Aïcha Debouza, Auteur à Femmes du Maroc https://femmesdumaroc.com/author/aicha Le magazine leader de la presse féminine au Maroc Inspiration, Envies, Style, Beauté, Idée Fri, 16 Jan 2026 12:15:47 +0000 fr-FR hourly 1 https://femmesdumaroc.com/wp-content/uploads/2022/12/cropped-fav-fdm3-32x32.png Aïcha Debouza, Auteur à Femmes du Maroc https://femmesdumaroc.com/author/aicha 32 32 C’est mon histoire : Le piège du “bon parti” https://femmesdumaroc.com/perso/cest-mon-histoire-le-piege-du-bon-parti Tue, 13 Jan 2026 08:54:32 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=127727 Souhayla pensait avoir trouvé l’amour et la stabilité auprès de Mehdi, un prétendu héritier charismatique rencontré sur une appli de rencontre. En quelques mois, elle est passée du conte de fées à l’enfer, de la romance idéale à la destruction. Aujourd’hui, elle raconte comment elle a tout perdu… avant de retrouver sa liberté.

L’article C’est mon histoire : Le piège du “bon parti” est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
Je suis l’aînée de quatre enfants. À Fès, j’ai grandi dans un univers où le confort était acquis : une grande maison avec jardin et piscine, des voyages réguliers, des écoles privées où l’excellence était la norme. Mon père dirigeait une importante entreprise familiale dans le secteur de la santé, et ma mère veillait à ce que tout reste impeccable. Chez nous, on répétait souvent : “Une fille bien épouse un garçon bien”, un homme issu d’un milieu solide, capable de prolonger ce que nos parents avaient bâti. J’ai grandi avec cette idée comme une vérité absolue.

Un conte de fée

Après le bac, j’ai poursuivi mes études à Rabat, où j’ai rencontré Mehdi. On s’est matchés sur une application. Lors de notre premier dîner, il m’a expliqué qu’il travaillait pour le compte de son père, propriétaire de plusieurs entreprises au Maroc. Il citait des noms, des projets, des réunions. Je connaissais de réputation l’entreprise familiale dont il parlait : elle existait réellement. Tout semblait cohérent. Tout semblait vrai. Très vite, il est devenu une évidence. Il savait me rassurer, m’écouter, me flatter, me projeter. Il parlait du futur avec un naturel déconcertant : une belle demeure, un mariage, des voyages, une vie tranquille. À travers ses mots, tout paraissait simple. Trop simple, avec du recul.

À la fin de l’année universitaire, j’ai décidé de changer de voie. J’ai été acceptée en médecine en Roumanie, un choix radical que rien ne laissait deviner quelques mois plus tôt. Mehdi m’a encouragée et on s’est promis de continuer, de se battre contre la distance. Au début, on y arrivait. J’allais au Maroc régulièrement, il me surprenait avec des vidéos, des messages, des déclarations. Puis il m’a annoncé qu’il viendrait me rendre visite. Je ne savais pas que sa venue marquerait le début de ma descente aux enfers.

“J’avais honte”

Les premiers jours en Roumanie étaient parfaits : promenades, dîners, projets. Puis un matin, il s’est réveillé avec le visage fermé. Il m’a raconté que son père avait de graves problèmes avec le fisc, que leurs comptes avaient été gelés, que les entreprises familiales étaient en pause. Il disait ne plus pouvoir rentrer “pour le moment”. J’ai voulu le croire. Mais en quelques semaines, Mehdi a cessé toute recherche de solution. Il restait chez moi. Jour après jour. Sans revenu, sans perspective. J’ai commencé à payer pour tout : loyer, nourriture, factures, sorties. Je puisais dans mes économies, puis dans l’argent que mes parents m’envoyaient pour mes études. J’ai commencé à mentir. À minimiser mes dépenses. À inventer des frais universitaires. J’avais honte.

Lorsque mes économies ont fondu, j’ai emprunté à des amis. Je ne pouvais plus rentrer au Maroc, faute de moyens. Mes cours ? Je n’y allais presque plus. La culpabilité me rongeait, alors on s’enfermait, on s’effaçait tous les deux dans un brouillard qui ne menait nulle part. Puis la violence a éclaté. Mehdi devenait agressif dès que je posais une question, dès que je suggérais qu’il trouve une solution. Un soir, après une dispute, il a explosé. Il a cassé des assiettes, renversé la table, brisé une lampe. Il a brisé quelque chose en moi aussi. Quand il m’a frappée, j’ai compris que l’homme parfait n’avait été qu’un mirage.

Je suis partie me réfugier chez une amie. Quand je suis revenue quelques jours plus tard pour récupérer mes affaires, il avait disparu. Plus de numéro, plus de réseaux sociaux, plus de trace. Comme s’il n’avait jamais existé. Il m’a laissée seule, endettée, avec un appartement détruit dont le contrat était à mon nom, une caution perdue, une année universitaire ratée et une vie en morceaux.

Se relever 

Je voulais porter plainte. J’y ai pensé mille fois. Mais la peur du “qu’en-dira-t-on” m’a paralysée. Alors j’ai pris la seule décision que je pouvais prendre : fuir. J’ai acheté un billet d’avion, avec l’argent que mes parents m’avaient envoyé, et je suis rentrée au Maroc. J’ai tout laissé derrière moi : mes papiers, mes vêtements, mes diplômes, mes projets. Quand j’ai tout raconté à ma mère, elle est restée figée quelques secondes. Puis elle m’a serrée dans ses bras et a dit: “Tu es chez toi. On va réparer.”

Aujourd’hui, cela fait deux ans que je reconstruis ma vie. Grâce à une amie restée en Roumanie, à qui j’ai donné procuration, j’ai pu récupérer mes papiers et clore ce chapitre à distance. J’ai tout repris à zéro, jusqu’à mes études, dans une filière totalement différente. Mehdi ? Il n’a jamais réapparu. J’ai compris que je ne connaissais pas cet homme. J’ai appris qu’on ne doit jamais croire naïvement aux beaux discours, même lorsqu’ils épousent parfaitement nos rêves. Désormais, je marche avec lucidité, et personne ne pourra plus m’éloigner de moi-même.

L’article C’est mon histoire : Le piège du “bon parti” est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
AI Made in Morocco : le Royaume trace sa voie vers une intelligence artificielle souveraine https://femmesdumaroc.com/inspiration/radar/ai-made-in-morocco-le-royaume-trace-sa-voie-vers-une-intelligence-artificielle-souveraine Mon, 12 Jan 2026 19:51:24 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=127725 Rabat a accueilli, ce lundi 12 janvier, la journée “AI Made in Morocco : l’IA au cœur de la transformation numérique et des services publics”. Un rendez-vous stratégique qui marque une nouvelle étape dans l’ambition du Royaume de faire de l’intelligence artificielle un levier de souveraineté, de performance publique et de coopération Sud–Sud.

L’article AI Made in Morocco : le Royaume trace sa voie vers une intelligence artificielle souveraine est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
S’inscrivant dans le prolongement des Assises nationales de l’intelligence artificielle tenues en juillet 2025 sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cette rencontre a réuni des responsables gouvernementaux, des acteurs institutionnels, des opérateurs privés ainsi que des représentants du monde académique et de la recherche.

Une ambition assumée

À travers cette initiative, le Royaume entend faire de l’intelligence artificielle un levier stratégique de souveraineté technologique et de développement inclusif. « L’intelligence artificielle n’est plus une option technologique, mais un instrument déterminant de puissance économique, institutionnelle et géopolitique », a affirmé Amal El Fallah Seghrouchni, ministre de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration.

Elle a souligné que la dépendance technologique constitue aujourd’hui « une vulnérabilité stratégique avérée », insistant sur le choix du Maroc de ne pas subir la révolution de l’IA, mais d’en assurer la maîtrise. « Il s’agit d’un non-alignement technologique assumé, qui vise à préserver notre capacité de décision, de régulation et d’innovation », a-t-elle précisé.

Les Jazari Institutes, pilier structurant

La journée a été marquée par la structuration du réseau national des centres d’excellence en intelligence artificielle, les « Jazari Institutes », pilier de la stratégie Maroc Digital 2030. Pensé comme une architecture nationale distribuée et ancrée dans les territoires, ce réseau vise à renforcer les capacités nationales en matière de formation, de recherche appliquée et d’innovation.

Le lancement officiel de « Jazari Root », noyau fédérateur de ce dispositif, a constitué une étape majeure. « Ces centres ont vocation à devenir de véritables plateformes régionales de compétences et d’innovation, au service de l’État, du citoyen et de l’économie nationale », a souligné la ministre.

L’événement a également été marqué par le lancement du laboratoire de recherche et développement en intelligence artificielle Mistral AI & MTNRA, dans le cadre d’un mémorandum d’entente entre le ministère et Mistral AI. Ce laboratoire vise le co-développement de solutions technologiques, la réalisation de prototypes et la montée en compétences des talents nationaux, en lien avec la modernisation des services publics.

Une portée internationale

Prenant part à cette rencontre, Omar Hilale, Représentant permanent du Maroc auprès des Nations Unies, a mis en avant la nécessité d’une gouvernance internationale plus équitable de l’intelligence artificielle. Il a souligné que le Maroc plaide, dans les enceintes multilatérales, pour « une intelligence artificielle au service du développement, fondée sur le renforcement des capacités et le partage des savoirs ».

Il a enfin rappelé l’engagement du Royaume en faveur d’une coopération Sud–Sud axée sur la co-construction de solutions d’IA adaptées aux réalités des pays du Sud, conformément à la Vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

 

L’article AI Made in Morocco : le Royaume trace sa voie vers une intelligence artificielle souveraine est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
Fadwa El Gharib : « Le vrai luxe est un intérieur qui a une âme » https://femmesdumaroc.com/reportage/interviews/fadwa-el-gharib-le-vrai-luxe-est-un-interieur-qui-a-une-ame Mon, 29 Dec 2025 08:57:16 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=126964 Exit l’ostentation, place à l’essentiel. Matières nobles, gestes artisanaux, lumière maîtrisée et sens du détail redéfinissent une esthétique où l’émotion prime sur la démonstration. Fondatrice de elf&partners, agence d’architecture d’intérieur et de design d’exception, Fadwa El Gharib décrypte cette nouvelle élégance marocaine, à la croisée de l’héritage et d’une modernité assumée.

L’article Fadwa El Gharib : « Le vrai luxe est un intérieur qui a une âme » est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
Comment définiriez-vous aujourd’hui le luxe dans les maisons marocaines ?

Historiquement, le luxe marocain était indissociable d’un art de recevoir, profondément enraciné dans nos traditions. Chaque région possédait son propre langage esthétique, sa manière d’habiter l’espace, de célébrer l’hospitalité et de mettre en scène le quotidien. Ce luxe ne cherchait jamais l’excès, mais s’exprimait dans la qualité des textiles, la finesse des objets et le soin porté aux détails. Aujourd’hui, cette notion s’affine. Le vrai luxe réside dans l’harmonie. Dans la capacité à créer un intérieur qui a une âme, qui raconte une histoire intime tout en dialoguant avec un héritage collectif. Un luxe qui ne s’impose pas, mais qui se vit, se ressent, s’habite.

Les intérieurs marocains ont-ils changé de visage ces dernières années ?

Ils ont changé de rythme, plus que de nature. Le salon marocain traditionnel, par exemple, n’a pas disparu : il se réinterprète. Il devient parfois un espace plus ponctuel, intégré à une architecture contemporaine, répondant à des modes de vie en mutation. La surcharge décorative laisse place à une écriture plus épurée, mais jamais froide. Les motifs opulents et la vaisselle dorée cèdent le pas à une autre forme de sophistication : la sensualité d’un bois travaillé, la profondeur d’un textile, la délicatesse d’une céramique façonnée à la main. Chaque pièce est choisie pour ce qu’elle raconte, pas pour ce qu’elle affiche.

Existe-t-il un luxe marocain reconnaissable parmi les grandes scènes internationales ?

Absolument. Le luxe marocain est d’abord contextuel. Il se nourrit de la richesse géographique du pays, de ses matières premières, de sa lumière, de ses savoir-faire régionaux. Chaque intérieur devient une signature, intimement liée à son environnement. Mais sa singularité tient surtout à la place centrale accordée à l’humain. Là où le luxe international valorise souvent la perfection industrielle, le Maroc célèbre le geste, le temps long, le fait-main. Même dans les projets les plus contemporains, l’intervention de l’artisan reste un marqueur de prestige. Ce luxe ne fige pas le passé : il le réinterprète. Il revisite les géométries, sublime la terre, le zellige ou le tadellakt, pour les inscrire dans des usages résolument actuels. C’est cette tension entre mémoire et innovation qui le rend si singulier.

Que recherche aujourd’hui une clientèle haut de gamme ou ultra-premium ?

Ces clients, marocains comme internationaux, arrivent avec une culture visuelle extrêmement riche. Leur maison n’est plus un simple lieu de vie : elle devient un manifeste personnel, un espace d’expression identitaire. Ils ont souvent une vision du Maroc, parfois idéalisée, et souhaitent la voir se matérialiser dans un intérieur unique, sur mesure. Notre rôle est alors d’orchestrer cette vision, de traduire une émotion en matière, une idée en expérience sensorielle. Cela passe par des choix très précis : une essence de bois rare, travaillée de manière inédite ; un zellige sculpté pour créer de la profondeur ; la réhabilitation de matériaux oubliés comme le parchemin ; ou encore une relecture contemporaine du tadellakt. Chaque détail participe à un récit global, profondément personnel.

Quels détails incarnent aujourd’hui le vrai raffinement à la maison ?

Le raffinement ne se crie pas, il se ressent. Il se niche dans un linge de maison en lin brodé à la main, dans une œuvre d’art subtilement intégrée, dans une senteur qui évoque un souvenir. Ce sont souvent des éléments presque invisibles, mais essentiels à l’atmosphère. Le vrai luxe ne réside plus dans la valeur marchande d’un objet, mais dans son histoire, son intention, sa capacité à créer une émotion durable.

Quelle place occupe l’artisanat marocain dans cette nouvelle esthétique du luxe ?

L’artisanat n’est plus un simple décor, il est devenu l’ADN même du luxe marocain. Dans un monde saturé de produits standardisés, l’authenticité est devenue la nouvelle rareté. Aujourd’hui, les frontières s’estompent : les artisans deviennent créateurs, les artistes explorent la matière, et les grandes maisons internationales s’inspirent de nos savoir-faire. Le véritable luxe ne consiste plus à posséder un objet, mais à participer à sa création. Notre mission est de remettre l’artisan au centre du processus créatif, de favoriser ces dialogues pour produire des pièces qui ont une âme. L’avenir du luxe marocain se joue là.

À quoi ressemblera la maison marocaine de luxe de demain ?

Elle sera guidée par l’essentiel. L’espace et la lumière en seront les premiers luxes. La technologie y sera présente, mais discrète, intuitive, presque invisible, au service du confort et de la sérénité. Ce sera une maison de réconciliation : entre héritage artisanal et innovation contemporaine, entre identité marocaine profonde et vision universelle de l’habitat. Un lieu pensé pour durer, ressentir et transmettre.

 

L’article Fadwa El Gharib : « Le vrai luxe est un intérieur qui a une âme » est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
Le Maroc, destination VIP https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/le-maroc-destination-vip Fri, 26 Dec 2025 12:10:17 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=126893 Madonna, Rihanna, Beyoncé, famille Beckham, Dua Lipa, Ronaldo, Mbappé… toutes les routes mènent désormais au Maroc. Une destination où palaces iconiques, villas secrètes et expériences taillées sur mesure réinventent le luxe contemporain. Ici, le “oui” est devenu une signature, et chaque séjour se transforme en scène imaginée pour ceux qui veulent vivre l’exception autrement.

L’article Le Maroc, destination VIP est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
Il suffit d’observer Marrakech un vendredi soir pour comprendre : jets privés alignés au tarmac, stylistes en repérage, équipes de production venues shooter une campagne beauté à la lumière rouge du désert, mannequins en transit vers un défilé improvisé dans un riad art déco… La ville ne suit plus les tendances : elle les fabrique. Brice Jakubowicz, fondateur de l’agence événementielle de luxe Deligh Event Management, qui orchestre mariages grandioses, soirées ultra-privées et événements corporate pour les marques internationales, voit cette transformation de l’intérieur. “Marrakech est devenue une ville capable d’accueillir une clientèle internationale extrêmement exigeante, mais aussi tout l’écosystème du luxe : créateurs, productions, maisons, artistes… Et les nouvelles lignes aériennes y contribuent énormément.” 

Des Palaces de luxe pour vivre des moments inoubliables.

Une affaire de “discrétion”

Un détail ? Pas du tout. Les connexions directes avec la majorité des capitales européennes, New York, Riyad, Dubaï, Doha et bientôt d’autres capitales premium ont propulsé la destination dans une nouvelle dimension. Les nouvelles liaisons aériennes premium ont ouvert le pays à des nationalités qui n’y venaient pas : Américains, Indiens, Asiatiques, Sud-Américains… “La connectivité avec l’Europe, les États-Unis et le Moyen-Orient a changé la donne. Cela a ouvert le Maroc à des profils qu’on ne voyait pas avant”, confirme Brice Jakubowicz. Plus de flexibilité, plus de jets, plus d’arrivées last minute. Un rêve logistique pour les Ultra High Net Worth Individual ou clients ultra prémium (UHNWI). Et quand ils arrivent, c’est pour vivre des choses qu’ils ne trouvent plus ailleurs. 

Montgolfière privatisée au lever du soleil. Dîner de marque dans un palais fermé au public. Défilé miniature pour un créateur dans un jardin botanique. Shooting couture dans une oasis. Chefs étoilés parachutés pour un seul repas. Rituels ancestraux revisités façon haute couture. Karim Fehry Fassy, fondateur d’Alizés Private, résume cette nouvelle grammaire du luxe marocain : “Le luxe, aujourd’hui, c’est l’émotion. On ne chérit plus une suite, mais une mise en scène. Notre rôle, c’est de créer des expériences impossibles à reproduire ailleurs.” Et ce ballet de jets, de chefs et de créateurs n’est que la partie visible du Maroc ultra-luxe. L’autre atout, plus discret mais décisif, c’est la confidentialité absolue du pays. Ici, une célébrité peut sortir d’un terminal VIP sans croiser un téléphone braqué sur elle. Une illustre personnalité peut séjourner trois jours dans une villa sans qu’aucune trace n’apparaisse sur les réseaux. 

“Certaines stars viennent uniquement pour disparaître quelques jours. Elles cherchent un retrait total, et le Maroc sait préserver cela”, confie Houda Kruszewski, fondatrice de la conciergerie de luxe Kech Prestige, dont le quotidien consiste justement à protéger ces arrivées furtives et ces séjours invisibles. “Nos clients savent qu’ici, la confidentialité n’est pas un luxe ajouté. C’est une évidence.” Cette sécurité, réelle et perçue, explique pourquoi des stars américaines, des footballeurs internationaux, des mannequins, de grandes personnalités politiques et même des membres de familles royales étrangères choisissent aujourd’hui Marrakech plutôt que Dubaï ou Ibiza. “Ils veulent une expérience incarnée, sécurisée, différente de ce qu’ils connaissent ailleurs”, résume Karim Fehry Fassy. Et cette attractivité ne repose pas que sur Marrakech. Tanger, Casablanca, Agadir, Taghazout, Tétouan, Fès, etc., toutes suivent, chacune avec son style.

Adresses-destinations

Mais si les avions se remplissent, ce n’est pas uniquement pour la lumière du désert ou la facilité des transferts. C’est aussi parce que les hôtels marocains ont changé de dimension. En quelques années, le Royaume a vu éclore une génération d’établissements capables de rivaliser avec les plus grandes adresses du monde, et parfois de les dépasser. Palaces aux tables tenues par des chefs multi-étoilés. Villas où l’on dîne face à un chef arrivé en jet. Spas transformés en sanctuaires holistiques. Rooftops dessinés par des designers internationaux. Expériences sur mesure qui n’existent nulle part ailleurs. Karim Fehry Fassy le résume d’une phrase : “Certains lieux sont devenus des destinations en soi. On n’y va pas pour la région, on y va pour l’adresse.” Puis il glisse un exemple : “On nous demande des itinéraires Fès–Marrakech–Kasbah Tamadot. L’adresse suffit.”

Le pays ne se lit plus comme une carte touristique. C’est devenu une constellation d’univers, chacun avec sa personnalité et son aura propre. À Marrakech, le Royal Mansour traite l’hôtellerie comme de la haute couture; La Mamounia séduit autant les chefs internationaux que les photographes de mode ; le Selman a élevé l’art équestre au rang d’expérience iconique ; le Mandarin Oriental mise sur la déconnexion absolue. Ailleurs, les adresses parlent d’elles-mêmes: la Sultana Oualidia (refuge), La Fiermontina Océan (luxe brut), Kasbah Tamadot (Atlas mythique), Villa Mabrouka (aura YSL), Tamuda Bay et Tétouan (balnéaire intimiste), Taghazout (surf premium + wellness), etc. Autant de lieux qui suffisent à justifier un voyage entier. “Nos voyageurs UHNWI (Ultra High-Net-Worth Individuals) ne cherchent plus seulement les grandes signatures internationales : ils veulent ces adresses intimistes, presque secrètes, qui racontent une histoire”, souligne Cyndie Marchand, cofondatrice d’Escales Collection. Et c’est cette promesse-là, intime, scénarisée, authentique, que les stars et les grandes fortunes traversent la planète pour venir chercher.

Des expériences uniques impossibles à reproduire ailleurs.

Du sur mesure

En fait, le pouvoir d’attraction du Maroc ne s’arrête pas aux palaces. Ce qui impressionne le plus les habitués du luxe mondial, c’est la manière dont le pays répond aux désirs instantanés de cette clientèle. Ici, on ne planifie pas : on réalise. Et parfois dans des délais qui défient la logique. Houda Kruszewski en rit encore: “Certains décident leur arrivée deux heures avant d’embarquer. On doit tout mettre en place pendant qu’ils sont en plein vol.” Dans son WhatsApp, les demandes se succèdent : un dîner sous les étoiles “ce soir”, un spa privatisé “dans une heure”, une balade équestre au lever du soleil “si possible avant 6h”. Et bien sûr, cette anecdote devenue légende : un jet parti à vide pour aller chercher une trousse de maquillage oubliée à l’étranger. “Ils fonctionnent à l’impulsion, à la minute. À nous de suivre leur rythme”, glisse-t-elle.

Karim Fehry Fassy le confirme : “C’est une clientèle qui veut ressentir quelque chose tout de suite.” Pour certains, c’est un hammam ancestral revisité pour eux seuls, avec un rituel familial transmis de génération en génération. Pour d’autres, ce sera un déjeuner improvisé chez une potière, ou une séance de parfumerie privée avec un nez invité du Moyen-Orient. D’autres encore veulent “plutôt une soirée avec un conteur au cœur du désert, une journée avec une apicultrice, une rencontre avec un artisan. Sublimées avec justesse, ces scènes deviennent des moments rares et profondément personnels”, confie Cyndie Marchand. Au fond, si le Maroc séduit autant, c’est parce qu’il concentre en un seul pays ce que les ultra-riches vont chercher aux quatre coins du monde. “Quelques heures de route suffisent pour changer complètement de décor : désert, océan, montagne, campagne, médina, palmeraie… une variété que peu de destinations peuvent offrir avec cette fluidité”, assure la cofondatrice d’Escales Collection.

“C’est rare de pouvoir proposer autant d’expériences différentes à la même personne en si peu de temps”, constate Karim Fehry Fassy. Un séjour peut commencer en montgolfière au-dessus des villages amazighs, se poursuivre avec un déjeuner face à l’Atlantique et finir autour d’un feu dans les dunes. Ce rythme-là, cette densité-là, a peu d’équivalents. Et c’est précisément ce que viennent chercher les artistes, les sportifs, les dirigeants ou les familles fortunées : un pays où l’on peut changer d’univers sans changer de fuseau horaire. Un pays capable de créer du spectaculaire sans faire de bruit, d’orchestrer l’exception sans jamais perdre son authenticité. Au final, si les stars reviennent, ce n’est ni pour être vues, ni pour être reconnues : “c’est parce qu’ici, tout semble possible ; et que tout l’est vraiment”, conclut Cyndie Marchand.

“Marrakech, une marque de luxe mondiale”

Dans mon métier, j’ai vu défiler des visages extrêmement connus : acteurs internationaux, figures du showbiz, dirigeants influents, profils très haut placés… et toutes s’accordent sur un point en posant le pied à Marrakech : “Aucune autre destination ne dégage ça.” Marrakech, aujourd’hui, est une marque. Une ville capable de répondre à des attentes que d’autres destinations ne peuvent tout simplement pas suivre. Elle a dix ans d’avance. Une densité d’expériences, de lieux iconiques, de services d’exception… Et surtout, une capacité unique à accueillir une clientèle internationale extrêmement exigeante. Quand on m’appelle pour organiser un mariage XXL, une soirée ultra-confidentielle ou un événement corporate de très haut niveau, je sais que Marrakech tiendra ses promesses. 

Mais ce serait une erreur de croire que le Maroc se résume à Marrakech. Le reste du pays a un potentiel immense. Les côtes nord, la région de Larache, les oasis, les villages, les zones encore peu exploitées… Tout est là, sous nos yeux. Le Maroc peut devenir un modèle du luxe mondial si l’on décide de développer d’autres villes avec la même exigence, la même vision, la même ambition. Il ne s’agit pas de copier Marrakech, mais plutôt de créer d’autres narratifs, d’autres identités.

De faire monter en gamme des destinations qui ne demandent qu’à briller. De valoriser un patrimoine exceptionnel, une culture riche, un climat de confiance, une hospitalité instinctive. Marrakech a 

ouvert la voie. Le Maroc, lui, n’a encore montré qu’une partie de ce qu’il peut offrir.

L’article Le Maroc, destination VIP est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
Le luxe, l’âme de l’espace https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/le-luxe-lame-de-lespace Fri, 26 Dec 2025 12:08:00 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=126902 Des salons traditionnels aux intérieurs sur-mesure, les maisons marocaines vivent une transformation profonde. Le luxe y prend de nouvelles formes, nourries par le design, la matière et un artisanat plus vivant que jamais. Cette évolution redessine notre manière d’habiter, plus apaisée, plus pensée, où chaque détail est choisi pour durer et raconter quelque chose de soi. Détails.

L’article Le luxe, l’âme de l’espace est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
Il suffit d’entrer dans une maison marocaine pour comprendre que l’esthétique n’y est jamais anodine. Pendant des générations, le luxe des intérieurs s’est exprimé dans l’opulence des salons, dans les broderies fines et dans la brillance d’une vaisselle réservée aux grandes occasions. Ce luxe-là était indissociable d’un art de recevoir, d’une manière d’habiter qui plaçait l’invité au centre de la scène. “Nous avons hérité d’un véritable savoir-habiter, différent selon les régions, mais toujours pensé pour magnifier l’accueil et célébrer le quotidien”, rappelle Fadwa El Gharib, fondatrice de Elf &Partners. Mais à mesure que les usages évoluaient, une autre attente s’est installée. La maison s’est mise à répondre à un besoin plus personnel, plus quotidien, moins codifié. “Aujourd’hui, ce qui compte, c’est l’équilibre entre la matière et l’atmosphère que l’on crée”, souligne Fadwa. “Le luxe n’est plus un apparat : c’est un espace qui a une âme, qui raconte une histoire et qui s’inscrit dans un héritage tout en restant profondément personnel.”

Le luxe de l’espace

Ce glissement esthétique se voit d’abord dans le cœur battant de la maison : le salon. Autrefois, ses lignes généreuses occupaient l’espace et affirmaient le statut familial. Seddaris enveloppants, tissus brillants, coussins à profusion… même la table suivait cette logique, avec la vaisselle Taous, les verres Bellar et les plateaux ciselés du rituel du recevoir. Aujourd’hui, le décor a changé. Le canapé design remplace le seddari, les assises passent au modulable, les dossiers s’abaissent, les formes s’allègent. 

Les familles qui visent le haut de gamme misent sur des pièces signées et des griffes internationales, et leurs tables adoptent des céramiques contemporaines ou des collections de maisons comme Hermès, Minotti, Vista Alegre, Serax, etc., remplaçant les services dorés d’hier. “Le salon marocain n’a pas disparu, il s’est transformé”, souligne Fadwa El Gharib. “On surcharge moins, mais on garde l’essentiel : la chaleur, la matière, la noblesse du bois, la main de l’artisan.” Là encore, les codes évoluent : le bois n’est plus sculpté en lourds motifs, mais travaillé en reliefs fins, brûlé ou laissé mat pour révéler sa texture.

Chez Roche Bobois, la tendance est nette : “Les clients veulent des intérieurs plus personnels, plus cohérents”, souligne Fatima Ezzahra Moufaddal, architecte d’intérieur. Le sur-mesure devient une évidence. Les lignes contemporaines s’accordent à l’âme marocaine : un zellige découpé, une table en marbre, un panneau sculpté… L’héritage demeure, mais avec plus de respiration. Et au cœur des attentes, une même priorité : l’espace. “L’espace et la lumière seront les premiers luxes de demain”, prédit Fadwa El Gharib. “Le luxe ne s’accumule plus : il se ressent.”

Artisanat et personnalisation

Paradoxalement, plus les intérieurs se modernisent, plus l’artisanat marocain s’impose comme le marqueur central du luxe. Mais un artisanat revisité, décomplexé, poussé à son expression la plus contemporaine. “L’artisanat n’occupe pas une place dans le luxe marocain, il est la place”, tranche Fadwa El Gharib. “Le luxe ne consiste plus à acheter un objet, mais à participer à sa création.” Zellige découpé ou sculpté, bois brûlé et re-gravé, parchemin réinventé, terre cuite transformée en revêtement mural… La main de l’artisan ne reproduit plus seulement : elle invente. Les frontières entre design, art et tradition deviennent plus poreuses que jamais. “Au Maroc, même dans les projets les plus modernes, le fait-main reste une marque de prestige. C’est ce qui nous distingue du reste du monde”, ajoute-t-elle. 

À ce renouveau esthétique s’ajoute une dimension très personnelle. Les clients haut de gamme, marocains comme étrangers, ne veulent plus un décor : ils veulent une histoire. “Leur maison devient un laboratoire d’expériences, un moyen d’affirmer leur singularité”, explique Fadwa El Gharib. “Notre rôle est d’assembler les pièces de leur imaginaire pour créer un voyage émotionnel unique.”  Chez Roche Bobois, cette singularité se traduit par des demandes parfois étonnantes : une maison entièrement monochrome, ou au contraire un intérieur où chaque pièce adopte une couleur différente. “Ces envies reflètent la personnalité des clients, et c’est un vrai plaisir de les concrétiser”, confie Fatima Ezzahra Moufaddal. “Nous transformons leurs inspirations en une expérience de vie esthétique et cohérente.” 

Dans cette nouvelle grammaire du luxe, le détail devient souverain. Non pas le détail ostentatoire, mais celui qui porte une âme : un linge de maison brodé qui rappelle un trousseau familial, un parfum d’intérieur conçu comme une signature, une céramique qui garde la trace de la main. “Le raffinement réside dans l’histoire d’un objet bien plus que dans sa valeur matérielle”, résume Fadwa El Gharib.

Vers une maison plus intuitive 

Ainsi, les expertes convergent : la maison marocaine de luxe de demain sera un lieu de paix. Un espace où la technologie s’efface pour ne laisser place qu’au confort sensoriel. Les pièces s’ouvriront davantage, la lumière deviendra un élément structurant, et chaque volume sera pensé pour apaiser plutôt que pour impressionner. Le confort ne sera plus un supplément, mais la base même de la conception. “La maison de luxe sera plus intelligente, mais de manière intuitive, presque imperceptible”, précise Fatima Ezzahra Moufaddal. “Les matériaux naturels, la lumière, les volumes ouverts créeront une harmonie totale. 

La modernité ne s’opposera plus à la tradition : elle la prolongera. Les gestes artisanaux resteront le fil rouge : un mur sculpté, une céramique modelée, un tissu brodé main… autant de traces humaines qui rappellent que l’âme marocaine ne se perd jamais, même lorsqu’elle s’ouvre au monde.

 

 

L’article Le luxe, l’âme de l’espace est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
“Super-grippe” : pourquoi les cas augmentent déjà https://femmesdumaroc.com/inspiration/radar/super-grippe-pourquoi-les-cas-augmentent-deja Fri, 12 Dec 2025 10:59:23 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=125900 Repéré dès l’automne au Japon, puis observé aux États-Unis et au Royaume-Uni, le variant H3N2 sous-clade K, surnommé “super-grippe” pour sa circulation plus rapide que prévu, a avancé le calendrier de la saison grippale. Au Maroc aussi, les médecins notent depuis mi-novembre une hausse précoce des syndromes grippaux. Les explications de Dr Tayeb Hamdi.

L’article “Super-grippe” : pourquoi les cas augmentent déjà est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
Cette année, la grippe est arrivée avant l’hiver. Au Japon, puis aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni, les premiers cas se sont multipliés dès l’automne, un moment où l’on observe habituellement une activité plus discrète. Plusieurs pays ont rapidement parlé de “super-grippe” pour décrire cette circulation inhabituelle et plus rapide que prévu. Les autorités britanniques ont même signalé une hausse de 55 % des hospitalisations en une semaine, un signe clair d’un démarrage anticipé.  En cause : le sous-clade K, une nouvelle version du virus H3N2 qui a acquis sept mutations durant l’été 2025.

« Ce n’est pas un nouveau virus, mais un variant suffisamment différent pour contourner en partie l’immunité existante », explique le Dr Tayeb Hamdi, médecin et chercheur spécialisé en politiques et systèmes de santé. Cette capacité d’échappement lui permet de circuler plus facilement dans la population. Le scénario observé à l’international est le même partout : une montée rapide chez les adolescents et les jeunes adultes, suivie d’une diffusion vers les enfants et les personnes fragiles. Un schéma typique d’un virus qui trouve un terrain favorable avant l’hiver.

Le Maroc sous vigilance

Le Maroc n’échappe pas à cette dynamique. « Depuis mi-novembre, on constate une accélération des syndromes grippaux, alors que la saison commence habituellement en décembre », note le Dr Tayeb Hamdi. Les consultations en cabinet et en urgence confirment cette tendance précoce. Les semaines à venir devraient être plus chargées : davantage de cas, plus de formes sévères chez les personnes à risque, et une pression accrue sur les structures de santé. Les plus vulnérables restent les mêmes : « seniors, personnes souffrant de maladies chroniques, femmes enceintes, enfants en bas âge et personnes immunodéprimées », ajoute le médecin.

Pour autant, même qualifiée de “super-grippe”, elle ne présente pas de nouveaux symptômes. Fièvre élevée, frissons, maux de tête, toux sèche, douleurs articulaires… le tableau reste celui d’une grippe classique. « Ce qui change, ce n’est pas la maladie en elle-même, mais l’intensité de sa circulation et le risque de complications chez les plus fragiles », souligne le chercheur en systèmes de santé.

La vaccination joue toujours un rôle clé, même si le sérum 2025-2026 n’a pas été conçu pour ce variant. Les données britanniques montrent qu’il offre encore une protection solide contre les formes graves. « Il est encore temps de se faire vacciner », insiste le Dr Hamdi, rappelant que la protection se met en place après deux semaines. Le reste repose sur des gestes simples mais efficaces : rester chez soi en cas de fièvre, éviter les contacts avec les personnes vulnérables, aérer les pièces, se laver les mains et porter un masque si nécessaire. Autant de réflexes qui permettent de freiner la circulation du virus.

L’article “Super-grippe” : pourquoi les cas augmentent déjà est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
Alexandra Montant : “Les femmes veulent incarner un leadership plus inclusif” https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/alexandra-montant-les-femmes-veulent-incarner-un-leadership-plus-inclusif Wed, 03 Dec 2025 10:38:32 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=125382 À la tête de ReKrute.com, Alexandra Montant observe de près les évolutions du marché de l’emploi au Maroc au cours de ces deux dernières décennies. Pour elle, le défi ne se joue plus sur la parité, mais sur la manière de diriger et de faire confiance. Elle plaide pour une révolution managériale fondée sur l’écoute, la bienveillance et l’inclusion : seules voies possibles vers un monde du travail plus équitable et épanouissant pour les femmes. Interview.

L’article Alexandra Montant : “Les femmes veulent incarner un leadership plus inclusif” est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
Le taux d’activité des femmes reste inférieur à 20 %. Que révèle, selon vous, ce chiffre sur la réalité du marché du travail marocain ?

Ce taux traduit un déséquilibre structurel. Le Maroc n’est pas une exception : dans la plupart des pays, les femmes restent sous-représentées, surtout à mesure que l’on monte dans la hiérarchie. Mais ici, ce fossé est plus marqué. Il suffit de regarder le nombre de dirigeantes pour mesurer à quel point les postes à responsabilité restent majoritairement masculins. Pourtant, la demande pour les talents féminins existe bel et bien. Dans la finance, la communication ou la gestion, les entreprises recherchent activement des femmes pour leur engagement et leur rigueur. Le véritable frein n’est pas professionnel mais culturel : les mentalités évoluent lentement, et les conditions d’accompagnement telles que les structures de garde ou encore le partage des responsabilités domestiques restent limitées.
En réalité, les femmes ne manquent ni d’ambition ni de compétence, mais d’un environnement qui leur permet d’exprimer pleinement leur potentiel.

Ces freins culturels sont-ils les seuls à expliquer le décrochage des femmes dans la vie active ?

Non, le problème est aussi organisationnel. Beaucoup d’entreprises fonctionnent encore avec des schémas hérités d’une époque où l’on valorisait la présence plutôt que la performance. Or, le monde du travail a changé : on ne mesure plus la valeur d’un collaborateur au temps passé au bureau, mais à la qualité de ses résultats. Les femmes ne quittent pas leur emploi par manque d’ambition, mais parce qu’elles se heurtent à un système trop rigide. L’entreprise doit donc revoir ses modes de fonctionnement, introduire plus de souplesse, et surtout faire évoluer ses critères d’évaluation. Quand on mise sur la confiance et sur les résultats, on permet aux femmes, et plus largement à tous les collaborateurs, de mieux s’épanouir.

Comment faire évoluer la culture managériale pour qu’elle soit adaptée aux réalités d’aujourd’hui ?

Changer la culture d’entreprise, c’est d’abord changer de regard. Tant que la femme active sera perçue comme une exception, rien ne bougera. Les managers doivent apprendre à piloter autrement, à valoriser la responsabilité plutôt que le contrôle. La confiance devient alors un véritable levier de performance. Ce que les femmes demandent, ce n’est pas un traitement de faveur, mais un cadre de travail plus humain, plus souple et plus respectueux des contraintes réelles. Les entreprises qui ont intégré cette logique, celles qui pratiquent un management basé sur la responsabilisation, l’autonomie et l’écoute, sont aussi celles qui affichent les meilleurs taux de fidélisation et d’engagement.

Observez-vous déjà une évolution de ces pratiques sur le marché marocain ?

Oui, et c’est encourageant. Certaines entreprises commencent à comprendre que la diversité n’est pas un slogan, mais un facteur de performance. De plus en plus de recruteurs valorisent les profils féminins, non pas par simple volonté de parité, mais parce qu’ils y voient une manière d’enrichir la culture de travail. Les femmes apportent un mode de management différent, plus collaboratif et orienté sur le long terme. En revanche, un frein subsiste : le manque de confiance en soi. Beaucoup hésitent encore à postuler à des postes à responsabilité tant qu’elles ne remplissent pas tous les critères. Les entreprises ont donc un rôle essentiel à jouer : accompagner, encourager, et faire émerger ces talents.

Au-delà de la parité, les femmes recherchent du sens et du bien-être dans leur travail. Comment les entreprises peuvent-elles répondre à ces attentes ?

La quête de sens et d’équilibre n’est plus un luxe, c’est une exigence. Les collaborateurs, hommes comme femmes, veulent rejoindre des entreprises qui leur offrent une expérience professionnelle épanouissante; où ils peuvent apprendre, évoluer et se sentir utiles. Les femmes, en particulier, accordent beaucoup d’importance à la qualité du management et à l’ambiance interne. Elles veulent être reconnues, entendues et accompagnées. C’est pour répondre à ces attentes que nous avons lancé “Love my job”, une enquête qui permet aux entreprises d’évaluer le bien-être de leurs équipes sur plusieurs dimensions : climat social, leadership, équilibre vie pro-vie perso, perspectives d’évolution… Les résultats montrent qu’un management humain, attentif et transparent, attire et fidélise davantage les talents. L’entreprise performante de demain sera celle qui sait conjuguer exigence et bienveillance.

Cette recherche d’équilibre peut-elle freiner l’accès des femmes aux postes de direction ?

Pas forcément. Le problème vient surtout du modèle de leadership encore dominant. Beaucoup de femmes ne se reconnaissent pas dans une culture du pouvoir fondée sur la disponibilité permanente ou la compétition. Ce n’est pas qu’elles manquent d’ambition, c’est qu’elles aspirent à diriger autrement. Elles veulent incarner un leadership plus inclusif, plus collaboratif, qui laisse une place à la vie personnelle sans être perçu comme un signe de faiblesse. Aujourd’hui, de nombreuses entreprises commencent à comprendre cette évolution et adaptent leurs modes de gouvernance. C’est une transformation lente, mais réelle. Le jour où l’on valorisera la compétence, la vision et la capacité d’écoute autant que la présence et la disponibilité, on aura franchi un vrai cap dans l’égalité professionnelle.

Quels leviers concrets permettraient de renforcer la place des femmes dans l’économie marocaine ?

Je crois à trois leviers essentiels : le leadership inclusif, le mentorat et la visibilité. Le premier vise à ouvrir les espaces de décision à davantage de diversité pour permettre aux femmes d’influencer les politiques RH et managériales. Le second, le mentorat, est tout aussi crucial : les femmes qui ont réussi doivent accompagner celles qui montent, partager leurs expériences et encourager la relève. Enfin, la visibilité reste déterminante : il faut parler des femmes dirigeantes, valoriser leurs parcours et normaliser leurs réussites. Le changement ne viendra pas seulement des entreprises, mais aussi de la façon dont la société perçoit le succès féminin. Créer un environnement de travail sain et respectueux n’est pas une faveur : c’est un investissement durable dans la performance et l’équilibre collectif.

L’article Alexandra Montant : “Les femmes veulent incarner un leadership plus inclusif” est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
Travail des femmes : Le défi de l’égalité économique https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/travail-des-femmes-le-defi-de-legalite-economique Wed, 03 Dec 2025 10:37:20 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=125377 Le Maroc a investi dans l’éducation des filles, a accompagné leur ascension universitaire et a encouragé l’entrepreneuriat féminin. Si leur présence sur le marché du travail progresse encore lentement, les réformes engagées et l’essor du numérique ouvrent de nouvelles perspectives d’inclusion économique. Détails.

L’article Travail des femmes : Le défi de l’égalité économique est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
Elles constituent plus de la moitié de la population marocaine, et près de 42 % des diplômés en ingénierie sont aujourd’hui des femmes. Pour autant, leur intégration dans le marché de l’emploi reste très limitée : en 2024, seule une femme sur cinq environ (19,5 %) participe à la vie active. Et parmi celles qui le font, une part significative est au chômage ou occupe des emplois précaires. “Nous avons gagné la bataille de l’éducation, pas encore celle de l’emploi”, note l’économiste  Youssef Guerraoui Filali. “Le pays dispose d’un capital féminin hautement qualifié, mais il reste encore largement sous-utilisé.”

Un coût pour l’économie

Ce déficit d’emploi féminin a un prix. Derrière les progrès éducatifs, le Maroc laisse inexploitée une part essentielle de son potentiel économique. Le taux de chômage des femmes atteint 26 %, contre 20% pour l’ensemble de la population active, et en milieu urbain, une sur quatre cherche un emploi sans en trouver. Pour Meriem Zairi, Managing Partner d’EmTech VC et membre de la CGEM, ce déséquilibre n’est pas qu’une injustice sociale ; c’est une erreur économique : “Le pays ne peut pas bâtir une croissance durable en écartant la moitié de sa population active. L’emploi féminin ne doit plus être perçu comme une question sociale, mais comme une priorité économique nationale.”

Les chiffres le confirment : selon la DEPF et ONU Femmes, une hausse de 25 % du taux d’activité féminine pourrait rapporter jusqu’à 1,7 point de PIB par an d’ici 2035. Autrement dit, miser sur les femmes serait plus rentable que bien des plans sectoriels. “Les Marocaines sont de mieux en mieux formées, notamment dans les métiers de la tech et du digital, mais la société et le monde du travail ne leur offrent pas encore les mêmes perspectives. Il faut repenser le modèle d’inclusion pour qu’il corresponde à la réalité de ces nouvelles générations”, explique Saloua Karkri Belkeziz, présidente de GFI Maroc et membre fondatrice de l’AFEM. 

Cette évolution commence timidement à se dessiner. La loi 19-20, adoptée en 2021, a instauré des quotas progressifs dans les conseils d’administration des sociétés cotées ; une première dans la région. Et dans les domaines du numérique et de l’entrepreneuriat, une nouvelle génération de femmes occupe désormais des postes stratégiques, parfois pionniers. Mais cette avancée reste concentrée dans les grands centres urbains et ne profite qu’à une minorité. “Le numérique a ouvert des brèches dans des structures longtemps verrouillées”, observe Lamiae Benmakhlouf, directrice générale du Technopark. “Des jeunes femmes y trouvent une liberté de création et une visibilité qu’elles n’auraient pas eues dans les cadres traditionnels. Mais il faut encore transformer cette présence en influence réelle.”

Le poids du quotidien

Si les politiques de formation ont préparé le terrain, les politiques d’emploi, elles, ont du mal à suivre le même rythme. Les opportunités se concentrent dans les grandes villes, tandis que des milliers de femmes, surtout rurales, restent enfermées entre la charge familiale, la précarité et la distance géographique. Pour Meriem Zairi, le problème n’est pas seulement économique, il est systémique : “L’égalité économique n’est pas une politique isolée. C’est un fil à tirer dans toute la stratégie nationale; transport, éducation, logement, développement territorial. Tant que ces politiques ne dialogueront pas entre elles, rien ne bougera.”

Ce déséquilibre, les femmes le vivent chaque jour. Derrière les statistiques se cache une réalité bien concrète: celle d’un quotidien semé d’obstacles qui, mis bout à bout, freinent leur autonomie. Le transport reste l’un des premiers verrous à lever. Bien au-delà des zones rurales, la mobilité féminine demeure limitée. Dans les petites villes et les zones périurbaines, les liaisons sont rares, les bus irréguliers et le transport scolaire quasi inexistant. “Une mère ne peut pas partir travailler sereinement si elle ne sait pas comment son enfant ira à l’école ou rentrera chez lui”, souligne Amal Cherif Haouat, présidente du Forum international des Très Petites Entreprises. “Dans certaines régions, les femmes marchent plusieurs kilomètres ou dépendent de taxis collectifs coûteux.” À ces contraintes de mobilité s’ajoute un autre frein majeur : l’absence de structures de garde. Le Maroc ne dispose toujours pas d’un réseau public de crèches accessible, et les établissements privés se concentrent dans les grandes villes. “Tant qu’il n’existera pas de solutions de garde abordables et proches du domicile, beaucoup de femmes continueront à renoncer à travailler”, poursuit Amal Cherif Haouat. 

Mais les barrières ne sont pas seulement matérielles. Elles sont aussi culturelles. Le Haut-Commissariat au Plan rappelle que près de 70 % des femmes inactives invoquent leurs responsabilités familiales comme principale raison de leur retrait du marché du travail. “Au Maroc, la question de l’emploi féminin ne se limite pas à l’accès à la formation ou aux infrastructures”, explique Saloua Karkri Belkeziz, présidente de GFI Maroc. “Elle est profondément liée au modèle social, où la femme reste perçue comme garante du foyer. Tant qu’elle devra porter seule la charge domestique, il sera difficile d’envisager une pleine participation économique.” Pour l’économiste Youssef Guerraoui Filali, ces freins ne peuvent être levés qu’à travers une approche globale. “L’enjeu, aujourd’hui, c’est de relier l’école, l’emploi, le transport et les services de proximité”, souligne-t-il. “C’est cette cohérence d’ensemble qui permettra aux femmes de s’inscrire durablement dans la vie économique.” 

Certaines initiatives ont commencé à tracer cette voie, comme Forsa, Intelaka ou Min Ajliki, qui soutiennent la création d’entreprises féminines. “Ces projets donnent de l’espoir, mais ils doivent durer dans le temps”, insiste Amal Cherif Haouat. “Ce qui manque, c’est un accompagnement de proximité, pas seulement un financement ponctuel.” Une vision partagée par Saloua Karkri Belkeziz, présidente de GFI Maroc, qui estime que l’impulsion ne peut venir uniquement de l’État : “ L’autonomisation économique ne doit pas reposer sur les seules politiques publiques. Le secteur privé a un rôle essentiel à jouer : créer des emplois, former, ouvrir les espaces de décision. C’est ainsi qu’on fera de l’égalité une réalité productive.”

Le travail, autrement

Face à ces nombreux obstacles, beaucoup de femmes n’abandonnent pas le travail : elles le réinventent. L’économie informelle, longtemps perçue comme une zone grise, est devenue pour elles un espace de survie, mais aussi d’ingéniosité. Dans les villes comme dans les campagnes, des milliers de Marocaines cuisinent à domicile, vendent sur les marchés, cousent pour leurs voisines, fabriquent des produits artisanaux ou proposent des services de proximité. “L’informel, c’est souvent la seule porte ouverte”, explique Saloua Karkri Belkeziz. “Il permet aux femmes d’obtenir un revenu, parfois vital, mais il les maintient dans une précarité invisible. Le défi, c’est de transformer cette énergie en tremplin vers le formel”, précise-t-elle. Selon le HCP, près de 71 % des femmes actives travaillent dans l’informel, sans couverture sociale ni statut légal. Un chiffre qui en dit long sur la vitalité de ces activités que sur leur fragilité. “Ces femmes participent à l’économie sans en tirer les bénéfices”, observe Amal Cherif Haouat. “Elles produisent, vendent, soutiennent leurs familles, mais sans reconnaissance, sans accès au crédit, ni visibilité statistique.”

La transition vers le formel a commencé avec la généralisation progressive de la protection sociale et le statut d’auto-entrepreneur, qui leur permettent de s’enregistrer et d’accéder à certains services. Mais pour beaucoup, la véritable révolution s’est faite ailleurs : sur les réseaux sociaux. “Le numérique a profondément changé la donne”, souligne Lamiae Benmakhlouf, directrice générale du Technopark. “Il a permis à des femmes d’exister professionnellement sans passer par les filtres habituels de l’emploi formel.”

Sur Instagram, TikTok ou WhatsApp, elles cuisinent, enseignent, vendent ou conseillent. Le smartphone est devenu leur outil de travail, leur vitrine et parfois leur seule indépendance financière. Ce mouvement ne se limite plus aux grandes villes : dans les zones rurales, des artisanes diffusent leurs créations, livrent à travers tout le pays et trouvent de nouveaux débouchés grâce au digital. Le numérique a effacé les distances et ouvert des horizons d’autonomie. Mais cette liberté reste fragile: les revenus sont irréguliers, la protection sociale encore floue et la frontière entre vie professionnelle et privée souvent inexistante. “Les réseaux sociaux donnent de la visibilité, mais pas encore de stabilité”, nuance Lamiae Benmakhlouf. “Il faut encadrer ces activités, offrir des formations, des outils de gestion et surtout un cadre qui protège ces nouvelles formes d’emploi.”

Vers une économie plus inclusive

Si beaucoup de femmes travaillent à la marge du système, d’autres choisissent de le transformer de l’intérieur. De plus en plus de Marocaines créent leur entreprise, souvent avec peu de moyens mais une détermination exemplaire. L’entrepreneuriat féminin est devenu un véritable levier d’émancipation, une façon concrète de s’affirmer et de participer à la croissance. “C’est aussi une manière pour les femmes de se positionner dans des domaines où elles étaient absentes : la tech, les start-up, l’innovation. Mais il faut les accompagner pour qu’elles puissent y rester”, confirme Lamiae Benmakhlouf. Cette dynamique repose sur la solidarité et la transmission. “Nous avons besoin de modèles visibles, de mentorat, de réseaux féminins solides”, insiste Saloua Karkri Belkeziz. “Quand une femme réussit, elle doit pouvoir en inspirer dix autres. L’autonomisation économique, c’est aussi cela : créer une chaîne de confiance et d’entraide.”

Dans les incubateurs, les associations ou les collectifs d’entrepreneures, cette énergie collective se manifeste déjà. Elle change la dynamique économique du pays : les femmes créent de la valeur, de l’emploi, et déplacent le regard porté sur la réussite féminine. Le Maroc avance, lentement mais sûrement, porté par ces initiatives de terrain et les politiques qui les accompagnent. “L’autonomisation des femmes n’est pas un dossier à part, c’est un pilier du développement. Elle doit irriguer toutes les politiques publiques, être pensée comme un investissement dans l’avenir”, conclut Lamiae Benmakhlouf.

L’article Travail des femmes : Le défi de l’égalité économique est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
Mondial U17: Le Maroc arrache son billet pour les 8e de finale https://femmesdumaroc.com/inspiration/radar/mondial-u17-le-maroc-arrache-son-billet-pour-les-8e-de-finale Fri, 14 Nov 2025 18:16:52 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=124438 Menés dès la première période, les Lionceaux de l’Atlas ont arraché l’égalisation à la 89e minute avant de s’imposer 4-3 aux tirs au but face aux États-Unis. Un succès au bout du suspense qui offre au Maroc sa place en huitièmes de finale du Mondial U17 au Qatar.

L’article Mondial U17: Le Maroc arrache son billet pour les 8e de finale est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
Les Marocains, bousculés par un but américain en première période, ont longtemps peiné à trouver des espaces face à un bloc adverse très discipliné. Les USA, solides depuis le début du tournoi, ont imposé une haute intensité et monopolisé le ballon durant une bonne partie du match.

Une place méritée

Alors que l’élimination semblait inévitable, les Lionceaux ont renversé le scénario à la 89e minute grâce à Abdellah Ouazane, auteur d’une égalisation salvatrice qui a relancé tout un peuple. Direction prolongations, dans une atmosphère suffocante au Aspire Zone de Doha.

Après 120 minutes conclues sur un nul (1-1), la séance de tirs au but a départagé les deux équipes. Plus froids et plus lucides, les Lionceaux se sont imposés 4-3 et ont validé leur billet pour la suite du tournoi, poursuivant une aventure déjà marquée par un historique 16-0 contre la Nouvelle-Calédonie en phase de groupes.

Une qualification arrachée au mental, qui confirme la solidité de cette génération et offre au Maroc une place méritée… en huitièmes de finale, où l’histoire continue de s’écrire.

 

L’article Mondial U17: Le Maroc arrache son billet pour les 8e de finale est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
Casablanca 2030 : la ville vit sa plus grande transformation https://femmesdumaroc.com/inspiration/radar/casablanca-2030-la-ville-vit-sa-plus-grande-transformation Thu, 13 Nov 2025 11:50:08 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=124225 Mobilité, durabilité, connectivité, hospitalité. Casablanca vit une accélération inédite de ses grands chantiers, portée par la perspective de la Coupe du monde 2030. Décideurs et acteurs clé ont dressé un état des lieux lors de la conférence-débat organisée par la magazine hebdomadaire La Vie Éco. Voici ce qu’il faut retenir.

L’article Casablanca 2030 : la ville vit sa plus grande transformation est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
À Casablanca, les transformations ne sont plus théoriques : elles se voient, s’entendent et se vivent au quotidien. « Beaucoup de choses ont déjà changé, et c’est palpable partout dans la ville », a résumé Nabila Rmili, présidente du Conseil de la ville. Mobilité renouvelée, chantiers express, nouveaux espaces verts, infrastructures repensées… 2025 marque un tournant, et la dynamique ne faiblit pas. Le président de la région Casablanca-Settat, Abdellatif Maâzouz, est catégorique : « Les efforts déployés sont énormes. Nous avons agi pour le bien-être des citoyens et pour affirmer les ambitions continentales de Casablanca ». Il rappelle notamment la disparition des points noirs de pollution, l’essor du tram, le renouvellement massif des bus et l’interdiction des industries polluantes dans le périmètre urbain.

[See image gallery at femmesdumaroc.com] Mobilité assurée

LGV, RER, nouveau terminal de l’aéroport Mohammed V, Grand Stade Hassan II, futur Palais des Congrès, plateforme agroalimentaire géante à Ouled Hriz… Casablanca avance vite. Très vite. L’un des projets les plus attendus reste le RER, décrit par Abdellatif Maâzouz comme « l’épine dorsale de la mobilité régionale ». Avec 18 nouvelles gares, dont 8 à Casablanca, la métropole s’apprête à basculer dans une nouvelle ère. Nabila Rmili a par ailleurs confirmé un nouveau plan d’aménagement pour Hay Mohammadi et Aïn Sbaâ autour de Casa-Voyageurs, un futur pôle urbain majeur.

Autre nouveauté : le grand parking Hyper Centre accolé au Hyatt, future porte d’entrée de l’Avenue Royale, entièrement piétonne. Un projet qui «va changer la physionomie de la médina ». Avec 100 km de tram, 26 km de BHNS, 700 bus E6 et 750.000 voyageurs/jour, Casablanca s’impose comme la ville la mieux équipée du pays. La mairie a choisi d’assumer un déficit de 300 MDH pour garantir une mobilité moderne et multimodale. « C’est un choix pour les citoyens », insiste Nabila Rmili.

Côté autoroutes, les annonces s’enchaînent : triplement de Mohammedia–Berrechid, mise en service imminente du nœud de Sidi Maârouf et de l’autoroute Tit Mellil–Berrechid. « Nous accompagnons aussi l’essor des véhicules électriques avec un déploiement massif de bornes de recharge », a précisé Mohamed Chouh (ADM). L’arrivée de la 5G propulse également la métropole dans une nouvelle dimension. « On ne voit pas les infrastructures, mais elles transforment la ville depuis des années », a rappelé Mohamed Benali (Orange Maroc). Fibre généralisée, 5G opérationnelle, innovations mobilité-urbaines… « Casablanca sera le porte-étendard du Maroc en tant que ville intelligente », affirme-t-il.

Tourisme et hospitalité

Pour les professionnels du tourisme, le timing est idéal. « Casablanca est une marque extraordinaire, même si on ne s’en rend pas toujours compte », a lancé Hamid Bentahar, président de la CNT. Nouveaux hôtels, investissements massifs, montée en gamme… la ville s’aligne sur les standards internationaux à l’approche de 2030. Avec des recettes avoisinant les 5 MMDH et 4,7 MMDH de charges fixes, le financement reste un enjeu structurant. « Le vrai défi est de trouver les moyens nécessaires pour gérer le quotidien », a reconnu Nabila Rmili.

Ainsi, Casablanca avance, se transforme, se réinvente. Les chantiers ne sont plus des promesses : ils deviennent réalité. Et la Coupe du monde 2030 agit comme un accélérateur sans précédent. Pour les Casablancais, la métropole vit enfin au rythme de ses ambitions.

L’article Casablanca 2030 : la ville vit sa plus grande transformation est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>