Yasmine Benkiran, Cinéaste et féministe

Yasmine Benkiran est une scénariste talentueuse et une réalisatrice prometteuse qui, à travers son premier long-métrage “Reines”, dont la sortie nationale est prévue le 17 mai 2023, offre une cavale féministe au Maroc. Portrait.

Elle refuse les clichés et stéréotypes. Elle fait partie de cette nouvelle génération de réalisatrices marocaines adoptant une approche et un regard féministes sur la société. Yasmine Benkiran sait interpeller, en toute subtilité, embarquant le spectateur dans son univers si singulier, mêlant aventure, drame, action et fantastique. Elle dévoile son premier long-métrage “Reines”. Un road movie en camion aux allures de western moderne faisant inévitablement penser au célèbre film américain, “Thelma et Louise”. Une aventure humaine, une ode à la liberté et à l’émancipation avec, comme protagonistes, des héroïnes marocaines ! “Adolescente, je ne m’identifiais pas au cinéma marocain qui proposait surtout des drames sociaux”, confie cette native de Rabat. “Moi, au cinéma, je voulais m’évader, découvrir d’autres univers, d’autres imaginaires. J’aimais les films d’aventure, les films fantastiques ou de Science-fiction. Je trouvais mon bonheur en regardant des films étrangers. Ça me donnait l’impression que les épopées extraordinaires n’étaient pas réservées aux Marocains.” Et d’appuyer : “Je crois que le cinéma participe à la fabrication d’un imaginaire collectif qui forge la société”.

Casser les codes

Dès son plus jeune âge, Yasmine Benkiran a été sensibilisée aux questions des droits des femmes, portant un regard critique sur ce monde qui bafoue iniquement l’égalité entre les sexes. “Enfant, mes parents ont divorcé”, raconte cette cinéaste de 38 ans. “La séparation s’est bien passée entre eux, mais à cette époque, légalement, le divorce n’existait pas. Ma mère a donc été répudiée…. Ce mot est d’une extrême violence !” Féministe, sa mère lui parle des dispositions injustes du code du statut personnel et l’amène, en 2000, à battre le pavé pour un changement digne dont l’issue ne se concrétisera qu’en 2004 par la réforme de la Moudawana. Après son Bac, Yasmine s’envole à Paris pour suivre une prépa Hypokhâgne et Khâgne, puis des études en communication à la Sorbonne. Après des stages à l’étranger, Yasmine Benkiran pose ses bagages dans une société de production, en tant que responsable du département des ventes et du développement à l’international. C’est là que le déclic se fera. Car cette passionnée du grand écran côtoie les réalisateurs et découvre tout le travail à mener, souvent de façon acharnée, pour arriver à l’élaboration de l’œuvre finale. “J’ai pu démystifier l’image du génie cinéaste capable d’écrire un film en une nuit”, explique-t-elle, osant ainsi se lancer, à 25 ans, dans l’écriture de scénarios. Impatiente de créer et de proposer son imaginaire, la jeune femme ne se soucie guère de la question du genre dans ce milieu notoirement masculin. Du moins dans un premier temps. “Il m’a fallu quelques années pour me rendre compte de la misogynie sourde du secteur. Mais on ne peut pas généraliser”, appuie-t-elle.

Héroïnes marocaines

En 2016, Yasmine Benkiran suit l’atelier “Scénario” de l’école nationale supérieure des métiers de l’image et du son à Paris, la FEMIS, où elle obtient son titre de scénariste. La Rbatie écrit aussi bien pour la télévision que pour le cinéma. En 2017, elle signe, “un peu par hasard” comme elle le qualifie, son premier court-métrage “L’Heure d’Hiver”. “La production m’a proposé de le réaliser et j’ai accepté”, dit-elle brièvement. La jeune femme poursuit sa carrière dans l’écriture mais, au fil des années, un texte l’habite de plus en plus : celui de son premier long-métrage, “Reines”, dont les premiers mots ont été posés sur papier dès la FEMIS. “À travers mon film, je veux proposer de nouvelles représentations de femmes marocaines via un trio composé d’une mécanicienne, d’une prisonnière et de sa fille qui s’accroche au mythe de Kandisha dont je réinvente l’histoire pour en faire le récit fondateur du film” raconte-t-elle. À l’affiche, des comédiennes hors pair dont Nisrin Erradi. “Son impertinence dans le regard m’a tout de suite plu”, se rappelle-t-elle. “Elle était venue pour le rôle d’Asma (mécanicienne) mais je lui ai proposé celui de Zineb, cette mère célibataire qui s’est retrouvée en prison pour trafic de drogue. Je pense que nous avons co-construit ce personnage fort qui donne au film son tempo”. Entre l’originalité du texte et le panache des actrices, “Reines”, diffusé dans une vingtaine de festivals à travers le monde dont la 79ème Mostra de Venise, met ainsi en lumière le talent d’une réalisatrice qui donne naissance à des personnages qui reprennent, parfois en désobéissant, le contrôle de leur destin. Une carrière à suivre expressément !

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