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Élections 2021 : La parole aux femmes (5/8)


Suite aux scrutins du 8 septembre, un nouveau gouvernement prendra forme et de nouvelles orientations seront observées afin de répondre aux attentes des citoyens et citoyennes. Parmi elles, les avancées en matière de droits des femmes. Huit femmes engagées prennent la parole.

Santé féminine

Fatima Maghnaoui, coordinatrice nationale du Collectif pour le droit à la santé au Maroc

“La crise sanitaire a dévoilé les failles de notre système de santé qui n’est autre que discriminant envers les femmes, notamment les plus pauvres et/ou vivant dans des zones enclavées. La protection sociale est pourtant un droit qui intègre les autres droits humains que ce soit du point de vue économique ou social. Nous ne pouvons ainsi que nous réjouir du projet de généralisation de cette protection à tous les Marocains dont la cérémonie de lancement a été présidée en avril dernier par SM le roi Mohammed VI. Dans cette continuité, nous appelons à une refonte globale du système de santé pour réussir la généralisation de la protection sociale à tous les Marocains et Marocaines. Une protection sociale universelle et juste peut contribuer à l’autonomisation économique et sociale des femmes, en réduisant les inégalités dans leur ensemble. Pour rappel, selon le HCP, si près de 28% des femmes actives bénéficient aujourd’hui d’une couverture médicale, la part des femmes salariées ne disposant d’aucun contrat s’élève à 43,2%… Aussi, nous réclamons une révision des politiques publiques en y adoptant une approche genrée à tous les niveaux et en y évoquant le droit à la santé tel qu’il est mentionné dans les pactes et conventions internationales ratifiés. Dans le même sens, nous demandons une application concrète de l’article 19 de la Constitution 2011 concernant l’égalité femme-homme notamment la mise en place de l’Autorité pour la parité et la lutte contre toutes formes de discrimination. Parmi nos autres recommandations, une réévaluation du budget de la santé à 12% comme le préconise l’OMS, un renforcement de la politique de lutte contre les violences faites aux femmes (développement des unités de prise en charge, consolidation des compétences des professionnels de santé en matière de violence fondée sur le genre, etc.), une mise à niveau des maisons d’accouchement en milieu rural ainsi qu’une amélioration de l’accès aux soins notamment en néonatologie. Nous demandons également la mise en œuvre d’une stratégie nationale autour de la santé sexuelle et reproductive ainsi qu’un renforcement des programmes de lutte contre le VIH et les infections sexuellement transmissibles.”

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