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Imane Guennioui : “Taghazout Bay est une destination stratégique pour le développement du tourisme au Maroc” (Interview)

Écrit par FDM

Riche de plus de 10 ans d’expériences dans le secteur hôtelier à l’international, Imane Guennioui est une professionnelle aguerrie du marketing et de la communication. De retour au pays, elle a pris la direction du département marketing et communication du Hyatt Regency Taghazout. Dans cet entretien, elle nous parle de cette destination, de son expérience et de ses challenges.

Qui est-ce qui vous a décidé à travailler dans le domaine hôtelier à la fin de vos études ?
En réalité, pendant mes études, je n’avais pas de décision quant au secteur dans lequel je travaillerais plus tard. Mais, le domaine hôtelier me paraissait toujours comme une voie qui ouvre les portes vers un large éventail de possibilités. Ayant grandi à Agadir, une ville à vocation touristique, j’étais assez familiarisée avec le secteur de l’hôtellerie.
Fraichement diplômée d’un Bachelor en Business Administration à l’Université Al Akhawayn, j’ai eu l’opportunité de rejoindre l’équipe d’ouverture du premier hôtel qui surplombe une piste de Formule 1. J’étais enthousiaste à l’idée de découvrir un nouveau pays et une nouvelle industrie, d’être complètement dépaysée. Ne pouvoir compter que sur moi-même durant ma première expérience dans un autre pays fut difficile mais très formateur.
En effet, l’hôtellerie est une industrie exigeante. C’est un secteur à prédominance masculine, surtout au niveau du management hôtelier. Les équipes sont très diverses, avec souvent, des cultures différentes et des niveaux d’éducation variés, rendant parfois laborieux l’avancement des projets.
Mais étant de nature curieuse et ouverte au monde et aux différentes cultures, le contact avec les clients dans ce domaine est sans doute un des aspects qui m’intéressent le plus. Avoir l’occasion d’échanger et de rencontrer diverses personnes de pays et cultures différents est un privilège qui m’a permis d’apprendre de nouvelles choses, et de grandir et évoluer en tant que personne mais aussi en tant que professionnel du domaine.
Le domaine reste tout de même motivant et passionnant surtout lorsqu’on exerce dans un environnement international et au sein de différents groupes, ce qui me permet de développer mes compétences et élargir mon cercle de connaissances. Cela me pousse aussi à sortir des sentiers battus, surtout dans des marchés compétitifs, être à jour et suivre l’actualité et les nouveautés du secteur pour réussir dans ce domaine.

Parlez-nous de votre expérience à Dubaï et au sein de chaînes internationales ? Quelle a été l’expérience la plus marquante dans votre parcours professionnel ?
Mon expérience dans le secteur de l’hôtellerie du Moyen-Orient a été extrêmement instructive et enrichissante. J’ai eu l’opportunité de prendre part à deux grandes ouvertures d’hôtels dans un marché à la fois compétitif et exigeant, où plus de 90 hôtels classés avec plus ou moins la même cible, sont en concurrence dans un petit territoire. Travailler pendant 10 ans dans un environnement pareil fut bénéfique. Cela m’a donné la chance d’acquérir des expériences uniques, que je n’aurais peut-être pas pu vivre dans un autre pays. Travailler sur l’ouverture d’un hôtel au cœur de Dubaï, lieu où naissent de grands projets et se déroulent des événements de grande envergure, m’a permis de relever de grands défis et surtout collaborer avec des partenaires internationaux et de renom.
C’était aussi l’occasion pour moi de voir et d’apprendre sur le terrain, comment le secteur hôtelier peut contribuer au développement d’un pays et à son rayonnement aux niveaux régional et mondial. Il faut savoir que l’industrie hôtelière aux UAE est différente et unique comparée aux autres pays de la région, notamment le Maroc. C’est un secteur à forte croissance et d’une grande importance pour l’économie des Emirats Arabes Unis, avec les secteurs des loisirs et du commerce. Connue pour ses luxueux hôtels cinq étoiles, Dubaï tire une grande partie de sa richesse de l’hôtellerie.

Revenir au pays pour y travailler a été une évidence pour vous ?
Mon ambition était de rester à Dubaï 2 ou 3 ans, pour acquérir des expériences uniques dans une ville connue mondialement pour son secteur hôtelier très développé. J’ai décidé de rester plus longtemps lorsque des opportunités intéressantes dans le Marketing & la Communication se sont présentées, et ce pour solidifier mes connaissances dans l’hôtellerie de luxe.
Cependant, mon objectif a toujours été de revenir au Maroc pour contribuer aux grands chantiers structurants lancés dans tout le pays et prendre part à ce dynamisme économique et social, cité comme exemple dans la région. De plus, malgré le fait que j’étais bien intégrée dans ce pays où j’ai vécu plusieurs années, je ne me sentais pas chez moi.
Le hasard a voulu que je revienne non seulement pour mettre mon expérience au service du développement de mon pays, mais aussi pour contribuer au rayonnement de la région où j’ai grandi. J’ai toujours ressenti, à la fois, une forte appartenance et une certaine responsabilité envers cette région, où le développement se faisait plus lentement que dans le reste du pays.
Mieux encore, Hyatt Regency Taghazout est situé dans la station Taghazout Bay, où j’ai passé la grande majorité de mes vacances d’été durant mon enfance, sur l’emblématique plage du KM17. Je suis fière de contribuer de manière concrète au développement de la région, en travaillant pour un établissement qui a affiché dès le début son engagement en faveur du développement économique et social de cette zone, à travers plusieurs initiatives à fort impact, telles que le recrutement des talents de la région et le soutien de l’économie locale…

 

Quels sont les challenges que vous comptez relever au Hyatt Regency Taghazout ? Et quels sont les atouts de cet établissement hôtelier que vous aimeriez mettre en avant ?
Une ouverture d’un resort de 190 chambres et suites dans un contexte aussi particulier que celui de 2021, présente de grands challenges. Le premier lié à l’emplacement du resort au sein de la station Taghazout Bay nécessitant de le positionner parmi plusieurs autres enseignes internationales, ouvertes ou en cours de préparation à l’ouverture. Taghazout Bay est une destination stratégique pour le développement du tourisme au Maroc ; l’ambition étant d’en faire faire une destination balnéaire intégrée et durable. La station est certes à ses premières saisons mais son offre hôtelière a été enrichie par plusieurs ouvertures cet été qui sera complétée sur les prochaines années, notamment sur le volet loisirs et animation.
Le deuxième challenge est d’attirer les touristes nationaux, segment hautement stratégique dans un contexte d’incertitude où les fermetures de frontières peuvent intervenir à des moments inattendus, diminuant ainsi la dépendance envers la clientèle internationale. En réalité, l’encouragement du tourisme interne fait partie des objectifs principaux du Hyatt Regency Taghazout. Le resort a été conçu pour répondre à une demande grandissante de la clientèle marocaine en quête d’établissements premium, dans la région, offrant une infrastructure de grande qualité et un service aux standards internationaux de la marque Hyatt, tout en valorisant les richesses locales.
Pour répondre à ces défis, et plus, Hyatt Regency Taghazout capitalise sur plusieurs atouts. Son emplacement en front de mer, la qualité de son service aux standards du groupe Hyatt et la diversité de son offre incluant plusieurs restaurants, un centre de bien-être, un kid’s club et un bel espace de conférences. Le resort propose également des activités différentes et personnalisées, pour créer des expériences mémorables auprès de ses résident.e.s et en faire des client.e.s fidèles.

Le tourisme a été fortement impacté par la pandémie. Comment voyez-vous l’avenir du secteur ?
En effet, le secteur touristique est l’un des secteurs les plus impactés par la situation sanitaire que nous vivons aujourd’hui. D’ailleurs, les recettes touristiques ont reculé de 12,3 milliards de DH durant les quatre premiers mois de cette année selon la Direction des études et des prévisions financières du ministère de l’Economie, des finances et de la réforme de l’administration.
Nous restons tout de même optimistes quant à l’évolution de la situation, notamment grâce à la campagne de vaccination menée par le Maroc, qui a permis de vacciner à deux doses plus de 10 millions de marocains à ce jour, et d’administrer plus de 24 millions de doses au total.
La pandémie va sans doute changer les paradigmes de l’industrie de l’hôtellerie, à l’avenir. Les habitudes de consommation sont en train de se métamorphoser et les critères de choix de lieux de séjour en train de changer. Les opérateurs qui sauront faire preuve d’agilité, et qui réagiront rapidement à ces changements en proposant des offres adaptées, seront ceux qui pourront rapidement remonter la pente. Ils devront innover dans la manière d’aborder le client mais aussi de le recevoir car les attentes des clients ne seront plus les mêmes. Les programmes individuels favorisant le tailor-made auront plus de succès, d’abord pour l’expérience qu’ils offrent mais aussi pour la sécurité. L’hygiène devient encore plus importante qu’avant. Le respect des normes d’hygiène deviendra le premier critère de sélection d’un hôtel par les consommateurs.
Les opérateurs devront repenser leur relation avec le touriste interne, longtemps relégué au second rang, et la reconstruire sur la base d’une meilleure compréhension et d’une plus grande confiance.

 

 

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