Archives des Slow life - Femmes du Maroc https://femmesdumaroc.com/dossiers-specials/slow-life Le magazine leader de la presse féminine au Maroc Inspiration, Envies, Style, Beauté, Idée Mon, 04 Aug 2025 13:45:17 +0000 fr-FR hourly 1 https://femmesdumaroc.com/wp-content/uploads/2022/12/cropped-fav-fdm3-32x32.png Archives des Slow life - Femmes du Maroc https://femmesdumaroc.com/dossiers-specials/slow-life 32 32 Détox numérique : Décrochez de vos écrans https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/detox-numerique-decrochez-de-vos-ecrans Mon, 04 Aug 2025 13:45:17 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=119579 L’été rime souvent avec déconnexion : se couper du monde et du brouhaha du quotidien pour mieux se reconnecter à soi-même. Parmi les pratiques plébiscitées figure la détox numérique, devenue essentielle dans un monde ultra-connecté marqué par une surstimulation souvent contre-productive.

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La saison estivale est considérée comme un moment propice au changement et à l’introspection. Parmi les résolutions les plus adoptées durant cette période : la détox numérique. Pour Ghizlane Ziad, psychologue clinicienne spécialisée en pathologie clinique et clinique sociale, “ce temps suspendu favorise la coupure avec le rythme du quotidien. Les notifications, les mails professionnels et les flux d’actualité peuvent céder la place au ressourcement, à la présence et à la reconnexion avec soi-même. Une pause digitale permet au cerveau de se reposer et de restaurer sa clarté mentale”. Les réseaux sociaux, par exemple, ont tendance à encombrer l’esprit, à bousculer la perception du temps et à accélérer l’activité cérébrale, ce qui peut altérer nos facultés naturelles telles que l’attention et la concentration. La détox numérique offre ainsi l’opportunité de faire un “reset” de notre mode de fonctionnement, tout en favorisant un retour à l’essentiel.

Pendant les vacances d’été, “la pression sociale et professionnelle se relâche, et avec elle, l’urgence constante d’être joignable, efficace ou informée. On peut enfin explorer une autre relation au temps, plus lente, plus libre, redécouvrant des plaisirs simples comme marcher sans but, lire un roman sans interruption, s’ennuyer sans culpabilité”, explique Hafsa Abouelfaraj, psychologue et psychothérapeute. 

Quand l’esprit se libère, une véritable prise de conscience peut émerger. “On prend conscience de combien notre attention était fragmentée, combien nos gestes numériques étaient devenus automatiques. De nombreuses personnes, quand elles s’éloignent temporairement de leurs écrans, décrivent une sensation de désencombrement mental, comme si un bruit de fond diminuait. C’est souvent à ce moment que naît le désir de rééquilibrer de façon durable cette relation au numérique”, fait savoir Hafsa Abouelfaraj. D’autant plus si la personne constate tous les bienfaits sur la santé mentale et l’équilibre qui peuvent en découler. “Une détox numérique, en limitant la surcharge d’informations et la pression sociale liée aux réseaux sociaux, peut réduire le stress et l’anxiété de manière significative. Il en est de même pour la concentration et la productivité qui s’en retrouvent améliorées du fait que l’attention peut être soutenue puisqu’il n’y a plus de distraction. Aussi, en supprimant l’exposition à la lumière bleue des écrans, la libération de la mélatonine (l’hormone du sommeil) peut se faire correctement, et on peut donc gagner en qualité de sommeil. Une détox numérique offre une réelle disponibilité psychique et peut-être l’occasion de renforcer certains liens en privilégiant des échanges réels, humains et authentiques”, souligne Ghizlane Ziad. Ce qui permet, selon la spécialiste, de renouer avec des activités créatives, sportives ou juste contemplatives, quelque peu perdues dans le chaos du quotidien. 

Mais concrètement, comment cela se passe-t-il ? Que faut-il faire pour décrocher ? Selon notre spécialiste, plusieurs approches thérapeutiques peuvent accompagner une démarche de déconnexion ou de réduction de l’usage numérique.

Des approches et des solutions concrètes

Parmi les plus efficaces figure la thérapie cognitive et comportementale (TCC). “Cette thérapie permet d’identifier les schémas de pensée qui justifient ou alimentent un usage excessif , de les déconstruire et de les remplacer par des pensées plus adaptées”, précise Hafsa Abouelfaraj. 

En plus de lever le voile sur des automatismes profondément ancrés, la TCC encourage également la mise en place de comportements alternatifs. “Établir des créneaux sans écran, instaurer une journée “off” chaque semaine, restreindre l’usage du téléphone à certaines pièces, ou encore activer des outils de contrôle (temps d’écran, blocage d’applications). Cela permet de rétablir une forme de régulation comportementale”, soutient la psy. 

La pleine conscience ou “mindfulness” est une autre méthode jugée fructueuse. Elle repose sur l’observation attentive et bienveillante de ses sensations, pensées, émotions. “Face à l’envie irrépressible de consulter son téléphone, la mindfulness invite à faire une pause, à reconnaître l’impulsion, à l’observer sans s’y soumettre automatiquement. Cette pratique, qui peut ne durer que 3 à 5 minutes, développe une capacité à créer un espace entre le stimulus (notification, ennui) et la réponse (utilisation de l’écran). Cela restaure le libre arbitre”, détaille Hafsa Abouelfaraj. 

Outre les approches thérapeutiques, il existe aussi des solutions concrètes qui rendent le processus de détox numérique t plus facile à vivre. En l’occurrence, “limiter les notifications, éloigner les écrans de la chambre pour préserver la qualité du sommeil, programmer des jeûnes numériques progressifs par exemple commencer par 30 minutes le soir, puis 2 h le week-end, etc.”, révèle l’experte.  

Dans la même veine, Ghizlane Ziad suggère de planifier des activités de substitution comme des promenades, de la lecture, de l’écriture, du dessin, de la peinture et de la méditation. “Chaque instant sans écran est un cadeau que l’on se fait à soi. Également se rappeler que le but visé n’est pas juste une exclusion digitale, mais une véritable reconquête intérieure. Un journal de bord intime peut être un très bon allié pour accueillir les ressentis, les progrès, les difficultés et ancrer la conscience de soi”, rappelle Ghizlane Ziad. 

Mais la détox numérique permet-elle réellement de mieux se retrouver ? La réponse est …oui. D’après Abouelfaraj, “de nombreux patients rapportent, après une période de déconnexion, un sentiment de légèreté mentale. Le cerveau se repose, retrouve une aptitude à se concentrer durablement. Les pensées deviennent plus limpides, la mémoire de travail s’améliore”. De la même manière, Ghizlane Ziad déclare que la “dopamine detox” aide à déprogrammer les comportements compulsifs, ouvrant ainsi un espace mental bénéfique à l’introspection et à l’écoute de soi et de ses besoins. “Ce retour au silence numérique crée un terrain propice à la redéfinition de ses valeurs, de ses priorités, et donc du sens que l’on souhaite donner à sa propre vie. De ces réflexions peuvent découler une prise de conscience, un recentrage sur ses relations affectives et la restauration du bien-être mental, assure-t-elle.  Alors, prêts à profiter de vos vacances pour vous déconnecter ?

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Comment se reconnecter à soi-même https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/comment-se-reconnecter-a-soi-meme Mon, 04 Aug 2025 13:44:53 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=119574 Et si la vraie destination de l’été, ce n’était pas une île lointaine mais un lieu plus intime : soi-même ? Loin des injonctions, de la pression de briller, de séduire, d’assurer, certaines femmes choisissent une autre route, celle de la reconnexion. Une traversée intérieure vers l’alignement, la douceur, l’essentiel.

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Les signes sont rarement spectaculaires. Parfois, ce n’est qu’un léger flottement, une impression diffuse de ne plus être tout à fait là. Le réveil sonne, la journée défile, les gestes s’enchaînent – et pourtant, quelque chose en soi semble s’être déconnecté. On remplit les cases, on assure le tempo, mais à l’intérieur, un vide s’installe. Une forme de distance, presque imperceptible, entre ce que l’on vit et ce que l’on ressent. On avance malgré tout. On continue. Parce que c’est ce qu’on est censé faire. Mais quelque chose, à l’intérieur, s’éloigne. Une présence à soi qui s’étiole, jour après jour, sans que l’on sache vraiment quand ni comment cela a commencé. 

Jusqu’à ce que cette question surgisse, presque malgré nous : où suis-je, moi, dans tout ça ? Un trouble discret, mais bien réel. Un “désalignement” progressif, comme le décrit la coach holistique Dina Lahlou, fondatrice de QUOUN : “Ce n’est ni une crise, ni une panne. C’est une fatigue d’être partout, sauf à l’endroit où l’on se sent alignée.” À cette sensation floue, une réponse s’impose de plus en plus comme une nécessité: revenir à soi. Non pour tout remettre à plat. Mais pour réentendre cette voix que l’on a mise en sourdine. Pour remettre un peu de clarté là où s’est installé le mode automatique. Mais comment sait-on qu’il est temps de se réaligner ? Comment entendre que le corps, l’émotion, la pensée, ne vibrent plus ensemble ? Comment s’autoriser à se retrouver, sans culpabilité, sans fuite ?

Se retrouver, enfin… 

Avant le déclic, il y a souvent des signaux. Une fatigue qui ne passe pas, un sommeil qui n’apaise plus, une boule dans la gorge au moindre message, une lassitude que même les vacances ne dissolvent pas. “Le désalignement commence souvent là : quand on vit à côté de soi”, résume Amel Sebti, thérapeute et fondatrice d’Éveil spirituel. Et quand on ne l’écoute pas, le corps prend le relais. Il crie. Il bloque. Le fameux burn-out. “Ce n’est pas une fragilité psychologique, c’est un déséquilibre biologique”, rappelle-t-elle. Un corps constamment en alerte, privé de pauses, poussé à bout. Une urgence silencieuse. Dina Lahlou parle elle aussi de ces appels du corps: tensions dans le dos, respiration courte, hypersensibilité, tristesse sans cause. “Il ne faut pas attendre de craquer pour agir. Il faut apprendre à se poser la question : qu’est-ce qui me fatigue, qu’est-ce qui me trahit, de quoi ai-je besoin ?”

Nos deux expertes sont d’accord : tout commence par la conscience. Trois respirations profondes avant de répondre à un message ou à une demande. Un petit rituel simple, mais puissant. “Parfois, notre bouche dit oui avant même qu’on ait eu le temps de sentir ce qu’on voulait vraiment. Respirer, c’est se reconnecter à cette vérité.” Et puis, il y a l’écriture, version journaling. Pas pour faire joli, mais pour se parler à soi sans filtre. “Chaque matin, une page. Ce que tu ressens, ce que tu veux, ce que tu ne veux plus. C’est un espace pour se retrouver sans masque”, précise la coach. Et pour poser une intention, une question. Du type : Et si aujourd’hui, j’arrêtais de vouloir plaire ? Qui serais-je ?

“Revenir à soi, ce n’est pas se transformer, c’est enlever ce qui nous empêche d’être nous-mêmes”, répond Amel Sebti. Dans un monde saturé de prescriptions et d’injonctions à “mieux être”, ce retour à l’essentiel sonne presque comme un acte de rébellion douce. Une manière de cesser de s’ajouter des exigences, pour enfin s’alléger. “Il ne s’agit pas de se changer, mais de se libérer”, insiste la thérapeute.  Pas besoin de tout plaquer, ni de partir loin. La reconnexion commence souvent par de toutes petites choses. Respirer, écouter, écrire, s’arrêter… Des gestes simples, presque invisibles, mais capables de remettre de la cohérence entre ce que l’on pense, ce que l’on ressent, et ce que l’on fait. “Quand je suis alignée”, confie Dina Lahlou, “je ne me demande plus à quoi je ressemble. Je me demande comment je me sens.” Et là, tout change.

L’alignement, ce nouveau luxe

Longtemps, on a cru que se retrouver impliquait une rupture, une retraite, voire un exil. Que pour se reconnecter à soi, il fallait faire silence sur le monde, partir loin, très loin. Mais pour Dina Lahlou comme pour Amel Sebti, l’alignement n’a rien de spectaculaire. Il ne se cherche pas dans l’extraordinaire, il s’invite dans l’ordinaire. “L’alignement, ce n’est pas être parfaite, c’est être vraie”, résume Amel Sebti. Une vérité simple mais puissante, à l’heure où tout pousse à la performance et à la comparaison. Dans ce nouveau rapport à soi, les gestes les plus simples deviennent des actes de résistance douce : se brosser les cheveux lentement, marcher pieds nus dans l’herbe, prendre le temps de respirer avant de répondre, refuser sans s’excuser, se reposer sans culpabilité. “Autant de micro-choix qui, mis bout à bout, dessinent une posture intérieure. Une fidélité à soi”, ajoute la coach. 

Et le summer body dans tout ça ? 

Avec le retour des beaux jours, reviennent aussi les injonctions estivales : corps affûté, ventre plat, jambes fuselées, teint doré façon “week-end prolongé à Mykonos”. Sous couvert de bien-être, une même pression persiste : celle de devoir présenter un corps conforme, visible, validé. Un corps à offrir au regard des autres, plus qu’à habiter de l’intérieur.

Et si l’on changeait de perspective ? “Le summer body, c’est le corps observé de l’extérieur. L’alignement, c’est le corps habité”, résume Dina Lahlou. Une formule limpide qui replace le corps là où il devrait toujours être: au service de la sensation, non de la performance. “Habiter son corps, ce n’est pas le contrôler. C’est apprendre à l’écouter, à l’accompagner, à le respecter. C’est lui parler avec douceur plutôt que de lui imposer une norme et s’affranchir des diktats pour renouer avec sa propre vérité corporelle”, poursuit la coach.

Alors si cette année, on décidait de faire une pause ? Si, entre deux baignades, on laissait tomber le programme, le regard des autres, les objectifs de “forme” ? Si on ralentissait pour mieux se ressentir ? Et si, pour une fois, le plus beau des voyages n’était pas une destination… mais un retour vers soi ?

 

Les 5 rituels de reconnexion selon Dina Lahlou

Écrire une page chaque matin : Pas besoin d’inspiration, juste d’authenticité. Pose tes pensées comme elles viennent.

Respirer 6 minutes par jour : Cohérence cardiaque, respiration profonde… À chacun sa méthode, l’idée c’est de revenir dans son corps.

Marcher pieds nus dans l’herbe : Ou sur le sable, sans téléphone, juste pour sentir.

Masser ses pieds avec de l’huile tiède avant la douche : c’est le genre de geste qui change une soirée.

Dire non quand tu penses non : Et apprendre que ça ne fait pas de toi quelqu’un de dure. Juste quelqu’un d’alignée.

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Sophia Sebti & Nora Khiyati : “Comment être la meilleure version de soi-même” https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/sophia-sebti-nora-khiyati-comment-etre-la-meilleure-version-de-soi-meme Mon, 04 Aug 2025 13:44:29 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=119571 Qu'il s'agisse de prendre la décision de changer, de se fixer des objectifs ou de se défaire de ses habitudes, se réinventer est le passage obligé. Mais pour ce faire, il faudra être prêt à déterminer ce qui manque et à prendre des mesures pour obtenir ce que l'on veut vraiment. Dans cet entretien, Sophia Sebti, fondatrice, dirigeante et associée de BatenborcH International Maroc et Afrique et Nora Khiyati, Mentoach® certifiée au plus haut niveau et associée Perfilment©, nous livrent leurs conseils pour adopter ce processus avec intention et détermination.

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Pourquoi est-il si important de prendre la décision de changer ?

Sophia Sebti : Dans notre monde d’aujourd’hui, changer ou se réinventer est souvent présenté comme une quête héroïque, un parcours semé d’objectifs à atteindre et d’obstacles à surmonter. Nous sommes encouragées à planifier méticuleusement notre avenir, à définir des buts plus ambitieux, la réussite est mesurée à l’aune de la reconnaissance sociale, de l’accumulation des biens matériels, de l’atteinte de sommets… 

À mon sens, il n’est pas tant question de changer, que de se trouver, découvrir sa voie et cela ne consiste pas à conquérir un territoire extérieur mais à identifier ce qui est congruent avec nos motivateurs profonds. Notre chemin authentique n’est pas à créer de toutes pièces mais à reconnaître, chercher ce qui nous motive profondément, ce qui nous fait mal réagir, aller vers notre côté obscur, et ce qui, à contrario, contribue à notre épanouissement… Notre tâche est d’éliminer les barrages artificiels que nous avons nous-même construits tels que les attentes familiales, la pression sociale, la conception limitative héritée de notre éducation, nos peurs, les désirs qui ne sont pas les nôtres…

L’invitation à changer ne devient alors plus une question de ce que je dois faire de ma vie, et davantage une invitation à qui suis-je réellement. En effet, lorsque nous sommes alignés avec qui nous sommes vraiment, nos choix répondent au bon sens, et à notre épanouissement, ils indiquent notre direction véritable au-delà des ambitions fabriquées par notre égo.

Comment peut-on identifier ce qui ne fonctionne pas dans sa vie ?

Nora Khiyati : Il ne faut pas confondre le bonheur qui ne dépend pas de nous et l’épanouissement qui consiste à se mettre en congruence avec nos motivateurs profonds. Cette seconde démarche nous permet, non pas de changer vers qui nous ne serions pas mais de nous rapprocher de la meilleure version de nous-même. Ainsi, identifier ce qui ne fonctionne pas dans sa vie pourrait consister à développer notre discernement sur ce qui nous mine profondément, nous démotive, nous fait “sortir de nous-même”, être en Shadow (terme de notre système Perfilment® qui permet de découvrir nos motivateurs inconscients) et ce qui semble en contradiction avec nos valeurs, notre vision du monde…

Quels sont les objectifs clairs et réalistes ?

N.K. : Il faut partir de quelques fondamentaux. Pour citer un des ancêtres de notre système Perfilment ® le Dr Deming “L’important n’est pas de faire de son mieux, l’important est de savoir quoi faire puis faire de son mieux.” Je rappelle aussi que 80% de la réussite est émotionnelle, et en amont de cela nous trouvons l’importance de la physiologie. Cela met en lumière qu’il faut d’abord prendre soin de sa santé, par une alimentation saine énergisante, de l’exercice physique, un bon niveau de repos/ récupération… En parallèle, il faut travailler la gestion de ses émotions, chercher à être le plus souvent alignés avec ses motivateurs inconscients, dans notre système cela s’appelle le Best Self. Enfin, je recommande de prendre le temps, seule, régulièrement dans un endroit qui nous inspire, pour se pencher sur ce qui nous motive, nous anime, nous nourrit… Une manière de trouver des réponses à ces questions, est de faire un bilan sur sa carrière, sa vie, comprendre les leviers de nos décisions, en quoi consistaient les périodes où tout nous semblait fluides, les anglophones parlent d’être dans le “flow”, ou encore se souvenir de ce qui nous faisait rêver enfant, nous réjouissait…

Pourquoi est-il important de prendre soin de soi pendant la réinvention ?

N.K. : Il est important de prendre soin de soi pour avoir les idées claires, être bien quand on se pose ces questions profondes évoquées plus haut, ne pas être influencée par les attentes des autres ou par nos peurs… et prendre soin de soi en prenant le temps de le faire.

Comment amener son entourage à accepter ce changement ?

S.S. : Je ne crois pas qu’il soit question d’amener son entourage à accepter ce changement. Les autres aussi proches soient-ils, ne sont pas dans notre cercle de contrôle. Ainsi, il ressort plutôt que lorsque nous sommes alignées avec nous même, dans notre voie, nous sommes plus rassurants quant à nos choix, car nous sommes profondément convaincues. Aussi, dans la meilleure version de nous-mêmes, nous exprimons naturellement nos qualités comportementales, ce qui se traduit dans notre communication, ce qui va être plus agréable et apprécié par notre entourage.

À quelle fréquence doit-on faire le point sur ses progrès ?

S.S. : Comme évoqué au début de cet échange, le succès est un chemin non pas une destination, et il consiste à être le plus souvent la meilleure version de soi-même. Il s’agit donc d’une sorte de process d’amélioration continue, d’efforts constants entre notre voie et les écarts pour y parvenir. La fréquence pour faire le point est très personnelle, elle peut être quotidienne, hebdomadaire, l’essentielle est que cela devienne une pratique.

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Un été sans pression : Les clés pour enfin lâcher prise https://femmesdumaroc.com/reportage/dossier/un-ete-sans-pression-les-cles-pour-enfin-lacher-prise Mon, 04 Aug 2025 13:44:10 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=119565 L’été est souvent perçu comme une période de liberté. Pourtant, il devient paradoxalement une saison où les individus se sentent particulièrement exposés, soumis au regard et au jugement des autres. En dépit d’un discours “body positive”, les injonctions au “summer body”, aux vacances parfaites et à un mode de vie exemplaire continuent de peser sur les esprits. Comment résister à ces diktats et profiter pleinement de cette parenthèse estivale ? Nos experts livrent leurs clés pour relâcher la pression et aborder la rentrée avec sérénité.

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Les journées s’allongent, le soleil brille, les vacances sont là… L’été déploie ses promesses de liberté et de légèreté. Mais derrière cette jolie carte postale se cache souvent une autre réalité teintée de pressions en tous genres. À mesure que les tenues s’allègent, les injonctions refont surface : il faudrait être mince, le teint parfaitement hâlé, afficher un bonheur sans faille et des escapades idylliques, comme si l’été ne valait d’être vécu que filtré par les codes d’un bien-être standardisé. Pour beaucoup, cette saison censée rimer avec détente devient une source de stress : complexes exacerbés, charge mentale alourdie, attentes irréalistes. Loin d’être un simple moment de repos, l’été se transforme ainsi en vitrine sociale, où l’apparence et le mode de vie sont scrutés à la loupe.

Comme le rappelle Rabia Gharbaoui, psychothérapeute et coach en PNL et neurosciences: “L’été met tout en lumière : notre corps, notre vie, nos choix… Il devient une vitrine de toutes les injonctions modernes : être mince, bronzée, heureuse, entourée, stylée…”. Le phénomène s’explique par une exposition physique accrue : le corps se dénude avec les maillots de bain, les tenues légères, les sorties à la plage ou en piscine. “Cette visibilité renforce les jugements sociaux, mais elle est aussi amplifiée par la mise en scène quasi-permanente sur les réseaux sociaux. Les clichés de vacances parfaites, les sourires figés et les corps retouchés créent une norme difficile à atteindre”, poursuit l’experte. De son côté, la psychiatre et professeure affiliée à l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), Imane Kendili, insiste sur le poids culturel : “L’été est devenu un baromètre social où il faut prouver qu’on va bien. Cette pression pèse tout particulièrement dans les sociétés où le regard des autres est omniprésent, comme au Maroc”. Elle agit comme une injonction à réussir l’été, à montrer un bonheur et une beauté normés.

Les injonctions au corps parfait et leurs conséquences

La saison estivale ravive en effet une obsession autour du “corps parfait”, minceur et bronzage inclus. Les médias, la publicité, et surtout les réseaux sociaux véhiculent une image stéréotypée de ce que devrait être un corps estival. Les “summer body challenge” ou les régimes “spécial été” sont autant de messages insistants qui marquent les esprits, particulièrement chez les femmes. Rabia Gharbaoui souligne l’impact profond sur l’estime de soi : “Les conséquences sont profondes : culpabilité, rejet de son image, comparaison constante, voire troubles du comportement alimentaire.” L’association entre valeur personnelle et valeur esthétique conduit à une souffrance psychologique, un cercle vicieux où la personne se sent inadéquate face à ces standards inatteignables. “On en vient à confondre la valeur personnelle avec la valeur esthétique”, ajoute Imane Kendili. Face à ces injonctions, les deux spécialistes appellent à une redéfinition urgente de la beauté, en mettant en avant la diversité des corps, la pluralité des expériences, et un regard plus bienveillant sur soi-même. 

Déconstruire les messages culpabilisants

Dans un monde saturé d’images et de normes, comment échapper à la pression ? La clé réside dans la capacité à déconstruire les messages toxiques et à développer un esprit critique. Pour Rabia Gharbaoui, il s’agit d’une forme de résistance : “La liberté, c’est de ne pas mentir à soi-même. Non, ce corps n’est pas un problème; non, ces vacances n’ont pas besoin d’être parfaites.” Elle invite à se rappeler que la publicité vend des idéaux, non des réalités, et que les réseaux sociaux ne montrent que les coulisses “filtrées, retouchées, scénarisées”. S’en détacher, c’est commencer à se libérer. Imane Kendili insiste aussi sur la bienveillance active : “Cultiver une bienveillance envers soi-même, limiter l’exposition aux réseaux sociaux, suivre des comptes inspirants et créer des moments de joie hors ligne sont essentiels.”. Revenir à ses propres besoins plutôt qu’aux injonctions externes est un moyen efficace de préserver son équilibre psychique.

Gérer la charge mentale des vacances

L’été ne se limite pas à la pression sur le corps. Il s’accompagne souvent d’une lourde charge mentale, notamment liée à l’organisation des vacances. Le choix du lieu, la gestion des relations familiales ou amicales, et la nécessité de contenter tout le monde peuvent transformer les congés en source d’angoisse.

 Rabia Gharbaoui pointe la responsabilité souvent portée par les femmes :  “Organiser, prévoir, contenter tout le monde… Les vacances deviennent un second travail, surtout pour les femmes. Valises, repas, activités, budget, gestion des émotions des uns et des autres… la femme doit penser à tout”. Elle poursuit en citant le philosophe Pascal Bruckner: “Le devoir de bonheur est la pire des tyrannies.” Et d’ajouter : “Si tout doit être beau, réussi, inoubliable, alors plus rien n’est léger. Or, le repos est un droit, pas un luxe.”  Car derrière ses airs insouciants, l’été peut être un vrai casse-tête logistique et émotionnel. Le plus difficile selon la spécialiste ? “La pression de devoir faire plaisir à tout le monde, à la famille et à la belle famille, quitte à s’oublier soi-même.” Même constat du côté d’Imane Kendili pour qui “la belle-famille cristallise bien souvent des rapports de pouvoir, des malentendus, des obligations implicites. On n’ose pas dire non, on craint de froisser, on se conforme. Et ce qui devait être une parenthèse de répit se transforme en compromis permanent, voire en étouffement.”

Face à cette pression, il est crucial de comprendre que la perfection n’est pas un objectif raisonnable. “Il est essentiel de poser ses limites, d’exprimer ses besoins sans culpabiliser, et de rappeler que non, on n’est pas obligée que tout soit parfait, harmonieux, mémorable”, assure la psychiatre.

Apprendre à ralentir

Pour préserver son bien-être, les deux expertes proposent des pistes concrètes, fondées sur l’écoute de soi et la simplicité. Rabia Gharbaoui recommande de “définir son propre été idéal, pas celui des publicités. S’accorder de vraies pauses, même brèves. Apprendre à dire non sans culpabiliser et demander de l’aide si besoin. Se reconnecter au présent, savourer l’instant. Accepter l’ennui comme un moment nécessaire au repos mental.”

Imane Kendili abonde dans le même sens : “Le repos est un besoin fondamental, pas un luxe.” Elle suggère des rituels simples : marche en pleine nature, exercices de respiration consciente, moments de gratitude.

Un vrai temps de pause, dépourvu de la course à la performance, a des bénéfices profonds. Sur le plan physique, il favorise la réparation corporelle, améliore la qualité du sommeil et renforce le système immunitaire. Psychiquement, le repos libère le mental saturé, stimule la créativité, et permet une meilleure écoute de soi. Comme le rappelle Rabia Gharbaoui : “Un été apaisé, c’est un reset pour le corps et l’esprit. Moins de stress, plus de sommeil, une meilleure régénération.”

Imane Kendili résume cette idée en soulignant la nécessité de : “s’arrêter, de respirer, d’exister sans performance”. Ces moments de ralentissement nous reconnectent à l’essentiel : marcher pieds nus, écouter la mer, rire sans raison, cuisiner avec lenteur. Ces micro-bonheurs sont au cœur du vrai repos.

Rabia Gharbaoui conseille de changer son discours intérieur en remplaçant “je dois” par “j’ai envie”. Porter ce qui fait du bien, non ce qui est dicté par les modes.  Pour elle, “Vivre un été aligné, c’est choisir le réel plutôt que le virtuel, le plaisir plutôt que la performance, soi-même plutôt que les normes.” Imane Kendili rappelle, pour sa part,  que s’accepter demande du courage dans un contexte saturé d’images idéalisées. “S’accepter, c’est choisir la paix intérieure plutôt que la performance extérieure.”

Un été de renouveau

S’autoriser à ne rien faire, à ralentir, est un défi majeur dans une société où la productivité est valorisée à l’extrême. Rabia Gharbaoui rappelle : “Ralentir, c’est se donner la permission de ressentir, de respirer, de simplement être”. S’autoriser l’oisiveté est un acte de sagesse et de résistance, une forme d’humanité retrouvée. Cela passe par des gestes simples : moments sans objectifs, acceptation de l’ennui, bienveillance envers soi, droit à l’imperfection.

Imane Kendili invite à déconstruire l’idée que la valeur d’une personne réside dans ce qu’elle accomplit: “L’oisiveté est un espace nécessaire où l’esprit peut se poser et se ressourcer.” Apprendre à ralentir,  c’est aussi réapprendre à écouter son corps et ses émotions. 

L’été est aussi un temps propice à l’introspection et au bilan. Loin du tumulte du quotidien, cette période offre un espace hors du temps pour faire le point sur soi, réajuster ses priorités, et repartir avec un nouvel élan. Rabia Gharbaoui propose une méthode simple : “Le journal de mi-année, avec trois questions : Qu’ai-je appris sur moi depuis janvier? Qu’est-ce que je veux laisser derrière moi ? Qu’ai-je profondément envie pour les mois à venir ?” Ces questions invitent à un bilan doux, loin des grandes résolutions anxiogènes, et à poser des intentions réalistes. Imane Kendili confirme: “Ce bilan aide à avancer en conscience, dans la douceur et sans pression.”

Avec les clés proposées par nos deux expertes, il devient possible de transformer cette parenthèse en un véritable temps de répit et de renouveau : résister aux injonctions, s’autoriser à dire non, cultiver la bienveillance envers soi, et reconnecter avec ses besoins profonds.

Ainsi, loin des standards imposés, l’été peut devenir un tremplin vers plus de clarté, d’alignement et de paix intérieure pour aborder la rentrée avec sérénité et force.

Pourquoi, à votre avis, des attentes irréalistes pèsent sur les individus durant l’été ?

L’été est une saison propice au repos, aux retrouvailles en famille ou entre amis. C’est aussi le moment où l’on cherche, consciemment ou non, à montrer la meilleure image de soi, comme une forme de récompense ou l’aboutissement d’une année de travail. Cela passe souvent par l’idée de vacances idéales, avec un corps parfait, une alimentation équilibrée, un mode de vie “inspirant”. Une sorte de vitrine personnelle, perçue comme un signe extérieur de réussite.

Quels conseils donneriez-vous pour préserver son équilibre psychique durant cette période ?

Mon meilleur conseil, c’est la déconnexion, d’abord des réseaux sociaux, une forme de détox saine. Et si on n’arrive pas à une détox digitale complète, on peut simplement se connecter le matin et le soir, en évitant d’être en ligne en permanence. Parce qu’en étant connecté tout le temps, on finit par comparer ses vacances à celles de personnes qu’on admire ou qu’on suit, et cela peut nous faire sentir moins bien. Je conseille aussi de rester fidèle à soi-même. L’été ne devrait pas être une rupture, même s’il représente une pause dans nos routines.

Les vacances, qu’on les passe seul, en famille ou entre amis, devraient rester dans la continuité de ce que nous sommes… On peut aussi en profiter pour emporter nos livres favoris, ceux qu’on n’a pas eu le temps de lire pendant l’année, ou même quelques films qu’on aurait aimé voir, mais qu’on n’a jamais eu l’occasion de regarder à cause d’un emploi du temps trop chargé. C’est une pause, oui, mais une pause dans la continuité. 

Comment réapprendre à s’autoriser à ne rien faire ?

Honnêtement, c’est très difficile de ralentir à notre époque, parce qu’on vit dans une société qui exige toujours plus, toujours mieux. On nous demande en permanence d’être performants. Cette quête de performance s’étend désormais aux vacances elles-mêmes : choix de la destination, standing de l’hôtel, niveau de dépenses… Tout devient un terrain de comparaison. On se compare aux vacances de ses voisins, mais aussi à celles des personnes qu’on suit en ligne. Et cela ne tient même pas compte de ceux qui n’arrivent pas à décrocher du travail. Beaucoup gardent leur téléphone professionnel allumé, répondent à leurs mails parce que leur métier ne leur permet pas de faire de vraies pauses.

 

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