Trouver l’amour après 50 ans

Trouver le grand Amour au-delà de 50 ans, particulièrement pour les femmes au Maroc, peut être un défi. Certaines y renoncent avant même d'essayer, se (re)marient parfois sans sentiments ou optent pour le célibat à vie. Comment surmonter les normes liées à l'âge et au statut matrimonial pour trouver l'amour à l'ère numérique ?

“L’amour n’est soumis ni à l’âge ni aux limites”, une affirmation qui suscite rêves et réflexion. Mais la réalité est semée d’embûches. Le taux de célibat parmi les Marocaines de 50 ans et plus a grimpé de 5,3% en 2004 à 9,6% en 2014, comme le rapporte le dernier compte rendu du Haut-Commissariat au Plan (HCP) sur la situation de la femme marocaine daté de 2021. Cette augmentation du célibat suscite des questionnements sur les défis particuliers auxquels les femmes font face dans leur quête amoureuse après 50 ans. Pour Nadia, 58 ans, salariée à Casablanca, pour trouver un partenaire dans sa situation, il faut recourir aux réseaux sociaux. “Après des années de travail acharné pour assurer ma sécurité financière, est-il possible de trouver un partenaire intéressé par une femme de mon âge, ne pouvant plus enfanter, plutôt que de partager sa vie avec une fille plus jeune, étant donné que l’homme n’a pas l’ultimatum biologique ?”, s’interroge-t-elle.  

Des stéréotypes et des amalgames

Les disparités liées à l’âge entre les sexes résultent d’une combinaison de données biologiques, de facteurs sociaux et de leur interprétation symbolique dans une construction culturelle. “En dehors des réseaux sociaux, je suis rarement approchée par un homme au quotidien. Célibataire et vivant toujours chez mes parents, mes sorties sont limitées. Malheureusement, les relations sur les réseaux sociaux ne sont généralement pas sérieuses”, raconte Sara, 52 ans. À la différence des hommes, les femmes font face en effet à des jugements plus sévères et à des stéréotypes liés à l’âge et au statut marital, explique Mustapha Chagdali, psychosociologue. D’ailleurs, pendant longtemps, le processus de vieillissement chez une femme débutait vers 30 ans ; la ménopause, survenant vingt ans plus tard, marquait son entrée définitive dans la vieillesse, remettant fondamentalement en question sa raison d’être sociale. 

Aujourd’hui, la ménopause n’est plus annonciatrice de la fin de l’épanouissement social et sexuel de la femme. Mais le constat n’a pas changé : l’attirance envers la femme demeure étroitement liée à son âge. “Bien que ces traditions culturelles semblent éloignées de notre réalité actuelle, certains de leurs aspects demeurent ancrés dans la mémoire collective, constituant toujours une grille d’interprétation de notre expérience individuelle et collective”, souligne Mustapha Chagdali. Ces idées se transmettent de génération en génération et exercent une influence sur le comportement des individus. Ainsi, le célibat croissant des femmes de 50 ans et plus peut s’expliquer par les difficultés rencontrées par les femmes divorcées, veuves ou célibataires à se marier ou à se remarier, craignant d’être jugées par leur entourage, famille, voisins, travail, etc. “Même si la recherche de l’amour à mon âge peut être complexe, les réseaux sociaux et les applications de rencontre me permettent d’avoir quelques expériences. Dans le monde virtuel, il semble y avoir moins de tabous”, ajoute Sara.

Le numérique, une alternative ?

Pour ces femmes de 50 ans et plus, l’amour est hors de portée dans la vie quotidienne. Heureusement, les réseaux sociaux et les applications de rencontre viennent simplifier cette quête, offrant une alternative appréciée aux femmes réservées ou évoluant dans des cercles sociaux restreints. Sonia Guemmi, psychologue, souligne le potentiel émancipateur de ces plateformes qui élargissent les horizons des rencontres. Ces outils, dit-elle, contribuent à combattre la solitude en permettant des interactions régulières, même virtuelles, et offrent un contrôle accru sur la vie amoureuse. Ceci dit, dans cette quête digitale, Sonia Guemmi met en garde contre les revers potentiels, soulignant que les échecs répétés peuvent engendrer frustration, déception et baisse de l’estime de soi. Les inquiétudes liées à la sécurité en ligne et à la difficulté d’établir la confiance peuvent générer de l’anxiété et de la méfiance. Elle alerte également contre le risque d’une déconnexion du monde réel et d’une dépendance excessive aux interactions en ligne. “Pour prévenir ces problèmes, il faut avoir des attentes réalistes, prendre des précautions pour la sécurité en ligne et trouver un équilibre entre les interactions virtuelles et les relations dans le monde réel”, recommande la psychologue. 

Trouver l’amour à l’ère numérique nécessite ainsi une approche équilibrée et consciente des opportunités et des risques, favorisant des connexions significatives tant en ligne que dans la réalité, à chaque étape de la vie. Cette démarche permet non seulement de mieux appréhender les relations digitales, mais elle renforce également l’autonomie affective, un pilier essentiel pour cultiver un amour véritable et épanouissant. “Peu importe l’âge, l’amour véritable, dans son sens noble, exige une indépendance émotionnelle pour s’épanouir pleinement”, conclut Mustapha Chagdali.

“Les attentes familiales influencent la vie amoureuse des femmes”

La pression sociale et les préjugés entourant la vie amoureuse des femmes âgées de plus de 50 ans peuvent exercer un impact significatif sur leur estime de soi, particulièrement dans le contexte marocain où les normes culturelles et les attentes familiales ont une influence prédominante. La stigmatisation peut engendrer des sentiments de honte ou de gêne, en particulier pour les veuves ou les divorcées, qui risquent d’être jugées pour leur désir de (re)faire une nouvelle vie amoureuse. Les préjugés peuvent conduire ces femmes à remettre en question la légitimité de leurs désirs romantiques ou sexuels, entraînant une baisse de l’estime de soi et une sensation d’exclusion sociale. Confrontées aux critiques ou au manque de compréhension de leur entourage, certaines femmes peuvent s’isoler socialement, accentuant ainsi les sentiments de solitude et affectant négativement leur bien-être psychologique. L’approbation sociale joue un rôle capital dans la perception de leur propre valeur, et le désaveu ou le manque de soutien de la part de la famille, des amis et de la communauté peut considérablement diminuer leur confiance en elles.

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