Archives des Minceur - Femmes du Maroc https://femmesdumaroc.com/dossiers-specials/minceur Le magazine leader de la presse féminine au Maroc Inspiration, Envies, Style, Beauté, Idée Fri, 20 Feb 2026 13:33:55 +0000 fr-FR hourly 1 https://femmesdumaroc.com/wp-content/uploads/2022/12/cropped-fav-fdm3-32x32.png Archives des Minceur - Femmes du Maroc https://femmesdumaroc.com/dossiers-specials/minceur 32 32 Perte de poids : les traitements en vogue passés au crible https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/perte-de-poids-les-traitements-en-vogue-passes-au-crible Fri, 20 Feb 2026 12:43:32 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=130005 Face à l’obsession du poids, les solutions pour mincir se multiplient à une vitesse folle. Injections amaigrissantes, comprimés réduisant l’absorption des graisses... chacune promettant de faire maigrir plus vite, plus efficacement. Mais que valent vraiment ces méthodes ? Quels effets ont-elles sur l’organisme et quels risques se cachent derrière leurs promesses minceur ? Décryptage avec des experts.

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Longtemps cantonnée aux régimes stricts et, dans certains cas, à la chirurgie, la quête de perte de poids se tourne aujourd’hui vers des options médicamenteuses et paramédicales. Promettant d’agir sur l’appétit et le métabolisme, les injections amaigrissantes font partie des solutions “minceur” les plus en vogue en ce moment. Ozempic, Victoza et d’autres noms reviennent sans cesse dans les conversations autour de la minceur, alors qu’à l’origine, ce sont des médicaments conçus pour traiter le diabète de type 2. “Ces injections sont toutes des agonistes du GLP-1. C’est une hormone naturellement produite dans l’intestin en réponse à l’ingestion d’aliments. Elle joue un rôle clé dans la régulation de la glycémie et de l’appétit”, nous explique Dr. Khaled Dembri, médecin spécialiste en endocrinologie, diabétologie et nutrition. 

Ozempic, Victoza, Wegovy : Mode d’action

Toutefois, même si ces injections partagent toutes le même mécanisme, chacune a son propre mode d’action et sa propre manière d’agir sur la satiété. “Bien que ces médicaments aient des effets similaires en termes de perte de poids, ils diffèrent par leur dosage, leur fréquence d’administration et leurs indications spécifiques”, précise Dr. Dembri. Ozempic, par exemple, se distingue par son injection hebdomadaire et son action particulièrement marquée sur la satiété, ce qui lui vaut une grande popularité. “Ozempic stimule la sécrétion d’insuline par le pancréas en réponse à une élévation de la glycémie. Il réduit également la production de glucagon, une hormone qui augmente la glycémie, et ralentit la vidange gastrique, ce qui contribue à une sensation de satiété prolongée”, détaille l’endocrinologue. Victoza, lui, se prend chaque jour et offre une approche plus progressive. Wegovy, conçu spécifiquement pour la prise en charge du surpoids et de l’obésité, imite lui aussi l’hormone de satiété. “Wegovy a un mécanisme d’action similaire à celui d’Ozempic”, développe Dr. Dembri. Mais attention, ces injections sont fortement déconseillées chez les patients ayant des antécédents personnels ou familiaux de cancer de la thyroïde, ceux ayant un antécédent de pancréatite, les personnes ayant des problèmes gastro-intestinaux ou des allergies à un des composants, les personnes sujettes à l’hypoglycémie, ainsi que les femmes enceintes et allaitantes. “Il est essentiel que les patients consultent un professionnel de santé avant de commencer un traitement par agoniste du GLP-1”, insiste Dr. Dembri.

Quels effets sur la balance ?

Côté résultats, les tests cliniques révèlent des chiffres impressionnants. “Généralement, les patients peuvent commencer à observer des résultats dans les 4 à 6 semaines suivant le début du traitement. Cependant, la perte de poids significative prend souvent plusieurs mois, et les résultats maximaux peuvent être atteints au bout de 6 à 12 mois”, fait savoir Dr. Dembri. Mais une reprise de poids est tout-à-fait possible après l’arrêt du médicament. “Ces injections aident à perdre du poids en augmentant la satiété, en réduisant l’appétit et en ralentissant la vidange gastrique. Du coup, lorsque le traitement est arrêté, ces effets disparaissent, ce qui peut conduire à une augmentation de l’appétit et une consommation calorique plus élevée”, explique le praticien. D’où la nécessité, souligne l’endocrinologue, d’adopter des changements de mode de vie durables, tels qu’une alimentation équilibrée et une routine régulière d’exercice physique. 

Comme tout médicament agissant sur le métabolisme, les injections peuvent s’accompagner d’effets indésirables, le plus souvent digestifs, qui varient en intensité selon les personnes et les molécules utilisées. Nausées, vomissements, diarrhées, constipation ou sensation de ballonnement figurent parmi les effets les plus fréquemment rapportés, notamment en début de traitement. “L’impact à long terme de ces injections sur le pancréas n’est pas encore complètement compris. Les préoccupations concernant la santé du pancréas se concentrent principalement sur le risque de pancréatite et le potentiel effet sur le développement de cancers du pancréas”, explique le praticien. 

Les inhibiteurs de l’absorption de graisse 

Pour lutter contre les kilos en trop, d’autres traitements, agissant cette fois directement sur l’absorption des graisses, viennent enrichir l’offre existante. Ces médicaments, souvent sous forme de comprimés, agissent en bloquant partiellement l’absorption des graisses alimentaires par l’intestin, réduisant ainsi l’apport calorique sans nécessiter de changements drastiques dans l’alimentation. Parmi les plus connus, on retrouve l’Orlistat, autorisé dans de nombreux pays, dont le Maroc, et prescrit aux personnes en surpoids ou obèses, présentant des facteurs de risque métaboliques, comme un taux de cholestérol élevé ou une hypertension. “En bloquant l’assimilation   des graisses, ces médicaments peuvent aussi limiter l’absorption de certaines vitamines essentielles, notamment les vitamines liposolubles comme les vitamines A, D et K”, alerte Dr. Amal Mjabber, spécialiste en endocrinologie, diabétologie, nutrition et maladies métaboliques. La praticienne souligne que l’action ciblée de ces molécules sur l’intestin entraîne logiquement certains effets indésirables. “Ces traitements doivent impérativement être pris sur ordonnance et jamais de manière aléatoire. Ils doivent être adaptés à l’état de santé du patient et s’inscrire dans une prise en charge globale, incluant une alimentation saine et une activité physique adaptée”, insiste la spécialiste. 

 

Quid des brûleurs de graisse  ?  

Les “brûleurs de graisse”, ces suppléments alimentaires censés favoriser la combustion des graisses stockées, trouvent naturellement leur place dans cette lutte contre les kilos en trop. Le thé vert, la caféine, la L-carnitine, le guarana ou encore le konjac font partie des plus connus et sont souvent commercialisés sous forme de gélules ou de poudres. Mais derrière le marketing, que valent vraiment ces produits ?  “Il est vrai que certaines substances comme la caféine ou le thé vert sont célèbres pour leur prétendu effet brûle-graisse, mais la réalité scientifique est bien plus nuancée. Ces composés ne “brûlent” pas le gras au sens propre ; ils agissent tout au plus comme des soutiens au métabolisme”, estime Rihab Chouari, docteur en nutrition clinique et neurosciences.

Pour mieux cerner l’action de ces produits, la chercheuse en biologie de la santé détaille ce qu’ils apportent réellement à l’organisme. “La caféine, par exemple, stimule le système nerveux et augmente légèrement la thermogenèse, c’est-à-dire la production de chaleur par le corps. Cela pousse l’organisme à dépenser quelques calories supplémentaires, mais cet effet reste marginal et s’estompe avec l’habitude”, explique-t-elle. “Le thé vert peut, grâce à ses catéchines (EGCG), favoriser très légèrement l’oxydation des graisses, mais les études montrent que sans un déficit calorique et une activité physique, l’impact sur la balance est quasiment nul. La L-carnitine, souvent mise en avant dans les salles de sport, possède quant à elle un rôle biologique précis dans le transport des acides gras vers les mitochondries pour produire de l’énergie. Cependant, pour une personne en bonne santé, en consommer davantage ne force pas le corps à utiliser plus de gras”, poursuit Dr. Chouari. La nutritionniste précise par ailleurs que ces produits demeurent “totalement inefficaces” pour transformer la silhouette de manière passive chez une personne en bonne santé.

Le mythe du naturel 

En plus de leur efficacité très relative, les brûleurs de graisse soulèvent aussi des questions de sécurité. Car même s’ils sont en vente libre et souvent présentés comme “naturels”, ils ne sont pas pour autant dénués de risques. “Les grandes institutions de santé s’accordent sur le fait que les “brûleurs de graisse” présentent des risques réels pour une efficacité scientifiquement marginale”, met en garde Dr. Rihab Chouari. La praticienne attire d’abord l’attention sur les effets cardiovasculaires liés à certains ingrédients stimulants. “L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et les Instituts américains de la santé (NIH) alertent sur l’usage de stimulants comme la caféine, le guarana ou l’orange amère, qui sollicitent trop le cœur”, explique-t-elle. “Cela peut entraîner des tachycardies, une augmentation de la sensation artérielle, ainsi que des troubles du système nerveux comme l’anxiété, la nervosité ou les insomnies”. Le foie est lui aussi concerné.

En fin de compte, tout nous ramène vers la même conclusion : l’équilibre est le meilleur allié pour perdre du poids de manière saine et durable. 

“Ozempic peut être utile pour certains et déconseillé pour d’autres”

L’Ozempic est aujourd’hui utilisé dans la prise en charge de l’obésité, mais uniquement dans des situations médicales bien précises. Il est prescrit aux personnes présentant une obésité avérée, avec un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30, ou un IMC supérieur à 27 avec au moins un facteur de risque associé, comme l’hypertension, l’hypercholestérolémie ou le diabète de type 2. Le problème est que certaines personnes se disent que puisque ce médicament est prescrit par des médecins, il ne peut pas être dangereux, et considèrent donc qu’elles peuvent le prendre sans indication médicale. Or, la logique médicale est toute autre : tout repose sur la balance bénéfice-risque. Chez les personnes atteintes de certaines maladies chroniques, le risque lié à la maladie est souvent plus important que les effets indésirables du médicament ; dans ce cas, le traitement est bénéfique. En revanche, chez d’autres personnes, le risque lié à la maladie est plus faible que celui lié au médicament, ce qui rend son utilisation inadaptée. Autrement dit, un même traitement peut être utile pour certains profils et déconseillé pour d’autres. Par ailleurs, il est important de souligner que ces injections sont porteuses d’espoir pour les personnes souffrant d’obésité, mais ne constituent pas une solution miracle.

 

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Comment stopper la faim émotionnelle ? https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/comment-stopper-la-faim-emotionnelle Fri, 20 Feb 2026 12:41:45 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=130002 Le corps est le temple de nos émotions. Et bien souvent, celles-ci prennent le dessus au point d’influencer nos décisions quotidiennes, à commencer par nos choix alimentaires. Pendant très longtemps, les chercheurs se sont penchés sur les causes sous-jacentes des problèmes de poids, dont une grande partie est d’ordre psychologique. Éclairage.

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L’être humain développe un rapport presque affectif avec la nourriture. Il ne mange pas forcément pour répondre à la faim, mais davantage pour déclencher ou apaiser une émotion, d’où la célèbre expression “manger ses émotions”. Il devient donc essentiel de distinguer la faim émotionnelle de la faim physiologique. “La faim émotionnelle survient lorsqu’une émotion prend le dessus: stress, ennui, colère… Elle peut également être intensifiée par les fluctuations hormonales liées au cycle menstruel. À l’inverse, la faim physiologique indique que le corps a réellement besoin d’énergie pour fonctionner. Elle apparaît progressivement, et non de manière soudaine comme la faim émotionnelle, et disparaît lorsque l’on mange à sa juste faim”, explique Asma Achouata, diététicienne nutritionniste. Écouter son corps et ses émotions, rappelle Achouata permet de mieux identifier le type de faim ressenti. “Avant de manger, il est utile de se poser la question: ai-je réellement faim ou est-ce une émotion qui me pousse à manger ?”, recommande la spécialiste. Sortir du mode “autopilot” permet de revenir à soi et de détecter le véritable mal-être, au lieu de le noyer dans la nourriture. La plupart du temps, manger apparaît comme une échappatoire, un passe-temps ou un “quick fix”. L’objectif n’est pas de supprimer le plaisir que procure un plat, mais d’intégrer la pleine conscience dans ses habitudes alimentaires. “Lorsque la faim émotionnelle est identifiée, il est recommandé de s’arrêter avant de passer à l’acte, de respirer, puis de réorienter cette énergie vers un geste concret, comme une activité physique ou un petit plaisir non alimentaire. Au moment du repas suivant, il est conseillé d’opter pour un plat consistant et équilibré”, insiste Asma Achouata. 

Un rapport plus intuitif 

Fervente défenseuse du “mindful eating”, Selma El Bassiri, consultante en nutrition et en changements de comportement alimentaire, recommande de manger en pleine conscience, en accord avec le corps et l’esprit. Selon elle, l’objectif est de “retrouver un rapport plus intuitif, féminin et naturel avec la nourriture”. Pour ce faire, la spécialiste propose, avant de passer à table, un rituel permettant de revenir dans le corps, d’apaiser le système nerveux et de vivre le repas avec plus de présence, à savoir la respiration carrée. “C’est une respiration en quatre temps, pendant laquelle on prend également le temps de scanner le corps et d’observer les sensations ainsi que les tensions éventuelles”, fait-elle savoir. 

Plus qu’une simple approche, le “mindful eating” est une manière d’honorer ses besoins et de retrouver équilibre et harmonie avec la nourriture, loin de toute compulsivité. “Le premier bénéfice est généralement de développer la capacité à ralentir et à ressentir, ce qui n’est pas toujours évident dans un quotidien saturé de distractions et où l’on regarde partout, sauf à l’intérieur”, souligne Selma El Bassiri. Une fois cette étape franchie, l’esprit a tendance à se relâcher. “Le simple fait de ralentir permet à l’organisme de profiter pleinement du repas, tant sur le plan nutritif que sensoriel”, poursuit-elle.

Le “mindful eating” s’inscrit dans une logique de perte de poids durable, axée sur la modification des habitudes plutôt que sur les résultats immédiats. “Lorsqu’on a essayé de nombreux régimes sans obtenir de résultat pondéral durable, ce n’est pas la nourriture qu’il faut questionner, mais bien le rapport à l’alimentation. Le corps reconnaît son poids de forme et dispose d’une capacité naturelle à s’autoréguler si on lui en donne l’opportunité”, révèle la consultante en nutrition. Par ailleurs, le rythme de perte varie d’une personne à l’autre, mais “la progression se fait sur un terrain apaisé, et non en lutte contre le corps”, assure-t-elle.

Un travail sur le corps et l’esprit 

En matière d’accompagnement psychologique, les thérapies comportementales et cognitives (TCC) ainsi que la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT) sont les plus plébiscitées pour intervenir sur les comportements alimentaires problématiques. “Les TCC et l’ACT n’agissent pas sur l’alimentation en tant que telle, mais sur la relation que la personne entretient avec la nourriture, son corps et ses émotions. Et c’est là que tout se joue”, explique Ghizlane Ziad, psychologue clinicienne spécialisée en pathologie clinique et clinique sociale.

Ces deux approches sont complémentaires mais différentes. En TCC, le travail porte principalement sur les automatismes, comme le fait de manger pour apaiser une tension, compenser une frustration, combler un vide, se punir ou se rassurer. “On aide la personne à identifier ses déclencheurs, à repérer les pensées rigides et à tester des alternatives plus adaptées, plus douces, plus réalistes”, précise la psychologue.

L’ACT, pour sa part, agit davantage sur le plan émotionnel. “Elle invite à sortir de la lutte permanente contre soi-même. Il ne s’agit pas de supprimer les envies, les émotions ou les pensées difficiles, mais d’apprendre à les accueillir sans qu’elles dictent automatiquement le comportement. L’objectif n’est pas le contrôle, mais la cohérence avec ses valeurs : prendre soin de son corps, se respecter et retrouver une liberté intérieure face à la nourriture”, affirme Ghizlane Ziad. Elle considère que ces thérapies sont particulièrement pertinentes lorsque l’alimentation est devenue un terrain de conflit interne, “notamment lorsqu’il existe des compulsions alimentaires, avec ou sans crises, quand l’alimentation est émotionnelle (stress, solitude, fatigue, surcharge mentale), lorsqu’il y a des alternances restriction/perte de contrôle, chez les personnes qui “savent quoi manger” mais n’arrivent pas à le faire dans la durée, ou lorsque le parcours est marqué par des régimes répétés, souvent culpabilisants”, souligne-t-elle. Ces thérapie sont également “très indiquées lorsque la question alimentaire est “intimement liée à l’estime de soi, au rapport au corps, ou à une histoire personnelle où la nourriture a servi de refuge, de régulateur ou de langage émotionnel”, précise Ghizlane Ziad.

Parce que c’est un travail sur le corps et l’esprit, une collaboration entre nutritionniste et psychologue peut se révéler extrêmement enrichissante. “Le nutritionniste apporte un cadre nutritionnel clair, sécurisant et non culpabilisant, tandis que le psychologue travaille de son côté sur ce qui empêche ce cadre d’être appliqué sereinement : les émotions, les croyances, les injonctions internes et le rapport au contrôle”, assure Ziad.

Dans le dessein de renforcer la motivation sans tomber dans le contrôle excessif, Ghizlane Ziad conseille de viser la régularité plutôt que la perfection, de s’autoriser les écarts sans les dramatiser, d’observer plutôt que de juger, et de valoriser chaque pas, même minuscule. 

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Régimes à portée de swipe https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/regimes-a-portee-de-swipe Fri, 20 Feb 2026 12:40:00 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=129981 Jamais les régimes et les jeûnes n’ont été aussi populaires, ni aussi commentés. Sur TikTok, Instagram et autres réseaux sociaux, ils se déclinent en routines, en “avant/après”, en protocoles simples à suivre. Jeûne intermittent, régime méditerranéen, cétogène, cures hydriques, “reset digestif”… Des méthodes largement copiées, testées, parfois poussées à l’extrême, jusqu’à ce que le corps rappelle ses propres limites. Détails.

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À Hollywood comme sur Instagram, la minceur est devenue un mode de vie. On ne parle plus seulement de poids, mais de routines. Jeûner quelques heures pour “se sentir mieux”, enchaîner des jus pour “détoxifier”, supprimer le sucre ou les glucides pour “reprendre le contrôle”. Les réseaux sociaux ont installé leur propre grammaire de la silhouette. Le scénario est rodé. Une star évoque une habitude personnelle, un influenceur la transforme en méthode, et la tendance se diffuse. Le jeûne intermittent s’impose comme une hygiène de vie “moderne”, souvent mentionnée par des célébrités, comme Jennifer Aniston ou Kourtney Kardashian. Le régime cétogène revient sur le devant de la scène, présenté comme une solution rapide, revendiquée par Halle Berry ou Kim Kardashian. L’hyperprotéiné, lui, se réinvente en version clean eating, plus douce, plus esthétique. À côté, les régimes liquides continuent de séduire. Jus pressés à froid, smoothies verts, bouillons clairs. Popularisées par Beyoncé ou Gwyneth Paltrow, ces cures promettent un corps plus léger, un esprit plus clair. Boire plutôt que manger, faire une pause.

Au-delà des tendances

Mais une fois l’écran refermé, ces routines ne restent pas virtuelles. Elles s’invitent dans la vraie vie ; et jusque dans les cabinets. des spécialistes Nutritionnistes et médecins voient arriver des patients déjà engagés dans une méthode précise. “On arrive avec un protocole choisi à l’avance, souvent vu sur les réseaux sociaux, et on veut savoir s’il va fonctionner”, observe Maria Benjelloun, nutritionniste et spécialiste de l’obésité. Les personnes qu’elle reçoit ont lu, regardé, comparé. Elles connaissent les règles, parfois sur le bout des doigts.  Si certains modèles alimentaires plus classiques, comme le régime méditerranéen ou une alimentation équilibrée à long terme, sont bien documentés et régulièrement recommandés, ce sont surtout les méthodes les plus visibles ; jeûnes, régimes très restrictifs, protocoles “rapides”, qui s’imposent aujourd’hui dans les consultations. “Ce que j’essaie d’expliquer, c’est qu’aucun régime ne fonctionne sans un véritable changement du comportement alimentaire”, souligne-t-elle. 

Même constat chez Bouchra Amsaguine, nutritionniste et hypnothérapeute. Elle voit surtout des parcours faits d’essais successifs. “On copie des règles sans se demander si elles sont adaptées à son corps, à son rythme, à sa vie.” Les premières semaines donnent parfois des résultats. Puis viennent la fatigue, la frustration, les troubles digestifs. Pour Imane Slaoui, médecin esthétique et micronutritionniste, le problème n’est pas l’existence de ces méthodes, mais leur banalisation. “Certaines ont été étudiées, oui. Mais dans des contextes précis, avec un suivi. Le danger commence quand elles deviennent des solutions universelles.” À force de suivre les tendances, on oublie l’essentiel : le terrain individuel. L’âge, les hormones, le stress, le sommeil. “Le corps ne réagit pas de la même façon chez tout le monde.” De son côté, Maria Benjelloun insiste sur un point qu’elle répète inlassablement à ses patients : “Maigrir très vite est dangereux. Et surtout, ce n’est jamais durable.” Elle voit aussi les dégâts invisibles : carences, fatigue chronique, baisse du moral.

La promesse, puis l’usure

Si ces méthodes séduisent autant, c’est qu’elles promettent une réponse simple à une urgence devenue collective. Le jeûne intermittent s’est ainsi imposé comme une solution presque évidente. Présenté comme une hygiène de vie moderne, il repose le plus souvent sur un modèle 16/8 : on ne mange que pendant une fenêtre de huit heures, en laissant passer seize heures sans prise alimentaire. Les études montrent qu’il peut entraîner une perte de poids chez des personnes en surpoids, mais, comme le rappelle Imane Slaoui, ces résultats doivent être replacés dans leur contexte. “Les bénéfices observés sont souvent comparables à ceux d’une restriction calorique classique. Le jeûne n’est pas supérieur par nature.” Autrement dit, ce n’est pas l’horaire qui fait tout, mais ce que l’on mange. Dans la pratique, le jeûne peut aider certains à structurer leurs repas, mais devenir une contrainte pour d’autres, avec fatigue ou compulsions. 

Même logique du côté du régime cétogène. En réduisant drastiquement les glucides au profit des graisses, il promet une perte de poids rapide. La littérature scientifique confirme une efficacité à court terme, mais aussi ses limites. “Le cétogène est très contraignant, difficile à maintenir, et peut entraîner des carences s’il n’est pas strictement encadré”,  rappelle Maria Benjelloun, qui observe des reprises de poids fréquentes à l’arrêt. Même vigilance pour l’hyperprotéiné. En augmentant la satiété, il peut aider temporairement à réduire les apports caloriques. Mais, comme le souligne Bouchra Amsaguine, l’absence de fibres perturbe le transit et la flore intestinale, des signaux souvent banalisés.

Programmé pour résister

C’est souvent à ce moment-là que le décalage apparaît entre la promesse et la réalité du corps. Car après quelques semaines de régime ou de jeûne, le scénario devient familier pour les professionnels. Le poids baisse d’abord, puis ralentit. Il se stabilise. Parfois, il remonte. Souvent, il dépasse même le point de départ. Ce phénomène, largement documenté, porte un nom : l’effet yo-yo. “On croit que le corps triche. En réalité, il s’adapte”, explique Maria Benjelloun. Face à une restriction brutale, l’organisme ralentit ses dépenses, modifie ses signaux hormonaux, protège ses réserves. “Le métabolisme devient plus économe ; c’est une réponse biologique.”

À court terme, la perte de poids est possible. À moyen terme, la résistance s’installe. Imane Slaoui le rappelle : “Le corps n’est pas conçu pour maigrir durablement sous contrainte. Plus la restriction est sévère, plus la compensation est forte.” Ce cycle : restriction, perte, reprise, peut alors s’installer sur la durée. Chaque nouveau régime est abordé avec l’espoir que cette fois sera différente. Pourtant, plus les tentatives se multiplient, plus le corps devient sensible à la restriction. “À force de régimes successifs, on abîme la capacité du corps à réguler naturellement le poids”, alerte Maria Benjelloun. Le métabolisme devient plus réactif, la prise de poids plus rapide, la perte plus difficile. Dans cette spirale, la minceur cesse peu à peu d’être un objectif de santé pour devenir une lutte permanente : une vigilance constante, une négociation quotidienne avec son propre corps.

Bouger pour maigrir 

Face à cette mécanique de restriction et de compensation, un élément reste pourtant souvent relégué au second plan : l’activité physique. “Si quelqu’un veut aller mieux dans son corps, je commence toujours par lui dire : bougez”, affirme Bouchra Amsaguine. Pas pour compenser un repas, mais pour renouer avec ses sensations. “L’activité physique libère des endorphines, régule le stress, améliore le sommeil. C’est souvent là que le déclic se fait.” Elle ajoute que le mouvement agit bien au-delà de la dépense énergétique. Il aide à préserver la masse musculaire, soutient le métabolisme et limite cette réponse défensive du corps face aux régimes répétés. “Sans activité physique, toute perte de poids est plus fragile.” Cette approche globale modifie aussi le discours tenu en consultation. On parle moins de régime, davantage de rythme, de durée, de cohérence. Moins de ce qu’il faudrait supprimer, plus de ce qu’il faut reconstruire. “L’objectif n’est pas de faire perdre du poids à tout prix, mais de stabiliser, de sortir de l’alternance perte-reprise”, insiste Maria Benjelloun. Cela implique parfois d’accepter une évolution plus lente, moins spectaculaire, mais plus compatible avec une vie réelle. 

Au fond, ce que proposent aujourd’hui les professionnels ressemble moins à une révolution qu’à un retour au réel : une alimentation suffisamment nourrissante, des repas réguliers, une activité physique vécue comme un soutien et non comme une punition. La question n’est plus seulement comment maigrir, mais pourquoi, et pour combien de temps… 

“La minceur ne se construit pas dans la privation”

Ce que j’observe le plus souvent en consultation, ce n’est pas un manque de volonté, mais une fatigue profonde. Des personnes qui ont essayé longtemps, sérieusement, parfois durement. À force de suivre des règles, de compter, d’éviter, le rapport à l’alimentation devient tendu. On ne mange plus par faim, mais par stratégie. On n’écoute plus le corps, on le surveille. Progressivement, les signaux internes se brouillent. La faim arrive tard, la satiété passe inaperçue. On tient, puis on craque. Et ce basculement alimente une grande culpabilité. Beaucoup finissent par penser que le problème vient d’eux, alors qu’il vient souvent du cadre imposé.

Dans ce contexte, l’activité physique peut jouer un rôle décisif, à condition qu’elle ne s’ajoute pas à la liste des contraintes. Bouger permet de sortir d’une relation uniquement mentale à la minceur. Le mouvement remet le corps au centre, sans jugement. Il agit sur le stress, le sommeil, l’humeur. C’est souvent là que quelque chose se débloque. J’encourage toujours à tester différentes formes d’activité, sans objectif de performance : marcher, danser, nager, renforcer doucement. Chercher ce qui fait du bien, pas ce qui fait “brûler”. Retrouver un équilibre passe rarement par une méthode stricte. Cela commence par réapprendre à manger régulièrement, sans peur de mal faire, et par sortir d’une logique de lutte permanente. La minceur durable n’est pas une conquête. Elle est souvent la conséquence d’un rapport plus apaisé au corps, à l’alimentation et au mouvement.

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Poids : la science démonte les raccourcis https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/poids-la-science-demonte-les-raccourcis Fri, 20 Feb 2026 10:42:28 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=129978 Deux personnes, un même repas, deux trajectoires opposées. Ce constat est aujourd’hui largement confirmé par la science. Métabolisme de base, génétique, composition corporelle, hormones, microbiote, cerveau et émotions... les variables sont nombreuses et elles interagissent en permanence. Décryptage.

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Longtemps réduit à une simple affaire de calories et de volonté, le poids corporel apparaît aujourd’hui comme un phénomène biologique, hormonal et psychique d’une grande complexité. “Notre corps possède un système naturel de régulation du poids, un peu comme un thermostat”, explique Faouzia Daoudi, médecin généraliste, nutritionniste et diabétologue. “Ce système est piloté par le cerveau, en particulier l’hypothalamus, qui reçoit en continu des messages envoyés par les hormones, l’intestin, les muscles et les réserves énergétiques”, développe-t-elle.

Contrairement à une idée encore largement répandue, le corps humain ne fonctionne pas comme une simple machine à brûler des calories. Il réagit à des signaux biologiques complexes : sensation de faim, satiété, niveau de stress, sécurité ou menace. Lorsque ces signaux sont cohérents, le poids tend à se stabiliser naturellement. Mais lorsqu’ils sont perturbés, par le manque de sommeil, le stress chronique, les régimes répétés ou une alimentation inadaptée, l’organisme active des mécanismes de protection. “Si les messages sont brouillés, le corps stocke plus facilement”, résume Dr. Daoudi. “La bonne approche consiste à restaurer ces régulations naturelles, plutôt que de lutter contre le corps. Quand les bons signaux sont rétablis, le poids se régule plus durablement, sans régime strict ni culpabilité.”

Pas égaux face au poids

La science l’a désormais clairement établi : nous ne partons pas tous avec les mêmes cartes. Deux personnes peuvent manger la même chose et évoluer de manière radicalement différente. Le poids dépend avant tout de la manière dont l’organisme utilise et stocke l’énergie.

Métabolisme de base, génétique, masse musculaire, fonctionnement hormonal, microbiote intestinal, niveau de stress, qualité du sommeil : les variables sont multiples. “Certaines personnes ont un métabolisme plus lent, d’autres des hormones de la faim et de la satiété qui fonctionnent différemment”, précise Dr. Daoudi. Les régimes répétés, le stress chronique ou un terrain familial peuvent durablement brouiller les signaux biologiques.

L’âge complique également l’équation. “Avec le temps, on observe une diminution de la masse musculaire, une baisse des hormones sexuelles, une hypersensibilité à l’insuline et un ralentissement du métabolisme”, précise Yasmine Driouich, endocrinologue et diabétologue. Autant de facteurs qui rendent la perte de poids plus difficile, sans pour autant la rendre impossible.

Les hormones, véritables chefs d’orchestre du poids

“En pratique, le poids n’est jamais uniquement une affaire de calories”, insiste Dr. Driouich. “Ce sont les hormones qui commandent la sensation de faim et qui décident si le corps va brûler ou stocker.” Au cœur de ce système : l’hypothalamus, qui intègre les signaux hormonaux et ajuste la dépense énergétique. Parmi ces hormones, l’insuline joue un rôle central et souvent mal compris. “L’insuline n’est pas seulement liée au sucre, c’est surtout l’hormone du stockage”, explique l’endocrinologue. Elle bloque la libération des graisses stockées et favorise leur accumulation lorsque son taux reste élevé de façon chronique. “Chez beaucoup de patients en surpoids, je n’observe pas une hyperglycémie, mais une hyperinsulinémie silencieuse”, précise-t-elle. Résultat : la personne mange parfois normalement, voire peu, mais son corps refuse de puiser dans ses réserves. Certaines ressentent même de fausses hypoglycémies, qui poussent à manger alors que le problème n’est pas un manque d’énergie, mais un excès de signaux de stockage.

Autre hormone clé : la leptine, produite par le tissu adipeux. Son message est clair : les réserves sont pleines, tu peux manger moins et brûler davantage. Chez une personne mince, ce système fonctionne efficacement. Mais chez de nombreuses personnes en surpoids, ce signal devient inefficace. “On observe une résistance à la leptine”, explique Dr. Driouich. “La leptine est élevée, mais le cerveau ne l’entend plus.” Le corps se comporte alors comme s’il était en situation de pénurie énergétique, malgré des réserves importantes. Il augmente l’appétit, ralentit le métabolisme et favorise la reprise de poids. Ce mécanisme explique en grande partie l’échec des régimes restrictifs. “Après une restriction, le cerveau perçoit un danger”, souligne l’endocrinologue. “Il renforce les mécanismes de survie, ce qui rend la reprise de poids très fréquente.”

Autre hormone clé souvent sous-estimée, le cortisol, hormone du stress, agit comme un puissant modulateur du poids. “Le stress chronique augmente l’appétence pour les aliments riches, favorise la résistance à l’insuline et stimule la formation de graisse abdominale”, explique Dr. Driouich. Cette graisse viscérale, métaboliquement active, entretient à son tour l’inflammation et les déséquilibres hormonaux, créant un cercle vicieux. C’est pourquoi de nombreuses personnes, malgré une alimentation correcte et une activité physique régulière, voient leur poids stagner. “Tant que le stress persiste, le corps reste en mode alerte”, résume l’endocrinologue. Et un corps en alerte ne lâche pas ses réserves.

Thyroïde : entre fantasmes et réalités médicales

Souvent désignée comme responsable de la prise de poids, la thyroïde mérite une approche nuancée. “Une hypothyroïdie explique rarement une obésité importante”, précise l’endocrinologue Yasmine Driouich. La prise de poids est généralement modérée, mais les conséquences indirectes sont réelles. “Une thyroïde ralentie diminue la dépense énergétique, augmente la fatigue et réduit l’activité spontanée”, explique-t-elle. Corriger le trouble est essentiel, mais rarement suffisant à lui seul. Là encore, c’est l’équilibre global du métabolisme qui conditionne l’évolution du poids.

Microbiote, inflammation et faux kilos

Le microbiote intestinal est aujourd’hui reconnu comme un acteur majeur de la régulation pondérale. Certaines bactéries extraient davantage d’énergie des aliments, d’autres influencent l’inflammation et la communication avec le cerveau. “Un microbiote déséquilibré peut favoriser une inflammation chronique, perturber les hormones de la faim et influencer l’appétit”, explique Faouzia Daoudi. Cette inflammation, souvent silencieuse, ralentit le métabolisme et favorise le stockage.

À cela s’ajoute la rétention d’eau, responsable de variations rapides du poids. “Une variation de poids n’est pas toujours une prise de graisse”, rappelle la médecin. “Elle peut refléter un déséquilibre inflammatoire ou hydrique.”

Graisse ou muscle ?

Le chiffre sur la balance ne raconte qu’une partie de l’histoire. Il additionne masse grasse, masse musculaire et eau, sans distinguer ce qui compose réellement le poids du corps. Or, cette composition corporelle joue un rôle central dans la régulation du poids et la santé métabolique. La masse grasse sert de réserve d’énergie, mais en excès, notamment abdominal, elle favorise l’inflammation et les déséquilibres hormonaux. À l’inverse, la masse musculaire est un atout majeur : “le muscle consomme de l’énergie même au repos”, rappelle Dr. Faouzia Daoudi. Plus elle est préservée, plus le métabolisme de base reste actif.

Deux personnes ayant le même poids peuvent ainsi présenter des profils très différents. Développer du muscle peut parfois faire augmenter le chiffre sur la balance, tout en améliorant la silhouette, la glycémie et la stabilité pondérale. C’est pourquoi les approches actuelles visent moins à “peser moins” qu’à rééquilibrer la composition corporelle : réduire l’excès de graisse tout en préservant le muscle. Car ce qui compte vraiment n’est pas seulement combien on pèse, mais de quoi est fait ce poids.

Sommeil, charge mentale et psychisme

La science est aujourd’hui formelle : le sommeil influence le poids autant que l’alimentation. “Le sommeil est un chef d’orchestre silencieux”, décrit Imane Kendili, psychiatre et professeure affiliée à l’UM6P. Une seule nuit écourtée suffit à augmenter la faim, diminuer la satiété et altérer le contrôle des impulsions. À cette dette de sommeil s’ajoute la charge mentale, qui agit comme un stress chronique. “Quand l’énergie psychique est mobilisée en permanence par l’anticipation, l’organisation et la gestion quotidienne, le cerveau passe en mode survie”, explique la psychiatre. Le corps réclame alors une énergie dense et immédiate, ralentit la dépense énergétique et favorise le stockage.

Le poids n’est donc jamais une simple donnée biométrique. Il s’agit d’un phénomène vivant, sensible, à la croisée de la physiologie et de l’histoire personnelle. Il évolue au fil des émotions, du stress, des habitudes, des saisons et de la relation que l’on entretient avec la nourriture. “Le poids est aussi le reflet d’une histoire émotionnelle, de traumatismes parfois enfouis, de stratégies d’adaptation. Les troubles du comportement alimentaire ne sont ni des choix ni des caprices, mais des réponses à une souffrance”, ajoute Dr. Kendili. Le corps ne distingue pas le stress psychologique d’un danger réel : il mobilise les mêmes hormones, ralentit le métabolisme, augmente l’appétit, stocke davantage. Et lorsqu’un repas est avalé dans la précipitation, entre deux tâches, sans conscience ni plaisir, le cerveau ne l’enregistre pas pleinement, ce qui perturbe les signaux de satiété et favorise la surconsommation. “Manger ses émotions n’est pas une faiblesse morale”, insiste-t-elle. “C’est un mécanisme neurobiologique logique face à une surcharge émotionnelle.”

Les régimes restrictifs échouent précisément parce qu’ils renforcent l’insécurité intérieure. “Le corps humain ne se régule pas sous contrainte, mais dans un climat de sécurité”, explique la psychiatre. La restriction déclenche la survie, la culpabilité et la perte de contrôle. À l’inverse, la recherche confirme qu’un amincissement efficace repose sur une approche globale, personnalisée et progressive. “L’obésité est aujourd’hui reconnue comme une maladie neuro-hormonale”, rappelle pour sa part Yasmine Driouich. Les nouvelles thérapeutiques, comme les analogues du GLP-1, illustrent ce changement de paradigme : aider le corps à retrouver ses signaux naturels, plutôt que le contraindre. C’est pourquoi les approches actuelles visent moins à “peser moins” qu’à rééquilibrer la composition corporelle : réduire l’excès de graisse tout en préservant le muscle.

Sortir de la culpabilité

Au-delà de la silhouette, comprendre le poids permet de sortir d’un discours moral longtemps dominant. “Le poids n’augmente pas par manque de volonté”, résume Imane Kendili. “Il augmente parce que quelque chose, dans la biologie ou dans la vie intérieure, est en surcharge.”  Changer de regard, c’est accepter que le corps parle, parfois maladroitement, de stress, de fatigue, d’histoire personnelle. La science ne promet plus de solutions rapides, mais propose mieux : une compréhension fine, humaine et respectueuse du vivant. “Travailler avec le corps, et non contre lui, apparaît aujourd’hui comme la seule voie réellement durable”, conclut la psychiatre. 

“Nous avons tous une prédisposition à développer un certain morphotype”

Le lien entre la génétique et le poids est prouvé depuis un certain nombre d’années. Il existe des maladies familiales liées au cholestérol, ce que l’on appelle les hypercholestérolémies familiales, qui reposent sur une base génétique avec des gènes clairement identifiés. La génétique nous montre ainsi qu’il existe des métabolismes 

On peut donc dire que la génétique influence notre poids. Cela rejoint la question des morphotypes : ils sont tous liés à la génétique. Nous avons tous une prédisposition à développer un morphotype plutôt qu’un autre. Il ne s’agit pas de marketing, mais bien de différences interindividuelles réelles, prises en compte de manière générale par les nutritionnistes.

Concernant l’épigénétique, un exemple marquant est celui du siège de la ville d’Amsterdam pendant la Seconde Guerre mondiale. De nombreuses femmes enceintes se trouvaient alors dans la ville, qui s’est retrouvée bloquée et privée d’approvisionnement. Ces femmes n’ont pas pu se nourrir correctement pendant une partie de leur grossesse. Une étude a ensuite été menée sur les enfants nés de ces grossesses. Elle a montré chez eux une tendance plus importante à l’obésité. On estime que la déprivation alimentaire vécue pendant plusieurs jours a influencé l’activation de certains gènes, conduisant à des prédispositions à l’obésité.

Aujourd’hui, il n’existe pas encore de profils génétiques clairement définis et directement liés à l’obésité. Adapter une stratégie d’amaigrissement strictement basée sur la génétique reste donc un objectif ambitieux, qui ne peut pas encore être pleinement mis en œuvre.

En ce qui concerne les limites éthiques et scientifiques des tests ADN liés au poids, tant qu’il n’y a pas de manipulation génétique, il n’y a pas de raison majeure de s’y opposer. Au contraire, ces approches relèvent de l’optimisation. Dans l’absolu, l’objectif est clair : plus on réduit l’excès de poids, plus on diminue le nombre de personnes obèses, et plus le risque de formation de plaques athéromateuses baisse. Les bénéfices pour la santé cardiovasculaire sont alors significatifs, s’inscrivant pleinement dans une démarche de prévention.

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Bootcamps, Piloxing, Pilates HIIT : Les nouvelles tendances sportives https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/bootcamps-piloxing-pilates-hiit-les-nouvelles-tendances-sportives Wed, 14 May 2025 08:55:11 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=116788 Se remettre en forme sans s’ennuyer, c’est le pari des tendances fitness qui cartonnent telles que les bootcamps et les sports hybrides. Des entraînements plus intenses et surtout, plus motivants. Pourquoi ont-ils autant de succès ? À qui s’adressent-ils ? Quels sont leurs bienfaits ? On vous explique tout.

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L’été approche à grands pas et, comme chaque année, l’envie d’un corps tonique refait surface. Mais soyons honnêtes, enchaîner les séances de cardio sur un tapis de course ou faire des squats en solo manque cruellement de fun. Heureusement, de nouvelles tendances sportives viennent redonner du peps aux entraînements.

Les bootcamps : L’entraînement intensif qui se vit en groupe

Ces derniers temps, les bootcamps ont le vent en poupe et attirent de plus en plus d’adeptes. Ces entraînements en plein air ou en salle mélangent cardio, renforcement musculaire, dépassement de soi et surtout, une bonne dose de fun. “Un bootcamp sportif est un programme d’entraînement intensif et structuré, inspiré des entraînements militaires. Ce qui le distingue d’un cours classique, c’est son intensité et sa variété”, explique Yassine Benjelloun, fondateur et instructeur à Eko Bootcamp, un fitness studio basé à Casablanca. 

Loin d’être réservés aux sportifs aguerris, les bootcamps sportifs s’adaptent à tous les niveaux. “Les séances sont conçues pour pousser les participants à se dépasser, tout en s’amusant. Contrairement à un cours traditionnel, le bootcamp se déroule souvent en extérieur ou dans un espace dédié, avec une ambiance très énergique et un esprit d’équipe qui motive chacun”, précise Yassine Benjelloun. Les bootcamps connaissent un succès grandissant au Maroc et se déclinent sous différentes formules selon les salles de sport, avec des tarifs allant de 150 à 400 dirhams la séance. Chez Eko Bootcamp, par exemple, une session type dure environ une heure et réunit entre 10 et 30 participants. Les places étant limitées, il est recommandé de réserver à l’avance pour y participer.

Lors d’une séance de bootcamp, on enchaîne les squats, les sprints et les exercices au poids du corps sous l’œil vigilant d’un coach qui ne laisse personne abandonner. “Les instructeurs sont toujours là pour corriger les postures et adapter les exercices en fonction du niveau de chacun”, indique Benjelloun. Résultat : un entraînement ultra-complet qui fait travailler tout le corps en un minimum de temps. “Le bootcamp est motivant à plusieurs niveaux. D’abord, l’esprit de groupe crée une dynamique positive : on se sent porté par l’énergie des autres. Ensuite, les séances sont variées et jamais monotones, ce qui évite la lassitude. Enfin, les résultats sont visibles rapidement grâce à l’intensité des exercices et à leur efficacité, ce qui incite à continuer. C’est un vrai boost pour la confiance en soi et la motivation”, insiste le fondateur d’Eko Bootcamp. 

Le petit plus ? L’ambiance. Pendant un bootcamp, pas question de s’entraîner dans son coin, on crie, on s’encourage et on finit la séance avec un boost d’endorphines. “Lors d’un bootcamp, l’ambiance est tout simplement électrisante ! Les participants s’encouragent mutuellement et les instructeurs les poussent à donner le meilleur d’eux-mêmes. Il y a une vraie synergie de groupe, même si chacun travaille à son propre rythme. C’est un mélange de défi, de fun et de soutien qui rend chaque séance unique”, souligne Yassine Benjelloun.

Les sports hybrides : Des entraînements tout en un 

Les sports hybrides font également partie de ces entraînements originaux et ultra-efficaces, en pleine expansion au Maroc. Ces pratiques sont désormais les incontournables des cours collectifs dans de nombreuses salles de sport à travers le pays. Les sports hybrides combinent plusieurs disciplines pour un maximum de résultats. En mélangeant des styles de sports différents, ces exercices permettent de travailler l’ensemble du corps tout en rompant avec la monotonie des routines classiques. “Le sport hybride est une nouvelle approche du fitness qui combine plusieurs disciplines pour un entraînement complet et équilibré. Il associe le travail aérobique, qui améliore l’endurance et la capacité cardiovasculaire, au renforcement musculaire, essentiel pour la force et la tonicité, ainsi qu’au travail postural qui favorise une meilleure posture”, nous explique Rabia Bahou, coach sportif certifié. Au sein de Ladies coaching, le cabinet de coaching 100% femmes qu’elle dirige à Casablanca, Rabia Bahou propose plusieurs de ces disciplines hybrides notamment le Piloxing ou encore le Pilates HIIT. “Le Piloxing est un mélange dynamique de danse, de boxe et de Pilates qui permet de travailler à la fois le cardio, la force et l’équilibre dans une seule séance. C’est un entraînement complet qui allie puissance et fluidité tout en restant ludique et accessible. Le Pilates HIIT, lui, combine les bienfaits du Pilates, qui renforce les muscles profonds et améliore la posture, avec l’intensité du HIIT pour booster l’endurance et tonifier le corps en un minimum de temps. Deux disciplines parfaites pour se défouler tout en sculptant son corps efficacement”, nous explique-t-elle.

De nombreuses salles de sport au Maroc intègrent les sports hybrides à leurs cours collectifs, mais chacune avec ses propres combinaisons. Chez Eko Bootcamp, on retrouve par exemple le HIIT & Run, le HIIT & Punch et le Run x Yoga. “Le HIIT & Run est un mix explosif entre tapis de course et renforcement musculaire pour booster l’endurance et la force en alternant des phases cardio intenses et du travail musculaire ciblé. Le HIIT & Punch est une combinaison entre boxe et renforcement musculaire pour développer puissance, coordination et explosivité, tout en brûlant un maximum de calories. De son côté, le Run x Yoga est une fusion entre course à pied et yoga, pensée pour améliorer la récupération, la souplesse et la respiration des runners”, précise Mehdi, coach sportif à Eko Bootcamp.

Ces sports hybrides ont l’avantage de casser la routine et d’offrir un entraînement complet. “Ces entraînements sont moins monotones, plus efficaces et bien plus motivants, puisqu’on varie les exercices et les intensités, ce qui garde les pratiquants engagés et évite la lassitude. Et puis, très important, en mixant force, endurance, mobilité et récupération, ces entraînements améliorent la condition physique globale tout en réduisant les risques de blessure. C’est un vrai boost de bien-être”, relève Hajar, également coach sportif à Eko Bootcamp. Avec ces nouvelles tendances, le sport devient un pur moment de plaisir. Alors, prêt.e à relever le défi et à dire adieu à la routine ?

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Chirurgie bariatrique : mythes et réalités https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/chirurgie-bariatrique-mythes-et-realites Wed, 14 May 2025 08:54:43 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=116783 La chirurgie de l'obésité ou bariatrique (opération portant sur l'anatomie de l'estomac et de l'intestin) permet de lutter contre l'obésité morbide. Elle offre une option viable pour ceux qui ont épuisé toutes les autres alternatives pour perdre du poids. Éclairages d’experts.

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Selon les derniers chiffres du World Obesity Atlas 2025, la situation du surpoids et de l’obésité au Maroc est alarmante. En effet, 24 % des adultes souffrent d’obésité. D’ici 2030, près de 17 millions de Marocains pourraient être concernés par ce phénomène. “Il faut reconnaître l’obésité comme une maladie et comprendre que lorsque les personnes ont recours à la chirurgie bariatrique, ce n’est absolument pas pour des raisons esthétiques, mais pour des raisons médicales. L’obésité engendre plusieurs maladies cardiovasculaires, essentiellement l’hypertension artérielle, le diabète, l’infertilité, ainsi que des problèmes psychologiques qui isolent la personne en surpoids. L’obésité est un vrai problème de santé publique à prendre au sérieux pour ne pas arriver au stade de l’obésité morbide, qui nécessite une prise en charge très particulière”, insiste Dr. Mohammed Kohen, chirurgien spécialisé dans le traitement de l’obésité. Pour pallier à ce problème, la chirurgie bariatrique regroupe plusieurs techniques chirurgicales destinées à réduire la taille de l’estomac et/ou à modifier le processus de digestion, afin de favoriser une perte de poids durable. Contrairement aux idées reçues, cette chirurgie est une véritable solution médicale pour les personnes en surpoids sévère. Le Dr. Richard Abittan, chirurgien spécialisé dans le traitement de l’obésité, précise pour sa part que “la chirurgie bariatrique est réservée aux personnes souffrant d’obésité lorsque les autres méthodes (régime, activité physique, rééducation alimentaire) ont échoué. Cette intervention est généralement recommandée lorsque l’indice de masse corporelle (IMC) d’un patient dépasse 35-40 kg/m² et que les solutions conventionnelles ne donnent plus de résultats.” Il existe plusieurs types d’interventions, chacune adaptée à des besoins spécifiques. Certaines sont aujourd’hui obsolètes, comme le souligne le Dr. Abittan: “L’anneau gastrique ne se pratique quasiment plus, c’est rarement une solution durable”. Même constat du côté du Dr. Kohen. Pour ce praticien, “l’anneau gastrique n’est pas la seule intervention qui ne se pratique plus, le ballon gastrique aussi, car il présente plus d’effets indésirables que de bénéfices. Une fois que la personne retire le ballon, elle reprend ses habitudes alimentaires et, par conséquent, les kilos perdus”.

 Au fil du temps, le Maroc est devenu une destination prisée pour la chirurgie en tout genre en raison de ses cliniques modernes et bien équipées, qui offrent des soins de qualité à des prix plus abordables, sans compromis sur les standards internationaux. “Avant toute intervention, un bilan médical complet est effectué pour évaluer l’éligibilité du patient, et une rééducation alimentaire est souvent recommandée”, explique le Dr. Kohen. Les opérations sont réalisées sous anesthésie générale et nécessitent généralement quelques jours d’hospitalisation, et ensuite un suivi médical et nutritionnel pour assurer un amaigrissement durable et éviter les carences.

Sleeve gastrectomie et bypass : quésaco ?

En matière de chirurgie bariatrique, seules deux méthodes sont couramment pratiquées : la sleeve et le bypass. “Les deux opérations se font sous cœlioscopie, c’est-à-dire que l’on n’a pas besoin d’ouvrir le ventre. Il s’agit simplement de 4 ou 5 petites incisions presque invisibles à travers lesquelles on passe les instruments pour réaliser l’intervention”, explique Dr Kohen. La sleeve gastrectomie est une chirurgie de réduction qui consiste à retirer une grande partie de l’estomac (environ les deux tiers) pour réduire la sensation de faim et limiter la quantité d’aliments ingérés. “Le but de cette opération est d’offrir une satiété précoce, c’est-à-dire que l’on mange très peu. Avec cette opération, le patient perd 60 à 70 % de l’excès de poids”, précise le chirurgien. L’opération dure environ 30 minutes et nécessite une surveillance de 24 à 48 heures. “La sleeve est une intervention largement pratiquée, notamment chez les patients souffrant d’hyperphagie. Elle permet une perte de poids efficace et une amélioration notable du diabète et de l’hypertension”, confirme Dr. Abittan. Cependant, elle nécessite une supplémentation en vitamines pendant un an et peut provoquer un reflux gastro-œsophagien dans 20 à 30 % des cas. La récupération dure environ 10 jours et le coût varie entre 50.000 et 70.000 dirhams, selon l’IMC du patient. Le bypass gastrique, quant à lui, est une chirurgie à la fois restrictive et malabsorptive. “On réduit la taille de l’estomac à celle d’un œuf et on court-circuite le début de l’intestin grêle, où se fait l’absorption des vitamines et des oligoéléments. Les patients maigrissent forcément, car l’estomac est réduit au minimum et les aliments ne sont pas totalement absorbés”, explique Dr. Kohen. Le bypass donne des résultats similaires à la sleeve, mais ses indications sont différentes. “Personnellement, je réserve le bypass aux patients qui ont une hernie hiatale ou un reflux gastrique”, précise le chirurgien. Cependant, cette intervention comporte des risques à long terme, notamment des occlusions intestinales. “Il est impératif pour le patient d’avoir une supplémentation vitaminique à vie, car les vitamines ne sont pas absorbées. Il doit aussi être très vigilant et consulter en cas de douleur suspecte”, alerte Dr. Kohen. Le bypass gastrique coûte environ 70.000 dirhams. La chirurgie bariatrique nécessite un suivi rigoureux par une équipe pluridisciplinaire (chirurgien, diététicien, psychologue et coach). L’obésité étant une maladie chronique, un encadrement régulier est essentiel pour éviter les récidives. Un patient est considéré comme ayant réussi son intervention s’il perd au moins 50 % de son excès de poids en 18 à 24 mois. La qualité de vie s’améliore significativement sur le plan physique et psychologique. Cependant, la chirurgie agit sur l’estomac, pas sur le cerveau : environ 25 % des patients reprennent partiellement du poids après une sleeve en quatre ans, contre 5 % après un bypass. Pour ceux qui hésitent, le Dr. Abittan recommande de consulter un spécialiste de l’obésité et de rejoindre des groupes de patients opérés pour s’informer et échanger des expériences. La chirurgie bariatrique est donc une option efficace pour les personnes souffrant d’obésité sévère, mais elle doit être abordée avec sérieux. Un bon encadrement médical et un engagement personnel sont les clés du succès pour transformer durablement sa vie.

Anneau et ballon gastrique : des méthodes désuètes

Autrefois populaire, l’anneau gastrique est aujourd’hui rarement pratiqué. “C’est une opération qui est banni du protocole chirurgical, plus personne ne pose d’anneau ! Cela a causé énormément de problèmes et on s’est rendu compte que l’on enlevait pratiquement 8 anneaux sur 10 au bout de 5 à 6 ans parce que soit il migre, soit il abîme l’estomac, soit il n’est plus efficace dans la durée”, affirme Dr. Kohen. L’anneau gastrique présente donc un risque de complications (glissement, infections dans 2 à 5 % des cas) et offre des résultats souvent non durables. “De nombreux patients finissent par le retirer, une opération parfois plus complexe que la pose initiale. Son coût est d’environ 35.000 dirhams”,  confirme Richard Abbitan. Si l’anneau gastrique n’est plus en vogue, le ballon gastrique, autrefois utilisé comme solution temporaire pour la perte de poids, est pratiquement abandonné de nos jours en raison de ses nombreux effets secondaires. “C’est une solution que je ne vois pas d’un très bon œil”, confirme Mohammed Kohen avant de préciser, “c’est un ballon que l’on pose dans l’estomac par voie endoscopique. En général on fait une cœlioscopie pour s’assurer de la qualité de l’estomac, on s’assure qu’il n’y a pas de germe associé, pas d’ulcère et à ce moment-là on autorise la pose du ballon que l’on enlève 6 à 9 mois après, toujours sous anesthésie. Or l’inconvénient de cette pratique est que le patient doit faire deux anesthésies et qu’il doit prendre un traitement durant toute la durée où il porte le ballon. Le deuxième inconvénient et qui est, pour moi, majeur, est que lorsque l’on enlève ce ballon, on se retrouve avec une configuration normale de l’estomac et par conséquent il y a une reprise de poids.” Contrairement aux autres interventions, ce ballon peut être posé chez les personnes qui ont un IMC inférieur à 30, et actuellement, rappelle Dr. Abittant, il a été remplacé  par “les injections de sémaglutide, une approche plus efficace pour gérer le surpoids”.  Le sémaglutide agit comme un coupe-faim en imitant une hormone intestinale appelée peptide-1, qui cible les zones du cerveau qui régulent l’appétit et la prise alimentaire. L’hormone est libérée après les repas et donne généralement une sensation de satiété, ce qui contribue à réduire l’apport calorique global. “Ces injections doivent être prescrites par un médecin, elles ne doivent pas être prises sans ordonnance médicale car elles peuvent provoquer de nombreux effets secondaires dont des troubles gastro-intestinaux, des pancréatites ou des hypoglycémies”, souligne Richard Abittan. Les injections hebdomadaires d’analogues du GLP ralentissent la vidange gastrique et augmentent la satiété, offrant une alternative pour les surpoids circonstanciels. Toutefois, ce traitement ne peut être pris à vie.

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Mincir sans souffrir ? Explorez les méthodes d’amincissement non invasives https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/mincir-sans-souffrir-explorez-les-methodes-damincissement-non-invasives Wed, 14 May 2025 08:54:25 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=116778 Froid, chaleur, ondes électromagnétiques… Dans les cabinets de médecine esthétique ou les centres de kinésithérapie, les méthodes non invasives se multiplient pour affiner et raffermir la silhouette, offrant des résultats intéressants sans les risques, les douleurs et les longues périodes de convalescence associées à la chirurgie esthétique. Quelles sont exactement les méthodes les plus en vogue et quels en sont les avantages ? Présentent-elles des risques ? Le point.

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Les méthodes d’amincissement suscitent un réel engouement ces dernières années, en réponse à la quête de solutions efficaces et accessibles pour sculpter la silhouette. Face à l’essor des préoccupations esthétiques et au désir croissant d’améliorer l’apparence physique sans avoir recours à la chirurgie, de nombreuses techniques non invasives ont émergé. Que ce soit avec des traitements manuels ou des technologies avancées, les options se multiplient pour répondre aux besoins variés des individus. Ces méthodes offrent des résultats visibles sans les risques ni le temps de récupération associés à des interventions plus invasives, ce qui explique en grande partie leur popularité croissante. L’efficacité, la sécurité et la rapidité des résultats sont désormais des critères clés dans le choix de ces traitements, ce qui explique leur place de plus en plus prépondérante dans le domaine de la beauté et du bien-être. “L’intérêt pour ces techniques a augmenté, notamment avec l’essor des réseaux sociaux, où des influenceurs et des célébrités exhibent leur belle silhouette grâce à des régimes alimentaires spécifiques, des programmes d’exercices, des traitements esthétiques ainsi que l’utilisation de pilules ou de compléments alimentaires. De plus, le mode healthy life et anti aging poussent de nombreuses personnes à chercher des solutions pour perdre du poids de manière plus rapide ou plus efficace”, explique Karima Taisse, Kiné ostéopathe.

Les méthodes d’amincissement non invasives se divisent principalement en deux catégories : les techniques manuelles et celles utilisant des appareils. “Les techniques manuelles incluent des pratiques comme le massage amincissant, qui consiste à manipuler les tissus sous-cutanés pour stimuler la circulation sanguine, déloger les graisses et améliorer l’élasticité de la peau. Ces massages peuvent être réalisés à la main ou avec des outils spécifiques, et sont souvent associés à des crèmes ou des huiles aux propriétés amincissantes. Ils permettent de réduire la cellulite, d’affiner la silhouette et d’améliorer l’aspect général de la peau”, poursuit Karima Taisse. L’un des avantages de ces techniques est qu’elles sont relaxantes et favorisent une sensation de bien-être.

Les techniques manuelles 

• Le drainage lymphatique : “Le drainage lymphatique (ou massage drainant) n’a pas d’égal pour réactiver la circulation lymphatique et éliminer les toxines et réduire la rétention d’eau”, précise Myriam Berrada, fondatrice du centre médical Keyage. Deux choix existent sur le marché actuellement. Le drainage lymphatique Vodder ou Renata França.

• La méthode Vodder : Mise au point dans les années 30 par le docteur danois Emil Vodder, la méthode Vodder est un drainage lymphatique manuel, basé sur des mouvements doux et rythmés. Des pressions douces sont exercées sur tout le corps pour réactiver la circulation en dirigeant manuellement le liquide lymphatique. Le corps est dégonflé et moins douloureux, les jambes lourdes redeviennent légères. Régénérée et détoxifiée, la peau retrouve quant à elle sa souplesse et sa fermeté. Son action relaxante procure une intense sensation de bien-être, en apaisant aussi bien le corps et l’esprit.

• La méthode Renata França : originaire du Brésil, elle utilise des manœuvres spécifiques pour réduire la rétention d’eau, tonifier la peau et diminuer la peau d’orange. Ce drainage procure une sensation de légèreté et de bien-être dès la première séance.

• La Madero thérapie : La Madero thérapie est une méthode d’amincissement et de raffermissement de la peau qui repose sur des massages réalisés avec des outils en bois spécialement conçus. Ces instruments, souvent en forme de rouleaux ou de spatules, sont utilisés pour stimuler la circulation sanguine, drainer les toxines et déloger les graisses localisées. Cette technique, d’origine colombienne, permet de réduire la cellulite, d’affiner la silhouette et d’améliorer l’élasticité de la peau de manière naturelle et non invasive. “La Madero thérapie est appréciée pour ses effets visibles dès les premières séances, notamment en termes de tonification et de réduction des rondeurs. Elle offre une alternative douce mais efficace aux méthodes plus agressives d’amincissement”, poursuit Myriam Berrada. 

Les techniques avec machine

Les techniques avec machine utilisent, quant à elles, des dispositifs technologiques pour atteindre des résultats plus ciblés. Ces méthodes sont souvent plus rapides et permettent des résultats plus visibles en moins de séances. Certains appareils utilisent des procédés mécaniques (subcision, ondes de choc), d’autres des sources d’énergie tels le froid, la chaleur (ultrasons focalisés de haute intensité ou HIFU, laser hyperthermique…) et les ondes (micro-ondes, ondes électromagnétiques…). Quand il ne s’agit pas de technologies mixtes (radiofréquence + ultrasons ; radiofréquence + ondes de choc…).

Voici les méthodes les plus innovantes et efficaces utilisées actuellement : 

• Les ondes électromagnétiques : 

Cette technique permet de remodeler le corps, prendre du muscle et brûler la graisse facilement sans effort. “Il s’agit d’un traitement combinant renforcement musculaire et suppression des graisses. Les deux technologies les plus efficaces sont l’EMSculpt et le Teslaformer”, étaye Sofia Bensouda, kinésithérapeute. 

EMSculpt : C’est le premier traitement non invasif et indolore qui agit à la fois sur la masse musculaire et sur le gras superflu qui l’entoure. Conçu pour les femmes comme pour les hommes, EMSculpt sculpte le ventre et raffermit les fesses par le biais de cette double action. En moyenne, 4 séances d’EMSculpt permettent de supprimer les graisses de 19% et d’augmenter le volume musculaire de 16% sur la zone traitée.

Teslaformer : Cette technologie utilise l’électrostimulation musculaire intense (FMS) pour cibler les muscles profonds et brûler les graisses en stimulant la contraction musculaire. En une séance, elle peut simuler l’effet de milliers de contractions musculaires, favorisant ainsi le raffermissement et la réduction de la graisse. Cette stimulation particulièrement intense induit une autodestruction partielle des cellules graisseuses. “Non seulement la masse musculaire augmente mais Tesla Former permet une perte visible de la masse graisseuse au niveau de la zone traitée et une meilleure circulation sanguine”, appuie Sofia Bensouda. Huit séances sont nécessaires pour des résultats visibles. 

Imperium : “Il s’agit d’une plateforme complète pour traiter l’excès de poids, la cellulite, le body shaping, mais aussi le rajeunissement et la beauté du visage. Le dispositif utilise plusieurs technologies combinées. Cette technologie unique développe une puissance de 400 watts, induisant des contractions musculaires massives et travaillant sur toutes les couches du corps, de l’épiderme aux muscles”, précise Sofia Bensouda. Elle comprend trois méthodes :

• La diathermie utilise des courants électriques à haute fréquence pour chauffer les tissus en profondeur. Ce chauffage stimule la circulation sanguine, favorise le métabolisme des graisses et améliore l’élasticité de la peau, tout en réduisant la cellulite.

• La diathermocontraction, quant à elle, va plus loin en provoquant une contraction des fibres de collagène grâce à l’effet thermique, ce qui permet de raffermir et de tonifier la peau tout en réduisant les graisses. Elle est idéale pour traiter les zones relâchées et améliorer l’apparence globale de la peau.

• La lipocavitation utilise des ondes ultrasonores pour déstabiliser les cellules graisseuses, créant des microbulles qui, lorsqu’elles éclatent, libèrent les graisses qui sont ensuite éliminées par le système lymphatique. Cette méthode est particulièrement efficace pour cibler des zones spécifiques du corps, comme le ventre, les cuisses ou les hanches.

• La Thermal shock therapy :

Introduite tout récemment au Maroc, cette innovation repose sur l’alternance de chaud et de froid pour stimuler les mécanismes naturels du corps, réduire les graisses localisées, améliorer la fermeté de la peau et réduire les diverses imperfections cutanées telles que la cellulite, les rides et la perte d’élasticité de la peau. “Cette méthode non invasive permet d’agir en profondeur sur les cellules graisseuses tout en favorisant la production de collagène, pour un effet anti-âge immédiat et progressif”, souligne la même spécialiste. 

La technologie Anthéa, dernière en date, elle utilise un système de contrôle précis des températures qui permet d’administrer des impulsions thermiques et cryogéniques de manière ciblée. Cette alternance provoque un choc thermique qui stimule la lipolyse (destruction des graisses) et améliore l’élasticité de la peau.

• Thérapie par le froid (-5°C à -10°C) : Réduit les inflammations, améliore la circulation sanguine et provoque l’élimination des cellules graisseuses.

• Thermothérapie (+38°C à +45°C) : Détend les tissus, stimule le renouvellement cellulaire et favorise la production de collagène et d’élastine.

• Effet combiné : L’association de ces deux processus permet de drainer les toxines, de tonifier la peau et d’obtenir des résultats rapides et visibles sur la silhouette et le visage. Compter au moins 5 séances. 

La HIFU : La HIFU (High Intensity Focused Ultrasounds) est une technique non invasive d’amincissement qui utilise des ultrasons de haute intensité pour cibler et détruire les cellules graisseuses sous la peau. Grâce à une concentration précise des ondes sonores, la HIFU agit en profondeur sans endommager les tissus environnants, offrant ainsi une solution efficace pour réduire la graisse localisée et affiner la silhouette. “En plus de son action amincissante, elle stimule également la production de collagène, ce qui permet de raffermir la peau et d’améliorer son élasticité. La HIFU est particulièrement prisée pour ses résultats rapides et durables, tout en étant totalement indolore et sans période de récupération”, explique Sofia Bensouda. 

Où aller ? 

Avant toute chose, nos spécialistes recommandent de consulter un kinésithérapeute spécialisé dans l’amincissement et de vérifier si la technique utilisée est brevetée par le Ministère de la Santé. Myriam Berrada souligne que toutes les machines ne garantissent pas les mêmes niveaux d’efficacité et de sécurité. Il est crucial de choisir des appareils avec des certifications de qualité, comme le marquage CE médical ou l’homologation FDA, pour assurer la sécurité sanitaire. Elle précise également que l’efficacité des machines dépend fortement de l’opérateur, de l’entretien, de l’hygiène et de l’utilisation correcte de l’appareil. Le choix de l’appareil, la durée du traitement, la taille de la zone traitée et les formations des praticiens sont des facteurs déterminants pour obtenir des résultats satisfaisants.

Combien cela coûte ?

Il est important de souligner que le prix des traitements d’amincissement peut varier considérablement en fonction de plusieurs facteurs, notamment la zone à traiter, car certaines zones nécessitent davantage de travail et de temps, ce qui peut influencer le tarif. De plus, la qualité de la machine utilisée est un critère déterminant : des appareils plus sophistiqués et performants, qui garantissent des résultats plus rapides et durables, peuvent entraîner des coûts plus élevés. Le centre qui pratique le traitement joue également un rôle crucial, car des établissements de renom disposant de technologies de pointe et de praticiens expérimentés auront des tarifs plus élevés que des centres moins connus. Enfin, d’autres éléments comme le nombre de séances nécessaires et la réputation du praticien peuvent également influencer le prix global du traitement. Il est donc essentiel de prendre en compte l’ensemble de ces paramètres pour évaluer le coût total et s’assurer de la qualité des soins reçus.

Attention aux risques 

Bien que les méthodes d’amincissement non invasives soient généralement considérées comme sûres, elles peuvent parfois entraîner certains effets secondaires, bien que ceux-ci soient souvent temporaires et peu graves. Parmi les effets secondaires possibles, on retrouve des rougeurs et gonflements, douleurs légères ou sensations de chaleur, ecchymoses, engourdissement ou sensibilité mais ces effets secondaires “disparaissant en quelques heures à quelques jours”, rassure Myriam Berrada. Attention toutefois à certaines techniques comme la cryolipolyse qui a été “longtemps perçue comme une solution miracle, a récemment été remise en question en raison de ses effets secondaires potentiels : brûlures, gelures, hyperpigmentation, atteintes nerveuses sensorielles, et dans certains cas, une hyperplasie paradoxale des graisses (augmentation du volume graisseux au lieu de sa diminution)”, prévient pour sa part Dr Jihane Zine, kinésithérapeute à Mclinic. Toutes les méthodes ne se valent pas, et certaines pratiques mal encadrées ou réalisées sans expertise peuvent présenter des risques. Il faut ainsi privilégier des appareils certifiés et reconnus médicalement”, conclut-elle. 

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Le business du kilo en trop https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/le-business-du-kilo-en-trop Wed, 14 May 2025 08:54:02 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=116770 Régimes express, pilules miracles, coaching en ligne, médecine esthétique… Le marché de la minceur n’a jamais été aussi florissant. Entre promesses de transformation rapide et injonctions à la perfection, cette industrie multimilliardaire façonne nos corps autant qu’elle vide nos portefeuilles. Mais derrière les slogans marketing et les success stories affichées sur les réseaux, que cache réellement ce business du poids idéal ?

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Mince alors ! Perdre du poids semble plus facile que jamais. Du moins, c’est ce que nous répètent les vidéos virales, les avant/après spectaculaires et les promesses de transformation express qui inondent nos écrans. Régimes ultra-restrictifs, pilules miracles, médicaments détournés, chirurgie esthétique… L’industrie de la minceur, toujours plus inventive, façonne de nouveaux diktats et capitalise sur nos complexes. Ce business florissant trouve sa place dans un contexte inquiétant : l’obésité est en forte hausse. En 2022, 2,5 milliards d’adultes étaient en surpoids, dont 890 millions souffraient d’obésité, soit 43% de la population adulte dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Après l’ère du “light” et du 0%, voici venu le temps des solutions médicalisées, où même des traitements destinés aux diabétiques, comme l’Ozempic, sont détournés pour accélérer la perte de poids.

Ghita, la trentaine, en a fait l’amère expérience. Persuadée d’avoir trouvé la solution miracle, elle a dépensé plus de 100.000 dirhams dans des pilules minceur et des séances de coolsculpting et de cryolipolyse. Trois ans plus tard, les kilos sont revenus, ses économies se sont envolées et son médecin lui a diagnostiqué un trouble alimentaire sévère. “On banalise trop souvent le surpoids et l’obésité, alors qu’ils sont bien souvent liés à de véritables troubles du comportement”, témoigne-t-elle. Comme elle, des milliers de femmes se laissent happer chaque année par un marché qui prospère sur leurs insécurités. Car derrière ces tendances, se cache un business en or, où chaque kilo perdu rapporte gros. “Mincir n’est malheureusement plus seulement une quête personnelle, c’est devenu un véritable business ultra-rentable”, explique Mehdi Aouad, médecin spécialiste en nutrition et maladies métaboliques.

Les influenceurs minceur

Sur les réseaux sociaux, une armée d’influenceurs érige la minceur en mode de vie. Vidéos virales, conseils “révolutionnaires”, témoignages bluffants : les success stories s’enchaînent, toujours plus spectaculaires. Les promesses de transformation physique rapide pullulent: “Perdez 5 kg en 3 semaines !”, “Affinez votre silhouette sans effort !”, “Brûlez les graisses avec ce complément miracle !” Autant de slogans accrocheurs derrière lesquels se cache une mécanique bien huilée. Chaque publication s’accompagne d’un lien sponsorisé menant à des brûleurs de graisse “100 % naturels”, des régimes ultra-ciblés ou des coachings express promettant un corps sculpté en un temps record.

Mais derrière ces promesses séduisantes se cache une réalité plus complexe. “Cette obsession pousse beaucoup de gens à chercher des résultats visibles en quelques semaines, sans comprendre que le corps fonctionne sur le long terme”, explique la personal trainer Khadija Cabrane, alias Coach Katy. “Construire un physique sain et harmonieux demande de la patience, et surtout une approche adaptée à son propre métabolisme”, ajoute-t-elle. Une transformation rapide repose souvent sur des restrictions excessives et des entraînements intenables, conduisant à la frustration et à l’effet yo-yo. “Trois semaines, c’est bien trop court pour que le corps puisse réellement s’adapter !”

L’assiette elle-même se conforme aux tendances. Exit l’avocat et le saumon, place au kéfir, au matcha et aux baies d’açai, érigés en super-aliments incontournables. Dans l’univers ultra-codifié du “manger healthy”, chaque bouchée devient un “statement ”: un smoothie vert pour détoxifier, une cuillère de beurre d’amande pour l’énergie, une pincée de graines de chanvre pour les protéines. Sur les réseaux, les influenceuses exhibent des bols colorés, calibrés au gramme près, où granola croustillant et fruits exotiques s’entrelacent dans une esthétique parfaite. Une vision idéalisée de l’alimentation, bien loin des réalités quotidiennes de la majorité des femmes. Pourtant, aucun aliment ou produit miracle ne garantit une perte de poids durable. “Il n’y a pas d’aliment supérieur à un autre. L’essentiel est de privilégier une alimentation variée et équilibrée, combinant viandes, poissons, fruits, légumes et céréales”, rappelle le nutritionniste Mehdi Aouad.

Et quand la rigueur alimentaire ne suffit plus, l’industrie sort l’artillerie lourde. Les pilules minceur font un retour en force, les compléments “détox” pullulent et les traitements médicaux s’invitent dans le débat. Des injections de sémaglutide, initialement prescrites aux diabétiques, sont désormais détournées pour accélérer la perte de poids. Une mode qui alerte les médecins, mais qui prospère, portée par des célébrités qui affichent des silhouettes sculptées sans jamais révéler l’envers du décor. “Il est très dangereux d’ingérer tout et n’importe quoi en espérant un résultat express”, alerte la nutritionniste et diététicienne Yassamine Ougaddoum. “Les coupe-faim, par exemple, peuvent sembler efficaces à court terme, mais ils restent risqués. Certaines fibres solubles comme le glucomannane gonflent dans l’estomac et réduisent légèrement l’appétit, mais ces produits contiennent souvent de la caféine ou de la sérotonine, qui peuvent engendrer nervosité, dépendance et autres effets secondaires.”

Dans cette course effrénée vers la minceur idéale, la frontière entre bien-être et obsession se brouille. Et celles qui s’y perdent ne trouvent pas toujours d’issue. “Il est important de rappeler qu’aucun complément alimentaire ne brûle les graisses de façon significative”, insiste la nutritionniste. Certains ingrédients, comme la caféine ou le thé vert, peuvent augmenter légèrement la dépense énergétique, mais l’effet reste marginal. Quant aux célèbres thés “détox”, ils ne font que jouer sur une illusion. “Les reins, le foie et les intestins assurent naturellement la détoxification. Ce que ces produits provoquent, c’est avant tout une perte hydrique temporaire, souvent confondue avec une véritable perte de poids.” Un mirage bien rodé, où marketing et pseudo-science s’entrelacent pour entretenir l’espoir d’une transformation rapide et sans effort. Pourtant, derrière les promesses scintillantes des influenceuses et les silhouettes lissées des campagnes publicitaires, la réalité est bien plus brutale: “la minceur à tout prix a un coût, et c’est souvent la santé qui trinque”, insiste Mehdi Aouad. 

Quid de la chirurgie bariatrique ? 

Quand les régimes et les traitements minceur ne suffisent plus, la chirurgie bariatrique s’impose parfois comme une alternative. Mais à quel moment franchit-on la frontière entre nécessité médicale et diktat de la minceur ? “Elle devient une nécessité lorsque le patient présente un IMC supérieur à 40, ou supérieur à 35 avec des comorbidités comme le diabète, l’hypertension ou l’apnée du sommeil”, explique Amine Rafik, spécialiste en chirurgie plastique réparatrice et esthétique. Ici, il ne s’agit plus de répondre à une injonction esthétique, mais de préserver la santé, voire la vie du patient. Une décision qui repose sur une évaluation médicale, psychologique et nutritionnelle rigoureuse, loin des pressions sociales omniprésentes.

Pourtant, sur les réseaux sociaux, la chirurgie minceur se banalise. Liposuccions express, body contouring et mini-bypass sont parfois vendus comme des solutions rapides et sans conséquences. “Même si ces techniques sont bien maîtrisées, elles restent des interventions chirurgicales avec des risques et des exigences post-opératoires”, rappelle le spécialiste. Or, à coup de témoignages “avant-après” spectaculaires, certains influenceurs normalisent l’idée d’un corps sculpté en un passage au bloc, occultant les contraintes et le suivi nécessaires.

Dans cette logique de “tout, tout de suite”, certains centres privés surfent sur la tendance en proposant des “packs minceur” combinant chirurgie, coaching et suivi allégé. Une approche qui peut être bénéfique si elle repose sur une prise en charge pluridisciplinaire sérieuse (chirurgien, nutritionniste, psychologue, kinésithérapeute). Mais elle vire parfois au pur marketing. “Trop souvent, ces offres misent sur une logique commerciale plus que médicale, avec un suivi insuffisant et une promesse de transformation rapide qui ne tient pas sur le long terme”, met en garde Dr. Rafik. Car la chirurgie n’est pas une baguette magique. Elle reste un outil thérapeutique qui n’a de sens que dans le cadre d’un changement global de mode de vie. “Sans adaptation alimentaire, sans activité physique et sans suivi psychologique, la reprise de poids est presque inévitable”, insiste-t-il. C’est là que réside le véritable enjeu : faire de la chirurgie un point de départ, et non une fin en soi.

Encore faut-il être un bon candidat. Outre les critères médicaux, la motivation joue un rôle clé. “Il faut être prêt à changer son hygiène de vie, bien informé sur les risques et les limites de l’intervention, et accompagné sur le long terme.” À l’inverse, une demande purement esthétique, un trouble du comportement alimentaire non stabilisé ou une attente irréaliste sont autant de signaux d’alerte. “Nous ne sommes pas là pour vendre des corps parfaits, mais pour soigner. Parfois, le meilleur soin, c’est de dire non”, tranche le chirurgien.

Une question d’équilibre

Les discours des spécialistes sont unanimes : perdre du poids ne se résume pas à une simple équation calorique ou à une course contre la montre. Pour Mehdi Aouad, l’alimentation reste la clé, non pas sous forme de privations drastiques, mais d’un équilibre nourrissant et adapté à chacun. “Le problème avec les régimes drastiques, c’est qu’ils ne sont pas tenables sur le long terme”, prévient le spécialiste en maladies métaboliques. “Le corps finit par compenser, et l’effet yo-yo est quasiment inévitable. Il ne faut pas voir la perte de poids comme une phase temporaire, mais comme un changement progressif d’habitudes alimentaires.”

Pour lui, l’enjeu est surtout de réapprendre à manger, sans culpabilité ni obsession. “Ce qu’il faut, c’est se reconnecter à ses sensations de faim et de satiété, et privilégier une alimentation naturelle et variée. Les protéines, les fibres et les bonnes graisses sont essentielles pour maintenir un métabolisme actif et éviter les fringales incontrôlées.” Un avis partagé par Yassamine Ougaddoum, qui met en garde contre les solutions miracles : “Il faut arrêter de diaboliser certains aliments ou d’en glorifier d’autres. Aucun aliment n’est ‘magique’, pas plus qu’il n’est “toxique”. Ce qui compte, c’est la cohérence globale de l’alimentation sur la durée.”

Mais si l’alimentation est le socle d’une perte de poids saine, le sport joue aussi un rôle crucial. Un rôle que Coach Katy défend avec conviction. “On me demande souvent s’il est possible de perdre du poids uniquement en faisant du sport sans changer son alimentation. Ma réponse est claire : non. Le sport ne peut pas compenser une mauvaise hygiène de vie”, tranche-t-elle. “En revanche, il est un formidable outil pour transformer son corps durablement. En renforçant les muscles, on augmente naturellement son métabolisme, ce qui favorise la combustion des graisses.” Et d’ajouter : “La clé, c’est la progressivité. Il faut laisser au corps le temps de s’adapter, d’intégrer de nouvelles habitudes”, explique coach Katy. Son conseil pour éviter l’effet “tout ou rien” ? Revoir sa relation à l’effort et au temps. “De nombreuses personnes veulent des résultats immédiats et, au moindre écart, ils abandonnent. Mon rôle, c’est justement de leur montrer que chaque petit progrès compte. Se fixer des objectifs réalistes, fêter ses victoires, ne pas culpabiliser en cas de baisse de motivation… C’est ainsi qu’on crée un mode de vie sain sur le long terme.”

Ainsi, bien maigrir, c’est avant tout repenser sa relation à la nourriture, au mouvement et à son propre corps. Accepter que la santé et l’esthétique ne sont pas incompatibles, et que le chemin vers le bien-être ne passe ni par la souffrance ni par les diktats de la perfection.

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