés. Certains éléments sont dénichés localement, tandis que d’autres sont importés, selon les souhaits des clients.

Ainsi, organiser un mariage est tout un art, une danse subtile entre traditions et modernité. Malgré tous ces changements, il est essentiel de savourer pleinement chaque instant de cette journée mémorable ! Et n’oublions pas, la vraie magie réside dans les moments partagés avec ceux qui vous sont chers, bien au-delà des détails de l’organisation.

 

Avez-vous constaté de grands changements au niveau des repas de mariage ?

De plus en plus de personnes optent pour des choix plus occidentaux, comme les salades burratas, les salades césar et les filets. Cela me peine, car dans d’autres pays, les mariages conservent fidèlement leurs traditions. Nous avons malheureusement oublié nos racines et nos traditions, mais le client reste roi. Il est vrai que l’on peut apprécier des plats occidentaux que l’on peut déguster chez soi ou dans des restaurants, mais il est dommage de les voir servis lors d’un mariage marocain.

Cette évolution est-elle influencée par les réseaux sociaux ?

Oui. Le problème réside dans le fait que les clients se fient trop souvent à ce qu’ils voient sur les réseaux sociaux, sans tenir compte de la qualité réelle des plats. Même si le dressage est impeccable, la qualité n’est pas toujours au rendez-vous. Je conseille aux futurs mariés de visiter les cuisines et les ateliers des traiteurs avant de faire leur choix, de s’assurer

qu’ils disposent des certifications nécessaires et de vérifier les normes d’hygiène.

Quel est le coût d’un mariage marocain basique, moyen et féerique ?

Une cérémonie de mariage basique exige un budget d’environ 200 à 300 0000 DH. Et plus on va être exigeant et chercher à se faire plaisir, plus il faudra débourser plus. Certains mariages coûtent 2 millions de dirhams et même plus, beaucoup plus. 

Quels conseils donneriez-vous aux futurs mariés pour trouver un bon rapport qualité-prix ?

Mon conseil serait de ne pas organiser un mariage pour faire plaisir aux autres ou par peur du qu’en-dira-t-on. Un mariage est avant tout un moment de bonheur familial, que l’on doit organiser selon ses propres désirs. Deux plats et un dessert de qualité suffisent largement, pourvu qu’ils soient préparés dans des conditions d’hygiène irréprochables et avec des ingrédients de qualité.

 

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La fête, avant le jour J https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/la-fete-avant-le-jour-j Tue, 21 May 2024 13:10:55 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=104656 Tout comme les préparatifs du mariage, les enterrements de Vie De Jeune Fille et de Garçon (EVJF et EVG) sont de véritables festivités. Ces évènements, traditionnellement associés à la célébration du passage à la vie conjugale, gagnent en popularité, se déclinant en un subtil mélange entre tradition et modernité. Décryptage.

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La cérémonie du Henné, qui se déroule généralement la veille du mariage, symbolise l’acheminement vers le statut d’épouse, et pourrait être assimilée à un enterrement de vie de jeune fille. La future mariée est au centre de toutes les attentions, entourée de ses amies, et des femmes des deux familles. Ce moment, presque figé dans le temps, ne donnait libre cours à aucune fantaisie. Car en dépit des chants et des youyous, la mariée ne s’amuse presque pas. Du côté des garçons, les EVG sont marqués par des activités masculines traditionnelles. 

Aussi, et dans un Maroc en perpétuel mouvement, ces rituels d’antan se modernisent. La cérémonie du henné s’allège et s’intègre dans la soirée même du mariage. Les enterrements de Vie de Jeune Fille et Garçon deviennent dès lors plus festifs et plus joyeux, et sont souvent à l’initiative des ami(e) des futurs mariés. “Les EVJF et EVG sont souvent organisés par les amis des futurs mariés”, confirme Sophia Lahlou à la tête de Delirium Event. “Il est rare qu’on fasse appel à une agence pour organiser ce genre d’évènement”, appuie Kettly Vilsaint, fondatrice de Yes We Kech, une agence spécialisée dans l’organisation d’évènements festifs et de programmes touristiques au Maroc. En effet, même si cette prestation est proposée par quelques structures spécialisées dans l’événementiel, généralement, les jeunes filles préfèrent s’en charger elles-mêmes afin d’enterrer avec panache leur vie d’avant. Simple soirée pyjama, voyage dans un lieu insolite, fête dans une discothèque, détente dans un spa ou encore après-midi 100% féminin, les idées ne manquent pas pour faire de ce moment unique dans la vie de toute jeune fille se préparant à convoler en justes noces, une jolie parenthèse dans les préparatifs stressants du mariage.

Fusion entre tradition et modernité

Avec l’influence croissante des réseaux sociaux, mais aussi grâce à la mondialisation, les EVJF et EVG au Maroc ont également évolué pour refléter des tendances plus contemporaines. “Il n’y a pas de profil type de personnes souhaitant organiser des EVJF et EVG. C’est principalement une démarche entre amis qui veulent célébrer le ou la marié(e). Pour ce faire, ils organisent un moment de fête inspiré de ce qui se fait à l’étranger”, explique Sophia. Les jeunes générations cherchent souvent à fusionner les traditions anciennes avec des éléments modernes pour créer des événements uniques et mémorables. “Pour certains des EVJF que j’ai organisés, il y avait le passage obligé au Hammam, un rituel beauté ancestral”, précise Kettly Vilsaint. Des éléments empruntés à la culture occidentale sont également incorporés dans ces événements. “De façon générale, on calque ce qui se fait à l’étranger tout en l’adaptant à nos valeurs”, développe Sophia. Cela se traduit, comme le souligne Kettly, “par des activités assez classiques, comme les cours de cuisine, les cours de danse ou du quad…”, dit-elle. Le budget et l’implication des participants sont également mis en exergue. “Pour organiser un EVJF ou un EVG parfait, deux choses sont essentielles: d’abord les participants, car ce sont eux qui font la différence en termes d’implication et d’entente. Tout doit être maîtrisé et fluide. C’est aussi et surtout un évènement qui est organisé à l’avance et dont le cadre doit être exceptionnel”, insiste Kettlyn.  De son côté, Sophia estime qu’un EVJF ou un EVG parfait doit aussi rimer avec le profil des participants qui doivent avoir “le même niveau social pour des raisons de budget”. 

Marrakech The place to be 

Les destinations exotiques sont également devenues populaires, offrant aux participants une expérience à la fois ludique et culturelle. “Il y a des formules locales et des formules à l’international. Cette formule conjugue un côté “liberté”, car c’est la dernière escapade entre célibataires avant de se lancer dans la vie maritale”, explique Sophia. Les EVJF ou les EVG peuvent ainsi être organisés à l’étranger comme en Espagne, au Portugal ou en Italie. Au Maroc, Marrakech détient la palme d’or pour ce type de festivités. “Nous nous sommes spécialisés dans les EVJF et les EVG à Marrakech car il y a une forte demande pour cette ville”, souligne Kettly. “Pour moi, Marrakech est l’équivalent d’un Ibiza ou Barcelone en Espagne ou d’un Prague pour les pays de l’Est. La situation géographique est idéale, il y a une bonne variété d’activités. Aujourd’hui Agafay offre, à quelques kilomètres de Marrakech, un cadre exceptionnel et un dépaysement total. Et pour la fête, Marrakech est the place to be”, ajoute-t-elle.  Avec son mélange envoûtant de tradition et de modernité, ses couleurs chatoyantes, son architecture fascinante et son ambiance vibrante, Marrakech offre une toile de fond parfaite pour une fête mémorable. “Marrakech est la ville la plus prisée pour tout. Elle offre le champ des possibles. De plus, le climat y est très agréable, et la luminosité donne une dimension magique à ce genre d’évènement”, nous confirme la CEO de Delirium Event. 

Côté budget, tout dépend des envies et des attentes de chacun.“Le budget varie en fonction de beaucoup de paramètres : le nombre de personnes, la durée de l’EVJF ou de l’EVG, les activités prévues, etc. Les prix démarrent à partir de 1.000 dirhams par personne pour les versions les plus basiques et ensuite the sky is the limit !”, nous informe Sophia. Pour Kettly “le budget varie entre 3.000 et 5.000 DH par personne. Il comprend la partie nuitées, les transferts aéroports pour les personnes qui viennent de l’étranger, et les activités.”  

Bien plus que de simples fêtes avant le mariage, ces Enterrements de Vie de Jeune Fille et de Garçon incarnent la fusion dynamique entre tradition et modernité, où les rituels ancestraux rencontrent les aspirations contemporaines. Ces événements, qui sont une célébration vibrante de l’amour, de l’amitié et de la diversité culturelle, témoignent de l’évolution culturelle du Maroc et de la capacité des Marocains à s’adapter tout en préservant leur héritage millénaire.

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La demande en mariage entre hier et aujourd’hui https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/la-demande-en-mariage-entre-hier-et-aujourdhui Tue, 21 May 2024 13:10:33 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=104653 L'institution du mariage a toujours revêtu une importance capitale. Au fil du temps, cette sacralité a évolué, s'adaptant aux bouleversements sociaux, économiques et culturels. L'une des facettes les plus palpables de cette transformation réside dans la manière dont la demande en mariage s'est métamorphosée, naviguant entre les eaux tumultueuses de la tradition et les rivages de la modernité.

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La demande en mariage suit un schéma immuable depuis des générations. Elle se caractérise souvent, nous explique Naïma Chikhaoui, socio-anthropologue et chercheuse féministe, par l’implication de la famille, avec les parents jouant un rôle central dans le processus.  Les rencontres entre les familles des futurs mariés, les arrangements matrimoniaux préalables et les cérémonies de fiançailles fastueuses sont des éléments indissociables de cette tradition. “Lorsque nous parlons de mariage en tant qu’institution, nous parlons beaucoup de parents en tant qu’acteurs sociaux et non de parentalité comme on pourrait le comprendre aujourd’hui. La dimension du couple était complètement écartée”, relève Naïma Chikhaoui.  C’est ainsi que le père du prétendant entame les négociations avec la famille de la future épouse. Ces pourparlers, qui peuvent être longs et complexes, portent sur des questions telles que la dot, les arrangements financiers, et parfois même des considérations tribales ou sociales. La dot est une pratique ancestrale qui demeure toujours d’actualité, mais varie selon les régions. “La dot reste un point noir. Cela sonne comme l’appropriation de la femme par son maître. La dot est là pour connoter cette pratique du mariage et elle accorde un certain rôle et un certain statut à la future épouse”,  nous explique la chercheuse, avant de rappeler que “autrefois, la dot avait joué un rôle clé dans la préservation des biens de la femme. Même si les choses sont en train de changer, la dot est encore très valorisée.” Il s’agit d’un montant d’argent ou de biens offerts par le marié à la mariée en vue de la conclusion du mariage. “Si cette dernière est élevée, vous avez plus de valeur et si elle est modeste, vous aurez moins de valeur”, fait remarquer la Naïma Chikhaoui. Traditionnellement, la dot était conçue comme une sécurité financière pour la femme en cas de divorce ou de décès de son époux. Bien que cette pratique ait été réglementée par la loi marocaine pour éviter les abus, elle reste profondément ancrée dans la culture marocaine.

L’émergence de la modernité

Au fil du temps, la demande en mariage au Maroc a commencé à prendre un nouveau visage. Les jeunes générations, imprégnées par les influences occidentales et les avancées technologiques, adoptent des attitudes différentes envers le mariage. “Pour faire court, nous sommes dans un petit village inter communicatif et les moyens de télécommunication où justement les réseaux sociaux jouent ce rôle d’unification, voire d’uniformisation d’un certain stéréotype de ce que doit être le mariage, dans la manière dont il doit être établit, conduit et célébré”, fait remarquer Naïma Chikhaoui. 

La notion de romantisme gagne du terrain, avec un nombre croissant de couples préférant se rencontrer de manière en dehors des cercles familiaux et tomber amoureux avant d’officialiser leur union. Les médias sociaux ont également exercé une influence considérable sur la manière dont la demande en mariage se déroule au Maroc. Les plateformes telles que Facebook, Instagram et TikTok ont créé de nouveaux espaces de rencontre et de flirt, permettant aux individus de nouer des relations en dehors des cercles traditionnels. “Aujourd’hui les époux sont plus indépendants; Ce ne sont plus les parents ou la famille qui décident pour eux. Il y a une certaine forme d’indépendance”, précise la socio-anthropologue. Les messages privés et les likes ont remplacé les entremetteuses, ouvrant la voie à des demandes en mariage plus spontanées et individuelles. 

La quête d’indépendance

Dans ce contexte moderne, le consentement mutuel devient un élément central de la demande en mariage. Les jeunes marocains accordent une grande importance à la liberté de choisir leur partenaire, loin des pressions familiales ou sociales. Le respect des choix individuels et la volonté de construire une relation fondée sur l’amour et la compatibilité deviennent des valeurs primordiales. Parallèlement à ces évolutions, de nouvelles tendances émergent dans la manière dont les demandes en mariage sont formulées. Les jeunes couples adoptent des approches plus créatives et personnalisées pour exprimer leur amour et leur engagement. Des propositions romantiques dans des lieux emblématiques, des messages personnalisés, voire des vidéos virales, deviennent monnaie courante pour sceller l’union. 

Aussi, de plus en plus de jeunes marocains aspirent à une plus grande autonomie dans leur choix de partenaire. Ils rejettent les mariages arrangés au profit de relations basées sur l’affection et la compatibilité. Cette quête d’indépendance conduit souvent à des demandes en mariage plus intimes et personnalisées, où les sentiments priment sur les considérations traditionnelles de statut social et de lignée familiale.

La cohabitation prémaritale

Enfin, la pratique de la cohabitation prémaritale gagne du terrain au Maroc, en particulier dans les grandes villes où les normes sociales sont moins rigides. De nombreux couples choisissent de vivre ensemble avant de se marier, testant ainsi leur compatibilité et leur engagement mutuel. Cette évolution reflète un changement de mentalité, avec une acceptation croissante des modes de vie occidentaux et une remise en question des conventions traditionnelles.

Au-delà des traditions et des apirations à la modernité, le mariage demeure un symbole d’union, de famille et de continuité au Maroc. En naviguant entre tradition et modernité, les jeunes marocains redéfinissent progressivement les contours de la demande en mariage, tout en préservant l’essence même de ce rituel ancestral.

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Entre traditions et désir d’évolution https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/entre-traditions-et-desir-devolution Tue, 21 May 2024 13:10:02 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=104642 Le mariage représente bien plus qu'un simple engagement entre deux individus. C’est un mélange complexe de traditions séculaires, de valeurs familiales profondément enracinées et d’aspirations d'une société en pleine mutation. Alors, comment la conception du mariage a-t-elle évolué au Maroc ?

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Le Maroc, terre de rencontres et de fusion culturelle, jongle entre modernité et héritage séculaire. Ouvert aux influences multiples, allant de l’Occident à l’Afrique en passant par la culture arabe et amazighe, le pays maintient un équilibre délicat entre le désir de progresser et la préservation de son authenticité. Dans ce contexte, la vie quotidienne des Marocains reflète cette dualité. “Les traditions évoluent au rythme du temps, mais certaines valeurs demeurent intangibles”, relève l’historien Mostafa Bouaziz. Cette observation fait écho à une étude réalisée par l’Institut Royal des Études Stratégiques (IRES), qui met en lumière la solidité de deux piliers fondamentaux de la société marocaine : la famille et la religion. Ces valeurs, transmises de génération en génération, occupent une place centrale dans la vie quotidienne des Marocains et influencent leurs interactions sociales. 

Car la famille, pivot central de la vie des Marocains, va bien au-delà de ses simples liens de parenté. Elle incarne un réseau de soutien essentiel, offrant un refuge dans les moments difficiles et célébrant ensemble les joies de la vie, tels que les mariages. Aussi, la religion exerce une influence profonde sur la vie au Maroc. Agissant comme un guide moral et spirituel, elle imprègne tous les aspects de la vie quotidienne, des pratiques rituelles aux décisions individuelles et collectives. Cette dimension spirituelle joue un rôle crucial dans la construction de l’identité marocaine et façonne les interactions sociales et culturelles. “Malgré les défis de la modernité et les pressions de la mondialisation, la société marocaine demeure ancrée dans ses valeurs traditionnelles, trouvant un équilibre subtil entre évolution et préservation de son héritage culturel et spirituel”, fait savoir Mohcine Benzakour, psychosociologue. 

Une évolution mais…

L’institution matrimoniale au Maroc embrasse à la fois le mariage civil et religieux, fusionnant harmonieusement les traditions séculaires, la religion, les lois en vigueur et les influences contemporaines. Selon le psychosociologue, une part importante de la population marocaine reste attachée aux valeurs traditionnelles du mariage, tout en observant une transformation graduelle des mentalités. “Cette évolution découle principalement de l’impact de la mondialisation et de l’individualisme occidental, véhiculés à travers les réseaux sociaux et les échanges culturels”, précise-t-il. Dans une société historiquement et socialement complexe, cette transition reflète, toujours d’après Mohcine Benzakour, la tendance à des interactions plus autonomes entre les individus au sein de la famille marocaine, plutôt que la soumission de tous ses membres à l’autorité d’un chef de famille.

En effet, le mariage a connu d’importantes évolutions à travers les décennies, touchant à toutes les facettes de cette institution. Jadis étalée sur plusieurs jours, la cérémonie de mariage s’est progressivement raccourcie pour se limiter à trois jours, voire même à une seule soirée, marquant ainsi un changement significatif dans les traditions festives. “Les habitudes vestimentaires, les choix culinaires, et même le décor des salles de mariage ont évolué au fil du temps”, souligne Mounia Benjelloune, Neggafa à Rabat. Parallèlement, les réformes législatives ont également façonné le paysage matrimonial marocain. Grâce à la réforme du Code de la famille de 2004, les droits des femmes ont progressé, offrant une plus grande autonomie dans le choix du conjoint et dans la conclusion du mariage. Autrefois soumis à l’autorité des aînés, le mariage est désormais plus libre pour les jeunes générations, qui peuvent prendre des décisions en toute indépendance. De nouvelles réformes sont d’ailleurs attendues avec impatience par les Marocains, vingt ans après la première réforme de la Moudawana. Ces propositions pourraient marquer une évolution significative dans les pratiques matrimoniales du pays, selon de nombreuses associations féministes, qui espèrent voir les droits des femmes renforcés et une plus grande égalité dans le domaine matrimonial.

Au-delà des dimensions rituelles et juridiques, le mariage au Maroc a également subi des changements profonds sur le plan sociétal. Au début du XXème siècle, dans une société marquée par des structures tribales et rurales, les unions au sein de la parenté ainsi que les mariages précoces des filles, étaient monnaie courante. À titre d’exemple, en 1966, l’âge moyen au premier mariage était de 18 ans pour les femmes et de 24 ans pour les hommes, selon les données du ministère de tutelle. Mais, depuis les années 1980, les modes de vie en couple ont considérablement évolué. Les mariages précoces ont laissé la place à des unions nettement plus tardives, marquant un changement significatif dans les pratiques matrimoniales. 

D’ailleurs, et selon la dernière étude du Haut-Commissariat au Plan (HCP) datant de 2023, l’âge moyen au premier mariage est de 25,5 ans pour les femmes contre 31,9 pour les hommes, ce qui représente un écart de 6,4 ans. Les femmes rurales se marient quant à elles, plus tôt que les citadines. Elles se marient en moyenne à 23,9 ans contre 26,6 ans pour les citadines, soit un écart de 2,7 ans. De plus, le choix du partenaire, autrefois largement influencé par les aînés de la famille, est progressivement devenu plus autonome pour les jeunes générations. “Ce retard dans l’âge du premier mariage est principalement attribuable aux difficultés économiques, notamment l’accès à un emploi stable et à un logement indépendant”, note le sociologue Mostafa Aboumalek. Il ajoute qu’au Maroc, les hommes doivent généralement être financièrement stables avant de songer à se marier, ce qui influe également sur l’âge du premier mariage chez les femmes.

Une mentalité qui persiste 

Bien que des évolutions soient observées, le mariage demeure confronté à des défis tenaces. Les normes traditionnelles en matière de genre continuent d’exercer une forte influence sur les rôles et les responsabilités au sein du couple, ce qui peut engendrer des conflits et des déséquilibres. “Ces tensions semblent découler directement de la persistance des anciens paradigmes. La question de savoir s’il est possible, au sein d’un couple, de concilier pleinement modernité et religion dans leur sens le plus pur, soulève des débats et des conflits au sein des relations conjugales”, témoigne Mohcine Benzakour. Il souligne que cette dichotomie se manifeste souvent dans la façon dont les conjoints jugent les comportements de l’autre, perçus comme soit trop ouverts et modernes, soit trop conservateurs et traditionnels. “Ces différences de perception peuvent sembler insignifiantes, mais elles ont un impact considérable sur la vie quotidienne des couples. La manière dont chacun perçoit et accepte les convictions de l’autre peut évoluer au fil du temps, ce qui peut entraîner des changements de dynamique au sein du couple”, ajoute-t-il. 

En fin de compte, nombre de jeunes Marocains se retrouvent souvent confrontés à des attentes sociales élevées et à des pressions familiales qui peuvent considérablement influencer leur décision de mariage, les laissant parfois déconcertés quant à la voie à suivre. “Malgré une indépendance financière croissante des femmes et une augmentation du nombre de femmes sur le marché du travail, l’idée que le mari soit le principal soutien financier du foyer demeure prédominante dans l’inconscient collectif”, souligne Mostafa Bouaziz. Il ajoute que cette perception est également renforcée par la notion religieuse de la Qiwama, qui continue d’exercer une influence sur les attitudes envers les rôles de genre. “Cette dualité entre traditions, religion et modernité complique la prise de position claire des jeunes générations. Néanmoins, elles sont en train de façonner une évolution qui leur est propre, un processus en constante évolution qui nécessite du temps pour se concrétiser”, conclut Mohcine Benzakour.

“Les jeunes continuent de s’engager dans le mariage malgré les défis économiques”

Dans le contexte socio-économique en mutation du Maroc contemporain, la pression financière croissante exerce une influence déterminante sur la perception et la pratique du mariage. Les données récentes du Haut-Commissariat au Plan (HCP) révèlent qu’environ 70% des Marocains sont confrontés à des dettes multiples, ce qui souligne l’importance croissante des considérations financières dans le choix d’un partenaire conjugal. Ainsi, la recherche d’un conjoint ne se limite plus à des critères traditionnels tels que la capacité à gérer le foyer, mais englobe désormais la nécessité de partager les charges financières de plus en plus lourdes qui pèsent sur les couples.

Pourtant, malgré ces défis économiques, les jeunes continuent de s’engager dans le mariage. Cependant, les statistiques du ministère de la Justice mettent en lumière une tendance préoccupante:  sur les quelque 300 000 mariages célébrés en 2023, plus de 70% n’ont pas survécu à la première année, avec un nombre croissant de divorces enregistrés, dépassant même le nombre de mariages. Ces chiffres reflètent les difficultés auxquelles sont confrontés les couples marocains dans un environnement social et économique en pleine mutation.

La réticence croissante envers le mariage ne semble pas découler principalement de la législation de la Moudawana, mais plutôt d’une mentalité profondément enracinée dans la société marocaine. Cette mentalité, qui accorde une importance primordiale à la question du pouvoir au sein de la famille, perpétue une dépendance à une structure culturelle traditionnelle. Ainsi, la transformation du mariage au Maroc témoigne des défis auxquels est confrontée une société en évolution constante, où les aspirations individuelles et les pressions externes se heurtent souvent dans un équilibre fragile.

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