Couple : “Haltère” égo

“ La perception de la beauté dans les relations amoureuses se modifie au fil des ans.”

À en croire les comédies romantiques, on reconnaîtrait son âme-sœur au premier regard. De préférence au ralenti, sous une lumière céleste, cheveux au vent. Bon, le tableau est un chouïa exagéré mais ce n’est pas totalement faux. Le physique est très important pour la plupart des mortels. Ce qui attire notre attention en premier chez une personne, ce n’est pas son doctorat en mécanique quantique, c’est d’abord son apparence physique puisqu’elle constitue la première source d’information dont nous disposons sur une personne, en particulier si nous ne la connaissons pas. Le renier serait hypocrite. “L’amour est une émotion forte, intense, parfois presque virulente, qui jaillit à la vue. Qu’il soit en présentiel ou en distanciel, le fameux coup de foudre repose sur une perception physique”, précise Bernard Corbel, psychologue et sexologue. 

La preuve avec les réseaux sociaux où notre corps est filmé, photographié, taggué, filtré, liké… On swipe left pour encore plus d’images. Ou pas. On va chez le coiffeur, en salle de sport. On corrige un nez jugé “disgracieux”, des lèvres “trop fines” ou un ventre “bedonnant” en deux trois rendez-vous chez le toubib ou mieux, depuis notre canapé grâce à des filtres. Si on se donne autant de mal, c’est pour maintenir notre avantage sur un marché de plus en plus compétitif. “Nous vivons dans une société de l’image, de la mise en scène de soi. Prendre soin de son apparence s’est mué en impératif social. On investit énormément d’argent pour notre apparence. On le fait certes pour soi-même, mais aussi pour plaire à l’autre, il ne faut pas se leurrer”, avance pour sa part le psychosociologue Mohssine Benzakour. 

Les femmes aussi exigeantes que les hommes

Les femmes attribuent-elles autant d’importance au physique que leurs congénères masculins ? On est tentés de répondre non. Spoiler alert : les femmes ne sont pas insensibles à un sourire charmeur ou à un fessier galbé. Si nos grands-mères étaient peut-être moins regardantes sur le physique (pas toutes évidemment), ce schéma est en train d’évoluer. “Auparavant, le capital d’un homme résidait principalement dans son statut social, dans sa capacité à tenir un foyer et à être un partenaire de vie fiable. Peu importe s’il a un gros bide, qu’il soit vieux, petit ou moche”, explique le spécialiste. Mais la donne a changé. “Dans nos sociétés postmodernes et avec l’empowerment féminin, les femmes ont acquis une indépendance financière qui leur permet plus de liberté dans le choix de leur partenaire. Elles ont des exigences physiques, au même titre que les hommes. Ces derniers l’ont d’ailleurs compris… De plus en plus d’hommes vont chez l’esthéticienne, s’épilent, achètent des crèmes pour leur peau, pour leurs cheveux… Ces soins auparavant réservés à la gent féminine sont de moins en moins cadenassés par une virilité archaïque.”

Dans le même temps, pour les hommes, la beauté des femmes a longtemps été une sorte de faire-valoir, selon le psychosocioloque. Elle marquait leur réussite sociale.  Aujourd’hui, les choses ont évolué. “L’homme ne recherche plus seulement une belle femme qu’il va fièrement exposer comme un trophée. Le physique va certes jouer un rôle crucial dans la phase séduction, mais il n’est plus le seul critère déterminant dans un couple. Ce que les hommes recherchent aujourd’hui, c’est une femme qui va répondre à leurs attentes, une femme qui travaille et qui pourra les aider, entre autres, à subvenir aux besoins de la famille face à un coût de la vie de plus en plus élevé” poursuit Mohssine Benzakour. 

“Il n’y a pas que le physique qui compte”

Aussi cliché soit-elle, cette expression dit vrai. Si le physique est un atout majeur pour séduire, il est, de manière générale, de moins en moins important quand on avance dans l’âge et dans la relation. “Les critères physiques et la beauté jouent un rôle dans la phase de séduction, mais pas sur le long terme. La perception de la beauté et son importance dans les relations amoureuses se modifient au fil des ans”, explique le psychosociologue.

Sur la durée, d’autres critères entrent en jeu et prennent le dessus sur l’aspect physique. “Les facteurs qui comptent alors sont la personnalité, l’intelligence, le partage d’activités et de paroles, une admiration mutuelle et une sexualité régulière et satisfaisante.” Pour Bernard Corbel, l’attachement physique n’est pas une simple affaire de plastique, mais est plutôt une affaire d’odeurs, de grain de peau, de timbre de voix. “Le physique n’est finalement pas le seul critère déterminant dans un couple. On peut trouver une personne plastiquement parfaite, et puis en discutant avec elle, il y a quelque chose d’un peu fade, notre désir va retomber… On peut être subjugué au début et puis réviser son jugement. Au contraire, une personne au physique pas très avantageux peut devenir attirante à nos yeux grâce à son aura et à son charisme”. Et de conclure : “Ce que l’on retient finalement d’un corps, d’un visage, de ce qui émane d’une personne, c’est quelque chose d’inconscient qui nous fait signe au regard de notre histoire. Et ça, ça nous échappe.”

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