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Élections 2021 : La parole aux femmes (2/8)


Suite aux scrutins du 8 septembre, un nouveau gouvernement prendra forme et de nouvelles orientations seront observées afin de répondre aux attentes des citoyens et citoyennes. Parmi elles, les avancées en matière de droits des femmes. Huit femmes engagées prennent la parole.

Libertés individuelles : Leila Slimani, prix Goncourt 2016, auteure, journaliste et initiatrice du mouvement marocain “Hors-la-loi”

“Aujourd’hui tout le monde s’accorde sur le fait qu’on peut mesurer le degré de démocratie et de modernité d’un pays à l’aune de la condition des femmes. La femme marocaine travaille, élève des enfants, paie des impôts. Pendant la crise sanitaire, les femmes, qui représentent la grande majorité du personnel soignant, ont prouvé à quel point elles sont essentielles à notre pays et combien elles s’engagent pour le bien-être commun. Et pourtant, la femme marocaine n’a toujours pas les mêmes droits que l’homme et elle ne peut donc se considérer comme une citoyenne à part entière. Elle hérite moins que son frère. Elle est considérée comme un demi-témoin face à une cour de justice. Et surtout, elle n’a pas le droit de disposer de son propre corps. Les femmes n’ont ni la possibilité de décider si elles veulent ou non poursuivre une grossesse, ni le droit d’avoir une sexualité libre, basée uniquement sur le consentement. Le corps de la femme reste assujetti à la loi du groupe, au jugement moral de la communauté. Une femme est encore au Maroc d’abord définie comme la fille de, la femme de ou la mère de quelqu’un. On ne pourra pas construire un Maroc moderne tant que les femmes n’auront pas la possibilité d’être les seules à décider avec qui elles souhaitent avoir une relation sexuelle et ne pas craindre d’être arrêtées ou humiliées pour cela. Comment pourraient-elles vivre dignement et sereinement dans l’espace public quand leur corps est l’objet de harcèlement et de jugement constant des hommes ? Les femmes doivent cesser d’être considérées comme d’éternelles mineures; elles sont capables de décider pour elles-mêmes. Elles ont les mêmes devoirs que leurs concitoyens hommes. Il est temps qu’elles aient les mêmes droits.”

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