A la une c'est mon histoire

Amour de vacances, amour d’une vie

Écrit par FDM

À 15 ans à peine, Yasmina a connu les premiers émois de l’amour. Elle ne savait pas alors que l’adolescent, rencontré sur la plage de Moulay Bousselham sera l’homme de sa vie. Elle nous raconte son histoire.

J’ai rencontré l’amour sur une plage. J’ai craqué pour Alexandre, ses yeux rieurs et son sourire qui illuminait son visage et creusait des fossettes sur son beau visage. Je ne me doutais nullement alors que cette amourette de vacances se transformerait en une histoire sérieuse, scellée par une bague de mariage.

Nous passions toutes nos vacances sur la belle plage de Moulay Bousselham. Alexandre était ami avec mes cousins, et c’est tout naturellement que nous avons sympathisé. Je cherchais tous les prétextes pour me rapprocher d’Alexandre et pour qu’il me remarque. Nous avons échangé notre premier bisou salé dans l’immensité de l’océan. J’étais presque déçue car j’avais idéalisé ce baiser… La fin des vacances était déjà là, mais le destin n’avait pas dit son dernier mot.

Nous nous sommes revus les étés suivants. Comme des enfants, nous courrions sur la plage et nous nous embrassions à l’abri des regards indiscrets. Je vivais ma petite histoire romantique, un peu comme dans les séries américaines.

Puis, c’est l’époque du Bac. Nous devions nous concentrer sur nos études et préparer notre avenir. La famille d’Alexandre a choisi ce moment-là pour quitter le Maroc et s’installer au Portugal, pays d’origine de sa maman. Alexandre pour sa part est parti étudier en Grande-Bretagne, et j’ai choisi la France pour mes études supérieures. Notre amourette d’été était bien finie, pensais-je, et je me suis lancée avec entrain et sans regret dans ma nouvelle vie d’étudiante, puis plus tard dans la vie professionnelle. Je ne suis pratiquement plus revenue à Moulay Bousselham, car tous les cousins s’étaient éparpillés aux quatre coins du monde.

J’avais 26 ans quand je suis enfin revenue sur cette plage où les émois de l’amour se sont éveillés en moi. La nostalgie me poussait à prendre des nouvelles d’Alexandre. J’ai demandé à tous ceux qui auraient pu le connaître, à l’épicier du coin, au vendeur de beignets…. Je n’arrivais pas à trouver des informations fiables me permettant de renouer le contact avec lui. De guerre lasse, j’ai décidé de pousser encore plus loin mes investigations en cherchant sur le net ses coordonnées. Et là, hourrah ! Les réseaux sociaux font des miracles. Il était sur Facebook, et il y avait aussi son adresse mail. Je n’ai pas réfléchi trop longtemps : je lui ai envoyé un mail accompagné de deux photos : une récente et une ancienne, car je craignais qu’il ne me reconnaisse plus.

Une semaine plus tard, j’ai reçu une réponse. Alexandre se souvenait parfaitement de moi, de nous, de nos souvenirs d’adolescents, de notre complicité. Nous avons commencé à échanger par mail avant de décider de nous revoir. Avec un mélange d’excitation et d’appréhension, j’ai embarqué dans un avion pour Londres. Je l’ai reconnu tout de suite. Il était pareil à mes souvenirs, avec ses beaux yeux rieurs, son irrésistible sourire et sa carrure athlétique. Nos souvenirs d’amour ont repris naturellement, là où ils s’étaient arrêtés. On s’est baladé dans les rues de Londres et on s’est embrassé sur la Tamise. Les sentiments que je pensais enfouis à jamais ont resurgi, avec encore plus de force. Nous avons passé les jours suivants, collés l’un à l’autre, essayant de rattraper le temps perdu… Nous sous sommes promis un amour éternel.

Je suis revenue à Paris, le cœur empli de bonheur, mais un mail de rupture me fait retomber sur terre. Alexandre se disait trop fragile pour entamer une relation sérieuse quelques mois à peine après son divorce. Il avait, disait-il, envie de se retrouver seul, de faire le point avant de songer à s’engager avec qui que ce soit. La déception me rongeait. J’en étais malade. Moi qui pensais que la chance m’avait ouvert grands les bras, et que cet amour naissant serait plus fort que tout, je déchantais.

Le cœur gros, je décidai malgré tout d’aller de l’avant, et de mettre un trait définitif sur cette histoire d’amour qui m’échappait. Quelques semaines et des seaux de larmes plus tard, je me réveillai en sursaut, bouleversée par un cauchemar. Je rêvais qu’Alexandre était hospitalisé après un grave accident de moto. Mes belles résolutions n’ont pas tenu devant ce drame que je pressentais. J’ai alors essayé de l’appeler pour me tranquilliser, mais son téléphone était éteint. Cela m’alarmait. Je lui ai envoyé un mail en lui racontant mon rêve. Toujours aucune réponse. Je décide sur un coup de tête d’aller le rejoindre à Londres. J’avais besoin de me rassurer, de voir de mes propres yeux qu’il allait bien. Malheureusement, ce que j’appréhendais était bien arrivé : Alexandre avait bien eu un accident, m’apprend sa voisine de palier qui m’indique la maison de repos où il était en convalescence.

À nouveau, on ne pouvait plus se quitter, on s’accrochait l’un à l’autre comme des noyés. On était destinés à s’aimer. Très vite, les choses se sont accélérées. Une fois rétabli, Alexandre m’a fait une déclaration d’amour et me demande de l’épouser. J’ai bravé les réticences et les préjugés de ma famille. “Il est Français, me disaient-ils, il n’est pas pour toi, c’est une autre culture. Votre histoire est vouée à l’échec.” Pour moi, si notre histoire avait réussi à survivre aux aléas du temps et à toutes les difficultés, c’est qu’il était bien l’homme avec qui je devais faire un bout de chemin dans la vie. Je lui ai dit oui.

Par amour pour moi et pour balayer tous les préjugés et les réticences de ma famille, Alexandre s’est converti à l’islam. Nous avons ainsi célébré notre mariage selon la pure tradition marocaine, avec tout ce qui fait le faste et la spécificité des noces marocaines, en présence de nos deux familles réunies. Et ce fut une cérémonie digne de mon conte de fée…

Alexandre m’a rejoint à Paris, où nous avons construit notre nid d’amour. Notre histoire a continué et nous l’avons écrite à notre rythme. Cela n’a pas toujours été rose, mais les difficultés font partie de la vie. Le plus important est de surmonter tous les obstacles à deux, et nous songeons déjà à agrandir notre famille. Oui, les rêves d’enfance sont les plus beaux, mais une fois adulte, il ne faut jamais y renoncer. C’est la leçon que je retiens de ma belle histoire d’amour avec mon amoureux de vacances.

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