Pauline Maisterra, Auteur à Femmes du Maroc https://femmesdumaroc.com/author/pauline Le magazine leader de la presse féminine au Maroc Inspiration, Envies, Style, Beauté, Idée Fri, 30 Jan 2026 08:55:43 +0000 fr-FR hourly 1 https://femmesdumaroc.com/wp-content/uploads/2022/12/cropped-fav-fdm3-32x32.png Pauline Maisterra, Auteur à Femmes du Maroc https://femmesdumaroc.com/author/pauline 32 32 Africa Women Leaders Summit 2026 à Casablanca https://femmesdumaroc.com/inspiration/radar/africa-women-leaders-summit-2026-a-casablanca Thu, 29 Jan 2026 17:52:07 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=128650 Les 28 et 29 janvier 2026, Casablanca a vibré au rythme du leadership féminin africain. Porté par Verve Management Dubai, l’Africa Women Leaders Summit a réuni des femmes leaders, entrepreneures, décideuses et créatives venues partager visions, expériences et leviers d’action pour transformer le continent.

L’article Africa Women Leaders Summit 2026 à Casablanca est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
Pendant deux jours, l’Africa Women Leaders Summit a mis en lumière l’importance de l’inclusion et a célébré l’excellence féminine, loin des discours formatés. Keynotes inspirantes, tables rondes engagées, échanges sans filtre et distinctions décernées ont créé une dynamique forte, tournée vers l’impact et l’avenir. Pourquoi un tel événement aujourd’hui ? Parce que l’Afrique regorge d’un potentiel féminin immense encore trop souvent sous-exploité. L’objectif est clair : accélérer l’ascension des femmes leaders, lever les barrières et ouvrir de nouvelles perspectives. Aussi, le leadership féminin, la gouvernance, la finance inclusive, l’intelligence artificielle ou la conquête de secteurs traditionnellement masculins ont rythmé les débats. « Parler d’IA, c’est parler de justice et d’opportunités », a notamment rappelé Salma Karim, Head of Human Capital & Innovation Department à l’Agence de Développement du Digital (ADD), appelant à préparer la nouvelle génération à construire le monde de demain.

Cette édition a également rassemblé des personnalités de premier plan dont Lamiae Benmakhlouf, directrice générale du Technopark Maroc, Dr Leila Hanafi, avocate internationale et présidente de l’Alliance Women for Development du personnel du WBG ou encore le Pr Rajaa Cherkaoui El Moursli, chercheuse marocaine, spécialiste en physique nucléaire et vice-présidente de l’Université Mohammed V de Rabat. Des femmes engagées  venues, comme Leila Bazzi, Directrice Éthique et Conformité à GSK et fondatrice du podcast  « Shape Your Career » (ancienne connu sous le nom de « Les Inspiratrices »), partager leurs visions et leurs défis. Parmi les moments marquants, la table ronde « Façonneurs de culture : prendre possession de l’instant, changer la culture » qui a donné la parole à Bouchra Baibanou, première Marocaine à avoir gravi l’Everest, et à Ihsane Mahjabi directrice adjointe de la division du leadership féminin et de l’engagement civique à Tibu Africa. « Rêvez grand pour ne pas vous limiter… et pour que la société ne vous limite pas », a, entre autres, lancé la célèbre alpiniste, avant d’affirmer : « Je ne suis pas féministe mais une femme libre ». Autre temps fort : l’intervention de Nasma Jrondi, vice-présidente de l’association Mentor’Elles et experte en développement durable. À travers la conférence « Échos du triomphe : célébrer nos héros et héritages », elle a mis en lumière des figures pionnières comme Wangari Maathai, première Africaine à recevoir le Prix Nobel de la Paix, Fatou Bensouda, première procureure africaine de la CPI, Nawal El Moutawakel, première femme marocaine, arabe et africaine championne olympique, ou encore Ellen Johnson Sirleaf, première cheffe d’État élue en Afrique, citant cette phrase devenue manifeste : « Si vos rêves ne font pas peur, c’est qu’ils ne sont pas assez grands »….

 

L’article Africa Women Leaders Summit 2026 à Casablanca est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
FIFA Women’s Champions Cup : Le rêve de l’ASFAR s’arrête en demi-finale https://femmesdumaroc.com/inspiration/radar/fifa-womens-champions-cup-le-reve-de-lasfar-sarrete-en-demi-finale Thu, 29 Jan 2026 10:49:27 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=128614 L’ASFAR n’a pas réussi à franchir l’obstacle Arsenal en demi-finale de la Coupe des Champions Féminine de la FIFA organisée mercredi 28 janvier. Les Marocains ont perdu 6 à 0.

L’article FIFA Women’s Champions Cup : Le rêve de l’ASFAR s’arrête en demi-finale est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
Le parcours de l’ASFAR s’est arrêté en demi-finale. Face à Arsenal Women FC, les joueuses de Salé se sont inclinées 6-0 lors de la Coupe des Champions Féminine de la FIFA. Dès le début du match, les Anglaises ont pris l’avantage et ont imposé leur rythme. Malgré le score, les Marocaines ont continué à se battre et à chercher des solutions offensives, sans jamais baisser les bras. Arsenal, plus expérimenté et plus efficace, a déroulé son jeu tout au long de la rencontre, marquant à plusieurs reprises et validant ainsi son billet pour la finale. L’ASFAR jouera désormais le match pour la troisième place face au Gotham FC.

L’article FIFA Women’s Champions Cup : Le rêve de l’ASFAR s’arrête en demi-finale est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
Nazly Ghanem de Sahara Models & Cast : « Le pays regorge de talents (mannequins) incroyables » https://femmesdumaroc.com/style/news-mode/nazly-ghanem-de-sahara-models-cast-le-pays-regorge-de-talents-mannequins-incroyables Wed, 28 Jan 2026 14:06:35 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=128494 Le mannequinat, c’est du rêve, du style et une allure sans faille. Derrière les images parfaites, le monde du mannequinat se construit doucement au Maroc. Interview de Nazly Ghanem, fondatrice de Sahara Models & Cast.

L’article Nazly Ghanem de Sahara Models & Cast : « Le pays regorge de talents (mannequins) incroyables » est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
Nazly Ghanem de Sahara Models & Cast

Qu’est-ce qui vous a poussée à créer une agence de mannequinat au Maroc ?
J’ai commencé en tant qu’agent de mannequins en représentant au Maroc Sarah Loinaz, ancienne Miss Espagne. Cela m’a permis de découvrir le métier sur le terrain et de mieux comprendre le marché marocain. Très vite, j’ai réalisé qu’il y avait un potentiel énorme mais aussi un vrai manque de structures et, surtout, d’accompagnement. J’ai aussi remarqué que la relation entre les agences et les mannequins était souvent assez distante, très axée sur la rapidité et l’exécution, et pas assez sur l’humain. À ce moment-là, je sortais de mes études en psychologie, et j’ai eu envie de mêler cette formation à ma passion pour le mannequinat. C’est comme ça qu’est née l’idée de créer une agence qui me ressemble, avec une approche plus humaine et plus consciente du parcours de chaque mannequin.

Mais le mannequinat au Maroc existe-t-il réellement ou est-ce encore un monde en devenir ?
Oui, le mannequinat au Maroc existe bel et bien. Le pays regorge de talents incroyables mais beaucoup ne prennent pas encore ce métier pleinement au sérieux. Il reste assez peu développé, principalement à cause d’un manque de structure et d’encadrement, ce qui fait que certains ont du mal à se projeter dans une vraie carrière. Malgré tout, le potentiel est énorme. Nous avons un pays exceptionnel, avec des paysages, une architecture et une lumière qu’on ne trouve nulle part ailleurs, ce qui attire de plus en plus de productions. Il y a encore beaucoup à faire mais les bases sont là et le mouvement est en train de se créer.

Comment fonctionnez-vous concrètement ? Comment repérez-vous les talents, les formez-vous et comment les accompagnez-vous dans leurs premiers pas ?
Généralement, je repère les talents sur les réseaux sociaux. Je fais également beaucoup de castings sauvages et, parfois, par recommandation. Ensuite, je prends le temps de les rencontrer pour comprendre leur vision. Je ne dirais pas que je forme les mannequins mais plutôt que je les accompagne. Je les briefe sur les lignes directrices, le déroulement du shooting et l’attitude à adopter. Je suis toujours présente sur les premiers shootings des mannequins justement pour m’assurer que tout se déroule bien, que ce soit du côté du mannequin ou du client.

Pour vous, qu’est-ce qui fait la différence chez une mannequin : le talent ou l’attitude ?
L’attitude est primordiale ! Le professionnalisme, la discipline, l’humilité et l’énergie font toute la différence. Une mannequin qui sait écouter, s’adapter et rester humble peut aller très loin, même si elle débute. Le talent est important, certes, mais il évolue avec l’expérience et le temps.

Quel conseil direct donneriez-vous à une jeune femme qui rêve de poser mais qui a peur du jugement ?
Je lui dirais : ose. Le jugement existera toujours, où qu’elle aille et quoi qu’elle fasse. Le mannequinat, c’est avant tout une aventure personnelle, un moyen de te découvrir et de te dépasser. Et surtout, choisis un cadre qui te protège et reste fidèle à qui tu es.

Quelle est votre plus grande ambition pour votre agence : changer les codes du beau ou ouvrir les portes à toutes les femmes ?
Aujourd’hui, je travaille avec des mannequins aux cultures et aux origines différentes et j’ai envie de continuer à faire évoluer cette diversité de manière naturelle, sans suivre une tendance ni forcer un discours. Mon ambition est surtout de construire une agence solide, crédible et respectée, au Maroc comme à l’international. J’ai à cœur d’accompagner de vraies carrières sur le long terme, pas simplement de placer des profils sur des shootings ponctuels et de faire évoluer la perception du métier, avec moins de clichés et plus de professionnalisme.

 

Crédits photo 

Mannequin Manuela
Photo : Nada Satté
Marque : Reewaya

Mannequin Yasmine

Make up artist Shemsy Idrissi
Photo : Nada Satté
Stylist : Anas Yassine pour Femmes du Maroc

L’article Nazly Ghanem de Sahara Models & Cast : « Le pays regorge de talents (mannequins) incroyables » est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
FIFA : Des prix records seront décernés aux gagnantes de la première Coupe des Champions féminine https://femmesdumaroc.com/inspiration/radar/fifa-des-prix-records-seront-decernes-aux-gagnantes-de-la-premiere-coupe-des-champions-feminine Mon, 26 Jan 2026 10:21:28 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=128357 La toute première FIFA Women’s Champions Cup à laquelle l'ASFAR participe, marquera l’histoire du football féminin avec des dotations financières inédites.

L’article FIFA : Des prix records seront décernés aux gagnantes de la première Coupe des Champions féminine est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
La FIFA continue de soutenir le football féminin. Pour la première édition de la FIFA Women’s Champions Cup, l’instance mondiale annonce des primes jamais vues dans le football féminin de clubs. L’équipe qui soulèvera le trophée le 1er février 2026 à l’Arsenal Stadium, repartira ainsi avec 2,3 millions de dollars, un montant record pour une compétition féminine !

La finaliste « malheureuse » empochera, quant à elle, 1 million de dollars. Les deux clubs éliminés en demi-finales recevront chacun 200 000 dollars tandis que les équipes sorties lors des premiers tours (Auckland United FC (Nouvelle-Zélande) et Wuhan Chegu Jiangda WFC (Chine)) toucheront 100 000 dollars chacune. Au total, près de 4 millions de dollars seront distribués entre les six clubs engagés.

Pour l’heure, rendez-vous mercredi 28 janvier lors des demi-finales au stade de Brentford. La première opposera le Gotham FC (États-Unis), champion de la Concacaf, au SC Corinthians (Brésil), champion de la CONMEBOL, à 12h30 GMT. La seconde, l’ASFAR (Maroc), vainqueur de la Ligue des champions féminine de la CAF à l’Arsenal Women FC (Angleterre), tenant du titre de la Ligue des champions féminine de l’UEFA, à 18h00 GMT.

L’article FIFA : Des prix records seront décernés aux gagnantes de la première Coupe des Champions féminine est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
L’architecte Salima Naji : “Notre métier est une responsabilité, un engagement pour un monde plus juste, et plus beau” https://femmesdumaroc.com/inspiration/culture/larchitecte-salima-naji-notre-metier-est-une-responsabilite-un-engagement-pour-un-monde-plus-juste-et-plus-beau Thu, 22 Jan 2026 15:33:11 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=128200 À rebours des effets de mode et des illusions technologiques, Salima Naji revendique une architecture de responsabilité, de sobriété et de sens. Lauréate de prestigieux prix internationaux, elle plaide pour une pratique qui respecte les lieux, les cultures et les générations futures. Entretien.

L’article L’architecte Salima Naji : “Notre métier est une responsabilité, un engagement pour un monde plus juste, et plus beau” est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
En 2025, vous avez reçu l’un des plus prestigieux prix d’architecture avant le Pritzker, le Global Award for Sustainable Architecture. Que signifie pour vous cette distinction ?

2025 est en effet une année de consécration mondiale puisque j’ai reçu cet immense prix, décerné à Venise à l’ouverture de la Biennale d’architecture, mais aussi quatre autres prix ou mentions. Parmi eux, le Grand Prix international de la Femme Architecte à Paris ou les Dedalo Minosse, des prix d’architecture extrêmement prestigieux en Italie. Avec la région d’Agadir et la SDRT, nous avons également reçu une mention des deux fondations Città dell’Arte et de celle du grand artiste Michelangelo Pistoletto, qui honorent autant le client que l’architecte. À chaque fois que l’on reçoit un grand prix, cela signifie qu’un collège d’experts s’est déplacé pour observer les œuvres, leur fonctionnement et leurs spécificités. Il y a aujourd’hui énormément de mensonges dans le monde de l’architecture, avec l’avènement de l’illusion de la 3D. Notre métier est une responsabilité c’est-à-dire un engagement pour un monde plus juste, plus beau, et qui contribue à améliorer la planète sans participer à sa destruction. Tous les prix que j’ai reçus viennent confirmer un travail construit sur plus de deux décennies. Le comité de sélection du Prix international de l’Institut royal canadien d’architecture (IRAC) 2025 qui l’a décerné à un grand cabinet chinois, a reconnu cinq autres cabinets pour leur approche de l’action climatique dont je fais partie. Et je voudrais les citer : « Le travail de Salima Naji démontre que l’architecture agit comme une campagne en faveur de la conservation des bâtiments, en mettant l’accent sur l’environnement, la mise en valeur du potentiel d’une architecture faite de matériaux bruts et biosourcés, et la conception adaptée au lieu, tout en repensant l’interface entre l’écologie et la culture. » Je crois que cela résume très bien la trentaine de projets dont je suis aujourd’hui l’autrice au Maroc, en France et en Arabie saoudite, ainsi que la cinquantaine de projets de réhabilitation livrés à ce jour. Ce qui fait la différence, c’est le nombre de projets. En démultipliant les projets en terre ou en pierre, on peut prouver que, premièrement c’est possible, et deuxièmement, c’est à privilégier. Certains voudraient faire croire que c’est impossible. Or aujourd’hui, c’est simplement une nécessité. La chance que nous avons au Maroc, c’est de pouvoir nous appuyer sur des modèles existants.

Votre parcours est impressionnant et international. Quels moments ou expériences vous ont le plus façonnée, personnellement et professionnellement ?

Le choc d’un premier voyage au Mali en 1995, en pays dogon, à Ségou. J’ai passé trois semaines à Djenné à dessiner, peindre, relever. Djenné, Gao ou Tombouctou : je découvre alors une véritable vitalité de la terre crue. À Djenné, je rencontre des maîtres constructeurs. Je visite aussi à vélo de nombreux villages, je fais des photographies, des relevés… Bref, ce voyage d’étude de quarante jours est une école nouvelle, un apprentissage des architectures cousines. À ce moment-là, la terre crue est en train de disparaître dans les vallées présahariennes marocaines que j’étudie en détail dans le cadre d’un troisième cycle en Esthétiques, Sciences et Technologies de l’Image (Université Paris 8). Grâce à cette expérience, je comprends que je peux la faire renaître au Maroc. Je pense que c’est cet ensemble de références – l’africanité des architectures de terre, la vitalité de la terre crue ailleurs, qui agit comme un miroir de ce que le Maroc a été naguère, ainsi que les approches pluridisciplinaires qui se complètent – qui m’a façonnée. On ne trace pas sa voie en choisissant des spécialités dans une grande école mais en construisant une éthique sur la durée.  Il y a aussi l’expérience de la montagne, auprès de gens qui n’ont rien matériellement, mais qui ont tout : l’amour, le soin, l’écoute, l’attention, et surtout une culture à transmettre, qui me touche profondément. Tout cela n’aurait pas été possible sans les livres, les expositions, un milieu familial où l’on se questionne, ma mère, mes parents, le lien avec notre aïeul ancestral dont le tombeau est à M’Hamid El Ghizlane, un père qui travaillait constamment et une mère exceptionnelle qui nous a appris la poésie des lieux, leur importance et le respect. Il y a bien sûr le grand texte de Hassan Fathy, « Construire avec le peuple » (Sinbad), un véritable viatique, un trésor d’intelligence. Sa pensée m’a donné le goût de l’action. Une pluie diluvienne venait alors d’emporter une partie d’un grenier collectif vieux de huit siècles. Devant l’émotion des villageois, je leur ai proposé de le reconstruire ensemble. Chez les Aït Herbil, pour sauver la façade est du grenier d’Aguellouy, je n’ai pas hésité à casser ma tirelire. Et ensuite, je n’ai jamais arrêté : aider, donner et recevoir. Dans l’Anti-Atlas, où je retourne dès que je le peux, je me mets toujours à la disposition des habitants pour d’autres sauvetages, comme pour les remercier de m’accueillir chez eux.

Vous utilisez des techniques ancestrales. Comment les adaptez-vous aux exigences modernes ?

L’exemple le plus évident est sans doute le projet d’Agadir Oufella et de sa plateforme en bois et pierre sèche (2017-2022). Il s’ancre dans le local, dans une réflexion sur la matérialité mais va bien au-delà. Le dispositif parasismique choisi crée une forme spécifique répondant à plusieurs besoins. Dès le départ, j’ai opté pour des matériaux naturels afin d’éviter la reproduction de dalles en béton armé qui se sont révélées meurtrières lors du tremblement de terre de 1960. Dans ce lieu marqué par le drame, il fallait affirmer un éloignement de ces procédés constructifs inadéquats. Les nombreuses séances de travail avec les rescapés et les associations de victimes m’y ont fortement incitée, par respect pour leur mémoire. Le système constructif en bois traité et en pierre sèche de 80 cm s’inspire de techniques parasismiques utilisées dans le Haut Atlas (vallée des Aït Bougmez) et dans d’autres régions du monde (Népal, Pakistan, Himalaya). Les murs sont montés horizontalement, assise par assise, avec des couches alternées de pierre sèche et de bois, sans mortier. Les parements intérieur et extérieur sont reliés par des entretoises en bois. Cette approche de « paléo-innovation », qui m’est chère, permet de dépasser le clivage colonial entre tradition et modernité. Elle souligne un continuum dans le temps et dans l’espace. Le projet a été réalisé avec des artisans remarquables de l’Anti-Atlas, que je connais bien pour y avoir mené de longues recherches durant ma thèse. Les retrouver à Agadir a été une immense fierté, pour eux comme pour moi.

Dans vos réalisations, l’architecture raconte toujours une « histoire du lieu ». Comment commencez-vous à écouter un site avant de dessiner ?

Aucun lieu n’est vierge. Le sol est la première sédimentation à interroger. Le site est fondamental. On ne vient jamais de nulle part. Il existe parfois des unicum, des lieux uniques. La Villa Carl Ficke à Casablanca en est un exemple. Construite avant l’urbanisme à la française, dans les années 1910, alors que la ville était encore peu développée, cette demeure Art nouveau est exceptionnelle par son usage de techniques traditionnelles locales mêlées à des apports européens. Elle incarne une Casablanca libre, indépendante, où tout restait à écrire. Nous avons voulu respecter cette logique originelle, refuser les rénovations qui effacent l’âme d’un lieu en ne conservant que les façades. Cela exige une grande culture architecturale, un ingénieur génie civil éclairé Abderahmane Bencheqroun et une équipe convaincue. La maîtrise d’ouvrage (Casa Patrimoine puis Casa Aménagement) a créé les conditions du sauvetage de cette demeure classée monument historique. Écouter l’esprit d’un lieu, c’est mener une véritable conversation. Les pierres parlent. Et cette villa est aussi liée à la vie romanesque de Carl Ficke, pionnier économique de Casablanca. Il fallait interroger les historiens, comprendre l’homme, décider de conserver ou non son nom. Son petit-neveu, historien émérite, a d’ailleurs largement contribué à documenter la demeure.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes architectes, et surtout aux femmes, qui souhaitent s’engager dans des projets ambitieux et durables ?

La mauvaise architecture est celle qui est superflue, narcissique, déconnectée du monde. Les jeunes générations réclament aujourd’hui des comptes et elles ont raison. Lors du prix Climat au MoMA, en avril 2025, des jeunes de 18 à 20 ans nous reprochaient de leur avoir laissé un monde abîmé. Au Maroc, 70 à 80 % des diplômés en architecture sont des femmes mais moins de 2 % exercent réellement. C’est un constat accablant. Les femmes, en construction, sont statistiquement plus respectueuses de l’environnement, peut-être parce que tout leur est plus difficile. Pour moi, la règle première est de ne pas nuire : ne pas détruire, ni pour nous-mêmes ni pour les générations futures. Ouvrir des horizons de dignité, de paix et d’harmonie. C’est un chemin difficile mais ce sont les véritables défis de demain. Peut-être que les femmes de demain auront plus de chance que ma génération et ne seront plus mises au placard.

 

L’article L’architecte Salima Naji : “Notre métier est une responsabilité, un engagement pour un monde plus juste, et plus beau” est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
« Yves Saint Laurent en scène », la nouvelle exposition du mYSLm https://femmesdumaroc.com/inspiration/culture/yves-saint-laurent-en-scene-la-nouvelle-exposition-du-myslm Thu, 15 Jan 2026 11:49:43 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=127827 Du 31 janvier 2026 au 5 janvier 2027, le Musée Yves Saint Laurent Marrakech (mYSLm) présente l’exposition “Yves Saint Laurent en scène”, consacrée aux costumes et décors de théâtre, de ballet et de music-hall. Une plongée vibrante dans l’univers scénique d’un couturier qui a fait du vêtement un véritable acte artistique.

L’article « Yves Saint Laurent en scène », la nouvelle exposition du mYSLm est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
Derrière les silhouettes mythiques qui ont révolutionné la garde-robe féminine, se cache un passionné de scène. Avec “Yves Saint Laurent en scène”, le mYSLm dévoile une facette plus intime du créateur : celle d’un costumier visionnaire pour qui le vêtement devait vivre, bouger et incarner un personnage. Cette exposition, conçue comme un “Acte II” inédit après un premier volet présenté à Rome, s’enrichit à Marrakech de pièces jamais montrées issues des collections de la Fondation Pierre Bergé Yves Saint Laurent et de prêts internationaux exceptionnels. Dessins préparatoires, maquettes de décors, costumes originaux et archives rares racontent le dialogue constant entre Yves Saint Laurent et le spectacle vivant. De ses collaborations avec Roland Petit à ses créations iconiques pour Zizi Jeanmaire ou Johnny Hallyday, le couturier sublime les corps et magnifie la présence scénique. Ici, le costume n’est jamais un simple habit, il devient une seconde peau. Une exposition à découvrir au mYSLm.

L’article « Yves Saint Laurent en scène », la nouvelle exposition du mYSLm est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
“Moroccan Winter”, la nouvelle collection de la marque marocaine Qalbi https://femmesdumaroc.com/style/news-mode/mode-moroccan-winter-la-nouvelle-collection-de-la-marque-marocaine-qalbi Mon, 12 Jan 2026 14:49:23 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=127681 La marque marocaine Qalbi présente sa nouvelle collection “Moroccan Winter”. Des pièces chaudes, fortes et artisanales pour traverser l’hiver avec style ! Entretien avec les cofondatrices Amira Ratoube et Anissa El Habchi.

L’article “Moroccan Winter”, la nouvelle collection de la marque marocaine Qalbi est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
Comment avez-vous pensée votre nouvelle collection “Moroccan Winter” ?

Elle est née d’une envie simple mais forte : réinventer le vestiaire d’hiver à travers le regard de notre marque Qalbi, en mêlant silhouettes contemporaines et héritage marocain. Nous sommes parties de pièces emblématiques de l’hiver : manteaux enveloppants, joggers, vestes structurées, silhouettes à superposer, que nous avons transformées en créations inédites, enrichies de détails artisanaux. Chaque pièce a été pensée comme un équilibre entre fonctionnalité, caractère et émotion. Les matières jouent un rôle clé dans la collection. Nous avons choisi des textures profondes et chaleureuses comme le velours, le daim, la peau de mouton ou le coton matelassé, auxquelles s’ajoutent des imprimés et des touches de sequins, apportant contraste et lumière à cette saison hivernale marquée par les fêtes. La palette chromatique se veut intense et intemporelle, autour du bleu roi, du camel et du noir : des couleurs fortes qui structurent les silhouettes et soulignent leur puissance. Les détails incarnent l’âme de la collection : sfifa artisanale, tarz, crochets marocains, travaillés avec précision pour inscrire chaque pièce dans une histoire, sans jamais figer la tradition. Côté coupes, nous restons fidèles à l’ADN de Qalbi avec un oversize assumé, pensé pour la superposition et le confort, contrasté par des épaules structurées qui donnent aux silhouettes une allure forte, presque architecturale. « Moroccan Winter » est une collection conçue pour traverser l’hiver avec style et identité, où chaque pièce enveloppe autant le corps que l’histoire qu’elle raconte.

Quelle pièce de cette collection résume le mieux son esprit ?

La pièce qui incarne le mieux l’esprit de “Moroccan Winter” est sans doute le bombardier. C’est une pièce forte, presque manifeste, en daim camel doublé de peau de mouton, pensée pour réchauffer autant qu’imposer une silhouette. Au-delà de sa fonction, le bombardier résume parfaitement l’esprit de la collection : il associe une allure contemporaine et affirmée à un travail artisanal minutieux. À lui seul, il réunit trois savoir-faire marocains : la sfifa appliquée sur les épaules, un détail de tarz accompagné de notre logo brodé au dos, et enfin un fermoir en crochet marocain à l’avant, qui vient signer la pièce et rappeler subtilement son héritage. C’est une création originale, chargée de sens, qui raconte une histoire et donne immédiatement le ton d’une tenue. Une pièce qui affirme une identité. Dans cette même continuité, nous avons également imaginé le Bomber Héritage, une pièce d’une grande finesse à l’allure structurée, qui demande plusieurs heures de travail pour chaque veste. Plus de 20 mètres de sfifa y sont minutieusement déposés, faisant de chaque pièce une véritable œuvre de patience et de savoir-faire. Son succès a été immédiat, au point que nous avons choisi de le décliner également en ensemble, pour prolonger son esprit. Ces deux pièces résument parfaitement “Moroccan Winter ” : des créations fortes, pensées dans le détail, où l’artisanat devient un langage à part entière.

Parlons de votre marque. Comment est-elle née ?

Qalbi est née d’un lien très fort entre deux amies, Anissa et Amira, animées par une même envie : créer une marque qui fasse le lien entre modernité et héritage. Ayant grandi en voyant nos mères porter le beldi, nous avons très tôt été sensibles à la richesse de l’artisanat marocain. Mais en tant que femmes d’une nouvelle génération, vivant entre plusieurs cultures, nous ressentions un manque : celui de vêtements capables de refléter à la fois notre quotidien contemporain et nos racines. C’est de ce constat qu’est née Qalbi : une marque qui propose des coupes actuelles et faciles à porter, inspirées du vestiaire moderne, tout en intégrant des éléments forts de l’artisanat marocain. Qalbi s’est construite autour de cette volonté de fusion, avec une attention particulière portée aux détails, aux matières et au sens.

Mais que signifie “Qalbi” pour vous, au-delà du nom ?

“Qalbi”, qui signifie mon cœur en arabe, est bien plus qu’un nom : c’est le point de départ de tout. Qalbi représente ce qui nous est cher, ce que l’on porte en soi et que l’on souhaite transmettre. À travers la marque, nous exprimons une vision de la mode qui va au-delà de l’esthétique. Qalbi parle d’identité, de mémoire, de féminité et de lien. Chaque pièce est pensée pour raconter quelque chose, pour créer une émotion, pour faire écho à des histoires personnelles que beaucoup de femmes partagent. Qalbi, c’est aussi cette volonté de réconcilier des mondes que l’on a longtemps opposés : la tradition et le présent, l’héritage et la liberté, la pudeur et l’affirmation de soi. C’est offrir des vêtements qui permettent aux femmes de se sentir alignées, fortes et fidèles à elles-mêmes. Qalbi ne se porte pas seulement sur le corps : elle se ressent.

Et où voulez-vous emmener Qalbi ?

Aujourd’hui, Qalbi a trouvé une résonance naturelle auprès des femmes marocaines et de celles qui se reconnaissent dans cet héritage. Mais notre vision va au-delà. Nous souhaitons emmener Qalbi bien plus loin que des frontières géographiques. L’idée n’est pas seulement de s’adresser à une communauté, mais de partager et transmettre l’amour de l’artisanat marocain au monde entier : faire découvrir un savoir-faire, une sensibilité, une manière de créer profondément humaine et universelle. Qalbi s’adresse à toutes les femmes qui se reconnaissent dans cette fusion entre modernité et tradition, peu importe leur origine. À celles qui cherchent des vêtements porteurs de sens, d’histoire et d’émotion, et qui voient la mode comme un langage, une façon d’exprimer qui elles sont. À long terme, nous voulons que Qalbi devienne une marque de référence pour celles qui aiment les pièces fortes, sincères et intemporelles. Une marque qui voyage, qui rassemble, et qui continue de raconter, à travers chaque collection, une histoire de cœur, de transmission et de féminité.

 

L’article “Moroccan Winter”, la nouvelle collection de la marque marocaine Qalbi est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
Qualification Mondial féminin U-17 Maroc 2026 : les dates dévoilées https://femmesdumaroc.com/inspiration/radar/qualification-mondial-feminin-u-17-maroc-2026-les-dates-devoilees Mon, 12 Jan 2026 10:26:20 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=127633 Le tirage au sort des qualification pour le Mondial féminin U17 2026 est fait. Il a révélé les équipes féminines qui se battront pour accéder au tournois organisé, cette année encore, au Maroc.

L’article Qualification Mondial féminin U-17 Maroc 2026 : les dates dévoilées est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
A Rabat, le tirage au sort des qualifications africaines de la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA, Maroc 2026, a donné, samedi 10 janvier, le coup d’envoi officiel de la campagne continentale. Les affiches ont été dévoilées par Jacqueline Shipanga, directrice technique de la Fédération namibienne de football, instructrice CAF Élite et figure respectée du football féminin africain. Au total, 31 sélections africaines entrent en lice dans ces qualifications, organisées en trois tours à élimination directe, avec des matchs aller-retour à chaque étape. À l’issue du troisième tour, seules quatre équipes décrocheront leur ticket pour la phase finale de la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA.

L’article Qualification Mondial féminin U-17 Maroc 2026 : les dates dévoilées est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
Ces Marocaines qui ont brillé en 2025 https://femmesdumaroc.com/femmes/femme-inspirante/ces-marocaines-qui-ont-brille-en-2025 Sun, 11 Jan 2026 08:44:12 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=127541 Elles ont traversé 2025 en la marquant avec audace. Cette année encore, des femmes marocaines se sont distinguées par leur leadership, leur engagement et leur capacité à transformer le monde qui les entoure. Nous avons choisi de mettre les projecteurs sur dix d’entre elles.

L’article Ces Marocaines qui ont brillé en 2025 est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
L’année 2025 aura été celle où les femmes ont occupé le devant de la scène, non par effet de mode ou de hasard, mais par conviction, courage et persévérance. Face aux défis climatiques, sociaux, technologiques ou éducatifs, elles ont avancé avec ténacité et intelligence, devenant des modèles pour toute une génération. Elles ont refusé les limites invisibles, bousculé les cadres trop étroits et montré que l’avenir se construit aussi, et peut-être surtout, grâce aux femmes qui osent, pas pour plaire. Pas pour prouver. Mais parce que changer le monde est devenu une nécessité.

Exemple et excellence
Parmi ces éclaireuses, des Marocaines qui brillent dans des univers exigeants et souvent verrouillés. Scientifiques, sportives, architectes, dirigeantes, alpinistes ou expertes de la finance… elles réinventent leur domaine avec aplomb. Elles dirigent des institutions, décrochent des prix, réécrivent les standards de leur discipline et montent sur des podiums inattendus. Leur point commun ? Une volonté farouche de transmettre, de construire et de faire bouger les lignes. Cette année, certaines se sont particulièrement imposées. On peut citer Nadia Fettah Alaoui, la ministre de l’Économie et des Finances, première femme à ce poste, qui modernise la gouvernance financière du Maroc, Najat Mokhtar, à la tête des sciences et des applications nucléaires, qui pilote des projets d’envergure internationale, Amina Bouayach, présidente du CNDH et figure de référence en droits humains, Salima Naji, architecte récompensée pour son approche durable et visionnaire de l’architecture, Hind Zemmama, qui enchaîne les ascensions, défiant les montagnes les plus emblématiques de la planète et Nawal Moutawakil, vice-présidente du Comité international olympique (CIO) et ambassadrice du sport féminin, dont l’engagement pour la promotion de l’inclusion, de l’égalité des droits et du rôle fédérateur du sport, a été distingué par le Conseil de l’Europe.

Héroïnes d’aujourd’hui et demain
À leurs côtés, la nouvelle génération accélère le mouvement et inspire la relève. En effet, en premières lignes, Maria Mernissi, prodige du saut d’obstacles, Safia Zanfari, jeune pilote de course qui enchaîne les podiums et impose sa présence dans le sport automobile ou encore Hasnae Taleb, experte en finance qui gère des milliards avec une maîtrise qui en fait une référence dans les sphères les plus pointues de son secteur. La réussite de ces femmes ne se résume pas à des distinctions ou à des records. Elle se lit dans l’exemple qu’elles donnent, dans l’énergie qu’elles insufflent, dans les voies qu’elles ouvrent et les standards qu’elles élèvent. Elles montrent que la puissance au féminin n’est ni un slogan, ni un concept abstrait. C’est une réalité concrète, palpable, qui transforme les institutions, les disciplines et les imaginaires. Ces Marocaines, aussi passionnantes que passionnées, prouvent qu’aucun sommet n’est inaccessible, qu’aucune scène n’est trop grande et qu’aucune ambition n’est trop audacieuse. Elles inspirent. Elles guident. Elles forcent l’admiration et le respect. Aussi, avons-nous choisi d’écrire leurs portraits qui, au delà de leurs exploits, célèbrent la puissance et le leadership des femmes marocaines.

 

Nadia Fettah Alaoui : La force tranquille de la finance 

Nadia Fettah Alaoui a depuis toujours parlé le langage des chiffres. Elle connaît les codes de la finance comme les doigts de la main. C’est donc tout naturellement que le destin la mène, en 2021, au prestigieux poste de ministre de l’Économie et des Finances, devenant ainsi la toute première argentière du Royaume.
Après des études à la prestigieuse école de commerce HEC Paris, elle rejoint le cabinet d’audit Arthur Andersen en tant que consultante. En quête constante de nouveaux défis, elle décide ensuite d’accompagner un groupe de jeunes Tunisiens dans la création d’un fonds d’investissement (aujourd’hui AfricInvest) qu’elle pilote de bout en bout. “Le dirigeant de cette société considérait que le boulot était trop dur pour une femme. Je lui ai prouvé le contraire ! De manière générale, j’ai été témoin de comportements ou de propos sexistes, mais ça ne m’a jamais vraiment affectée … Dans la sphère privée, en revanche, les gens ont parfois des réactions très dures : on est vite considérée comme une épouse ou une mère indigne lorsque l’on accorde trop de temps ou d’importance à son métier”, confiait-elle à HEC stories au moment de sa nomination au poste de ministre. C’est cette même détermination à défendre la place des femmes qui l’incite à recadrer en octobre dernier un député pour sa remarque misogyne : “Pourquoi pensez-vous que c’est tout ce que veulent les femmes ?”, a-t-elle répondu avant de poursuivre le débat.
En 2005, s’apprêtant à prendre une année sabbatique, elle reçoit un appel pour rejoindre le groupe Saham Assurance. Elle saisit cette opportunité pour relever de nouveaux défis, et assume des missions d’ordre stratégique, notamment les opérations de fusions-acquisitions. Elle dirige plusieurs pôles avant d’occuper le poste de directrice générale déléguée de Saham Finances. Membre fondatrice du Club des Femmes administrateurs, Nadia Fettah Alaoui a toujours œuvré pour une meilleure représentativité des femmes dans les conseils d’administration et les postes de leadership, faisant de cet engagement l’un de ses principaux combats. Reconnue à l’échelle continentale dans le secteur des assurances, Nadia Fettah est élue “CEO de l’année” par l’Africa CEO Forum à Abidjan. F M.B.

 

Najat Mokhtar : l’excellence sicientifique

Première femme arabe et africaine à occuper le poste de Directrice générale adjointe de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique), Najat Mokhtar incarne une trajectoire où excellence scientifique et engagement social avancent de pair. Couronnée de l’Arab Woman of the Year 2025, elle décrit cette distinction comme “un immense honneur et une profonde responsabilité”, ajoutant qu’elle célèbre “le potentiel et la résilience de toutes les femmes arabes qui œuvrent chaque jour dans l’ombre”.
Née à Taounate et élevée à Rabat, elle tire de ses étés passés à Qariat Ba Mohamed une leçon fondatrice : “J’y ai vu des femmes silencieuses mais puissantes, qui m’ont appris l’endurance et la dignité.” Elle se souvient aussi des mots de sa grand-mère : “Compte sur toi-même et vas de l’avant, tout est possible”. Sa passion pour la science naît au lycée, nourrie par des professeurs inspirants. Elle s’oriente ensuite vers la nutrition, un domaine encore peu exploré au Maroc. À l’université, une professeure d’endocrinologie devient un modèle déterminant : “Elle m’a montré que l’excellence scientifique et la féminité n’étaient pas incompatibles.”
Son entrée dans le système onusien est presque un hasard : “Mon mari a repéré une offre de l’AIEA liant nutrition et technologies nucléaires… une association improbable à mes yeux !” À Vienne, elle doit tout réapprendre : science appliquée, diplomatie, multilatéralisme. “Ce fut un défi immense, mais incroyablement formateur.”
Devenir la première femme à ce poste n’a pas été sans obstacles. “On me questionnait sur ma capacité à concilier maternité et responsabilités professionnelles”, dit-elle. Elle évoque aussi “l’autocensure”, un doute transformé en moteur pour s’affirmer. Le soutien de sa famille et de mentors a été décisif : “Grâce à eux, j’ai avancé.”
Parmi ses fiertés, elle cite la création des premiers masters et PhD en nutrition au Maroc : “Voir mes étudiants rayonner a été une immense source d’accomplissement.” À l’AIEA, elle défend une science au service de l’équité. “La science ne peut se permettre d’écarter la moitié de ses talents”, insiste-t-elle. Pour elle, l’enjeu est clair: “Ce qu’il faut, ce sont des systèmes qui soutiennent les femmes, pas qui les testent à l’infini.” Avec conviction et constance, Najat Mokhtar ouvre la voie à une nouvelle génération de femmes scientifiques, celles à qui, longtemps, on a refusé la possibilité même du rêve. F R.L.

 

Amina Bouayach : Une vie tournée vers les autres

Amina Bouayach fait partie de celles qui avancent avec une force calme, plus convaincante que n’importe quel discours. Née en 1957 à Tétouan, elle retient très tôt une évidence : “L’injustice n’est jamais abstraite, elle a un visage, un nom, une histoire.” Une conviction qui façonne son engagement. Et lorsqu’elle évoque sa nomination à la tête de la GANHRI, elle refuse toute lecture héroïque. Pour elle, c’est avant tout “la reconnaissance du chemin collectif d’un pays”, celui d’un Maroc qui inscrit les droits humains comme repère durable. Une responsabilité élargie, un espace où la voix du CNDH s’ajoute à celles d’autres institutions pour contribuer, ensemble, à des pratiques internationales.

À la présidence du CNDH depuis 2018, Amina Bouayach accompagne, avec l’ensemble des acteurs concernés, des chantiers structurants : le Mécanisme national de prévention de la torture, l’observation électorale, les campagnes pour l’égalité et la dignité. Elle cite aussi la réforme du Code de la famille, initiée par SM le Roi Mohammed VI, comme une avancée essentielle. Mais les défis demeurent : renforcer les garanties, lutter contre les violences et les discriminations, inscrire durablement les droits humains dans les politiques publiques. Son parcours, du militantisme à la diplomatie puis aux instances internationales, elle le voit comme un ensemble cohérent. “Ces domaines sont profondément interconnectés”, dit-elle. Porter des voix, créer des ponts, contribuer à des normes communes: tout procède de la même conviction que “l’humain ne peut se construire qu’avec l’humain”.

Quand elle évoque les femmes leaders, sa pensée se fait précise : elles ne sont pas seulement des modèles, mais des “dépositaires”. Dépositaires d’audace, de confiance, de persévérance. Leur rôle est d’ouvrir des espaces, de rendre évident ce qui fut longtemps perçu comme exceptionnel. Et puis il y a ce qui la ressource ; la part intime, discrète. La lecture comme refuge. Les marches dans la nature comme respiration nécessaire. Le cercle familial discret, qui lui permet de retrouver l’équilibre. “L’équilibre se trouve dans la capacité d’alterner”, confie-t-elle, entre engagement et retour à soi.
Chez Amina Bouayach, la force n’est jamais dans l’effet. Elle est dans la constance, la mesure, et cette manière rare de relier les autres plutôt que de s’imposer. F A.D.

 

Rajaâ Cherkaoui El Moursli : une pionnière de la physique

Le parcours de Rajaâ Cherkaoui El Moursli est jalonné de distinctions et de prix internationaux. Le dernier en date est le prix Breakthrough 2025, l’une des plus prestigieuses distinctions scientifiques au monde, en physique fondamentale, remporté en octobre dernier. Chercheuse spécialiste en physique des hautes énergies et en physique nucléaire, scientifique de renom, Rajaâ Cherkaoui El Moursli est considérée comme l’une des femmes scientifiques les plus influentes d’Afrique du Nord, mais pas seulement. Son nom figure cette année, avec quatre autres scientifiques marocains, parmi les 200 meilleurs chercheurs au monde dans le classement de l’Indice de développement académique 2025.
Née à Salé en 1954, Rajaâ Cherkaoui El Moursli décroche son PhD en physique nucléaire à Grenoble en 1982. Elle intègre ensuite l’Université Mohammed V de Rabat où elle impose d’emblée son empreinte. “j’ai contribué à la création du premier master en physique médicale et à la formation de la première génération de physiciens médicaux au Maroc ”, rappelle-t-elle.
Dès 1996, elle est impliquée dans des recherches collaboratives pour étudier les propriétés des particules subatomiques et leur rôle dans l’univers. “Je fais partie de plusieurs projets européens comme MARSU (sur la surveillance de la pollution atmosphérique) et KM3NeT (Cubic Kilometre Neutrino Telescope), où j’ai dirigé des équipes de recherche au Maroc et collaboré avec des institutions internationales de premier plan comme le CNRS et le CEA”, détaille-t-elle. Sa participation à des recherches majeures au CERN (Conseil européen pour la recherche nucléaire), “notamment la découverte du boson de Higgs, un tournant majeur dans le domaine de la physique des particules”, lui confère une notoriété internationale. Le projet aboutit en 2012. En 2015, Rajaâ Cherkaoui obtient le prix L’Oréal-Unesco 2015 pour les Femmes et la Science dans la catégorie Afrique et États arabes, un hommage mondial à sa contribution à la découverte du Boson de Higgs.
Depuis, les distinctions continuent à honorer son parcours et ses recherches. C’est ainsi qu’en 2022, elle décroche une médaille de la TWAS (The World Academy of Sciences) pour l’ensemble de ses travaux et en 2024, elle figure dans la liste prestigieuse Forbes 50 Over 50 qui distingue les femmes les plus influentes de la région MENA. F K.A.

Hasnae Taleb : la “Shewolf” marocaine de la finance

Dans les coulisses de la haute finance, là où brasse les milliards, une Marocaine a su s’imposer. Hasnae Taleb, fondatrice et associée principale de Mintiply Capital, dirige depuis Dubaï une société mondiale de conseil et de banque d’investissement gérant des transactions à plusieurs millions de dollars. Une ascension fulgurante pour celle que le Nasdaq a surnommée la “Shewolf”. Rien, pourtant, ne la prédestinait à Wall Street. Née au Maroc, elle a tout quitté pour poursuivre ses études aux États-Unis. “Je n’avais pas de plan clair, ni de filet de sécurité. Mais je savais que si je n’essayais pas, cela me hanterait pour toujours”, confie-t-elle. Diplômée d’un MBA en gestion d’actifs, elle fait ses armes chez Morgan Stanley et Nasdaq, avant de lancer sa propre structure. Son secret ? Une discipline de fer. “Si vous n’êtes pas discipliné, oubliez tout ça”, indique-t-elle avec le sourire. Pour elle, la finance n’est pas une affaire de chiffres mais de vision. “C’est un jeu de stratégie et de psychologie, explique-t-elle avec facilité. Je la vois comme un outil pour créer de la liberté et soutenir des idées qui méritent d’exister.” Et d’enchaîner : “Quand vous gérez des centaines de millions, chaque choix a son poids. Et parfois, les décisions doivent être prises en un temps très court. Je respecte les marchés, je les étudie religieusement, mais je ne les idolâtre pas. Ma relation avec la finance est ancrée, disciplinée et orientée vers un but.”
Hasnae Taleb, c’est l’assurance d’une femme pragmatique et affûtée, qui a refusé de se fondre dans le moule. “Je n’ai pas attendu qu’on me donne une place, je l’ai prise”, lance-t-elle, droite dans ses ambitions. “Je savais que je devais être deux fois plus préparée et dix fois plus résiliente. Je suis restée authentique et concentrée. Mes résultats parlent d’eux-mêmes.” Et si elle a dû redoubler d’efforts dans un univers dominé par les hommes, c’est pour mieux inspirer celles qui viendront après. “Chaque fois que j’entre dans une salle ou que je signe une transaction, les jeunes femmes sont avec moi”, confie-t-elle. Son moteur aujourd’hui : l’impact. Elle plaide pour une finance plus inclusive, plus représentative. “Il devrait y avoir plus de femmes dans les postes décisionnels, plus de capitaux pour les fondateurs sous-estimés”, défend-elle. “Car la finance doit refléter le monde qu’elle prétend servir.”F P.M.

 

Salima Naji : une bâtisseuse de sens

En 2025, Salima Naji a été récompensée par cinq distinctions internationales dont le prestigieux Global Award for Sustainable Architecture à Venise ou encore le grand Prix de la Femme architecte internationale à Paris qui lui sera décernée le 15 décembre prochain. Salima Naji impose, une fois encore, sa voix singulière et engagée dans le paysage mondial de l’architecture durable. “Recevoir le Global Award à Venise, c’est bien plus qu’un honneur. Cela confirme que notre travail, mené depuis vingt ans dans les zones rurales marocaines, résonne désormais à l’échelle mondiale”, confie celle qui préfère les chantiers poussiéreux, les artisans, et la lenteur du geste aux flashes des podiums. “Notre métier est une responsabilité : un engagement pour un monde plus juste, plus beau, et qui contribue à améliorer la planète sans participer de sa destruction. Tous les prix que j’ai reçus confirment un travail construit sur plus de deux décennies, sauf qu’il y a 20 ans c’était moins nécessaire qu’aujourd’hui de s’attacher à l’ancrage et à la réflexion sur les ressources disponibles.” Née à Rabat, d’un père marocain et d’une mère française, diplômée de l’École d’architecture de Paris-La-Villette et docteure en anthropologie à l’EHESS, elle a très tôt choisi un terrain exigeant : les vallées présahariennes. “Au Mali, en 1995, j’ai compris que la terre crue pouvait être un moteur architectural, la matrice du projet”, explique-t-elle. Depuis, elle bâtit une œuvre rare, où chaque mur dialogue avec la mémoire du lieu. À Agadir, elle a notamment redonné vie à la forteresse d’Oufella, ravagée par le séisme de 1960. Une prouesse architecturale et humaine. “Ce fut le chantier le plus complexe de ma carrière. Il fallait concilier mémoire, sécurité et beauté”, confie-t-elle. Son système parasismique mêlant bois et pierre sèche, inspiré du Haut-Atlas, fait aujourd’hui école. Son chantier de cœur ? “Le collège de Timenkar, construit après le séisme de 2023, à 2 300 mètres d’altitude”, répond-elle. “Les maçons sont les parents des 160 élèves. C’est un projet de dignité, un acte social.” Son esprit libre et son exigence font d’elle une architecte à part, qui ne transige ni avec l’éthique, ni avec l’esthétique. Sa vision ? “Revenir à la dignité sociale par les matériaux locaux”, explique-t-elle, car “bâtir, c’est d’abord appartenir”. F P.M.

Hind Zemmama : sur les toits du monde

Jeune mamie de 51 ans, femme d’affaires, entrepreneure et sportive accomplie, Hind Zemmama a atteint en octobre 2025 le sommet de la Pyramide de Carstensz en Indonésie après avoir réussi à gravir l’Everest en mai de la même année. Ce challenge s’inscrit dans le cadre du “Grand Chelem” des 7 Sommets que l’alpiniste est en passe de réussir. “L’idée du challenge des 7 sommets est née de mon envie d’explorer les limites du possible et de me confronter aux montagnes les plus mythiques du globe. Ce défi incarne, pour moi, la quête ultime de courage et de discipline”, explique-t-elle. Dans son agenda, deux montagnes à conquérir en 2026 : le Denali (Amérique du Nord) et le massif Vinson (Antarctique).
Déterminée et passionnée, l’alpiniste aime repousser ses limites et transformer chaque défi en opportunité d’apprentissage. “L’audace et la persévérance sont au cœur de tout ce que j’entreprends”, précise-t-elle.
C’est en 2022 que Hind Zemmama, après son ascension réussie du Kilimandjaro décide de continuer sur sa lancée et de s’attaquer aux plus hautes montagnes. Début 2024, elle dompte l’Aconcagua (Argentine), puis conquiert l’Elbrouz (Russie) en août de la même année. L’Everest, vaincu en mai 2025, la propulse dans le cercle très restreint des Marocaines ayant réussi cet exploit. “Ces cinq sommets conquis symbolisent une quête intérieure, un voyage d’endurance et de résilience, et un hommage vibrant à la force féminine marocaine… À chaque sommet, j’ai eu l’honneur et l’émotion immense de lever haut le drapeau marocain. Représenter mon pays sur les plus hauts toits du monde est une fierté indescriptible”, se réjouit-elle.
Sa passion pour l’alpinisme et sa détermination à concrétiser le challenge des 7 sommets ne constituent nullement un frein à sa carrière professionnelle. “C’est un exercice d’équilibre permanent. L’entrepreneuriat m’a appris à planifier, à déléguer et à optimiser mon temps. Je prépare mes expéditions longtemps à l’avance afin de préserver mes responsabilités professionnelles. Cette organisation me permet de poursuivre mes ambitions sportives sans jamais compromettre ma vie d’entreprise… C’est un équilibre précis qui me permet d’aborder chaque ascension avec sérénité et performance”, poursuit Hind Zemmama qui partage sur ses réseaux sociaux et dans ses conférences des messages inspirants sur la persévérance, le courage et le dépassement de soi. F K.A.

Sofia Zanfari : la Marocaine qui fait vibrer les circuits

A tout juste vingt ans, Sofia Zanfari trace sa route à la vitesse grand V. Derrière son casque, on distingue à peine ses traits juvéniles, mais dans ses yeux, une flamme brille avec l’intensité de ceux qui savent où ils vont. Sur les circuits européens, le drapeau rouge et vert flotte déjà à son passage : celui du Maroc, son pays, sa fierté. Son histoire commence bien avant les podiums et les combinaisons ignifugées. “C’est mon grand frère qui m’a transmis cette passion”, se souvient-elle avec un sourire. Très tôt, Sofia s’installe dans un kart, et la magie opère : vitesse, compétition, adrénaline. Trois mots qui deviendront la bande-son de sa vie. Mais c’est en 2023 que tout bascule. “C’est à ce moment-là que j’ai compris que ce n’était pas juste une passion, mais ma voie”, confie-t-elle.
Dans un univers où les femmes sont encore trop rares, Sofia doit composer avec les regards et les remarques. “Il y a encore beaucoup de préjugés”, dit-elle sans amertume. “Certains pensent qu’une femme est forcément moins rapide ou moins forte.” Alors, elle répond par le chrono. “Sur la piste, c’est simple : c’est le talent et le travail qui parlent.” Cette force tranquille, forgée par les années de compétition, devient sa marque de fabrique. Porter les couleurs du Maroc sur la scène internationale ajoute à sa motivation. “Le Maroc, c’est mes racines.” Chaque course devient un hommage discret à son pays, à ses racines africaines et arabes, à cette fierté d’être pionnière. Elle sait qu’en se battant pour chaque dixième de seconde, elle ouvre la voie à d’autres jeunes filles marocaines. Sur le plan sportif, Sofia a déjà laissé son empreinte. Elle évoque avec émotion sa course à Spa-Francorchamps, l’un des circuits les plus mythiques du monde. “J’y ai fait un super premier tour, une course vraiment sympa”, dit-elle. Avant chaque départ, Sofia suit un rituel précis. “J’écoute beaucoup de musique, ça m’aide à canaliser la pression et à me concentrer”, confie-t-elle. Hors-piste, elle retrouve une vie ordinaire. “Je suis à l’université, j’adore passer du temps avec ma famille, mes amis, et j’aime les animaux.” Pourtant, derrière ce sourire tranquille, on devine une détermination d’acier. Son objectif est clair : intégrer la F1 Academy, la filière qui prépare les championnes, puis grimper les échelons jusqu’à la Formule 1. “Je veux gagner, mais aussi montrer qu’une Marocaine peut réussir à ce niveau.” F S.B.

Maria Mernissi : la relève équestre

A 17 ans seulement, Maria Mernissi s’impose déjà comme une figure montante de l’équitation marocaine. Affiliée au Royal complexe des sports équestres Dar Es Salam à Rabat, la jeune cavalière a remporté en juillet dernier le Championnat du Maroc U18 de saut d’obstacles, lors de la 40ᵉ édition de la Semaine du cheval. Née dans un environnement empreint d’amour pour les chevaux, Maria Mernissi s’est intéressée très tôt à l’équitation. “J’ai découvert l’équitation vers mes 7 ans, mon père étant ancien cavalier, il a dû me transmettre sa passion pour ce sport”, partage-t-elle. Maria a rapidement développé un penchant pour le saut d’obstacles, une discipline exigeante qui nécessite maîtrise et audace. “J’ai été attirée par le saut d’obstacles parce qu’on y ressent des sensations incroyables. C’est une discipline qui nous pousse toujours à apprendre et à évoluer, ce qui apporte une forme de satisfaction à chaque palier atteint”, explique-t-elle.
En 2021, Maria Mernissi a remporté, avec son cheval Vero Fino, le Championnat du Maroc de saut d’obstacles catégorie cadets, organisé sous l’égide de la Fédération royale marocaine des sports équestres. “C’est ma première grande victoire, elle m’a donné envie de persévérer et de continuer mes efforts dans ce sport. Grâce à cet exploit, j’ai compris que la relation cavalier/cheval est primordiale pour réussir”, souligne-t-elle. Cependant, le chemin vers l’excellence est souvent semé d’embûches. Après cette victoire, Maria a connu une période de doute, mais sa consécration lors de la Semaine du cheval 2025 l’a remotivée. “J’avais l’impression que mes performances stagnaient et que mes compétences diminuaient, mais ce titre m’a redonné du courage et de la détermination pour l’avenir”, se réjouit-elle.
Pour les années à venir, la jeune cavalière aspire à s’illustrer sur la scène internationale. “J’aimerais réserver mon titre de championne du Maroc et peut-être participer et gagner des compétitions internationales”, nous confie-t-elle. Elle a d’ailleurs décroché sa qualification pour la Finale du FEI Jumping World Challenge 2025 à Dakar, mais une blessure l’a contrainte à renoncer. “Je suis actuellement blessée, donc j’aimerais juste pouvoir remettre le pied à l’étrier et reprendre le saut d’obstacles le plus vite possible”, confie-t-elle, déterminée à revenir encore plus forte. F M.A.O.

 

Nawal El Moutawakel : celle qui met les obstacles ko 

Honorée le 29 octobre 2025 à Lisbonne par le Prix Nord-Sud du Conseil de l’Europe, en reconnaissance de son engagement pour l’inclusion des athlètes réfugiés et la promotion de l’égalité des droits à travers le sport, Nawal El Moutawakel a tout au long de sa carrière, défendu l’accès des femmes au sport et fait de l’olympisme une cause chère à son cœur.
Née en 1962 à Casablanca, Nawal El Moutawakel se passionne très tôt pour l’athlétisme, se spécialisant dans le 400 mètres haies. Déterminée et ambitieuse, elle devient rapidement championne nationale et régionale. “L’athlétisme m’a offert une liberté que peu d’activités pouvaient donner à une jeune fille marocaine à l’époque. Courir, c’était m’affirmer, me dépasser, exister autrement”, nous confie Nawal.
Son destin bascule en 1984, lors des Jeux olympiques de Los Angeles, où elle remporte la médaille d’or du 400 m haies, devenant la première femme arabe, africaine et musulmane à décrocher un titre olympique. “Ce jour-là, lorsque j’ai franchi la ligne d’arrivée et compris que j’étais championne olympique, tout a changé. Ce n’était pas seulement une victoire personnelle; c’était celle de toutes les femmes marocaines, de tout un pays. J’ai compris que ce que nous faisons sur une piste peut résonner au-delà du sport. Ce moment m’a donné une mission : œuvrer toute ma vie pour que d’autres filles puissent, à leur tour, réaliser leurs rêves”, se remémore-t-elle non sans émotion.
Ce triomphe marque un symbole d’émancipation et d’espoir pour des millions de jeunes filles dans le monde arabe et en Afrique. “Quand une fille ose courir, nager, boxer ou jouer au foot, elle envoie un message fort. Le sport change les mentalités en douceur. Il ouvre des portes, il inspire les jeunes générations. Et aujourd’hui, voir autant de jeunes filles marocaines pratiquer librement, c’est une immense fierté pour moi”, affirme la championne olympique.
Forte de son expérience sur les pistes et de son rayonnement international, elle s’engage ensuite dans la gouvernance sportive. En juillet 2024, elle est réélue vice-présidente du CIO aux côtés de l’Argentin Gerardo Werthein, un poste qu’elle avait déjà occupé entre 2013 et 2016.
Cette ancienne athlète de haut niveau s’intéresse aussi à la politique, et devient Secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires sociales, chargée de la Jeunesse et des Sports (1997-1998), puis, plus tard Ministre de la Jeunesse et des Sports (2007-2009). F M.B.

 
 
 

L’article Ces Marocaines qui ont brillé en 2025 est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
Parution : « Toujours Hot ! » de Ghizlaine Chraibi sur le désir des femmes de 50 ans et plus https://femmesdumaroc.com/inspiration/radar/parution-toujours-hot-de-ghizlaine-chraibi-sur-le-desir-des-femmes-de-50-ans-et-plus Thu, 08 Jan 2026 12:07:38 +0000 https://femmesdumaroc.com/?p=127495 Et si la ménopause cessait enfin d’être un sujet chuchoté ? Avec « Toujours Hot ! » sorti début janvier, Ghizlaine Chraibi signe un livre aussi audacieux que libérateur, qui remet le désir et la dignité des femmes de plus de cinquante ans au centre du récit.

L’article Parution : « Toujours Hot ! » de Ghizlaine Chraibi sur le désir des femmes de 50 ans et plus est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>
Psychothérapeute, artiste-peintre et écrivaine, Ghizlaine Chraibi explore dans ses livres le couple et la place des femmes. Avec « Toujours Hot ! », son nouveau roman publié aux Editions Onze, elle s’attaque à l’un des derniers grands tabous : la ménopause.  « Biologiquement, la ménopause est simple : c’est l’arrêt des règles. Une étape naturelle de la vie, que traversent toutes les femmes si elles vivent assez longtemps, explique l’autrice. Rien d’anormal, rien de pathologique en soi. Pourtant, socialement, elle est chargée de peurs, de silences et de jugements. Pourquoi ? Parce que la valeur des femmes est encore trop souvent associée à leur capacité à avoir des enfants, à leur jeunesse, à leur apparence. Tant que ces critères sont réunis, la femme est visible, attendue, reconnue. Quand ils disparaissent, elle a parfois le sentiment de devenir invisible. »

« Toujours Hot ! » est une fable graphique qui met en scène la conversation libre et sans artifices de deux amies quinquagénaires, Nadia et Salma, entre Rabat et Essaouira. Leurs dialogues, tantôt drôles, tantôt crus, racontent un corps qui change, un désir qui se transforme et une société qui rend les femmes invisibles dès qu’elles sortent des normes de jeunesse et de fertilité. Le titre joue sur le double sens : les bouffées de chaleur bien sûr, mais surtout une chaleur intérieure, celle du vivant et de la liberté retrouvée. Ici, être « toujours hot », ce n’est pas plaire à tout prix, c’est rester intensément vivante pour soi. La ménopause y est présentée non comme une fin, mais comme un basculement : moins d’injonctions, plus de lucidité, le droit de dire non. Portée par un dessin minimaliste et expressif, cette fable tendre et politique célèbre des femmes qu’on regarde trop peu. Un livre nécessaire, qui normalise, questionne et ouvre enfin un espace de parole joyeux et puissant.

 

 
 
 

L’article Parution : « Toujours Hot ! » de Ghizlaine Chraibi sur le désir des femmes de 50 ans et plus est apparu en premier sur Femmes du Maroc.

]]>