Football Féminin : Vers la fin des préjugés

Signe Du Destin, Comme En 1970 pour Les Garçons, Les Lionnes De L'Atlas ont Affronté L'Allemagne. Par Amine Birouk, Rédacteur en chef à Radio Mars

Elle s’appelle Nadia Makdi. Le monde du football l’a surnommé Tigana pour la ressemblance de son jeu avec celui de l’international français des années 80. Douée, technique, Nadia avait effectué ses premiers pas dans le football de quartier dans des équipes masculines. Ses coéquipiers de l’époque l’avaient “tolérée” en raison de ses qualités. D’autres jeunes femmes n’ont pas eu sa chance. Victimes du regard d’une société ultra conservatrice, elles n’ont pas pu vivre leur passion du football. D’ailleurs ce regard rétrograde a poussé certains footeux machistes à les considérer comme des garçons manqués.

Et pourtant, ce regard a commencé à changer en 1997 lors de la création de la 1ère sélection féminine. Sous l’impulsion de la secrétaire d’État chargée de la jeunesse et des sports de l’époque, Nawal El Moutawakel, un embryon de sélection a vu le jour. Ainsi les Lionnes de l’Atlas ont disputé deux éditions de la CAN en 1998 et 2000, et mesuré le chemin à accomplir face aux forces émergentes du football sur notre continent.
Face au Nigéria, au Cameroun, à l’Afrique du Sud, Tigana, Mouracchah Rachida, Hilal Malika and co ont découvert le retard abyssal du football féminin comparativement à ces pays. Faute d’intérêt de la FRMF et des clubs, le football féminin était voué à un anonymat perpétuel.
25 ans plus tard, la FRMF a initié une vraie révolution culturelle et sociétale. Sous l’impulsion de son Président Fouzi Lekjaa, un championnat professionnel a vu le jour. La Fédération a pris en charge les salaires et a initié un “plan Marshall” pour doter ces associations sportives de moyens conséquents. Enfin le volet formation a émergé avec notamment la création d’un programme de Sport Études afin de permettre aux pépites de demain d’avoir la meilleure formation possible tout en bénéficiant d’un programme d’études adéquat.
Passée la phase où il fallait bâtir des fondations plus solides, un petit déclic était nécessaire pour permettre au football féminin de gagner les cœurs des citoyens toutes classes sociales confondues. La CAN 2022 organisée par le Royaume a parfaitement tenu ce rôle. En effet, les performances des coéquipières de Ghizlane Chebbak ont suscité l’engouement du public. Crescendo des familles entières ont garni les tribunes. Chaque dribble de Fatima Tagnaout, chaque envolée de Rosella Ayane ou chaque intervention défensive de Nisrine Chad ont suscité les applaudissements des supporters.

En 6 matches, les joueuses du français Reynald Pedros ont conquis le cœur des citoyens. Un chiffre peut illustrer ce trend : lors de la finale, malheureusement perdue devant l’Afrique du Sud, 46 000 aficionados avaient garni les tribunes du Complexe Moulay Abdellah de Rabat. Un record d’Afrique en termes d’affluence dans un match de football féminin.
12 mois plus tard, ce groupe qui a conquis tous les cœurs s’apprête à vivre la 1ère Coupe du Monde du football féminin marocain. Il le fera comme l’équipe masculine en 1970 face à l’Allemagne. Ce signe du destin donnera un piment supplémentaire à ce match historique. Il sera suivi par deux autres confrontations moins symboliques mais tout aussi importantes contre la Corée du Sud et la Colombie. Ce sera un petit pas pour les Lionnes de l’Atlas, mais un grand pas dans le processus d’émancipation de la femme marocaine via le football.

Amine Birouk, Rédacteur en chef à Radio Mars

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