Maternité tardive : Quelles relations créer avec son enfant ?

Devenir maman à 40 ans est le choix de plus en plus de femmes. Un désir qui, une fois réalisé, s'accompagne souvent de questions, de doutes et de défis. Car, avec un âge plus “avancé”, quels liens tisser avec son bébé ? Réponses d’expertes.

Elles ont 40, 42, 45 ans et ce sont de jeunes mamans. Après avoir consacré des années à leurs études, carrière ou tout simplement à leur épanouissement personnel, elles ont pris la décision de devenir mère pour la première fois, faisant fi des pressions sociétales et familiales. Mais ce choix, pleinement assumé, n’efface en rien la peur de ne pas être à la hauteur et de ne pas réussir à créer un lien affectif profond avec son bébé. L’angoisse est là. Elle est dévorante. Et si l’âge “avancé”, la santé allait gâcher ce désir enfin assouvi ? Il est important de ne pas se laisser submerger par ce sentiment et de se donner la permission de ne pas être parfaite ! La maternité est un chemin semé d’embûches et d’incertitudes, quel que soit l’âge. S’accepter dans toute sa complexité et ne pas se juger sévèrement face à des moments de doute permet de cultiver une relation plus vraie, plus authentique avec son bébé, comme l’explique Kenza Jai Hokimi, psychothérapeute spécialiste dans le développement de l’enfant, de l’adolescent et de la famille. “Les mères plus âgées ont souvent un fort désir d’avoir un enfant, ce qui les rend très investies émotionnellement. Elles peuvent être plus attentives et patientes mais parfois avec un niveau d’anxiété plus élevé surtout quand la grossesse a été difficile et attendue depuis longtemps”, explique, de son côté, Zineb Id Addi, psychologue et psychothérapeute de l’enfant, de l’adolescent et de l’adulte. Et d’enchaîner : “les mères plus âgées ne vivent pas la maternité de la même manière que celles plus jeunes en raison de la différence de leur vécu psychique, de leur équilibre émotionnel et de leur environnement social. Mais, l’impact sur le lien affectif entre une mère et son bébé est plus lié à sa propre structure psychologique qu’elle a eu avec sa propre mère et donc à son style d’attachement plutôt qu’à son âge pendant l’accouchement.” 

Les clefs d’une bonne connexion maman-bébé

Le contact physique reste un élément essentiel dans la construction du lien avec son bébé. Les premiers coups de pied, le rythme du cœur, les émotions partagées, …, ces échanges sensoriels sont au cœur d’une relation en construction. Après la naissance, le peau-à-peau, l’allaitement ou le bercement sont autant de pratiques qui permettent de développer cette magnifique connexion. Selon les scientifiques, le peau-à-peau favoriserait la production d’ocytocine, l’hormone de l’attachement, et aiderait à renforcer le lien mère-enfant. L’écoute active des besoins du bébé, la reconnaissance de ses signes non verbaux, devient également une forme de dialogue silencieux mais précieux pour développer ce lien. Car cela permet de mieux comprendre son petit bout de chou et d’instaurer une confiance mutuelle, ce qui est particulièrement important pour une mère plus âgée qui peut ressentir un certain décalage par rapport à la nouveauté de son rôle. La maternité tardive offre parfois aussi un luxe assez rare : le temps. Ayant peut-être plus de flexibilité dans leur emploi du temps ou un soutien familial plus solide, certaines mères plus âgées peuvent bénéficier d’un temps plus long à consacrer à leur bébé, sans être submergées par des impératifs de carrière ou d’autres responsabilités. Ce temps est précieux pour renforcer le lien affectif.

Préserver son bien-être

Pour Kenza Jai Hokimi, la pierre angulaire d’une relation saine et équilibrée avec son bébé se cache dans l’épanouissement personnel d’une maman. “Si un parent montre qu’il se priorise tout en étant bienveillant, il enseigne au fil du temps à son enfant des valeurs fondamentales comme l’amour de soi, l’équilibre émotionnel et le respect des limites personnelles”, souligne-t-elle. “Prendre soin de soi n’est pas égoïste, mais un acte éducatif puissant.” Aussi, comme le soutient Zineb Id Addi, il est important d’aider une mère qui a choisi la maternité tardive à définir ses priorités en tant que parent tout en préservant son bien-être personnel. “Cela implique de l’accompagner dans l’établissement d’un équilibre sain entre ses besoins personnels, sa vie familiale et sa vie professionnelle tout en prenant en compte les spécificités liées à son âge”, ajoute-t-elle, avant de partager quelques pistes comme la pratique du sport pour une meilleure santé physique et mentale, un temps de repos et de sommeil suffisant ou un réaménagement du temps de travail si besoin (des horaires de travail adaptés, du télétravail voire une reprise progressive). 

Ne pas être une mère étouffante !

Pour Zineb Id Addi, il est également essentiel d’encourager les mères plus âgées à trouver le juste équilibre entre leurs propres attentes et les besoins de leur enfant. “Beaucoup de mamans ont peur de ne pas faire assez pour leur bébé”, pointe-t-elle du doigt, avant de se référer au pédiatre Donald Winnicott. “Cette figure de la psychanalyse de l’enfant est le premier à avoir évoqué la notion de “mère suffisamment bonne”. À travers sa théorie, il nous explique que la mère absente ou négligente, pour une quelconque raison physique ou psychologique, impacte négativement la structure de l’attachement sécure dont le bébé a besoin. Mais, de l’autre côté, une mère trop présente, répondant aux besoins du bébé avant même qu’il ne les exprime, impacte aussi négativement l’attachement affective de son bébé.” Pour cette spécialiste, il est important d’avoir en tête cette notion afin de trouver le juste milieu entre ces deux extrêmes. “Un bébé a, certes, besoin de sa maman mais il est impératif de le laisser exprimer ses besoins et de faire ses propres expériences”, enchérit-elle. “Dans tous les cas, une mère est amenée à faire comme elle peut sans chercher à s’user dans la perfection.” Aussi, peut-on dire que la maternité tardive est à la fois un défi et une forme d’enrichissement.  Patience, écoute et attention consciente sont autant d’ingrédients pour réussir la connexion. “In fine, ce qui compte, ce n’est pas l’âge du parent, mais sa capacité à être un pilier fondamental débordant d’amour inconditionnel”, résume, de son côté, Kenza Jai Hokimi, “En étant disponible en tout temps et ouvert à la vie de son enfant, il est possible de bâtir une relation épanouissante et pleine de complicité.” En clair, il n’y a pas d’âge pour aimer et pour être une mère pleinement présente, sans être étouffante !

La robe bohème est un must have de cette saison , voici quelques inspirations pour la porter sans fashion faux
La suppression du département de l'Éducation pourrait bouleverser le système éducatif américain.
Le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication a annoncé la prolongation du délai de dépôt
Le Conseil de gouvernement a adopté, jeudi, un décret visant à mieux encadrer les infractions au Code de la route.