Parents : Tu seras féministe mon fils !

Applaudie par de nombreux militants et experts en genre, l’éducation féministe est l’un des ingrédients miracles pour faire avancer l’égalité homme-femme. Mieux encore, inculquée à nos chers petits bonhommes, elle a le pouvoir de faire reculer le machisme dans nos sociétés. Décryptage en douceur.

L’éducation est sans conteste l’un des leviers les plus élevés permettant de faire changer les mentalités. Associée au féminisme et destinée aux garçons, elle est la clef pour faire barrage à la misogynie et promouvoir l’égalité entre les sexes. “L’éducation féministe est une éducation solidaire entre les hommes et les femmes, dans le sens où tout le monde peut s’épanouir”, appuie Kenza Jai Hokimi, psychothérapeute spécialiste dans le développement de l’enfant, de l’adolescent et de la famille. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. En effet, “les rapports entre les filles et les garçons sont pollués par les stéréotypes véhiculés par la société patriarcale enfermant les femmes et les hommes dans des représentations, des rôles et des métiers prédéterminés et restrictifs alors même que l’histoire des civilisations témoigne d’exemple de modèles infirmant ces stéréotypes”, rappelle justement Wafae Hajjani, coach et psychothérapeute, ainsi que fervente supportrice de l’éducation féministe. Car face aux diktats, notamment diffusés par les réseaux sociaux, l’enjeu est grand : “celui de créer la société de demain”, souligne-elle.

Quezako, l‘éducation féministe ?

Le féminisme peut faire peur, notamment aux hommes, car les courants y sont aussi nombreux que virulents envers la gent masculine. Mais, rassurez-vous messieurs, l’éducation féministe prône le respect. Sa base ? “Elle repose sur l’empathie et le vivre-ensemble”, affirme Wafae Hajjani, précisant que les valeurs féministes sont humanistes. “Il s’agit d’accorder de l’importance à l’équité et à la bienveillance”, enchérit Kenza Jai Hokimi. Et d’ajouter : “Le développement de l’empathie chez les garçons favorise la construction des relations durables et épanouissantes”. Aussi, faut-il leur apprendre à s’écouter et à comprendre leurs émotions. “S’ils se connaissent mieux et arrivent  à mieux s’exprimer, ils pourront être en mesure d’être des hommes respectueux aussi bien envers eux-mêmes que les autres”, poursuit-elle, avant de lâcher qu’“il est crucial de les aider à s’affranchir du poids des stéréotypes tout en les accompagnant à vivre une masculinité plus humaine”. En effet, les injonctions ne sont pas l’apanage des femmes. Les hommes en sont également victimes. Qui n’a jamais entendu, ou peut-être dit sans le vouloir expressément, “sois fort comme un homme” ou encore “ne pleure pas comme une fillette”. “L’éducation féministe à destination des garçons est avant tout une éducation libératrice”, résume Kenza Jai Hokimi, avant de reprendre une citation du psychologue clinicien et écrivain, Lawrence Cohen, “on se moque des garçons qui pleurent et on s’étonne ensuite qu’ils frappent ou détruisent plutôt que verser une larme”.

Les préceptes 

On dit souvent que tout se joue avant 3 ans voire 6 ans. Pas pour l’éducation féministe. “Bien sûr que plus on inculque, dès le plus jeune âge, des valeurs féministes à son petit garçon, plus la bienveillance prendra toute son ampleur dans son développement”, reconnait Kenza Jai Hokimi. “Mais n’ayez crainte, les enfants ont un incroyable potentiel d’apprentissage ! Et puis avant 3 ans, le rôle des parents est avant tout déterminant dans la stimulation du développement de l’intelligence de leur enfant”. Mais, pour cette spécialiste, il n’est jamais trop tard. “Tout ne peut pas être joué avant six ans car nous pouvons devenir les parents dont nos enfants ont le plus besoin aujourd’hui”, rassure-t-elle. L’éducation féministe passe par différents outils comme l’encouragement à décrire, évoquer ou exprimer, sans vergogne, ses émotions ou encore l’exemplarité. “C’est de l’expression parentale et de la communication avec les enfants que vont naître leurs questionnements et déclencher leurs apprentissages”, explique-t-elle. “Le parent est une immense ressource dans la vie de son enfant.” Et de souligner : “Au fil du temps, ces interactions parents/enfant deviennent la base sur laquelle les enfants construisent leur identité ! Ces derniers apprennent à se confronter à la pensée des uns et des autres en s’entraidant. Il est ainsi essentiel de créer un environnement sain et d’accompagner au mieux chaque enfant dans son développement sans distinction de genres. C’est toute une pédagogie ! Un avis partagé par Wafae Hajjani qui ajoute que “l’éducation féministe doit être une éducation consciente”. “Dessins animés ou livres, réfléchissez au contenu car il y a des histoires, des contes de fée qui véhiculent des stéréotypes sexistes”, interpelle-t-elle. “Il est tout aussi important de laisser les garçons s’exprimer par le biais du dessin, de la peinture, de l’écriture ou du théâtre”, ajoute Kenza Jai Hokimi. “C’est ce type d’art qui font naître des intelligences plus pleines et plus humaines”. Côté jouets (sujet épineux pour certains parents), “ne limitez pas son accès à un type de jouets. Laissez-lui juste le choix”, prône-t-elle. Aussi, ne vous inquiétez pas si votre petit garçon s’amuse avec un poupon (ce qu’il fait certainement à l’école puisqu’il a accès à une ribambelle de jouets mixtes). Au contraire, il joue tout simple le rôle du papa qui s’occupe tout naturellement de son bébé, dans ce cas-là, factice. “Je  pense qu’il est venu le temps de ne plus associer les garçons à des jeux spécifiques, C’est notre responsabilité de se libérer en tant que parent de cette hiérarchisation entre masculin et féminin dans le choix que nos enfants portent sur les jouets”, ajoute Kenza Jai Hokimi.  Et de rebondir sur un autre sujet : l’importance de la participation des parents dans l’évolution de leur enfant. “Il n y a rien de mieux qu’un parent qui interagit avec son enfant en jouant avec lui ou encore en répondant à sa soif d’apprendre”, assure-t-elle, avant de pointer du doigt la relation papa-fils qui est essentielle dans l’éducation féministe. “Être un bon père, c’est construire avec son petit une qualité de lien et d’attachement dans le respect, et ce, sans conditions. Aussi, l’éducation paternelle à la non-violence peut faire toute la différence”, indique-t-elle. Pour  Wafae Hajjani, l’amitié garçon-fille est également importante dans cette approche innovante. “On voit l’autre avec beaucoup de bienveillance. On grandit à ses côtés sans le juger. Au contraire”, précise-t-elle, avant que Kenza Jai Hokimi nous interpelle à travers une autre citation, celle du romancier, dramaturge, poète, scientifique et théoricien de l’art allemand, Johann Wolfgang Von Goethe qui affirmait: “Traitez un homme pour ce qu’il est et il restera ce qu’il est. Traitez un homme pour ce qu’il peut être et il deviendra ce qu’il peut et devrait être.” Bref, à méditer et à adopter !

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