Archives des Luxe - Femmes du Maroc https://femmesdumaroc.com/dossiers-specials/luxe Le magazine leader de la presse féminine au Maroc Inspiration, Envies, Style, Beauté, Idée Fri, 26 Dec 2025 12:56:37 +0000 fr-FR hourly 1 https://femmesdumaroc.com/wp-content/uploads/2022/12/cropped-fav-fdm3-32x32.png Archives des Luxe - Femmes du Maroc https://femmesdumaroc.com/dossiers-specials/luxe 32 32 Le Maroc, destination VIP https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/le-maroc-destination-vip Fri, 26 Dec 2025 12:10:17 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=126893 Madonna, Rihanna, Beyoncé, famille Beckham, Dua Lipa, Ronaldo, Mbappé… toutes les routes mènent désormais au Maroc. Une destination où palaces iconiques, villas secrètes et expériences taillées sur mesure réinventent le luxe contemporain. Ici, le “oui” est devenu une signature, et chaque séjour se transforme en scène imaginée pour ceux qui veulent vivre l’exception autrement.

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Il suffit d’observer Marrakech un vendredi soir pour comprendre : jets privés alignés au tarmac, stylistes en repérage, équipes de production venues shooter une campagne beauté à la lumière rouge du désert, mannequins en transit vers un défilé improvisé dans un riad art déco… La ville ne suit plus les tendances : elle les fabrique. Brice Jakubowicz, fondateur de l’agence événementielle de luxe Deligh Event Management, qui orchestre mariages grandioses, soirées ultra-privées et événements corporate pour les marques internationales, voit cette transformation de l’intérieur. “Marrakech est devenue une ville capable d’accueillir une clientèle internationale extrêmement exigeante, mais aussi tout l’écosystème du luxe : créateurs, productions, maisons, artistes… Et les nouvelles lignes aériennes y contribuent énormément.” 

Des Palaces de luxe pour vivre des moments inoubliables.

Une affaire de “discrétion”

Un détail ? Pas du tout. Les connexions directes avec la majorité des capitales européennes, New York, Riyad, Dubaï, Doha et bientôt d’autres capitales premium ont propulsé la destination dans une nouvelle dimension. Les nouvelles liaisons aériennes premium ont ouvert le pays à des nationalités qui n’y venaient pas : Américains, Indiens, Asiatiques, Sud-Américains… “La connectivité avec l’Europe, les États-Unis et le Moyen-Orient a changé la donne. Cela a ouvert le Maroc à des profils qu’on ne voyait pas avant”, confirme Brice Jakubowicz. Plus de flexibilité, plus de jets, plus d’arrivées last minute. Un rêve logistique pour les Ultra High Net Worth Individual ou clients ultra prémium (UHNWI). Et quand ils arrivent, c’est pour vivre des choses qu’ils ne trouvent plus ailleurs. 

Montgolfière privatisée au lever du soleil. Dîner de marque dans un palais fermé au public. Défilé miniature pour un créateur dans un jardin botanique. Shooting couture dans une oasis. Chefs étoilés parachutés pour un seul repas. Rituels ancestraux revisités façon haute couture. Karim Fehry Fassy, fondateur d’Alizés Private, résume cette nouvelle grammaire du luxe marocain : “Le luxe, aujourd’hui, c’est l’émotion. On ne chérit plus une suite, mais une mise en scène. Notre rôle, c’est de créer des expériences impossibles à reproduire ailleurs.” Et ce ballet de jets, de chefs et de créateurs n’est que la partie visible du Maroc ultra-luxe. L’autre atout, plus discret mais décisif, c’est la confidentialité absolue du pays. Ici, une célébrité peut sortir d’un terminal VIP sans croiser un téléphone braqué sur elle. Une illustre personnalité peut séjourner trois jours dans une villa sans qu’aucune trace n’apparaisse sur les réseaux. 

“Certaines stars viennent uniquement pour disparaître quelques jours. Elles cherchent un retrait total, et le Maroc sait préserver cela”, confie Houda Kruszewski, fondatrice de la conciergerie de luxe Kech Prestige, dont le quotidien consiste justement à protéger ces arrivées furtives et ces séjours invisibles. “Nos clients savent qu’ici, la confidentialité n’est pas un luxe ajouté. C’est une évidence.” Cette sécurité, réelle et perçue, explique pourquoi des stars américaines, des footballeurs internationaux, des mannequins, de grandes personnalités politiques et même des membres de familles royales étrangères choisissent aujourd’hui Marrakech plutôt que Dubaï ou Ibiza. “Ils veulent une expérience incarnée, sécurisée, différente de ce qu’ils connaissent ailleurs”, résume Karim Fehry Fassy. Et cette attractivité ne repose pas que sur Marrakech. Tanger, Casablanca, Agadir, Taghazout, Tétouan, Fès, etc., toutes suivent, chacune avec son style.

Adresses-destinations

Mais si les avions se remplissent, ce n’est pas uniquement pour la lumière du désert ou la facilité des transferts. C’est aussi parce que les hôtels marocains ont changé de dimension. En quelques années, le Royaume a vu éclore une génération d’établissements capables de rivaliser avec les plus grandes adresses du monde, et parfois de les dépasser. Palaces aux tables tenues par des chefs multi-étoilés. Villas où l’on dîne face à un chef arrivé en jet. Spas transformés en sanctuaires holistiques. Rooftops dessinés par des designers internationaux. Expériences sur mesure qui n’existent nulle part ailleurs. Karim Fehry Fassy le résume d’une phrase : “Certains lieux sont devenus des destinations en soi. On n’y va pas pour la région, on y va pour l’adresse.” Puis il glisse un exemple : “On nous demande des itinéraires Fès–Marrakech–Kasbah Tamadot. L’adresse suffit.”

Le pays ne se lit plus comme une carte touristique. C’est devenu une constellation d’univers, chacun avec sa personnalité et son aura propre. À Marrakech, le Royal Mansour traite l’hôtellerie comme de la haute couture; La Mamounia séduit autant les chefs internationaux que les photographes de mode ; le Selman a élevé l’art équestre au rang d’expérience iconique ; le Mandarin Oriental mise sur la déconnexion absolue. Ailleurs, les adresses parlent d’elles-mêmes: la Sultana Oualidia (refuge), La Fiermontina Océan (luxe brut), Kasbah Tamadot (Atlas mythique), Villa Mabrouka (aura YSL), Tamuda Bay et Tétouan (balnéaire intimiste), Taghazout (surf premium + wellness), etc. Autant de lieux qui suffisent à justifier un voyage entier. “Nos voyageurs UHNWI (Ultra High-Net-Worth Individuals) ne cherchent plus seulement les grandes signatures internationales : ils veulent ces adresses intimistes, presque secrètes, qui racontent une histoire”, souligne Cyndie Marchand, cofondatrice d’Escales Collection. Et c’est cette promesse-là, intime, scénarisée, authentique, que les stars et les grandes fortunes traversent la planète pour venir chercher.

Des expériences uniques impossibles à reproduire ailleurs.

Du sur mesure

En fait, le pouvoir d’attraction du Maroc ne s’arrête pas aux palaces. Ce qui impressionne le plus les habitués du luxe mondial, c’est la manière dont le pays répond aux désirs instantanés de cette clientèle. Ici, on ne planifie pas : on réalise. Et parfois dans des délais qui défient la logique. Houda Kruszewski en rit encore: “Certains décident leur arrivée deux heures avant d’embarquer. On doit tout mettre en place pendant qu’ils sont en plein vol.” Dans son WhatsApp, les demandes se succèdent : un dîner sous les étoiles “ce soir”, un spa privatisé “dans une heure”, une balade équestre au lever du soleil “si possible avant 6h”. Et bien sûr, cette anecdote devenue légende : un jet parti à vide pour aller chercher une trousse de maquillage oubliée à l’étranger. “Ils fonctionnent à l’impulsion, à la minute. À nous de suivre leur rythme”, glisse-t-elle.

Karim Fehry Fassy le confirme : “C’est une clientèle qui veut ressentir quelque chose tout de suite.” Pour certains, c’est un hammam ancestral revisité pour eux seuls, avec un rituel familial transmis de génération en génération. Pour d’autres, ce sera un déjeuner improvisé chez une potière, ou une séance de parfumerie privée avec un nez invité du Moyen-Orient. D’autres encore veulent “plutôt une soirée avec un conteur au cœur du désert, une journée avec une apicultrice, une rencontre avec un artisan. Sublimées avec justesse, ces scènes deviennent des moments rares et profondément personnels”, confie Cyndie Marchand. Au fond, si le Maroc séduit autant, c’est parce qu’il concentre en un seul pays ce que les ultra-riches vont chercher aux quatre coins du monde. “Quelques heures de route suffisent pour changer complètement de décor : désert, océan, montagne, campagne, médina, palmeraie… une variété que peu de destinations peuvent offrir avec cette fluidité”, assure la cofondatrice d’Escales Collection.

“C’est rare de pouvoir proposer autant d’expériences différentes à la même personne en si peu de temps”, constate Karim Fehry Fassy. Un séjour peut commencer en montgolfière au-dessus des villages amazighs, se poursuivre avec un déjeuner face à l’Atlantique et finir autour d’un feu dans les dunes. Ce rythme-là, cette densité-là, a peu d’équivalents. Et c’est précisément ce que viennent chercher les artistes, les sportifs, les dirigeants ou les familles fortunées : un pays où l’on peut changer d’univers sans changer de fuseau horaire. Un pays capable de créer du spectaculaire sans faire de bruit, d’orchestrer l’exception sans jamais perdre son authenticité. Au final, si les stars reviennent, ce n’est ni pour être vues, ni pour être reconnues : “c’est parce qu’ici, tout semble possible ; et que tout l’est vraiment”, conclut Cyndie Marchand.

“Marrakech, une marque de luxe mondiale”

Dans mon métier, j’ai vu défiler des visages extrêmement connus : acteurs internationaux, figures du showbiz, dirigeants influents, profils très haut placés… et toutes s’accordent sur un point en posant le pied à Marrakech : “Aucune autre destination ne dégage ça.” Marrakech, aujourd’hui, est une marque. Une ville capable de répondre à des attentes que d’autres destinations ne peuvent tout simplement pas suivre. Elle a dix ans d’avance. Une densité d’expériences, de lieux iconiques, de services d’exception… Et surtout, une capacité unique à accueillir une clientèle internationale extrêmement exigeante. Quand on m’appelle pour organiser un mariage XXL, une soirée ultra-confidentielle ou un événement corporate de très haut niveau, je sais que Marrakech tiendra ses promesses. 

Mais ce serait une erreur de croire que le Maroc se résume à Marrakech. Le reste du pays a un potentiel immense. Les côtes nord, la région de Larache, les oasis, les villages, les zones encore peu exploitées… Tout est là, sous nos yeux. Le Maroc peut devenir un modèle du luxe mondial si l’on décide de développer d’autres villes avec la même exigence, la même vision, la même ambition. Il ne s’agit pas de copier Marrakech, mais plutôt de créer d’autres narratifs, d’autres identités.

De faire monter en gamme des destinations qui ne demandent qu’à briller. De valoriser un patrimoine exceptionnel, une culture riche, un climat de confiance, une hospitalité instinctive. Marrakech a 

ouvert la voie. Le Maroc, lui, n’a encore montré qu’une partie de ce qu’il peut offrir.

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Malik Meziane : “Le luxe marocain n’est plus un objet, mais une émotion” https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/malik-meziane-le-luxe-marocain-nest-plus-un-objet-mais-une-emotion Fri, 26 Dec 2025 12:08:37 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=126911 Malik Meziane, Fondateur et Directeur Général d’Awrès, cabinet de conseil en hôtellerie, restauration et art de vivre, décrypte la transformation du luxe marocain. Pour lui, le véritable luxe ne se possède plus : il se ressent, dans l’émotion, l’attention et l’expérience sur-mesure qui imposent la singularité marocaine.

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Comment définiriez-vous le luxe à la marocaine ?

Pour moi, le luxe à la marocaine ne se résume pas à des objets ou à des marques. C’est un mélange subtil d’héritage artisanal, d’hospitalité chaleureuse et de raffinement contemporain. C’est un luxe que l’on ressent : dans un parfum, une texture, un geste. Il est profondément humain et authentique. Le luxe marocain, c’est ce sur-mesure qui nous touche, cette attention portée aux détails et cette capacité à créer de l’émotion. Ce n’est pas l’ostentation qui compte, mais ce que l’on vit.

En quoi cette notion a-t-elle évolué au fil du temps ?

Dans le passé, le luxe se montrait : on collectionnait, on exhibait, on affichait. Aujourd’hui, il se vit. Les gens recherchent l’expérience, le sens, l’émotion. Ils veulent des séjours personnalisés, des matériaux naturels, des traditions revisitées, un minimalisme élégant. Au Maroc, le luxe a quitté la logique de possession pour entrer dans celle de l’expérience.

Les Marocains consomment-ils réellement du luxe ?

Oui, et de plus en plus, mais différemment de nos voisins européens ou des touristes. Ici, le luxe se traduit par un week-end bien-être dans un riad, un dîner gastronomique raffiné, un spa sophistiqué ou un séjour court mais très qualitatif. La clientèle locale a changé : elle est jeune, mobile, exigeante, et souhaite des expériences premium qui reflètent sa personnalité.

Qu’est-ce qui distingue le luxe au Maroc ?

Trois choses me viennent à l’esprit. D’abord, l’hospitalité, cette chaleur humaine qui fait que l’on se sent chez soi même loin de chez soi. Ensuite, l’artisanat, capable d’être à la fois traditionnel et innovant. Et enfin, l’expérience sensorielle : les parfums, les textures, les rituels, … 

Quelles sont les destinations marocaines qui s’imposent comme les nouveaux hotspots du luxe ?

Marrakech reste incontournable, bien sûr, mais des lieux comme Agafay, Ouarzazate, Skoura, Dakhla, Essaouira et Tanger gagnent en popularité. Je trouve fascinant de voir le Maroc se réinventer et proposer autant de nuances dans son offre de luxe.

Selon vous, que reste-t-il à faire pour hisser encore davantage l’expérience du luxe au Maroc ?

Le Maroc possède les atouts pour devenir une référence mondiale: artisans d’exception, paysages uniques, hospitalité incomparable. Mais il faut continuer à former au service premium, renforcer la gastronomie, valoriser l’artisanat contemporain, structurer le wellness et développer le tourisme durable haut de gamme. Le potentiel est là ; il s’agit maintenant de le sublimer.

Peut-on dire que le Maroc a réussi à créer sa propre signature du luxe ?

Oui, nous avons notre propre griffe : un style identifiable, un art de vivre singulier, un artisanat reconnu et une hospitalité inimitable. Le luxe marocain est émotionnel, culturel et profondément humain. C’est cette signature qui fait rayonner notre pays à travers le monde.

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Le luxe, l’âme de l’espace https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/le-luxe-lame-de-lespace Fri, 26 Dec 2025 12:08:00 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=126902 Des salons traditionnels aux intérieurs sur-mesure, les maisons marocaines vivent une transformation profonde. Le luxe y prend de nouvelles formes, nourries par le design, la matière et un artisanat plus vivant que jamais. Cette évolution redessine notre manière d’habiter, plus apaisée, plus pensée, où chaque détail est choisi pour durer et raconter quelque chose de soi. Détails.

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Il suffit d’entrer dans une maison marocaine pour comprendre que l’esthétique n’y est jamais anodine. Pendant des générations, le luxe des intérieurs s’est exprimé dans l’opulence des salons, dans les broderies fines et dans la brillance d’une vaisselle réservée aux grandes occasions. Ce luxe-là était indissociable d’un art de recevoir, d’une manière d’habiter qui plaçait l’invité au centre de la scène. “Nous avons hérité d’un véritable savoir-habiter, différent selon les régions, mais toujours pensé pour magnifier l’accueil et célébrer le quotidien”, rappelle Fadwa El Gharib, fondatrice de Elf &Partners. Mais à mesure que les usages évoluaient, une autre attente s’est installée. La maison s’est mise à répondre à un besoin plus personnel, plus quotidien, moins codifié. “Aujourd’hui, ce qui compte, c’est l’équilibre entre la matière et l’atmosphère que l’on crée”, souligne Fadwa. “Le luxe n’est plus un apparat : c’est un espace qui a une âme, qui raconte une histoire et qui s’inscrit dans un héritage tout en restant profondément personnel.”

Le luxe de l’espace

Ce glissement esthétique se voit d’abord dans le cœur battant de la maison : le salon. Autrefois, ses lignes généreuses occupaient l’espace et affirmaient le statut familial. Seddaris enveloppants, tissus brillants, coussins à profusion… même la table suivait cette logique, avec la vaisselle Taous, les verres Bellar et les plateaux ciselés du rituel du recevoir. Aujourd’hui, le décor a changé. Le canapé design remplace le seddari, les assises passent au modulable, les dossiers s’abaissent, les formes s’allègent. 

Les familles qui visent le haut de gamme misent sur des pièces signées et des griffes internationales, et leurs tables adoptent des céramiques contemporaines ou des collections de maisons comme Hermès, Minotti, Vista Alegre, Serax, etc., remplaçant les services dorés d’hier. “Le salon marocain n’a pas disparu, il s’est transformé”, souligne Fadwa El Gharib. “On surcharge moins, mais on garde l’essentiel : la chaleur, la matière, la noblesse du bois, la main de l’artisan.” Là encore, les codes évoluent : le bois n’est plus sculpté en lourds motifs, mais travaillé en reliefs fins, brûlé ou laissé mat pour révéler sa texture.

Chez Roche Bobois, la tendance est nette : “Les clients veulent des intérieurs plus personnels, plus cohérents”, souligne Fatima Ezzahra Moufaddal, architecte d’intérieur. Le sur-mesure devient une évidence. Les lignes contemporaines s’accordent à l’âme marocaine : un zellige découpé, une table en marbre, un panneau sculpté… L’héritage demeure, mais avec plus de respiration. Et au cœur des attentes, une même priorité : l’espace. “L’espace et la lumière seront les premiers luxes de demain”, prédit Fadwa El Gharib. “Le luxe ne s’accumule plus : il se ressent.”

Artisanat et personnalisation

Paradoxalement, plus les intérieurs se modernisent, plus l’artisanat marocain s’impose comme le marqueur central du luxe. Mais un artisanat revisité, décomplexé, poussé à son expression la plus contemporaine. “L’artisanat n’occupe pas une place dans le luxe marocain, il est la place”, tranche Fadwa El Gharib. “Le luxe ne consiste plus à acheter un objet, mais à participer à sa création.” Zellige découpé ou sculpté, bois brûlé et re-gravé, parchemin réinventé, terre cuite transformée en revêtement mural… La main de l’artisan ne reproduit plus seulement : elle invente. Les frontières entre design, art et tradition deviennent plus poreuses que jamais. “Au Maroc, même dans les projets les plus modernes, le fait-main reste une marque de prestige. C’est ce qui nous distingue du reste du monde”, ajoute-t-elle. 

À ce renouveau esthétique s’ajoute une dimension très personnelle. Les clients haut de gamme, marocains comme étrangers, ne veulent plus un décor : ils veulent une histoire. “Leur maison devient un laboratoire d’expériences, un moyen d’affirmer leur singularité”, explique Fadwa El Gharib. “Notre rôle est d’assembler les pièces de leur imaginaire pour créer un voyage émotionnel unique.”  Chez Roche Bobois, cette singularité se traduit par des demandes parfois étonnantes : une maison entièrement monochrome, ou au contraire un intérieur où chaque pièce adopte une couleur différente. “Ces envies reflètent la personnalité des clients, et c’est un vrai plaisir de les concrétiser”, confie Fatima Ezzahra Moufaddal. “Nous transformons leurs inspirations en une expérience de vie esthétique et cohérente.” 

Dans cette nouvelle grammaire du luxe, le détail devient souverain. Non pas le détail ostentatoire, mais celui qui porte une âme : un linge de maison brodé qui rappelle un trousseau familial, un parfum d’intérieur conçu comme une signature, une céramique qui garde la trace de la main. “Le raffinement réside dans l’histoire d’un objet bien plus que dans sa valeur matérielle”, résume Fadwa El Gharib.

Vers une maison plus intuitive 

Ainsi, les expertes convergent : la maison marocaine de luxe de demain sera un lieu de paix. Un espace où la technologie s’efface pour ne laisser place qu’au confort sensoriel. Les pièces s’ouvriront davantage, la lumière deviendra un élément structurant, et chaque volume sera pensé pour apaiser plutôt que pour impressionner. Le confort ne sera plus un supplément, mais la base même de la conception. “La maison de luxe sera plus intelligente, mais de manière intuitive, presque imperceptible”, précise Fatima Ezzahra Moufaddal. “Les matériaux naturels, la lumière, les volumes ouverts créeront une harmonie totale. 

La modernité ne s’opposera plus à la tradition : elle la prolongera. Les gestes artisanaux resteront le fil rouge : un mur sculpté, une céramique modelée, un tissu brodé main… autant de traces humaines qui rappellent que l’âme marocaine ne se perd jamais, même lorsqu’elle s’ouvre au monde.

 

 

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Nouveau luxe : moins de possession, plus de sensations https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/nouveau-luxe-moins-de-possession-plus-de-sensations Fri, 26 Dec 2025 09:19:39 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=126889 Longtemps associé à l’apparat, aux bijoux lourds, aux salons richement ornés et aux mariages fastueux, le luxe marocain dans sa version ostentatoire est aujourd’hui en pleine métamorphose. Devenu autant une quête d’identité qu’une recherche d’esthétique et d’expérience, il révèle les mutations profondes d’un pays où la distinction sociale se joue désormais sur les codes culturels, les goûts raffinés et la capacité à vivre des expériences exclusives et multisensorielles. Deux spécialistes, la sociologue Nadia Lamoudy et l’anthropologue Chakib Guessous, décryptent pour nous les ressorts intimes de cette transformation.

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Le rapport des Marocains au luxe est en pleine métamorphose. Autrefois signe extérieur de richesse et marqueur de statut social, il se décline aujourd’hui dans une dimension plus intime, plus symbolique et plus expérientielle. Historiquement, le luxe marocain se manifestait par des possessions visibles : bijoux en or, vêtements brodés, salons somptueux et cérémonies fastueuses. Chaque objet, chaque espace, chaque geste était un signe de prestige et d’appartenance à une élite. Mais l’ouverture sur le monde, l’urbanisation et l’omniprésence des réseaux sociaux ont transformé ce rapport. Dr. Nadia Lamoudy, professeure de sociologie et psychologie sociale à l’université Hassan II à Casablanca explique que  “historiquement, le luxe était ostentatoire; aujourd’hui, il devient symbolique, expérientiel et émotionnel”. La sociologue cite le philosophe Jean Baudrillard qui résume parfaitement cette mutation : “le luxe n’est plus un objet, mais une forme d’énergie symbolique.” 

Cette transition s’inscrit dans un mouvement global. Selon une récente étude du cabinet améaméricain de conseil Bain & Company, le marché mondial du luxe devrait se stabiliser autour de 1440 milliards de dollars de revenus en 2025, mais il continue de perdre des clients, “au rythme de 10 à 20 millions de consommateurs encore cette année” après un pic en 2022. L’étude observe un glissement profond des comportements : la hausse continue des prix, jugée déjà “très élevée” l’an dernier, crée une désaffection, tandis que les consommateurs restants se tournent vers les expériences plutôt que les objets. Ce “changement tectonique” profite aux croisières hôtelières, à la gastronomie haut de gamme ou aux voyages, au détriment des biens traditionnels. “Les gens sont moins dans la possession que dans une forme d’hédonisme et de jouissance et donc il y a une réallocation des dépenses depuis tout ce qui est achat de produits vers tout ce qui est lié au voyage ou à l’art de vivre”, explique Dr. Chakib Guessous, anthropologue.

Une histoire d’héritage 

Une grande partie du  luxe marocain trouve son essence dans une esthétique du partage et de l’hospitalité. Offrir son plus beau salon à l’invité, soigner la présentation d’un repas ou organiser une réception, ce n’est pas seulement démontrer sa richesse : c’est exprimer une philosophie de vie. “Le luxe marocain trouve son origine dans une philosophie de la générosité et de l’hospitalité (Al karam). Il répond à des besoins d’identité, de singularité et d’affirmation de soi et permet à l’individu de se distinguer tout en se reliant à une culture partagée”, souligne Nadia Lamoudy. Chakib Guessous, nuance toutefois : “La générosité est une valeur innée chez les Marocains, même dans la difficulté. Mais ce n’est pas forcément du luxe. Le vrai luxe marocain, c’est l’art de vivre et la beauté.” Le luxe se vit, selon lui, dans l’attention portée à l’autre, dans la qualité de l’expérience, et dans la subtilité du geste.

L’histoire du Maroc a façonné une culture du luxe unique, mêlant savoir-faire artisanal et influences culturelles multiples. L’empreinte andalouse, introduite par les migrations depuis l’Espagne médiévale, se traduit par des décors raffinés, des motifs géométriques et de la calligraphie. L’influence arabo-musulmane valorise l’harmonie, la symétrie et l’usage de matériaux nobles comme le marbre ou le bois sculpté. Le savoir-faire amazigh se manifeste dans les tapis, textiles et poteries, où la technique se mêle à la symbolique culturelle. Enfin, les influences coloniales ont introduit modernité et design urbain. “Chaque objet de luxe raconte une histoire et une identité locale, conférant au luxe marocain une dimension narrative et symbolique”, observe Nadia Lamoudy.

Cette stratification historique explique pourquoi le luxe contemporain allie patrimoine et modernité. “Les riads restaurés, la maroquinerie de Fès et Marrakech, ainsi que les caftans revisités par les jeunes créateurs témoignent de cette hybridation. Mais le luxe n’est pas uniquement matériel : il est aussi immatériel, présent dans les gestes, les rituels et les expériences. Le luxe devient ainsi un vecteur de mémoire culturelle, d’identité et de singularité personnelle”, poursuit Dr. Guessous.

La gastronomie occupe également une place centrale dans le luxe marocain. Dans les palaces comme dans les restaurants étoilés, les plats traditionnels sont revisités avec des techniques contemporaines, offrant une cuisine qui marie héritage et modernité. Pour Nadia Lamoudy, “le raffinement gastronomique est désormais un marqueur de distinction, combinant capital économique et capital culturel : le choix de produits rares, la maîtrise des codes culinaires et la mise en scène des repas deviennent autant de signes de prestige.”

Entre luxe urbain et distinction sociale

Dans les grandes villes marocaines, le luxe s’exhibe de manière différenciée selon le contexte social et géographique. Casablanca, par exemple, ville cosmopolite et économique, incarne l’ostentation. Ici, les jeunes cadres et la classe moyenne aspirante cherchent à afficher leur réussite, parfois au détriment d’autres dépenses. “Certains cadres s’endettent pour acheter une voiture haut de gamme”, explique Chakib Guessous. “On affiche plus qu’on ne vit réellement le luxe.” Les façades des villas, les rooftops prisés et les restaurants sélects deviennent des vitrines de statut social. À Rabat ou dans d’autres villes, le luxe se vit davantage à l’intérieur, dans une logique plus intimiste et moins démonstrative.

Alors que le luxe autrefois reposait sur la possession matérielle, il s’appuie désormais sur la maîtrise des codes culturels, l’accès aux expériences rares et la singularité. “Le luxe ne se limite plus à la possession d’objets coûteux, il se traduit par la maîtrise des codes culturels, l’expérience esthétique, la personnalisation et la rareté des objets artisanaux. Ces nouvelles formes génèrent des inégalités sociales symboliques, car seuls ceux qui possèdent le capital culturel ou l’accès aux bonnes informations peuvent véritablement s’approprier ce luxe”, précise Dr. Lamoudy.

Une expérience all-in

Le Maroc connaît un essor remarquable du luxe expérientiel, qui dépasse la simple possession d’objets pour devenir une expérience globale. C’est une approche du “plaisir total” qui séduit aujourd’hui. Les hôtels de luxe, les restaurants gastronomiques, les spas et les expériences sensorielles incarnent cette démarche. “Le luxe devient une expérience intime, un moment de reconnexion à soi”, explique la sociologue. Des rituels comme les spas et les soins holistiques ne sont plus seulement des pratiques quotidiennes : ils deviennent des expériences de bien-être haut de gamme, symboliques et sociales. La sociologue poursuit : “Ces pratiques répondent à des besoins de plaisir, d’émotion et d’affirmation de soi, tout en renforçant le lien avec le patrimoine culturel.”

Pour l’experte, le Maroc s’inscrit désormais dans une dynamique internationale du luxe global, où l’expérience prime sur l’objet. Comme le souligne Chakib Guessous, le pays propose aujourd’hui une hôtellerie haut de gamme, une gastronomie d’excellence, un accueil singulier et des soins mêlant bien-être physique et mental. “Certains établissements vont même jusqu’à intégrer des programmes complets : nutrition, suivi médical, spa, méditation… reflétant une vision holistique du luxe.” Pour l’anthropologue, cette évolution dépasse la simple modernisation : “Le Maroc s’aligne sur les tendances mondiales tout en gardant une signature propre. Le luxe n’est plus seulement un cadre raffiné : c’est un parcours pensé pour apaiser, sublimer et reconnecter.”

Même son de cloche chez Nadia Lamoudy : “Les codes ont évolué, ce n’est plus seulement la richesse matérielle qui distingue, mais la capacité à vivre, orchestrer et partager des expériences raffinées.” Le luxe reste donc un outil de différenciation, mais son langage s’est complexifié, intégrant l’expérience, la singularité et la maîtrise des codes culturels.

Sur les réseaux sociaux, un luxe hybride

L’essor des réseaux sociaux a profondément transformé le rapport au luxe. Instagram, TikTok et autres plateformes amplifient l’exposition et l’ostentation, faisant du luxe un langage visuel et immédiat. Les Marocains, en particulier les jeunes urbains, y affichent leurs achats, leurs séjours dans des hôtels prestigieux, leurs sorties ou leurs pièces de créateurs dans un souci de mise en scène de soi. “Les sacs siglés, les montres, les voitures ou même les additions de restaurants deviennent des “preuves sociales” destinées à valider un statut, construire une identité digitale ou susciter l’admiration”, explique la sociologue. Cette logique, héritée des codes globaux du “luxury lifestyle”, renforce une compétition symbolique où l’apparence compte autant, sinon plus, que l’expérience vécue. Elle crée ainsi un luxe performatif, conçu pour être vu, partagé et commenté, dans un environnement où l’image prime sur le vécu réel.

Mais ces réseaux favorisent aussi l’émergence d’un luxe durable et éthique. Nadia Lamoudy précise : “Le luxe devient hybride, mêlant visibilité sociale, authenticité et responsabilité. Des séjours dans des riads restaurés avec des matériaux locaux, des repas gastronomiques à base de produits bio ou des objets artisanaux en série limitée incarnent ce nouveau modèle. Le luxe n’est plus seulement matériel : il est émotionnel et responsable.”Selon Dr. Guessous, “aujourd’hui, le luxe s’exhibe beaucoup plus qu’autrefois”. Mais cette exposition n’exclut pas la quête de singularité et de sens. “Une catégorie de consommateurs cherche à combiner plaisir esthétique, identité culturelle et engagement social ou écologique. Le luxe devient un outil d’expression personnelle, un marqueur de style et de valeurs”, poursuit l’anthropologue.

Le luxe marocain contemporain oscille entre ostentation et intimité, matérialité et expérience. Il s’agit d’un luxe hybride, capable de conjuguer héritage culturel, identité personnelle et ouverture sur le monde. Pour les deux spécialistes, la tendance semble se diriger vers une valorisation du capital culturel et expérientiel, tout en conservant une dimension symbolique de distinction sociale. “Entre l’artisanat revisité, les rituels de beauté traditionnels, la gastronomie innovante et les expériences haut de gamme, le Maroc invente un luxe unique : celui de l’émotion, de l’expérience et de la singularité”, résume Nadia Lamoudy.

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